X-Men : Dark Phoenix - critique cosmicocrash

Geoffrey Crété | 14 février 2020
Geoffrey Crété | 14 février 2020

X-Men : Dark Phoenix repasse ce soir sur Canal + à 21h05

Coincé entre remake de X-Men : L'Affrontement final sorti en 2006, et fin forcée de cette saga avec le rachat de la licence par DisneyX-Men : Dark Phoenix tient une position difficile. Premier film de Simon Kinberg qui officie sur la franchise comme scénariste et producteur depuis le troisième opus, il a la lourde tâche d'adapter un arc majeur et riche des comics, tout en refermant au mieux l'histoire globale des six films (notre classement de la saga, du pire au meilleur, par ici). Mission absolument pas accomplie tant ce Dark Phoenix marque les heures sombres de la saga.

X-MEN : LA FIN DU COMMENCEMENT FINAL

Un coup d'œil sur la franchise X-Men depuis ses débuts en 2000 permet de voir la gestion bizarroïde de la franchise, entre rétropédalage, prequel et réécriture. Si bien que malgré des dizaines d'arcs majeurs à tirer des comics, ce X-Men : Dark Phoenix se pose en remake de X-Men : L'Affrontement final sorti en 2006, preuve ultime d'une lutte contre soi-même. Que le rachat de la licence par Disney soit arrivé avant la sortie n'aide pas, tout comme les ressemblances avec un autre film de super-héros qui ont incité à retourner entièrement la fin du film.

Mais ce Dark Phoenix n'a pas besoin de ça pour être médiocre. A tous les niveaux, ce blockbuster à 200 millions de dollars est un ratage, terriblement insipide, fade, plat et en pilotage automatique. Tout est accéléré, emballé à la hâte et traité en quatrième vitesse, avec une incapacité absolument effarante à créer la moindre émotion. X-Men : Dark Phoenix a le même panache dans les scènes d'action que dans la tragédie de Jean Grey, c'est à dire aucun. Pourtant pétri de défauts, X-Men : Apocalypse ressemble à un vrai film à côté de cet épisode sans queue ni tête, aussi ringard que creux.

 

photo, Sophie TurnerSophie Turner, le trône d'enfer

 

JEAN BRÊLE

L'ascension de Jean Grey vers le Dark Phoenix était annoncée dans X-Men : Apocalypse, où la jeune femme incarnée par Sophie Turner se laissait finalement submerger par ses pouvoirs pour sauver la situation, sous les yeux d'un gros Apocalypse légèrement ravi d'apercevoir ce futur désastre. Tout comme dans X-Men : L'Affrontement final, les libertés prises ici avec le matériau d'origine sont énormes, mais logiques : l'arc dans les comics est riche, mettant en jeu beaucoup de personnages et de facettes cosmiques de l'univers. Il nécessite une construction type Avengers mais le problème n'est pas là.

Il est dans la facilité avec laquelle Simon Kinberg, réalisateur et scénariste (il avait aussi écrit Days of Future Past et Apocalypse), simplifie grossièrement les enjeux. Jean vrille beaucoup trop vite, et son basculement est traité comme la crise d'une adulescente qui pleure sous la pluie comme dans un mauvais clip des années 90. Centrale dans les comics, son histoire d'amour avec Scott subit le même traitement et encore une fois, le super-héros si charismatique dans les comics est un faire-valoir sans profondeur. L'évolution de Jean semble trop artificielle, jamais bien ancrée.

 

photo, Sophie TurnerScène d'exposition grossière #3

 

La saga a toujours eu du mal à servir tous les personnages, et en aura maltraité dans chaque épisode en arrière-plan. Dans Dark Phoenix, c'est pire. Il n'y a qu'à voir comment Quicksilver est éjecté du récit après être devenu un X-Men à la fin d'Apocalypse pour comprendre que le film est un bulldozer qui avance sans réflexion. Magneto est bloqué dans une boucle ridicule à ce stade, et sa présence dans l'intrigue (il est absent dans ces comics) n'a aucun autre sens que celui d'avoir Michael Fassbender. Même chose pour Mystique, présente pour les mauvaises raisons, et utilisée de manière honteuse : en plus d'avoir été lâchée dans la promo, sa grande scène est tristement ratée. 

