Flop films 2019 : les pires films de l'année pour la rédaction

La Rédaction | 24 décembre 2019 - MAJ : 24/12/2019 17:30
La Rédaction | 24 décembre 2019 - MAJ : 24/12/2019 17:30

Avengers : Endgame ? Men in Black ? Terminator ? Helboy ? Star Wars ? La rédaction donne ses coups de gueule 2019.

Après la guerre des meilleurs films de 2019, place à ceux qui ont le plus déçu, énervé, exaspéré. Rendez-vous oblige de film d'année, le flop est l'occasion de revenir à la fois sur les films les plus mauvais, et ceux qui n'ont pas été à la hauteur des attentes.

Super-héros, super-production, super-navet et super-preuve que le cinéma français picole trop entre copains, le flop films 2019 d'Ecran Large a permis à chaque rédacteur de donner ses trois points noirs filmiques de l'année.

Retrouvez notre flop films 2019 en vidéo par ici.

 

photo, Liam Neeson, Tessa Thompson"Je crois que t'es en haut du mauvais podium grâce à ta daube"

 

ELLIOT AMOR

1. MEN IN BLACK: INTERNATIONAL

Imaginez qu'on vous force à regarder des chatons et des chiots se faire étrangler par des clowns, eh bien ce sera toujours plus agréable que de voir Men in Black : International en entier. Il suffit d'aimer un tout petit peu le cinéma pour que l'expérience devienne insoutenable. C'est laid, les blagues incessantes sont d'une lourdeur cosmique, personne ne joue bien, les effets spéciaux atteignent une médiocrité qui rappelle Venom

Il est navrant de se dire qu'on ne peut strictement rien défendre dans ce film aussi vide que l'arsenal nucléaire canadien. Le pire, c'est que le studio en a parfaitement conscience dès l'écriture du scénario, ça explique les tentatives en vain de nous faire rire à la moindre occasion. On peut au moins les respecter d'être allé jusqu'au bout du projet. Et à la fin, il ne s'agit ni plus ni moins que d'une publicité gerbante pour Lexus ; on ne serait pas surpris si on apprenait que leur chiffre d'affaires a chuté depuis. 

Notre critique de ce "film" juste ici.

 

photo, Tessa Thompson, Chris Hemsworth"Les résultats au box-office, sont si petits ! Je les vois à peine." 

 

2. X-MEN: DARK PHOENIX 

Plusieurs mois avant sa sortie, on craignait que X-Men : Dark Phoenix soit vraiment très mauvais ; et ce qui est très étonnant, c'est qu'il est encore plus naze que prévu. On connaissait la carrière désastreuse de Simon Kinberg en tant que scénariste, mais quand on l'a vu passer à la réalisation, il y avait vraiment de quoi s'inquiéter. On se demande comment une major d'Hollywood a pu avoir confiance en lui à tant de reprises. Ce fait est mille fois plus intrigant que n'importe quel élément du film.

Il est rare de voir un film aussi irrespectueux envers sa propre mythologie. C'est comme si les précédents X-Men avaient été effacés de la mémoire de toute l'équipe, et une grande partie du casting semble d'ailleurs avoir oublié qu'il fallait jouer après que le réalisateur ait dit "Action !". Mais vu l'incompétence de Kinberg, il était probablement en train de dormir durant les prises.

Au moins, avec cet échec artistique et commercial, et surtout avec le rachat de la Fox par Disney, on peut espérer que les Mutants auront droit à de meilleures adaptations. Non on plaisante, on sait très bien que les dirigeants de Disney peuvent nous servir bien pire, la preuve plus bas.

La critique ici !

 

photo, Sophie TurnerLe film qui vous faite aimer X-Men : L'Affrontement final.

  

3. POLAR

Le cinéma beauf et vulgaire à son paroxysme. Le réalisateur du pas terrible Lords of Chaos nous sert un ramassis de scènes plus stupides les unes que les autres. Dès son introduction, dont le découpage bâclé annonce la couleur, on comprend qu'on a affaire à du très haut niveau en matière de lourdeur masculiniste. Pourtant, on sent que le film essaie de nous dire qu'il est fun et décalé, il y a Johnny Knoxville après tout. Et bien la présence de ce dernier n'aide en rien, il est aussi mauvais que tout le reste du casting, c'est triste.

Plus le film essaie de nous amuser, plus il est lourd, sexiste et même un peu grossophobe et transphobe par moments, c'est très fort. Et il essaie très souvent de nous amuser.

Sa double intrigue qui ne va nulle part est d'une inutilité surprenante, ses personnages sont tous littéralement à vomir et on ne parle même pas de la mise en scène qui ressemble à celle d'un clip des années 2000. Et franchement, quand Vanessa Hudgens est plus convaincante que Mads Mikkelsen dans un film, c'est inquiétant.

