Films Marvel : on a classé les films, du meilleur au pire

La Rédaction | 16 novembre 2022
La Rédaction | 16 novembre 2022

Iron Man, Captain America, Thor, Avengers, Black Widow, Les Gardiens de la Galaxie, Ant-Man... Tous les films du MCU classés du pire au meilleur, by Ecran Large.

Tous les futurs films de Marvel à venir

Voici comment regarder les films Marvel dans le bon ordre

La Saga Infinite s'est terminée avec Avengers : Endgame, puis Spider-Man : Far from Home, mais le Marvel Cinematic Universe n'a pas fini de faire tourner les têtes. La Phase 4 a déjà été lancée sur Disney+ avec les séries WandaVision, Falcon et le Soldat de l'Hiver, Loki,  What If...?Hawkeye et Moon Knight, et au cinéma avec les films Black WidowShang-Chi et la légende des Dix AnneauxLes Éternels, Spider-Man : No Way Home et Doctor Strange in the Multiverse of Madness.

Le MCU, c'est donc 30 films, ainsi que des milliards au box-office. Marvel est une machine de guerre aimée ou détestée, respectée ou conspuée, étudiée ou décortiquée - mais dans tous les cas, centrale dans le paysage hollywoodien.

Pour s'y retrouver, l'équipe s'est donc réunie avec quelques litres d'alcool et diverses armes, pour arriver à un classement collectif du MCU, du pire au meilleur. Un classement évidemment propre à la rédaction, établi grâce aux votes de chacun, et qui en aucun cas ne devrait être pris autrement que comme notre avis collectif, bien à nous. Prière de ne pas partir en vrille, sortir les insultes et les fusils.

Le classement des meilleures séries Marvel-Disney+

 

30 - THOR

Sortie 2011 - Durée 1h55

 

Photo Chris Hemsworth, Tom HiddlestonThor et Loki

 

Ce qui se passe : Un surfeur culturiste sous acide est persuadé d’être un dieu asgardien. C’est un peu ridicule, mais pas plus que de se prendre pour un metteur en scène sous prétexte qu’on a torché à peu près n’importe comment quelques adaptations de Shakespeare dans les années 90. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’en faut pas beaucoup plus pour nous offrir Thor, un des blockbusters les plus embarrassants de ces 20 dernières années.

Ce qui va : C’est bien simple, absolument rien ne va dans ce naufrage aux effets spéciaux douteux, à la mise en scène indigne d’un fan film concourant aux handisport de l’imagination (« hey c’est du fantastique, vite décadrons l’action ! »), et au scénario qui alterne entre la tragédie pour les nuls et la comédie romantique pour ornithorynques châtrés.

Bien sûr, c'était les débuts du MCU. Le personnage de Thor, avec sa mythologie plus fantaisiste que Captain America et Iron Man, était de toute évidence un gros pari pour l'équipe. Mais le film réalisé par Kenneth Branagh reste étonnamment simplet et fade, notamment au niveau de la direction artistique sur Terre. Plus que dispensable.

Ce qui ne va pas : Reste une unique raison de supporter ce machin produit avec un cynisme répugnant (les personnages secondaires allant jusqu’à se moquer de l’intrigue et des héros, comme pour signifier combien Marvel méprise son sujet) : le charisme de Chris Hemsworth, qui réveillerait un mort.

Notre critique de Thor

29 - ANT-MAN ET LA GUÊPE 

Sortie 2018 - Durée 1h58

 

Photo , Paul Rudd, Evangeline LillyPlus on est de fous, moins on rit

 

Ce qui se passe : Alors que Scott Lang alias Ant-Man est assigné à résidence, Hank Pym et Hope van Dyne, alias la Guêpe, le recrutent pour tenter de retrouver Janet van Dyne bloquée depuis des années dans la dimension subatomique. Poursuivis par des méchants humains, la super-vilaine Fantôme et le FBI, ils réussissent quand même à sortir Janet de la dimension subatomique. Scott et Hope se mettent ensemble mais pendant que Scott fait un test dans le tunnel quantique, il reste bloqué car Janet, Hope et Hank ont été snapés par Thanos.

Ce qui va : À l'exception de quelques jeux de perspectives et d'échelles amusants et des scènes d'action corporate très corrects, le film n'a pas grand chose à apporter. Seul gros point positif : la Guêpe (Evangeline Lilly), une super-héroïne émouvante, attachante et bien caractérisée, l'une des seules du MCU. Le personnage de Ghost n'est pas si mal non plus. Au-delà, on peut aussi espérer qu'Ant-Man et la Guêpe cache quelques indices sur le déroulé de Endgame avec la dimension quantique.

Ce qui va pas : Globalement l'intrigue de ce deuxième volet des aventures de l'homme-fourmi n'a rien de très original ni de très entraînant. Si Ghost est bien présentée et a un joli background, elle n'est jamais une vraie menace pour les héros, tout comme les personnages incarnés par Laurence Fishburne et Walton Goggins.

À côté de cela, l'humour du film ne fonctionne jamais avec ses blagues terriblement datées et profondément lourdingues. De plus, avec les innombrables possibilités mises à sa dispotion, le film n'use jamais assez des jeux d'échelles qu'il pourrait créer, préférant se complaire dans une mise en scène très basique. Quel dommage.