Seuls Charles Xavier et Hank McCoy ont quelque chose à jouer, mais l'arc du professeur étant un écho à Days of Future Past (avec Jean à la place de Mystique), le sentiment de surplace est tenace.

 

photoQuand tu fais la queue pour dire tes 3 répliques médiocres

 

DARK FAINÉANTS

Du côté de la pseudo-antagoniste incarnée par Jessica Chastain, c'est encore pire. La présence d'une telle actrice dans ce foutoir est le plus gros enjeu du film, tant cette ennemie est un machin générique, vulgaire outil de scénariste pour expliciter et extérioriser les conflits. Transformée en espèce de Die Antwoord version en talons aiguilles, servie par quelques pages de dialogues type fond de tiroir de blockbuster, remplacée par une doublure numérique pour quelques maigres cascades, Jessica Chastain est la vraie alien de cette production.

Si la première apparition de cette menace lorgne vers l'horreur, le reste sera tristement vain. Les X-Men vont donc affronter une armée de banquiers et VRP bien habillés, qui sautent comme des yamakazis, résistent à toutes les balles sauf les grosses, et forment une nuée impersonnelle et bête.

 

photoAh on s'amuse bien ici...

 

C'est particulièrement grotesque dans le climax, passé lors des reshoots d'un décor spatial à un pauvre train lancé dans la nuit vers une destination inconnue, avant que Jean ne pète tout pour occuper le terrain préféré des superproductions récentes : le terrain vague semi-urbain, avec option piliers en béton pour donner un peu de vie. 

Jean, de son côté, est lancée à toute vitesse vers la ligne d'arrivée, sans passer par la case psychologie - alors que c'est pourtant tout l'enjeu de l'histoire. Difficile d'être entraîné ou touché donc, et trop facile de blâmer Sophie Turner : elle n'a peut-être pas la force de Famke Janssen, mais elle est surtout desservie par des dialogues, des situations et des costumes souvent ridicules.

 

photo, Jessica Chastain, Sophie Turner"JPP Sophie"

 

X-TRÊME VIDE

Savoir que X-Men : Dark Phoenix a coûté dans les 200 millions (fourchette haute du budget des films de super-héros) est l'autre gros mystère, tant le film est d'une mollesse exceptionnelle. Le démarrage est pourtant solide, et l'intro jusqu'à l'événement cosmique est même simple, sobre, découpée avec un certain savoir-faire et sans perte d'énergie - peut-être parce que c'est l'un des seuls gros morceaux absolument pas reshootés ? Par ailleurs, la musique de Hans Zimmer est belle et prenante.

Mais plus le film avance, et pire c'est. Les scènes d'action se comptent sur les doigts d'une seule main, et donnent envie de se péter une phallange à chaque fois. En plus de rappeler X-Men : L'Affrontement final vu le décor, la première confrontation tragique est théâtrale de la pire des manières, et réussit l'exploit de rater le grand moment de l'intrigue - que ce soit dans l'écriture, le découpage ou le montage. Un grand affrontement dans une rue révèle une incapacité monumentale à filmer les pouvoirs et actions des mutants, offrant ainsi l'une des pires scènes de toute la saga qui ferait passer le premier X-Men pour Mad max : Fury Road

 

photo, Sophie TurnerFoutre le feu et partir

 

Inutile de s'attarder sur le climax, digne d'un mauvais jeu vidéo, où des ennemis générés par ordinateur attaquent par vague quelques héros, qui ont une rare occasion d'utiliser leurs pouvoirs pour créer virtuellement de l'excitation. Du principe même de cette virée en train au moment où un anti-Jean Grey passe subitement de son côté, jusqu'à un déferlement de CGI dans les airs qui n'a aucun autre but que celui de déplacer le décor et capter le regard avec des explosions, rien ne va dans ce troisième acte.