La critique du film à lire ici.

 

Photo Mads MikkelsenExemple de scène que te fait croire qu'elle est cool, alors qu'en fait, pas du tout.

 

SIMON RIAUX

1. ALL INCLUSIVE

À force de grosses comédies conçues comme des locomotives à prime time, écrites avec un mépris absolu du public et fabriquées en dépit du bon sens, on finit par se croire insensibilisé aux gags foireux, aux acteurs à la dérive et aux blagues de pet. Et soudain survient un miracle. Une création si incroyablement faisandée, si parfaitement excrémentaire, que toute forme de résistance est inutile.

Et pourtant, de Turf à CampingFabien Onteniente n'aura pas épargné grand-chose au cinéma français. Mais reconnaissons-lui avec All Inclusive la réussite d'un film somme, d'une création à laquelle rien n'avait pu nous préparer. Le français, jolie langue s'il en est se retrouve à court de vocables quand vient l'heure de décrire ce décalque anémique des Bronzés, qui bouffe à tous les râteliers de la beauferie décomplexée. Tout dans le film est fait pour rayer le cristallin du spectateur innocent. D'une affiche qui rappelle que Photoshop est parfois un piège cruel, aux dialogues affligeants que régurgite un casting manifestement trop abasourdi par la catastrophe pour fuir, en passant par un décor qui fait relativiser le néant de Camping Paradis, tout ici confine au sublime, et rappelle que jusque dans les cataclysmes de l'ampleur d'un Tchernobyl, il peut y avoir une forme toxique de beauté.

 

photoMême l'affiche est bourrée

 

2. HELLBOY

Pour le nostalgique de la grande époque des pulps et autres serials, cette suite de Hellboy maquillée grossièrement en reboot contient une poignée d'images fortes, quelques séquences amusantes. Elles sont là, bien réelles, et chaque apparition du Homard ressuscite un style old school qui fait grand bien. Mais c'est bien tout ce qu'il y aura à sauver de ce film, qui s'évertue à louper tout ce qu'il entreprend.

Le premier amer constat de ce gros plantage, c'est une tragique régression technique. Qu'on apprécie ou non les deux films de Guillermo del Toro, ils constituent un petit précis de savoir-faire comme de créativité technique. Multipliant les effets et les artisanats différents, ils proposaient de superbes créations, notamment en matière de maquillages et animatroniques. Autant de domaines où le nouveau Hellboy est largement déficient, donnant le sentiment de repartir 20 ans en arrière.

Et si ce ratage visuel est le plus douloureux, on retrouve la même mauvaise graine dans chaque aspect du métrage. Tout y est mal terminé, approximatif, voire horriblement criard. Jusque dans sa bande-son, inutilement bruyante et manifestement pensée comme un cache-misère, l'intégralité du film se désole de sa propre médiocrité, probable conséquence d'un tournage cauchemardesque, où se sont affrontés le réalisateur, la production et le casting, tous souhaitant tirer le projet dans une direction différente.

 

photo, David HarbourQuand tu as un message à faire passer au maquilleur

 

SŒURS D'ARMES

On ne le dira jamais assez, mettre en scène un film, c'est bien sûr être emporté par un sujet, passionné par un médium... et c'est aussi un métier. Caroline Fourest le rappelle ici de fort cruelle (et rigolote) manière, en piétinant sans vergogne son sujet et à peu près tout ce qui constitue les principes élémentaires de caractérisation des personnages, de la narration et de la gestion de l'espace.

Curieusement, ce ne sont pas les séquences d'action, pourtant les plus complexes techniquement, qui posent ici le plus de souci. Largement inspirées par les grands Steven Seagal et Chuck Norris, elles fascinent par leur accumulation de contresens, leur pose belligérante, leur amour immodéré de la violence iconisé. Stupides et rigolotes, elles rythment une bouillabaisse tragique d'interminables séquences d'exposition, d'absurdités géopolitiques (toute personne intéressée par le sort des combattantes kurdes risque de passer un très sale quart d'heure).

Confondant militantisme et rage aveugle, le film ne sait jamais s'il veut délivrer un témoignage ou rappeler que l'heure est venue d'éventrer du barbu. D'où une tonalité incompréhensible, qui essaie simultanément de se la jouer humaniste, avant d'en appeler plus ou moins franchement à l'exécution sans sommation de ses ennemis. Un tel niveau d'absurdité inconséquente n'avait probablement pas été atteint depuis le T'aime de Patrick Sébastien ou Le Serment de Tobrouk de Bernard-Henri Lévy, ce qui propulse instantanément la réalisatrice au Panthéon des nanars frenchy, pourtant déjà bien chargé.