Notre critique d'Ant-Man et la Guêpe

28 - THOR : LE MONDE DES TÉNÈBRES 

Sortie 2013 - Durée 1h52

 

photo, Chris HemsworthChris Hemsworth, pose #1 avec légère variation 

 

Ce qui se passe : De méchants elfes veulent répandre les ténèbres sur tout le monde. La pauvre Jane est possédée par un machin maléfique nommé Ether. Thor perd sa mère (pour de vrai) et son frère (pour de faux). Thor traverse plein de portails pour taper le méchant Elfe. Thor refuse le trône d'Asgard. L'Ether, alias Pierre de la réalité, est remise au Collectionneur.

Ce qui va : Le climax avec les portails offre quelques images amusantes. La masse musculaire de Chris Hemsworth est un peu moins terrifiante. La direction artistique est globalement plus aboutie et ambitieuse que dans le premier film, avec l'envie d'en faire quelque chose qui ressemble moins aux Power Rangers.

Ce qui va pas : Thor : Le monde des ténèbres a la particularité d'être à peu près totalement oubliable. Entre le cocktail étrange d'un Kenneth Branagh qui mixe du Shakespeare de bas étage et de l'humour bas du front dans Thor et l'impulsion eighties-kitsch de Thor : Ragnarok par Taika Waititi, la suite réalisée par Alan Taylor fait figure d'escale bien pale, existant plus par obligation contractuelle que par une quelconque nécessité. Pas si détestable que ça, mais tristement vide.

Notre critique de Thor : Le monde des ténèbres

27 - BLACK PANTHER 

Sortie 2018 - Durée 2h15

 

Photo Chadwick BosemanBlack Panther, black mood

 

Ce qui se passe : T’Challa hérite du trône du Wakanda, ce qui fait de lui Black Panther, super-héros super fort super protectionniste et isolationniste. Manque de pot, son lointain cousin aimerait bien tâter de la couronne, et faire un peu de politique extérieure. Bien conscient que les semi-étrangers sont à peine des humains et que le socialisme est la mort des peuples, T’Challa transforme le dit cousin en sushi à la viande, non sans avoir pris conscience de combien son père lui avait caché que parfois, la vie c’est moche.

Ce qui va : C’est comme le dentiste, c’est bien quand ça s’arrête. Sinon, l'adversaire Killmonger est l'un des moins tartes du MCU, avec un positionnement intéressant face au héros. Le scénario l'éjecte trop vite dans le climax, mais son rôle est globalement plus noble que la majorité des films de super-héros. Danai Gurira est aussi un atout de premier ordre, avec un charme et un humour détonants.

Ce qui ne va pas : Ce scénario navrant (pour qui n’a pas l’habitude de Marvel) pourrait ne pas totalement discréditer le film, si ce dernier daignait être un minimum spectaculaire. Malheureusement, Ryan Coogler semble ne pas vraiment avoir eu les mains libres, comme en témoignent les scènes d’action parmi les plus risibles depuis le grotesque Elektra, à mille lieues de la maestria technique toute en souplesse d’un Creed. Désespérément programmatique et opportuniste dans sa manière d’agencer ses valeurs, Black Panther est tout ce que 13, Get OutTangerine ou Moonlight n’étaient pas : une œuvre composée n’importe comment, avec un mépris souverain pour son sujet et son public, portée par une campagne promotionnelle idéalement calibrée pour se parer des vertus de ses prédécesseurs. Sinon, il y a toujours Blade.

Notre critique de Black Panther

26 - AVENGERS : L'ÈRE D'ULTRON 

Sortie 2015 - Durée 2h21

 

PhotoRéunion de super-héros pas jojo

 

Ce qui se passe : Les Avengers traquent HYDRA et trouvent le sceptre de Loki, avec la Pierre d'Infinité. Stark l'utilise pour créer Ultron, une Intelligence Artficielle qui va bien sûr devenir tarée. Ultron enrôle les jumeaux Maximoff, mais finalement ils sont pas si méchants. Les héros passent un moment champêtre dans une petite maison dans la prairie Barton. Vision est créé. Les Avengers affrontent Ultron et ses sbires en Sokovie. Quicksilver est tué. Hulk s'exile. Les Avengers accueillent de nouveaux membres.

Ce qui va : Certains auront apprécié le combat entre Hulk et Iron Man qui détruisent un centre-ville d'Afrique. D'autres, l'intro dans la forêt enneigée. La scène alcoolisée et la tête de Chris Hemsworth quand son marteau bouge aussi. L'idée d'avoir des super-héros avec de vrais super-pouvoirs, comme Scarlett Witch et Quicksilver, apporte une bonne dynamique visuelle.

Ce qui ne va pas : Le numéro d'équilibriste du premier Avengers, qui organisait action, humour et héros, s'écroule dans cette suite baveuse. Plus de personnages certes, mais pas plus de frissons, d'énergie et d'excitation dans cette histoire poussive de méchant robot suprémaciste, qui peine à offrir de bons morceaux d'anthologie ou retrouver la dynamique d'équipe de Vengeurs. Un peu tiraillé dans tous les sens, Avengers : L'Ère d'Ultron a clairement souffert de son pari très risqué, quasi-impossible à remporter, de marcher dans les pas de la bonne surprise du premier opus. D'où un film pas bien satisfaisant et bien plus faiblard que la moyenne du MCU.