X-Men : L'Affrontement final avait beau être truffé de problèmes, et souffrir lui aussi de problèmes de production (elle avait été lancée à la hâte pour tenir une date de sortie), il avait au moins la décence d'offrir un semblant d'émotion, entre Jean et Wolverine, et également du côté de Charles Xavier. Dark Phoenix échoue lamentablement à ce niveau comme à tous les autres, et occupe l'écran avec de bons acteurs et du mauvais cinéma hollywoodien pendant moins de deux heures. L'ultime image, d'une candeur tellement ridicule qu'elle donne envie de rire, achève l'entreprise comme un triste point final à l'ère X-Men chez la Fox.

 

Affiche

Résumé

Au mieux, X-Men : Dark Phoenix est un blockbuster pâle de seconde zone, sans aucune force ni émotion, qui manque cruellement d'ampleur et d'idée. Au pire, c'est une petite catastrophe industrielle, hâchée en post-production, vidée de toute substance. Dans tous les cas, c'est l'un des plus mauvais films X-Men.

Autre avis Christophe Foltzer
Intrigue en carton, gros manques de rythme et d'enjeux, décisions de production faites en dépit du bon sens, acteurs en état de mort cérébrale, ce Dark Phoenix n'atteint aucun de ses objectifs. De quoi ne pas trop pleurer le rachat de la Fox par Disney finalement.
Autre avis Simon Riaux
Doté d'un excellent casting et de thématiques passionnantes, ce phénix demeure à l'état de cendres tant il carbonise précipitamment toutes les pistes et possibilités qu'il se ménage. La grande saga chorale rejoint ainsi la moyenne basse des productions Marvel.
Autre avis Lino Cassinat
Un épisode particulièrement neuneu ou fumiste dramatiquement, et dont le soupçon de souffle épique s'effondre au bout de 30 minutes. La suite est une espèce de machin visqueux sans aucun rythme ni aucune tenue. On en regrette presque le punch du super-cut promotionnel présenté à la presse. À ranger quelque part entre X-Men 3 et Apocalypse.

commentaires

cepheide
15/02/2020 à 13:27

De la part d'un lecteur des x-men (et autres maverleries) depuis 35 ans, ce phoenix est bien plus proche des comics et des lecteurs que le MCU. Si le film a des défauts indéniables, il a aussi des quelités certaines et des séquences vraiment prenantes.
Ce n'est pas une volonté de dire que je sais mieux que les autres, mais j'ai bien plus vibré en tant que "vrai" lecteur de comics face à ce Dark Phoenix que face aux films chiants et sans âme comics que sont black panther, thor, endgame, strange...
Si ca interesse quelqu un je dirais que les adaptations ayant le plus l'adn des comics (ce qui n'en fait pas forcement les meilleurs films) sont x-men 2, infinity war, iron man 1, captain america 1, spider-man homecoming, deadpool 1, aquaman, batman (burton, pour l epoque 80-90 des comics batman), sin city (visuellement surtout), 300, hellboy 2, dredd.

Flo
30/01/2020 à 10:12

« She’s got it
Yeah, baby, she’s got it
I’m your Phoenix, I’m your fire
At your desire » ????

– Ce pourquoi ce film a été produit…

Raisons commerciales, complètement… La Fox, studio ayant souvent l’habitude de produire des films à tendance sociale, n’avait pas de gros Blockbuster Live Action Tout Public (et très rentable donc) en réserve. La franchise X-Men étant son fer de lance régulier depuis 19 ans, réunissant un message progressif tout en ayant de la SF et de l’Action, un peu comme leurs films « Planète des Singes »…
La fusion avec Disney étant secondaire, ce film devait se faire Officiellement parce que le précédent, X-Men Apocalypse, avait échaudé un peu trop les esprits avec son look kitsch et ses moments de grosses destructions… le tout étant pourtant justifié par l’époque où se situait l’histoire, l’augmentation des enjeux (l’Intolérance s’est souvent nourrie de massacres massifs), ainsi que le fait qu’on n’ait pas des personnages trop transparents à la Michael Bay, car on les suit depuis quelques années déjà, pour la plupart.
Officieusement, il s’agissait aussi de faire un peu oublier le « problématique » Bryan Singer (de moins en moins supportable – délit de faciès en plus de ses moeurs dérangeants?), et faire évoluer la saga vers une ambiance un peu plus Féministe, tant qu’à faire.