 

photo, Amira CasarC'est peut-être pas sa guerre, mais c'est un peu son film

 

ALEXANDRE JANOWIAK

1. MA

Blumhouse réussit toujours à nous offrir une petite perle de dessous les fagots chaque année à l'image de Ouija 2 : Les Origines en 2016, Get Out en 2017 ou Upgrade en 2018. En 2019, malheureusement, à l'exception du très sympathique Happy Birthdead 2 You, la société de production de Jason Blum n'aura pas offert de petits joyaux. Au contraire, elle aura surtout offert d'innombrables navets dont l'ignoble Ma.

Tout ce que l'on peut garder du film de Tate Taylor (déjà derrière le fade La Fille du train) est la prestation de Octavia Spencer, mais ce n'est pas une surprise en soi. À côté de cela, Ma balance le cahier des charges habituel du petit thriller horrifique angoissant sans talent ni panache. Tous les dialogues sont creux, chaque situation ennuyeuse est étirée à outrance quand chacun des moments au potentiel angoissant sont balayés d'un revers de main.

Ce qui est le plus terrible dans ce film, ce n'est peut-être pas tant le fait qu'il soit raté ou même pas digne d'une petite série B. Finalement, c'est l'idée que son metteur en scène et son co-scénariste ne lui ont donné aucune âme. Triste.

Notre critique de Ma

 

photo, Octavia SpencerOctavia Spencer, même avec elle, ça reste nul

 

2. CONVOI EXCEPTIONNEL

Sur le papier, le long-métrage était plus que prometteur notamment avec la présence de Christian Clavier (qui prouve ici qu'il peut être excellent quand il sort des comédies françaises lourdingues dont il est devenu la figure ces dernières années) et Gérard Depardieu, incontournable du cinéma de Blier. De plus, le pitch totalement ahurissant où les personnages doivent suivre un scénario qu'ils détiennent dans leur main (celui de leur vie et donc de leur mort) annonçait un délire meta jubilatoire et absurde, d'autant plus avec le verbe de Blier.

Malheureusement, très vite, l'oeuvre s'écroule sur elle même. D'abord parce qu'elle manque de rythme (ou n'en a tout simplement pas) et que le verbiage si plaisant de Bertrand Blier y est totalement absent (ou perdu). Finalement, le pitch accrocheur ne tient pas la route sur l'ensemble et Convoi exceptionnel se transforme en une fable d'une mollesse abyssale habitée par quelques moments lyriques réussis, mais trop rares pour le sauver de sa fadeur artistique.

Très vite, les personnages ne savent plus quoi faire (perdant le fil de leur scénario, manquant de pages) et le spectateur est totalement paumé au milieu de cette grande mascarade dont il n'a qu'une envie : sortir.

Notre critique de Convoi Exceptionnel

 

photo, Gérard Depardieu, Christian Clavier"Bonjour, toi aussi on t'a pas donné de scénario ?"

 

3. FAST & FURIOUS : HOBBS & SHAW

La saga Fast & Furious, au fil de ses films, s'est transformé en véritable franchise totalement dénuée de sens, dépourvue de sérieux et en terrain miné de vannes et situations totalement burlesques et pétées. Sur le papier, voir les deux gros bras de la franchise faire équipe le temps d'une aventure alors qu'ils ne s'apprécient pas avait de quoi attirer l'oeil (au moins).

Tristement, Fast & Furious : Hobbs & Shaw est la terrible preuve que la saga des rapides et furieux perd totalement le charme qui la caractérisait en jouant de la surenchère en permanence. À dire vrai, voir Dwayne Johnson retenir des voitures et un hélicoptère à la seule force de ses bras et Jason Statham fracasser tout ce qu'il touche est parfois amusant, mais la folie des situations finit par agacer plus qu'enchanter. En résulte un climax ubuesque où tout s'enchaîne à une telle vitesse que la démesure devient éreintante et que le ridicule prend le pas sur le plaisir coupable.

La lourdeur des personnages et des vannes que l'un et l'autre se balancent crée un malaise constant. Une gêne d'autant plus palpable dans les similis moments de sérieux louant l'importance de la famille et de l'amitié dans des séquences aux dialogues pompeux auxquels on ne croit jamais.

Notre critique de Fast & Furious : Hobbs & Shaw

 

photo, Dwayne Johnson, Jason Statham"C'est parti pour démolir la tête du rédacteur"

 

ARNOLD PETIT

1. ALL INCLUSIVE

Fabien Onteniente ressort les tentes de sa trilogie Camping pour les amener sur l'île des Bronzés avec tout ce qu’un film peut comporter de mauvais, affiche comprise.

Le scénario n’a aucun sens, le casting n’est qu’une mauvaise caricature de personnages dont on ne veut rien savoir et auxquels il est impossible de s’attacher. Seul Yvick Letexier (plus connu sous le nom de Mister V) s’intègre à peu près dans ce cadre qui ressemble à l’une de ses parodies publiées sur sa chaîne, en beaucoup plus long.