Notre critique d'Avengers : L'Ère d'Ultron

25 - L'INCROYABLE HULK 

Sortie 2008 - Durée 1h52

 

photo, Edward NortonEdward Norton concoctant l'ADN du bon film

 

Ce qui se passe : Le scientifique Bruce Banner cherche à trouver un antidote aux radiations gamma qui l'ont contaminé et le font devenir Hulk. Pendant sa recherche du remède, alors qu'il est poursuivi par les forces américaines qui veulent l'utiliser comme arme, Bruce va recroiser le chemin de Betty Ross, son éternel amour.

Ce qui va : Pas grand chose. On peut souligner la volonté de nous épargner l'origin story de Hulk et de rentrer directement dans le vif du sujet. Edward Norton fait plutôt le job dans la peau du mutant.

Ce qui ne va pas : Techniquement, L'Incroyable Hulk est très irritant et manque considérablement de séquences emblématiques ou de moments lisibles. Au lieu de tenter une chorégraphie avec sa caméra, Louis Leterrier préfère se servir du montage pour guider ses scènes d'actions. En résultent des enchainements infâmes et brouillons pour un ensemble vraiment foireux. Il faut dire qu'il est difficile de filmer un scénario aussi vide et prévisible. Le récit reste trop en surface pour interpeller, les personnages sont très caricaturaux (le méchant interprété par Tim Roth en tête de ligne) et la romance centrale est niaise. Puis malheureusement, les effets spéciaux subissent méchamment les âfres du temps...

 

24 - THOR : LOVE AND THUNDER

Sortie 2022 - Durée 1h59

 

 

Ce qui se passe : Après les événements d'Endgame, et après avoir été délaissé par les Gardiens de la galaxie, Thor essaie de retrouver un sens à sa vie. Il affronte Gorr, soi-disant Boucher des dieux, avec l'aide inattendue de Jane. Atteinte d'un cancer, elle a été choisie par le marteau de Thor, et est devenue la super-héroïne Mighty Thor. Après un ultime sacrifice, elle parvient à vaincre Gorr. Thor, lui, récupère la fille de son ennemi, et devient super-papa.

Ce qui va : La baston sur la planète monochrome, qui ressemble à un mix entre Ratchet et Clank et Les Nibelungen. Eventuellement l'intro de Gorr, qui ressemble presque à un film. Les blagues sur Jane Fonda et Jodie Foster.

Ce qui ne va pas : Parce que c'est un rendez-vous totalement manqué à tous les niveaux. Thor en crise existentielle post-Thanos ? Quasiment mis sous le tapis, alors que c'était étalé sur son gros bide durant un film entier. Les Asgardiens de la galaxie ? Réduit à trois scènes nulles (Chris Pratt a rarement été aussi mauvais). Thor se retrouve donc à répéter la même trajectoire d'abruti musclé et minable à l'ego surdimensionné, qui apprend, encore, à être une personne à peu près fonctionnelle.

 

Thor : Love and Thunder : Photo , Natalie Portman, Chris HemsworthComment ne pas éclairer un costume, en une leçon


Le ratage est encore plus formidable du côté de Mighty Thor, puisque le retour de Natalie Portman (enfin utilisée comme autre chose qu'un pot de fleur avec des cheveux et un Oscar) est manqué. La naissance, l'évolution et le sacrifice de cette super-héroïne sont ruinés par une avalanche d'ellipses, blagues et raccourcis, si bien qu'il n'y a pas une miette d'émotion.

Thor : Love and Thunder n'est alors plus qu'une suite de scènes écrites et montées en dépit du bon goût et du bon sens, avec un problème de rythme qui donne l'amère sensation que tout le monde s'en bat les steaks. Valkyrie ne sert à rien, Gorr est un énième méchant générique (le talent de Christian Bale n'y peut rien), et l'abus de blagues nulles (foutues chèvres) donne des envies de meurtres sur la personne de Taika Waititi. Tout va cent fois trop vite, et pourtant le temps défile si lentement que Thor 4 semble durer 2h30. Même en cherchant un simple et bête spectacle coloré, cool et con, gros risque d'ennui et exaspération.

 

Notre critique de Thor 4 : Love and Thunder

23 - BLACK WIDOW

Sortie 2021 - Durée 2h14

 

 

Ce qui se passe : Vous n'en pouviez plus de ne pas savoir ce que faisait Natasha Romanoff après Civil War et avant le chaos Thanos ? Exilée, elle retombait sur sa fausse famille d'espions, et notamment sa sœur d'armes Yelena Belova. Ensemble, elles s'attaquaient au programme Black Widow, qui transformait leurs copines en super-espionnes grâce à un serum les réduisant en esclavage.

Après quelques pirouettes et une révélation sur Taskmaster, Natasha se réconciliait avec son passé, libérait tout le monde, tuait le grand méchant russe, et se motivait à aller réunir son autre famille : les Avengers.

 

Black Widow : photo, Scarlett JohanssonMission privée

 

Ce qui va : Scarlett Johansson a toujours été l'une des meilleures actrices sous-employées du MCU, réduite à la +1 des héros depuis Iron Man 2. Elle a enfin l'occasion d'exister plus longtemps que 3 minutes dans son propre film, face à Florence Pugh qui rappelle encore une fois son talent. Ce duo est sans aucun doute la bonne idée de Black Widow. Peut-être même la seule, puisque Yelena reviendra évidemment dans le MCU (à commencer par la série Hawkeye).