Le projet lancé très vite, sans script définitif, comme c’est le cas de quasi tous les blockbusters, le synopsis est déjà écrit puisque composé de restes du film X-Men l’Affrontement Final, lui-même composé de bouts de l’histoire du Phénix dans les comics…
Le réalisateur en devient même secondaire… Simon Kinberg n’a réalisé aucun film de sa vie, ce qui est encore plus ahurissant (c’est un gros projet) que si c’était un réal ayant juste fait une poignée de film indépendants avant… L’homme a juste la confiance du cast, lequel cast en profite pour arracher un peu plus de confort grâce à sa notoriété (vu le maquillage pas incroyable de Jennifer Lawrence et Nicolas Hoult? le temps de présence de Evan Peters? celui des autres grosse stars?)…
La prod en confiance aussi, mais parce que Kinberg est lui même producteur… Mais l’ont-ils soutenu à la mesure du projet, cela est moins sûr…
L’équipe technique donnera des idées de mise en scène énergique, au passage…

Voilà, en fait il n’y a rien de trop complexe, si ce n’est que…
Qui est-ce que ça peut intéresser, puisque tout ça a déjà été fait, et a déjà connu divers aboutissements dans de précédents films ? Pour être tourné, en plus, il y a déjà deux ans…
Et que ça semble un peu trop se positionner dans l’opposition aux prods Marvel Studios… alors qu’ils restent tous de la même « famille », appartenance au studio ou pas.
La promo du film, plus ou moins une « Conclusion » sans trop d’enthousiasme, n’aide pas à ça,

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– Ce qu’est le film…

Au final… d’abord des défauts prévisibles, car récurrents dans ces films là: un peu trop rushé, mais comme tous les blockbusters américains, OK…

Formatage des prods Fox/Marvel, avec une décennie en arrière-plan à chaque films… Ici, le début des années 90 et son petit lot d’espoirs: il y a eu la fin de l’Apartheid, de la Guerre Froide et la Réunification des deux Allemagne, le nucléaire laissé de côté au profit à nouveau de l’espace (télescope Hubble par exemple). Et surtout, l’Organisation mondiale de la santé qui a retiré l’homosexualité de la liste des maladies mentales…
Pourtant, pas la moindre référence explicite dans le film sur ces faits d’une grande importance… L’intérêt contextuel d’une décennie par film ne sert plus à rien…
Sans compter que l’age des personnages devient problématique car ils « devraient » alors avoir la même tête que la génération Stewart/McKellen/Marsden etc…
– on pouvait se douter qu’ils ont loupé une occasion en or en ne mettant pas ce film en parallèle du film Captain Marvel (90’s, toujours), vu le type d’antagonistes qu’ils affrontent. À la place, ils font avec ce qu’ils ont à disposition… Mais Marvel Studios y a surement mis son veto, pour ne pas être trop confus avec leur production, y compris pour le climax final… Même si tournés quasi en même temps, prime à la prod qui a le plus à perdre avec un film introductif… là où les X-Men, eux, en sont à leur énième « suite ».

Comme depuis toujours, ces films ont droit à une production assez chaotique, à quoi on peut aussi rajouter presque tous les autres films qu’a produit ou scénarisé Kinberg dans sa carrière (xXx², Mr. et Mrs. Smith, Jumper, Elysium, Sherlock Holmes, Les Quatre Fantastiques etc etc…). Tout ça nous donnant à chaque fois quelque chose, on peut le sentir, qui n’est pas vraiment « fini », où la prod ne savait pas trop où elle allait.
Idem pour ce XM Dark Phoenix, ignorant royalement le « problématique » XM Apocalypse… et le fait que le Phénix y apparaissait déjà, et dans toute sa splendeur: https://www.youtube.com/watch?v=vpJ8ol1KNxg
Du coup, on ne sait plus si c’est une suite ou si c’est un film auto-contenu… encore une fois.