Franck Dubosc renfile son slip de Patrick Chirac (ou l’enlève pour le coup, plusieurs fois) pour être encore plus insupportable et mauvais que Josiane Balasko qui incarne une veuve en (gros) manque d’affection. Avec son cocktail de xénophobie, d’homophobie, de misogynie distillé par intraveineuse, ce film est un voyage inoubliable pour le mauvais goût et ce qui se fait de pire qui réunit tout ce que le cinéma français propose de pire ces dernières années.

 

photo« Remets-moi une couche de beauferie 3000, s’il te plaît »

 

2. MEN IN BLACK : INTERNATIONAL

Si le premier volet de Barry Sonnenfeld sorti en 1997 apportait de la fraîcheur à la science-fiction avec un résultat aujourd’hui considéré comme culte, ceux qui ont suivi laissaient déjà poindre certains défauts, suffisamment pour entacher la saga des hommes en noir qui nous protègent des invasions extra-terrestres. Men in Black : International est celle qui vient enfoncer le clou sur le cercueil d’une franchise qu’il faut désormais enterrer et dont il faut faire le deuil.

Si l’alchimie entre Chris Hemsworth et Tessa Thompson aperçue dans Thor : Ragnarok amène une certaine dynamique au film de F. Gary Gray, on ne peut pas en dire autant du scénario qui n’offre rien de nouveau sous le soleil et souffre d’un cruel manque d'ambition (en plus d’une volonté farouche d’incruster des Lexus comme dans les publicités de voitures). Les effets spéciaux peu convaincants et la direction artistique paresseuse n’arrivent pas à donner vie à ce monstre qui ne vient pas d’une autre planète, mais des fonds de tiroir d’Hollywood.

 

photoKumail Nanjiani, réduit à l'état d'alien mignon pour tableau de bord

 

3. SANG FROID

Auteur de Refroidis, sorti en 2014, Hans Petter Moland décide d’en faire un remake sous le titre de Sang Froid, « de loin le meilleur film où Liam Neeson tue tout le monde » selon Indiewire, une citation qui trônait au sommet d’une affiche annonciatrice d’un massacre, mais pas dans le bon sens du terme.

Si on peut au moins noter une photographie qui met en valeur les paysages de la Norvège natale du réalisateur et quelques moments d’humour noir qui font sourire, le film nage (ou se noie plutôt) dans un scénario insensé, prévisible et réchauffé dans lequel un Liam Neeson aux abois va refroidir toutes les personnes mêlées de près de ou de loin au meurtre de son fils (qui est en fait une banale overdose que le père refuse d’accepter).

En se voulant aussi drôle et subversif que Fargo des frères Coen ou The House That Jack Built de Lars von Trier, le film enchaîne les maladresses et déçoit jusqu’à la toute dernière seconde, comme le casting, incapable de délivrer un seul véritable instant de tension ou d’émotion.

 

photoLiam Neeson qui traîne ce qui reste de sa carrière

 

GEOFFREY CRÉTÉ

1. MEN IN BLACK : INTERNATIONAL

À ce niveau de vide, ce n'est plus du simple business : c'est du foutage de gueule éhonté. Personne n'est dupe, tout le monde sait que les suites, remakes, reboots ou dérivés obéissent d'abord à des règles de business. Ce qui n'empêche pas d'avoir de vrais films, de vraies histoires, de bonnes surprises, ou au moins un studio qui essaie de camoufler le vide pour berner le public.

Men in Black : International n'a aucune raison d'exister hormis le pognon et l'entretien d'une marque, et ça se voit à tous les étages. C'est un enchaînement de scènes de dialogues sans intérêt et de scènes d'action d'une pauvreté effarante, avec des blagues dignes d'un mauvais Disney et un pauvre twist qui n'est pas mieux. Même les acteurs, normalement talentueux, cabotinent et ne peuvent rien faire de ce scénario nul.

C'est terriblement long, et difficile de croire qui quiconque se souviendra de ce truc d'ici un an. Hormis pour le bide qu'il a été en salles, et que le studio a quasi reconnu. C'est la seule chose drôle dans l'histoire de ce soft reboot minable, qui mérite d'être vite oublié.

Critique complète à lire par ici.

 

photo, Chris Hemsworth, Tessa ThompsonTessa accrochée aux pecs de Chris (on ferait tous pareil avouez)

 

2. GEMINI MAN

Gemini Man est mauvais, mais savoir en plus que le scénario traîne depuis quasiment 20 ans dans le circuit et que plein de monde s'y est accroché au fil des années, comme si c'était une merveille, rend tout ça encore plus drôle. Qui a bien pu croire que cette sombre histoire de clone, de grand méchant business man et de tueurs d'élite, avait quelque chose à raconter ?