Ce qui va pas : L'existence même de ce film, débarquant mille ans trop tard puisque le personnage est mort dans Endgame, et que le scénario ouvre une parenthèse-flashback sur un moment plus inintéressant que jamais après la guerre contre Thanos. Mais au-delà de cet aveu d'échec pour Disney, qui a mis des années avant de lancer un film de super-héroïne, Black Widow souffre de tous les problèmes classiques : scènes d'action insipides, découpage qui charcute les chorégraphies, direction artistique peu inspirée (encore des rues, des motos, des appartements, jusqu'à un QG volant qui ressemble à l'héliporteur du SHIELD), et écriture lourdingue. La dernière ligne droite est un grand moment de vide hollywoodien, avec des twists surannés, des blagues exaspérantes, et un sous-texte féministe tellement étalé qu'il en devient risible.

Notre critique de Black Widow

 

22 - SPIDER-MAN : NO WAY HOME

Sortie 2021 - Durée 2h28

 

 

Ce qui se passe : Depuis les événements de Far from Home, tout le monde connaît la double identité de Peter Parker et le pense responsable de la mort de Mysterio. Désolé de voir ses amis être rejetés de l'université de leur rêve à cause de lui, Peter demande au Doctor Strange de jeter un sort au monde entier pour que tout le monde oublie que Spider-Man est Peter Parker. Sauf que le sort part en cacahuètes et ouvre les portes du Multivers. Tous les méchants qui connaissent ou ont connu l'identité de Spider-Man débarquent à New York pour tuer l'Homme-Araignée. MAIS, deux autres Spider-Man débarquent à leur tour pour lui tisser un coup de main. 

Ce qui va pas : Beaucoup trop de choses pour que Spider-Man : No Way Home fonctionne autant qu'il le voudrait. À commencer par son histoire longue et décousue qui s'apparente plus à un prétexte pour exhiber les méchants de Sam Raimi et Marc Webb (sauf le Bouffon Vert de Dane DeHaan parce qu'il faut pas déconner). Inévitablement, de nombreux personnages accessoires sont mis sur la touche faute de place à l'écran (Happy, le Lézard, Doctor Strange, Matt Murdock).

 

Spider-Man : No Way Home : photoGuess who's back ?

 

Il est aussi très frustrant que le film réunisse trois Spider-Man et six méchants emblématiques, mais sans réelle ambitions visuelles. Les décors sont fades et peu excitants, les scènes d'action sont surdécoupées (un reproche récurrent chez Marvel) et la réalisation statique et générique manque de vivacité, de mouvements et d'idées de mise en scène (en particulier pour la bataille finale). 

Ce qui va : Le fan service. Même si la façon de mettre en scène les trois icônes est critiquable, le simple fait de les voir interagir à l'écran est suffisant pour toucher de nombreux fans, réaliser un de leur fantasme et leur offrir la nostalgie recherchée. Mais le vrai parti pris du film est sa conclusion solennelle, qui marque la fin de la trilogie et le début d'une nouvelle ère. Après une séquence émotion bien plus déchirante que la mort de Tante May ou le pathos autour des super-vilains en quête de rédemption, Peter se retrouve seul et oublié de tous pour entamer sa vraie quête initiatique

Notre critique de Spider-Man : No Way Home

 

21 - CAPTAIN AMERICA : CIVIL WAR

Sortie 2016 - Durée 2h28

 

Photo Captain AmericaLe décor le moins excitant du monde

 

Ce qui se passe : La politique c’est compliqué, et ça empêche les Avengers de bien bosser, surtout que l’ONU en a marre que ça soit une organisation privée et veut les faire passer sous son contrôle après la mort de plusieurs civils, causée par leurs actions. Iron Man est d’accord, Captain America non, du coup ça divise. En plus, le méchant Zemo manipule (ENCORE) le Soldat de l’Hiver, qui décidément ne peut jamais se contrôler, et fait un massacre. Iron Man en a (encore) marre de lui, mais Captain America le soutient (encore), parce que merde, c’est Bucky quoi, du coup ça divise encore la division.

Sauf que cette fois y’en a marre, alors Iron Man et ses potes ils décident de se battre contre Captain America, donc Zemo a gagné en fait, mais heureusement, en fait Black Panther a un servo, du coup il y a juste la moitié de l’équipe en taule, donc c’est plus qu’une victoire aux trois quarts pour Zemo. Bien joué !

 

Photo Tom Holland, Spider-ManLa première apparition du nouveau Spider-Man

 

Ce qui va : Daniel Brühl a beau avoir été privé de design convaincant (et même de design tout court), son interprétation de Zemo est très convaincante, tandis que Robert Downey Jr. fait également un très bon job en changeant subtilement la tonalité de son personnage, qu’on sent pourtant infiniment lassé et distant. Captain America : Civil War peut d’ailleurs vraiment remercier ses deux acteurs, c’est à peu près le seul truc qui fait qu’on croit vraiment au déchirement tragique de l’équipe, alors que le scénario n’aide pas. Ah, et Black Panther est monstrueusement classe bordel.

Ce qui ne va pas : À peu près tous les « à côtés » du film. L’humour est horrible, l’histoire complètement invraisemblable et grotesque (surtout dans sa partie « politique »), les bastons torchées par la réalisation et le montage (et c’est dommage parce que y’a plein d'idées classes). Et alors, le pire pour la fin : la direction artistique du MCU a toujours été son talon d’achille, mais alors là on est vraiment dans les abysses de la laideur photographique, dont le comble sera atteint pendant la fameuse bataille grise sur le tarmac gris de l’aéroport gris (il est mort l’étalonneur ou quoi ?), filmée sans aucune sensibilité ou sens de la dramatisation à grands coups de plans moyens/large déprimants. Et alors la cohérence spatiale ou les rapports d’échelles, c’est même pas la peine de chercher.