Comme depuis toujours, c’est trop centré sur un groupe restreint de personnages… les autres passant pour des potiches, et certains caractères étant très loin de ce qu’ils sont dans les comics – Hank McCoy et Raven, surtout (ils sont un peu plus proches de ce que sont Scott Summers et Ororo Munroe dans les comics).
Personnages qui ne servent alors qu’à alimenter l’intrigue. Laquelle tourne trop en rond, avec les mêmes oppositions des personnages…

Il y a toutefois des idées intéressantes dans ce film, mais qui ont un peu tendance à se retourner contre lui:
– insérer, même de force, une thématique Féministe ? pas du tout abouti puisque c’est pour nous montrer des femmes de pouvoir qui sont trop en échec (et clamer un « X-Women ! » maladroit)… Hélas, au jeu des comparaisons, si jadis Famke Janssen était trop « femme fatale » pour jouer l’innocente Jean Grey, mais plus adaptée pour jouer le Phénix Noir… Pour Sophie Turner, c’est l’inverse… trop tôt pour elle, et trop vite, même pour en faire une suite spirituelle de sa Sansa Stark de Game of Thrones.

– montrer ainsi une sorte de Patriarcat obsolète via Xavier ou Magneto, jouant avec la vie de leurs émules tels des pièces d’échec ? C’est ainsi fait de manière trop caricaturale, leurs « pions » étant toujours trop gentils, naïfs et « clean » chez l’un, et plein de gens patibulaires et tatoués chez l’autre… on reste au même niveau de X-Men1, 2 ou 3. Et encore, il y avait Wolverine dans ceux-ci, pour équilibrer un peu la balance. L’absence du mutant griffu ici se fait bien trop sentir.
Même la dernière scène entre les deux mentors est bien caricaturale (le café « Les Vieux Compères »? la Rue de la Paix?).
Et bien faible est la passation de pouvoir découlant de ça, reniant un autre film de Bryan Singer au passage (XM Days of Future Past, l’un des plus révérés et équilibré de tous).

– du coup, il y a le côté le plus évident du film, c’est à dire une (auto-) critique aussi bien de la saga X-Men que des films de super héros, visant donc les très colorés et explosifs XM Apocalypse et le Marvel Cinematic Universe (le « Mutant Control Unit » ici, ironique)…
et bien cela passe aussi pour une tentative naïve et puérile, car le MCU n’a attendu personne pour être critique que ce soit avec les grandes Institutions, qui ne génèrent qu’une confiance et un pouvoir limités (Armée US, SHIELD, Asgard, Nova Corp, Kamar Taj, Wakanda)… et aussi avec les super héros eux-mêmes (l’Ère d’Ultron, Civil War, Infinity War, le début de Endgame).

Que, dans XM Dark Phoenix, on ait alors des dits super héros perdants toute la confiance du Grand Public à cause de leur trop plein de pouvoirs, de leurs erreurs de calcul et de leur impulsivité (se venger… en se battant au milieu d’une foule de civils, mis en danger et pas protégés!?)…
Cela passe mal ici, se prenant trop au sérieux comme dans un Zack Snyder… en moins explosif mais alors qu’il y reste quand même des moments ridicules (la scène du barbecue).
La musique bien noire de Hans Zimmer allant dans ce sens… et sonnant un petit peu comme une version moins rock de celle du film… Elektra:
https://www.youtube.com/watch?v=EeSjzof-3Kw
https://www.youtube.com/watch?v=MYyZMVwTdGI

– et même la thématique de Fin de l’Innocence pour tous les héros est toute aussi vaine – par exemple, Diablo devenant enragé et meurtrier (comme au début de XM 2)… sauf qu’il est face à des adversaires tellement coriaces qu’il est normalement obligé de tuer pour survivre.

De tout ça, il faudra retenir surtout:
L’assez bonne utilisation de cadrages serrés et intimistes, donc toujours le fait de rejeter tout super héroïsme (aucun second degré pour désamorcer même un chouïa la tension), pour solde de tout compte. Passé le début, on finit vite par abandonner les super costumes, de toute façon pas bien jolis…
De plutôt bonnes scènes visuelles ainsi que d’action, le gros morceau étant celle du train avec toute sa symbolique raciale associée (esclavage + déportation)…
Ainsi qu’une amusante idée comme quoi l’introduction d’éléments plus « hauts en couleurs » à cette longue saga cinéma des X-Men, à savoir des Pouvoirs trop divins et des aliens belliqueux, devient presque Hors Sujet.
Et perdant complètement les spectateurs du film, avec un effet métaphorique étonnant.
Justifiant plus qu’un « certain studio », sachant mieux allier des éléments hétérogènes, se penche enfin sur les Mutants pour mieux les faire… évoluer.