C'est une montagne de cliché qui finit comme une sitcom bas de gamme, plombée par des dialogues affreux, et qui ne traite à aucun moment l'angle meta d'un Will Smith confronté à lui-même jeune.

Tout ça a surtout été vendu comme une révolution technologique bien sûr, avec le 120 images par seconde et 3D. Ça aurait justifié d'avoir mis près de 140 millions sur cette daube, sauf que non : non seulement cet apport technologique est ici un gadget trop peu ressenti, mais c'est en plus vain, vu que la conception et la chorégraphie des scènes d'action sont pâles et plates. Tout le monde retiendra la poursuite en Colombie, avec les motos, et normale : il n'y a que ça à retenir (avec le bide spectaculaire au box-office bien sûr). Sacrée révolution il va sans dire.

La critique du malheureux collègue qui a assez aimé, lui.

 

photo, Will SmithAttention derrière toi, c'est affreux : un film de merde, encore

 

3. DOMINO

Passion n'était clairement pas parmi les meilleurs Brian De Palma, mais avait ce côté best of assez irrésistible, prouvant que les sens du cinéaste étaient clairement éveillés et excités. Domino, c'est le contraire absolu. Tout est mort dans ce pauvre thriller bricolé autour de trois clichés du genre, qui suit un flic renfrogné qui traque des terroristes pour venger son collègue, avec l'aide d'une mystérieuse femme.

Souvent, De Palma filme des histoires classiques, bancales, mais en tire quelque chose de purement cinématographique, au point de créer des merveilles à partir d'une simple scène d'action, ou de poursuite. Dans Domino, il n'y a rien. Encéphalogramme plat. Comme si De Palma lui-même avait abandonné, et quitté le navire. Et sans lui, c'est un naufrage.

Même le climax, qui réunit sur le papier tous les éléments d'une scène parfaitement De Palma (ralentis, points de vue, musique), ressemble à une parodie. Sauf que ça donne plus envie de pleurer, que rire.

Critique complète à retrouver ici.

 

photo, Nikolaj Coster-WaldauContempler le vide, la fin, l'oubli

 

MATHIEU JABORSKA

1. LA MALÉDICTION DE LA DAME BLANCHE

On est parfois les premiers à critiquer le système narratif des films de super-héros, où chaque volet est plus ou moins conçu pour vendre le suivant. Mais si les amateurs de comic-books doivent parfois faire face à de sacrées coquilles vides, les fans d'horreurs doivent eux se farcir des films fantômes, des carcasses cinématographiques laissées là en pâture au public en quête de frisson.

Depuis quelques années, "l'univers étendu" qu'a tenté d'imposer la saga Conjuring se révèle de plus en plus insignifiant. Mais avec La Malédiction de la Dame Blanche, on a atteint un cap qu'ils vont avoir du mal à dépasser. L'objet se met en pilote automatique dès la première seconde et coche toutes les cases du cahier des charges du film d'épouvante mainstream sans même essayer de nous faire croire qu'un humain tenait la caméra lors du tournage.

Cela se concrétise du coup par une narration dénuée de tout sens commun, balançant une origin story sans queue ni tête pour introduire un spectre qui est en fait le parfait copié-collé du précédent monstre de la franchise avec une couleur différente. Celui-ci va se faire un malin plaisir de se planquer dans chaque contrechamp possible, histoire d'éreinter le spectateur à coup de jump scares physiquement difficiles à supporter. Oui, à ce niveau, on parle de douleur.

Notre critique bien trop gentille est disponible ici.

 

photoLa Nonne avec le skin "dentelle blanche", vendu à seulement 3,99$ par EA Games

 

2. LE ROI LION

Autant crever l'abcès tout de suite : l'auteur de ces lignes n'est déjà pas un admirateur du film d'animation, même s'il lui trouve évidemment d'indéniables qualités. Mais là n'est pas la question : Le Roi Lion version 2019 n'est dans tous les cas qu'une copie moins inspirée et surtout bien moins émouvante du dessin animé culte.

Car si on retire les expressions enjouées et la simplicité de la 2D originale, que reste-t-il à part des lions qui parodient vulgairement Hamlet ? Certes, il s'agit d'un tour de force technique jamais égalé, mais au nom de quoi ? Tant de questions qui trouvent certainement une réponse économique, mais aucune réponse artistique, tant le film de Jon Favreau ne fait qu'aplatir toute forme d'émotion. Timon et Pumba ne sont pas drôles, Simba n'est absolument jamais touchant, et même les chansons paraissent fades. Et le pire, c'est qu'ils ont inexplicablement réussi à faire durer ça 30 minutes de plus.

Notre critique est disponible ici.