Notre critique de Captain America : Civil War

20 - CAPTAIN MARVEL

Sortie 2019 - Durée  2h04

 

photo, Brie LarsonElle est enfin là, la première super-héroïne qui a son film solo MCU

 

Ce qui se passe : Dans tous les recoins de la galaxie, la dénommée Vers porte le fer contre les méchants Skrulls, traqués par l'Empire Kree qu'elle sert. Isolée sur Terre à la suite d'une embuscade, elle découvre que ses frères d'armes l'ont manipulée, qu'elle répond au doux nom de Carole Danvers, que ses pouvoirs (hérités du Tesseract, donc d'une Pierre d'infinité) sont bien supérieurs à ce qui lui a été annoncé, que Samuel L. Jackson est vraiment très cool, et que les chats cachent bien leur jeu. Elle donne un bipper à Nick Fury, et s'envole loin de la Terre pour régler d'autres affaires et justifier son absence du MCU jusqu'à Avengers : Endgame.

Ce qui va : Le film a de furieux airs de buddy movie. En effet, Samuel L. Jackson bénéficie pour la première fois d’un véritable rôle dans un film du MCU, et on a bien du mal à comprendre pourquoi personne n’y a songé plus tôt. Sa présence électrique et cool fait beaucoup pour l’ensemble, sauvant même par endroit le personnage de Captain Marvel, écrite de manière trop monolithique pour intéresser le spectateur, en dépit de la bonne performance de Brie Larson.

On appréciera également le rythme du métrage, qui évite un peu les tunnels de dialogues habituels pour multiplier les lieux et décors, quand bien même il se cantonne beaucoup trop longtemps sur Terre.

Ce qui va pas : Rarement les scènes d’action d’un épisode du MCU auront été aussi indigentes et en manque d’inspiration. Le constat est d’autant plus frappant que de Top Gun à Independence DayCaptain Marvel veut rendre hommage à tout un pan de la pop culture, qui ne peut jamais que souligner ses faiblesses artistiques. Enfin, le choix de faire de Denvers une héroïne totalement invulnérable amoindrit terriblement les enjeux du récit. 

Notre critique de Captain Marvel

19 - CAPTAIN AMERICA : LE SOLDAT DE L'HIVER

Sortie 2014 - Durée 2h16

 

Photo , Captain America : Le soldat de l'hiverLe fameux soldat-ami-bro

 

Ce qui se passe : Après la destruction d'Avengers, Captain America essaye de s’adapter au monde moderne, mais c’est pas facile, surtout quand il apprend que son super pote Bucky n’était pas vraiment mort mais se fait manipuler par des nazis franchement balèzes en informatique qui n’étaient pas vraiment morts non plus. Mais ça, c'est parce que Marvel aime bien nous faire croire à la mort de ses personnages.

Nick Fury est tué (sauf que non), et Captain America et Black Widow s'allient pour faire tomber le SHIELD, dirigé par des méchants. Il vit à fond sa bromance avec Bucky. Le SHIELD tombe, et les héros partiront désormais à la recherche des agents de l'HYDRA, qui ont récupéré Scarlett Witch et Quicksilver dans un labo secret.

Ce qui va : Si l’on oublie que la finalité de l’histoire est une fantasque histoire de taupes nazies au 21e siècle, curieusement le volet thriller/enquête est peut-être l’aspect du film qui fonctionne le mieux. Il s’en dégage une drôle de saveur politique assez bien vue par rapport à l’air du temps sur la paranoïa sécuritaire, ce qui rend la présence de Robert Redford au casting extrêmement pertinente. Captain America : Le Soldat de l'hiver peut également compter sur un bon duo entre Black Widow et Cap, que Chris Evans campe avec brio.

 

Photo Chris Evans, Scarlett JohanssonViens, on fait un film un peu sérieux Nat'

 

Ce qui va pas : Comme d’hab avec les frères Russo, les mouvements des combats ont beau être assez classes et fluides, la réalisation et le montage hyper rigides jurent complètement avec les chorégraphies. Le nombre de plans devient parfois complètement délirant pour filmer une simple action, et on se souviendra notamment longtemps de ce combat en ascenseur, pourtant court et anecdotique mais ô combien paresseux.

La photographie est également désespérément plate, en témoigne ce combat gris sur l’autoroute grise d’une ville grise, ou le combat final dans la station filmé à grand coups de plans moyens/larges (on est bien chez les frères Russo). Et pour finir, on ne pouvait pas ne pas évoquer le "filain nazi tans l’ortinateur ach ach ach", un genre de docteur Folamour mais désespérément sérieux. Et sérieusement, absolument PERSONNE n’a reconnu Bucky depuis le début, vraiment ? Arrêtez, c’est grillé.

Notre critique de Captain America : Le Soldat de l'Hiver

18 - Black PANTHER : WAKANDA FOREVER

Sortie : 2022 - Durée : 2h42

 

 

Ce qui se passe : T'Challa, le souverain du Wakanda et le porteur du costume du Black Panther, est mort. Alors que Shuri, Ramonda, Nakia et les autres Wakandais s'efforcent de faire leur deuil et d'entamer un nouveau chapitre, les héros découvrent l'existence de Talocan, une civilisation sous-marine restée cachée pendant des siècles, et son dirigeant, Namor, un mutant doté de pouvoirs surhumains qui se lance à la poursuite d'une jeune scientifique de génie, Riri Williams.