En attendant, même si ce film restera peu dans les mémoires de beaucoup de gens, il fait un peu plus que se laisser voir grâce à une certaine modestie (bien que contrainte et forcée)…
Et au fait que, par ce « rejet super héroïque » et ces ennemis qui mélangent la série les Envahisseurs avec des CGI ultra basiques, vus et revus…
Et bien il s’agit là plutôt d’un film… « Young Adult ». Mais un bon, un des meilleurs on pourrait même oser (c’est dire le niveau de la majorité des autres).

Forcément, quand tous les films X-Men ne pouvaient exister dans un Univers où d’autres super héros « non stigmatisés » pouvaient se placer en porte-à-faux par rapport à eux (là aussi, la Fox a loupé le coche en n’utilisant pas les 4 Fantastiques, qui leur étaient pourtant disponibles)…
Il manquait définitivement quelque chose dans tous ces films, qui sont censés prôner l’ouverture d’esprit, et qui pourtant restent trop parqués dans leur coin…
Mais ce n’est pas le moindre des paradoxes chez toutes les Communautés existantes dans notre Monde Réel.

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– Ce que le film aurait pu/dû être…

Le début d’une autre Trilogie, centrée sur le Phénix, tout simplement…
Après que XM Apo ait fini sur un nouveau statu quo, et l’arrivée d’une nouvelle jeune génération, il suffisait de laisser monter la tension progressivement autour de la nature du Phénix… Surtout que celle-ci a eu le temps de connaître une évolution dans les comics Marvel – précisons que dans les BD, rien ne devait s’y finir avec la mort de Jean, et que c’est encore le cas.

Présentation augmentée de ses pouvoirs et de la menace potentielle dans le 1er volet, grâce à l’extension de cet univers avec l’arrivée d’aliens, qui seront de futurs antagonistes plus puissants;

Fausse mort dans le deuxième avec la version « Dark », car le Phénix est connu pour se présenter comme une autre personnalité influençante (que la très rousse Jessica Chastain aurait pu jouer d’ailleurs). Ce qui n’est pas le cas dans ce XM Dark Phoenix;

Et conclusion dans le troisième, où Jean aurait fait la paix avec cette Entité, la laissant partir définitivement (voir pour exemple le comic récent « la Résurrection du Phénix »).
Et bien sûr, tout ça avec des intrigues secondaires tout autour, et une émergence (enfin) du caractère complexe de leader de Scott Summers, complémentaire de celui de Jean Grey.
En mélangeant à la fois le côté Intimiste Et le côté Opératique… à la fois le Micro et le Macro.
Tout ça pouvant se faire même en parallèle de Marvel Studios, ça ne pose aucun problème tant que la prod sait ce qu’elle fait – après tout, Ryan Reynolds devrait réussir à ne pas être dissocié de Deadpool, à priori.

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La question sera à l’avenir de savoir si la relative perte d’indépendance de la Fox sur ces franchises permettra un regain d’efficacité, tout en permettant néanmoins une bonne inclusion des messages sociaux véhiculés par les X-Men, dans les prods étendues de Marvel
– seul Black Panther (qui avait lui aussi une combat final sur les rails d’un train) y a touché, jusque là. Mais sans que ça ne soit aussi central, le divertissement passe avant tout.

Rendez-vous alors dans « The not too distant future ». ????

Stéphane
03/11/2019 à 16:11

Vous voyez, quand vous voulez, vous pouvez. Vous prenez les 5 lignes que ça vous a coûté de développer, vous les mettez dans votre article, et ça y est, le sujet est traité. Cela aurait été si difficile?