 

Le roi lionLes personnages comiques les plus marquants de la galaxie Disney devenus... de simples animaux

 

3. MEN IN BLACK INTERNATIONAL

Il n'y a rien de plus triste que de n'avoir rien à dire sur un film. Ça pourrait être le cas de ce reboot à peine dissimulé de Men in Black, mais il y a dans son conformisme quelque chose de réellement fascinant.

Cherchant à cacher via la multiplicité des décors une intrigue à peu près aussi originale que celle de la prochaine publicité Macdonald's, le film se devine en temps réel, au point que le visionnage peut littéralement se transformer en jeu. Prévoyez une réserve de shots ou de piments et prenez-en un à chaque fois que vous anticipez l'action qui va suivre à l'écran. Vous ne risquez pas d'en ressortir avec votre intégrité.

Sans ça, l'expérience s'avère plus gênante que douloureuse, tant les scénaristes s'emploient à désamorcer absolument n'importe quelle situation ayant un minimum de potentiel spectaculaire ou comique. Eh oui, comme S.O.S. Fantômes en son temps, Men in Black : International essaye en permanence d'être drôle, et n'y parvient jamais. Une performance qu'on serait presque tenté d'analyser en profondeur.

Notre critique est disponible ici.

 

photo, Tessa ThompsonEh oui, désolé

 

DÉBORAH LECHNER 

1. MEN IN BLACK INTERNATIONAL 

Malgré sa volonté de rafraîchir les Men in Black avec le duo de Thor : RagnarokChris Hemsworth et Tessa Thompson, la franchise a creusé sa propre tombe avec ce quatrième volet sans ambition qui se contente d’usurper le titre de la trilogie de Barry Sonnenfeld. Le rythme effréné du film et le débit écœurant de vannes plus que dispensables ne suffisent pas à nous faire oublier le vide abyssal dans lequel l’intrigue est tombée.

À vouloir trop miser sur la légèreté sans totalement maîtriser son humour, le film de F. Gary Gray peine à provoquer une réaction autre que l'ennui chez les spectateurs. Les scènes d’actions ne proposent aucune tension, seulement de la mélasse de CGI aux couleurs criardes, les personnages manquent de profondeur, les retournements de situation sont attendus et l’émotion est portée disparue. Même la menace qui plane au-dessus des personnages nous laisse indifférents, tant les antagonistes manquent de charisme et portent en eux toute la paresse et le manque d’inventivité du scénario.

On dit plus en détail ce qui ne va pas dans le film juste ici

 

photo, Chris Hemsworth, Tessa ThompsonLa belle et le bête 

 

2. ANNABELLE : LA MAISON DU MAL 

On peut facilement voir Annabelle 3 de Gary Daubermancomme la confirmation que la franchise ne pouvait pas aller bien loin sans se greffer au Conjuringverse. Le concept de la poupée possédée est beaucoup trop limité pour l’étendre efficacement sur trois films. Les plans fixes d’Annabelle sur une chaise suffisaient à peine à poser une ambiance effrayante dans le premier opus, alors il fallait bien faire du remplissage forcé dans la Maison du mal pour tenter de se renouveler, quitte à noyer l'antagoniste principale dans un immense bestiaire.

Le simple fait d’installer l’action dans la maison des Warren prouve que la poupée n’a pas d’autre alternative que de faire partie des meubles de l’univers partagé. Pendant un long moment, le film n’est même plus centré autour d’Annabelle, mais autour des fantômes qu’elle a libérés, beaucoup plus effrayant qu’elle d’ailleurs. À croire qu’il s’agit plus d’un (mauvais) crossover avec la licence Conjuring qu’un réel film indépendant de la franchise.

La critique complète du film est par là. 

 

photoBouh

 

3. CAPTAIN MARVEL

Même s’il bouscule les canons du genre en mettant une super-héroïne en tête d’affiche, Captain Marvel est un film insipide sans identité propre. Il ne sert qu’à présenter la carte joker qui sera utilisée dans Avengers : Endgame. C’est donc sans véritable ambition que le film se contente d’enchaîner les figures imposées avec un découpage formel et un manque de dynamisme assez aberrant compte tenu des effets spéciaux, plus qualitatifs qu’à l’ordinaire.

Difficile de s’attacher à l’héroïne étant donné que Brie Larson est aussi expressive et lisse qu’un parpaing. À croire qu’une femme est obligée de tirer la tronche et de bourriner pour être forte, parce qu’un traitement plus nuancé la rendrait moins badass. Les autres personnages sont eux aussi sans saveur comme Jude Law qui ne sait pas trop ce qu’il fait là. D’autres deviennent gênants, comme Nick Fury (Samuel L. Jackson), le charismatique leader du SHIELD, voué à être un side-kick rigolo déconstruisant tout le mythe autour de son personnage. 

Notre critique est disponible par ici. 

 

photo, Brie Larson"Tu connais la blague de Toto aux toilettes ?"