Ce qui va : Alors que la mort de Chadwick Boseman plaçait Black Panther : Wakanda Forever comme un cas désespéré et sans précédent, la disparition du héros qu'il incarnait est finalement devenue un des atouts du scénario. À travers la perte de T'Challa, le film reprend les questions de deuil, de tradition et d'héritage dans une histoire avec une dimension méta pertinente : Killmonger ayant brûlé les herbes-coeur qui donnaient leur puissance aux Black Panther, le Wakanda et la reine Ramonda s'interrogent donc sur la nécessité d'avoir un nouveau protecteur à l'heure où la technologie de Shuri peut rivaliser avec des super-pouvoirs.

L'émotion se ressent, et par rapport au premier volet, qui reposait essentiellement sur la figure de T'Challa, les autres peuvent enfin exister, en particulier les personnages féminins, qui partagent de jolis moments d'échange. En plus de ces réflexions de fond, les enjeux politiques sont également une extension de ceux de Black Panther avec l'arrivisme occidental et un anti-héros qui défend une cause noble par la violence.

 

Black Panther : Wakanda Forever : photo, Danai Gurira, Letitia WrightOkoye et Shuri, endeuillées, mais toujours bien fringuées

 

Ce qui ne va pas : Le troisième acte, qui replonge dans tout ce qu'il y a de plus conventionnel et vient anéantir tout ce que le film a voulu raconter pendant plus de 1h30. Après l'intéressante réflexion sur la place des super-héros et leur intérêt dans un monde où n'importe qui peut le devenir, le costume de Black Panther est refourgué en deux temps trois mouvements et tout le monde finit par obtenir sa super-armure avant l'immense combat final en CGI.

L'autre déception vient de Riri Williams, alias Ironheart, qui est introduite comme un énième MacGuffin après America Chavez dans Doctor Strange in the Multiverse of Madness ou Love dans Thor : Love and Thunder. Au final, Black Panther : Wakanda Forever donne l'impression de vouloir partir dans deux directions différentes tout en continuant d'avancer schématiquement et ne réussit malheureusement pas à concilier l'émotion au spectacle qu'il propose.


Notre critique de Black Panther : Wakanda Forever

 

17 - AVENGERS : ENDGAME

Sortie 2019 - Durée 3h01


photoUn début en fanfare, qui va vite retomber pendant deux heures 

 

Ce qui se passe : Après les évènements de Infinity War, les membres des Avengers essayent de retrouver Thanos au plus vite pour lui chiper les Pierres d'Infinité et faire revenir la population disparue. Malheureusement, lorsqu'ils le retrouvent, il les a détruites et il est trop tard pour sauver le monde, Thor coupe la tête de Thanos. Cinq ans plus tard, les Avengers entre dépression et espoir décident de monter un plan autour du voyage temporel grâce à une idée d'Ant-Man (qui était bloqué dans la dimension subatomique). Objectif : récupérer toutes les Pierres avant Thanos dans le passé.

La mission est accomplie et permet plein de clins d'oeil aux anciens films et à l'univers, mais Black Widow périt dans l'aventure. De retour dans le présent, Hulk claque des doigts pour faire revenir la moitié du monde disparue à la fin d'Infinity War. Il réussit mais manque de peau, pendant leur mission dans le temps, le Thanos du passé les a repérés et est arrivé dans le présent (2023 dans le film). Une bataille fait rage entre les Avengers vivants (accompagnés des forces disparues enfin de retour !) et l'équipage de Thanos.

Avec l'aide de Captain Marvel et toutes leurs forces, les Avengers réussissent à voler les gemmes de Thanos et Iron Man se sacrifie en claquant des doigts avec les cinq Pierres d'Infinités et faire disparaitre Thanos et son armée. Quelques jours plus tard, le monde revient à la normale, les super-héros enterrent Tony Stark et Steve Rogers (alias Captain America) part dans le passé retrouver Peggy Carter.

 photoUn climax final totalement épique

 

Ce qui va : Le long-métrage était le moyen de tirer un trait sur de nombreux personnages et d'enfin passer le flambeau avec beauté et dramaturgie, il le fait avec une jolie sincérité avec plusieurs d'entre eux et notamment les majeurs comme Iron Man et Captain America, créant parfois des séquences très émouvantes. Le film jouit aussi de quelques moments amusants avec les trips temporels et d'une dose épique dantesque notamment grâce à son climax final dinguo qui a provoqué d'innombrables crises de priapismes chez certains fans.

Ce qui ne va pas : Globalement, le film dénote énormément avec le précédent opus des Avengers (Infinity War) et semble même, parfois, en contradiction total avec son atmosphère tragique et sombre. Ainsi, Avengers : Endgame, s'il est constitué de plusieurs moments dramatiques, reste en majorité (plus de deux heures sur les 3 au compteur) une succession de situations metas et drôles loin de la noirceur attendue.

 

photoThanos, la grosse déception de ce Endgame

 

En effet, si l'épique ne manque pas dans le final et que la tension règne sur le sort des personnages, la partie des voyages temporels manque de tension et d'action, l'ensemble des missions se déroulant sans accros (exception d'une). La raison découle en grande partie de l'absence de Thanos en grand méchant, qui après avoir été magnifiquement développé dans Infinity War, devient ici un simple antagoniste opportuniste qui fait son apparition dans le grand final sans le background du précédent opus puisque ce Thanos là vient de l'époque des Gardiens de la Galaxie.