Geoffrey Crété - Rédaction
03/11/2019 à 14:24

@Stéphane

J'ai dit ça ? Je ne pense vraiment pas.
Le jeu de la critique, c'est de voir un avis, potentiellement différent du vôtre. Si vous pensez que c'est une fixation sur les défauts, c'est simplement parce que nous ne sommes pas d'accord sur le film. C'est comme si je vous disais que vous en faîtes une sur les qualités, quitte à fermer les yeux sur les défauts... Sur une autre critique, on pourra faire l'inverse : vous diriez que je me focalise sur les qualités, parce que vous n'aimez pas le film. Ce serait parfaitement stérile.

Les qualités me semblent très mineures et écrasées par les défauts du film, si vous préférez. La psychologie, ou répétitive dans la saga, ou très survolée (rien que sur Jean...). Tout comme l'aspect social et politique, qui tournent en rond dans les films depuis le début, et ont perdu de leur impact.

Puisque je pense que le film est raté et médiocre, je développe évidemment les problèmes, en accord avec mon avis. Libre à vous de penser très différemment, bien heureusement. On ne le répète jamais assez : chacun devrait se faire son propre avis, pas de police de la bonne cinéphilie ou pensée ici, et nous ne sommes pas là pour vous dire quoi voir-aimer-penser.

OK. Je prends donc acte que c'est le jeu d'une critique de faire une fixation sur les défauts et occulter l'aspect psychologique et politique d'un film, qui vous semblent secondaires...

Stéphane
03/11/2019 à 14:17

OK. Je prends donc acte que c'est le jeu d'une critique de faire une fixation sur les défauts et occulter l'aspect psychologique et politique d'un film, qui vous semblent secondaires...

Geoffrey Crété - Rédaction
02/11/2019 à 18:42

@Stéphane

Oui on a vu le même film. Il se trouve que nous avons simplement un avis différent sur ce film.

Magneto et son évolution : j'évoque que le personnage tourne en rond pour moi.
Xavier : j'évoque qu'il a l'arc dramatique le moins raté. Je ne détaille pas car à l'époque, on préférait éviter les spoilers (critique publiée à la sortie).

Mais il va sans dire qu'il est impossible de tout détailler, donc il sera logique qu'un lecteur regrette qu'un aspect ou un autre ne soit pas abordé et détaillé. C'est le jeu d'une critique, qui ne résume pas tout le film, mais propose un angle, un point de vue, et le tient.

Ravi si vous avez aimé ce film, comme d'hab, la diversité des opinions c'est sain et naturel.

Stéphane
02/11/2019 à 17:00

Un peu dure, votre critique. Une belle fixation sur les aspects négatifs, certes avérés, mais n'y a t-il que ça à dire de ce film?

Vous n'avez par exemple rien à dire sur l'évolution du rapport que Magneto entretient avec son pouvoir, passant épisode après épisode d'un objet de vengeance à un objet de malédiction?

Vous n'avez rien à dire non plus à propos de la mise en scène de toute la difficulté d'un choix de parcours effectué par Charles, dont l'acharnement, épisode après épisode, passe à deux doigts de lui donner raison dans ce dernier opus, mais le moindre faux-pas le ramenant à la réalité de nos sociétés humaines si promptes à retourner leur veste et à faire passer une communauté en un instant d'un statut de héros à un statut de paria?

Avons-nous vu le même film?

beyond
19/09/2019 à 11:38

Enfin vu et déjà oublié. Je serai moins clément que vous envers Sophie Turner dont le jeu se limite à une expression et qui n'a pas le charisme escompté pour assumer un tel rôle .

Tétragrammaton
14/09/2019 à 09:20

Et bien et bien . Rassurée de savoir que cela ne venait pas de moi . A savoir que j'ai trouvé ce film plat. Même la présence de Michael Fassbender n'arrive pas à cacher l'ennui que provoque ce film. Dialogues creux et vides. Scènes gâchées. Personnages absents.
Acteurs et actrices (tous sans exeptions) ennuyeux. Même Jessica Chastain qui est capable du meilleur à l'air de s'emmerder honorant son contrat point barre. La mort de Raven est bâclée. En résumé ce film est un ratage complet. Moi qui suis fan de la saga je déplore qu'elle se finisse comme ça.

Jean Grey
09/09/2019 à 08:55

Ce qui ne me donne pas envie de revoir le film est la mort de Jean, j'aurai vraiment aimé qu'elle reste en vie, qu'elle est une fin différente.

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