 

CAMILLE VIGNES

1. LE ROI LION 

Le Roi Lion de Jon Favreau est une honte de tous les instants. Édulcorant le film de 1994, c'est une boule de papier mâcher, recrachée en salles sans aucune considération pour les spectateurs. On aura beau défendre la maîtrise technique de ses effets visuels, car oui il faut au moins lui reconnaître ça, ce n’est qu’un écran de fumée pour endormir le public.

Pire, c’est miser uniquement sur le côté technique du cinéma et donc le vider d’une partie de son essence. La technique fait partie du cinéma, le but ici n’est pas de dire le contraire. C’est aussi une part de l’héritage de Walt Disney, lui qui a révolutionné le monde de l’animation en son temps. Mais quid de la création artistique ? De la volonté de créer des émotions ? De l’originalité ? Parce que depuis quelques années et à part La Reine des neiges, elles semblent avoir déserté les studios. 

Qu’on s’entende, le film peut-être apprécié. Si vous avez 5 ans et jamais vu l’original. Ou si vous êtes fan de ce dernier et que la simple idée de le voir être repris vous rend nostalgique. Mais la triste réalité, c'est que Le Roi Lion est le parfait exemple de ce qui appauvrit le cinéma d’aujourd’hui. 

Et notre critique est disponible.

 

photoOn est toujours à la recherche de ce qui fait le cinéma

 

2. X-MEN : DARK PHOENIX 

On aurait pu croire que X-Men : Dark Phoenix rattraperait les bévues de L'Affrontement final. Malheureusement non. Ce dernier avait beau être truffé de problèmes, il réussissait au moins à créer quelque chose, un semblant d'émotions. Et même bancal, il tenait debout. Mais coincé entre ses problèmes de production et un agenda compliqué à tenir à cause du rachat de la Fox par Disney, Dark Phoenix ne réussit jamais à être plus qu’un reboot fade et paresseux. 

Son casting n’est jamais, jamais convaincant et les personnages sont sacrifiés un à un. Sophie Turner échoue systématiquement à donner de la profondeur à Jean Grey et Jessica Chastain n’arrive jamais à convaincre dans son rôle d’antagoniste. La présence de Magneto n’est qu’une excuse pour se payer Michael Fassbender. Quicksilver est une nouvelle fois cantonné à sa scène de ralenti, seule chose que les studios maîtrisent, mais qui sent cruellement le réchauffé après trois itérations… 

Et on va passer les détails du climax, de l’histoire d’amour entre Jean et Cyclop des scènes d’action, de l’utilisation de Mystique… Tout ça est au mieux oubliable, au pire incroyablement vide de sens, creux et superficiel. 

 

photoMise en abîme de l'enterrement de la franchise ? 

 

3. CAPTAIN MARVEL 

Donc Marvel a enfin offert son stand-alone movie à une femme. Près de deux ans après Wonder Woman et le pavé que Patty Jenkins et la Warner ont jeté dans la marre des blockbusters super-héroïques. OK. Si le film n’avait pas pour unique but d’introduire une héroïne qui - ô surprise - ne sert quasiment à rien dans Avengers : Endgame, peut-être qu’on aurait pu lui donner un peu de crédit.

Et encore. Parce que Captain Marvel ne fait que servir pour la énième fois la même recette de soupe froide, mangée et digérée mille fois depuis le début du MCU. Si les effets visuels sont plutôt convaincants, c’est conventionnel. Attendu. Jamais surprenant. Et surtout, c’est mal incarné. Jude Law est clairement en roue libre. Brie Larson a réduit sa palette d’expressions au minimum syndical, certainement dans l’espoir d’incarner la badass-attitude. Et au milieu de ça, flotte la terrible histoire de l’oeil de Nick Fury (Samuel L. Jackson). 

Plus de détails sur pourquoi Captain Marvel n’est franchement pas terrible dans notre critique

 

photo, Jude LawAttendez, je joue qui déjà ?

 

CHRISTOPHE FOLTZER

1. HELLBOY

C'est con, Neil Marshall est plutôt un bon réalisateur qui nous a offert au moins un chef-d'oeuvre (The Descent), mais le voir patauger à ce point dans la flaque brune que constitue son Hellboy fait beaucoup de peine à voir. Enfin, SON Hellboy... On n'est pas très honnête pour le coup et c'est vraiment salaud de l'accuser ainsi alors qu'on sait très bien qu'il ne s'agit pas de son film.

Encore une fois, les producteurs ont fait des siennes en voulant surfer sur la mode du super-héros edgy et classé R pour concurrencer Deadpool et, encore une fois, ils n'ont rien compris. On hallucine toujours autant face à cet objet d'une nullité abyssale qui ne sait même pas nous raconter l'histoire la plus basique qui soit, de son manque de respect total pour les personnages et pour le spectateur.