Par ailleurs, le traitement des personnages est assez inégal (pauvre Black Widow) et certains particulièrement mal écrits (Thor, Hulk) quand d'autres ne sont que des figurants (Hawkeye) voire des deus ex machina (Captain Marvel, pourtant attendue au tournant depuis son film solo). Avec en plus un gros manque de rythme, plusieurs facilités scénaristiques et une mise en scène toujours aussi fade des frères Russo, on se dit que le film a quand même gâché l'occasion d'être un bon film (voire un grand) avec tous ses choix trop conciliants avec la fanbase et pas assez avec la cohérence. Endgame est donc plus une grosse déception que l'orgasme ultime attendu.

Notre critique d'Avengers : Endgame 

16 - SPIDER-MAN : HOMECOMING

Sortie 2017 - Durée 2h13

 

Photo Tom Holland Spider-Man version ado 2017

 

Ce qui se passe : Alors qu'il a fait une entrée remarquée dans l'univers des Avengers avec Captain America : Civil War, le jeune Peter Parker découvre peu à peu ses pouvoirs. Dans son quartier, il se présente comme un super-héros serviable et lutte parfois contre la criminalité. Mais avec son mentor Iron Man et l'arrivée du méchant Vautour, le jeune Spide-Man va prendre une autre dimension.

Ce qui va : Ce nouvel opus des aventures de Spider-Man avec son nouvel interprète Tom Holland a plein d'atouts. Tout d'abord, le jeune comédien correspond parfaitement à l'image du Peter Parker adolescent, plus proche des comics, et se fond dans le costume de l'araignée de bien belle manière. Le choix de ne pas nous livrer une troisième origin story du super-héros sur grand écran permet au long-métrage de se lancer rapidement. En jouant sur les codes du teenage movie, Spider-Man : Homecoming offre également une légéreté attendrissante. Enfin, le film réussit à vraiment surprendre en milieu de film avec un retournement de situation très inattendu qui lui permet de redonner de l'enjeu au récit efficacement.

Ce qui ne va pas : Malgré un retournement de situation bienvenu en plein coeur du film, le scénario est très convenu et se concentre sur une structure globale trop classique. Les scènes d'actions peu nombreuses manquent soit d'originalité, le ferry rappelle bien trop le métro du Spider-Man 2 de Sam Raimi ; soit d'envergure, la séquence sur la plage est très fade visuellement et manque cruellement d'ampleur. Un manque d'impact visuel du, sans aucun doute, au style trop lisse du réalisateur Jon Watts.

Notre critique de Spider-Man : Homecoming 

15 - IRON MAN 2 

Sortie 2010 - Durée 2h04

 

Photo , Robert Downey Jr.Robert Downey Jr., l'homme derrière le chèque/la combinaison

 

Ce qui se passe : Tony Stark est désormais publiquement Iron Man. Il pourrait couler des jours heureux en achetant de petites entreprises pour en licencier les ouvriers, tout en lutinant des kilomètres de collaboratrices lubriques, mais il doit faire face simultanément à un corps dont l’énergie décline et à un homme décidé à se venger du mal que lui a fait son père et fondateur de Stark Industries.

Ce qui va : Le concept de MCU est alors aussi nouveau que passablement abstrait, et ce nouveau chapitre contribue à lui donner plus évidemment corps. Une promesse qui suffisait alors largement à faire du film un divertissement digne de curiosité.

Ce qui ne va pas : C’était l’occasion pour Jon Favreau de nous montrer que lors du premier Iron Man, il ne s’était pas contenté de laisser Robert Downey Jr. improviser pour sauver un film précipité en enfer par la grève des scénaristes. Sauf que finalement, Jon Favreau a préféré prouver qu’il mettait en scène avec un style digne d’un chatbot bridé par un community manager évangéliste un lendemain de Pentecôte. Iron Man 2 n’est jamais honteux, toujours solide techniquement, et plutôt fluide, doté de thèmes pas inintéressants, mais c’est sa mollesse et son absence criante de dramaturgie qui en font un interminable machin tout mou. On peine à distinguer une scène, une image, un personnage ou un dialogue mémorable. Pas une catastrophe donc, mais un produit désincarné dénué d’intérêt.

 

14 - LES ÉTERNELS 

Sortie 2021 - Durée 2h37

 

 

Ce qui se passe : Des Eternels, des êtres cosmiques surpuissants et immortels, chargés de protéger les Terre des monstrueux Déviants. Réunis après des siècles pour reprendre la guerre, ils découvrent que leur boss, le Céleste Arishem, leur a menti sur leurs origines et leur rôle. Ils devaient en réalité veiller sur la Terre jusqu'à sa destruction, pour donner naissance à un nouveau Céleste. La bande se rebelle, et Arishem vient les choper pour les punir, et préparer le Jugement dernier de l'humanité.

Ce qui va : La sensation que Marvel ouvre (enfin) de nouvelles portes, après un début de Phase 4 mou et grisâtre (merci Black Widow et Falcon et le soldat de l'hiver). D'abord grâce à une mythologie tournée vers le cosmos, avec des personnages tout nouveaux et des menaces bien plus grandes. Et ensuite avec une approche visuelle rafraîchissante, puisque Les Éternels est certainement le premier Marvel à autant filmer la Terre sous toutes les coutures, avec des horizons dégagés et des décors loin du béton des villes.