Le résultat fait peine à voir, encore plus quand on se rappelle que c'est pour cet étron que Guillermo del Toro s'est fait bloquer quand il voulait faire son Hellboy 3. Non, vraiment, on vit une époque de merde. Hellboy est mort, et pour un bon moment apparemment. Tant mieux !

Notre critique infernale

 

photo, David Harbour, Sasha LaneLe petit coup de rouge de trop

 

2. X-MEN : DARK PHOENIX

Bon, déjà, nous n'étions pas super confiants à la base parce que Simon Kinberg est tout sauf un réalisateur. Mais pourquoi pas, ce ne serait pas le premier à nous surprendre agréablement. Le problème, c'est que la saga X-Men était déjà partie bien en sucettes avec X-Men : Apocalypse et que, si on rajoute le rachat de la Fox par Disney en pleine production, ça n'arrange pas les choses.

Car oui, avant d'être un mauvais film, X-Men : Dark Phoenix est surtout un film malade. Mais genre, en phase terminale quoi, et que personne n'ose débrancher. Entre des CGI foireuses, un scénario inexistant, Magneto en mode "bobo-permaculture" et des enjeux totalement nases, même pas dignes de la plus ringarde des sitcoms, ce film n'a pas grand-chose pour lui.

On se dit donc que tout cela était volontaire, pour laisser une sale impression aux spectateurs histoire de faciliter les choses à Disney quand il voudra rebooter cet univers. On ne voit pas d'autre explication. Mais c'est triste d'en arriver là.

Notre critique mutée

 

photoHolà, mollo kaillera !

 

3. LE ROI LION

Ah bah ça, Disney nous casse bien les burnes avec ses remakes à la chaine de ses grands classiques, mais comme le public suit toujours autant, on n'est pas prêts de passer à autre chose. Ouais, au fond, c'est de votre faute. Désolé.

Mais là, on arrive quand même à un extrême qu'on ne soupçonnait pas poindre aussi tôt. Avec Le Roi Lion, Jon Favreau une nouvelle fois qu'il est avant tout un bon faiseur sans aucune personnalité ni point de vue. Alors certes, la technique est ultra impressionnante et met tout le monde d'accord, mais si c'est pour nous livrer un film en totale contradiction avec le métrage original, qui passe son temps à en trahir et à en pervertir les enjeux, on ne comprend pas trop l'effort.

Avec ses animaux au regard mort, le film nous prouve que rien ne remplacera l'émotion suscitée par un coup de crayon, aussi aboutie soit la technique. Les comédiens font ce qu'ils peuvent certes, mais rajouter une demi-heure de film à une histoire déjà parfaite à la base, c'est sacrément crétin. Quand on pense en plus que ce machin a pété le milliard de dollars au box-office, on se dit qu'on n'a pas fini de s'arracher les cheveux face à la connerie ambiante. Quelle qu'elle soit d'ailleurs. Triste...

Notre critique au poil

 

photoTout ce que touche la lumière se transforme en dollars

commentaires

fuck
09/01/2020 à 18:53

Rorov94 tu serais pas un peu con ?

Galt
29/12/2019 à 12:27

Terminatante Last Fake restera pour moi le pire film de l'univers.
Le T800 en short qui boit des bières devant un match de foot, les mots me manquent...

TheWatcher95
28/12/2019 à 22:26

1) Avenger Endgame=Énorme déception
2) Gemini Man =Très dessus par le dernier Will Smith
3) Rambo V=Une déception
4) Le Roi Lion= Quelle horreur !! Un crachat au visage du film d'animation
5)Spider-Man Far from home=plus mauvais film. Une vraie purge cette bouse infecte !!

corleone
27/12/2019 à 13:08

Bon à y bien réfléchir Terminator Dark Fate manque sur ma liste. Même qu'il aurait dû être ex-aequo avec Men In Black International.

Elliot Amor - Rédaction
26/12/2019 à 17:26

@Robin
On vous invite à jeter un œil à nos tops films.

Sanchez
26/12/2019 à 17:12

Mon Flop à moi :
1- Velvet Buzzsaw
2- Extremely Wicked, Shocklingly evil and Vile
3- Avengers Endgame

Robin
26/12/2019 à 10:29

On pourrait mettre tous les films français, comme tous les ans.

Kolby
25/12/2019 à 16:04

Je ne croyais pas une seule seconde que DE PALMAS pouvait encore réaliser en ce 21eme siècle un film comme DOMINO,
Nul de chez nul

Hippo
25/12/2019 à 09:34

1 Crawl 
2 La malédiction de la dame blanche
3 Happy Birthdead 2 You

Rorov94
25/12/2019 à 00:52

Mes RAZZIES à moi:
LE CHANT DU LOUP
LES MISERABLES
JOKER
PARASITE
THE IRISHMAN
TOY STORY 4
J'ACCUSE

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