 

photoLes vrais Gardiens de la galaxie

 

Le regard de la réalisatrice oscarisée Chloé Zhao (The Rider, Nomadland) y est évidemment pour beaucoup. Malgré un lourd cahier des charges, elle s'attarde plus sur les visages de ses acteurs et actrices, filmant leurs yeux, leurs larmes et leurs silences. Avec comme gros défi de présenter 10 nouveaux personnages d'un coup, Zhao a également eu une belle inspiration côté casting, avec notamment Gemma Chan, Angelina Jolie et Richard Madden. De quoi créer une belle émotion, souvent inattendue.

Ce qui ne va pas : Les Éternels ne révolutionne rien, et à ce stade, la machine de guerre Marvel est indéboulonnable. L'intrigue est donc un best of du MCU (famille disfonctionnelle, trahison et autres révélations sur les hautes instances), les scènes d'action sont encore une fois molles, et tout l'épilogue est un couloir de teasing légèrement bordélique. Par ailleurs, Les Éternels a largement été critiqué pour son rythme, et son trop-plein de personnages.

Notre critique des Éternels

13 - SPIDER-MAN : FAR FROM HOME

Sortie 2019 - Durée 2h10

 

photo, Zendaya, Tom HollandLe véritable amour, c'est de respecter la distanciation sociale avec l'être aimé

 

Ce qui se passe : Peter Parker est dévasté par la disparition de son mentor Tony Stark et part en voyage scolaire avec son lycée en Europe pour penser à autre chose. Mais son nouveau statut au sein des Avengers le rattrape en vol, et à Venise, Nick Fury lui lègue un cadeau de Stark (des lunettes équipées d'une IA) et lui confie une mission : stopper le carnage provoqué par les Elementaux qui ravage le monde.

Le boss du SHIELD lui demande de faire équipe avec le mystérieux Quentin Beck alias Mysterio. Leur duo fonctionne et ils arrivent à stopper les Elementaux à Prague (après Venise). Pensant avoir trouvé son nouveau mentor, et estimant qu'il peut être le vrai successeur de Tony Stark, Peter donne les lunettes à Mysterio... qui est en fait un imposteur.

Après avoir compris la supercherie (Beck crée les Elementaux) et échappé de peu à la mort des mains de Beck, Peter Parker prévient Nick Fury à Londres, où une (fausse)-attaque a justement lieu. Mysterio essaye de tuer MJ qui connait sa véritable identité avec Peter Parker, mais Spider-Man réussit à la sauver, ainsi que ses camarade, et à dévoiler la supercherie. Mysterio meurt. MJ et Peter s'embrassent enfin. Mysterio révèle au monde, dans une vidéo posthume, la véritable identité de Spidey et l'accuse de meurtre. Choc.

 

photo, Jake Gyllenhaal, Tom HollandEt voilà, comment on peut attraper le Covid-19

 

Ce qui va : En premier lieu, toute la trame teen du long-métrage. Avec un Peter Parker au lycée (et un acteur, Tom Holland, crédible pour cet âge là), un ton humoristique bien géré, des personnages joliment développés (car déjà mis en place dans Homecoming) et des situations assez touchantes, le teen movie fonctionne à merveille et se révèle généreux. Au-delà, le casting fait des étincelles avec Holland donc mais aussi Zendaya (décidement future grande avec Euphoria) et Jake Gyllenhaal dans son rôle de Mysterio.

Son personnage permet à Spider-Man : Far from Home d'aborder assez ingénieusement l'idée des fake news, de l'illusion du nouveau ou de l'héroïsme dans un monde fait de faux-semblant. La métaphore avec l'univers du cinéma est particulièrement percutante. Les idées découlant du mirage et de l'illusoire sont d'ailleurs à l'origine de l'une des séquences les plus spectaculaires et inventives du MCU (et ça, ça fait du bien).

Ce qui va pas : Globalement, tout le reste et les intentions. Le film a beau être centré sur les aventures adolescentes de Spidey et ses camarades et déployer son histoire efficacement, il n'en reste pas moins très mineur et reprend de nombreux codes scénaristiques déjà vus ailleurs. Les séquences d'action (à l'exception de celle des mirages donc) sont basiques, le déroulé des péripéties est hyper classique et les révélations autour de certains personnages (Mysterio évidemment) n'avaient trompé personne.

Après les ravages dramatiques de Infinity War et Endgame, on comprend très rapidement que Spider-Man : Far From Home est surtout une petite pastille super-héroïque simple et légère pour conclure sur une note positive et joviale la Phase 3. Rien de plus, rien de moins.

Notre critique de Spider-Man : Far from Home  

12 - DOCTOR STRANGE

Sortie 2016 - Durée 1h55

 

Photo Benedict Cumberbatch Benedict Cumberbatch alias Iron Cape

 

Ce qui se passe : Le Docteur Stephen Strange (Benedict Cumberbatch) est un talentueux neurochirurgien jusqu'au jour où il est victime d'un tragique accident de voiture. Obligé de mettre son égo de côté après son accident, il apprend l'existence d'un monde caché dans une dimension alternative et en apprend les secrets. Depuis New-York, le Doctor Strange joue alors les intermédiaires entre le monde réel et ces dimensions parallèles grâce ses pouvoirs et des artefacts.

Ce qui va : Techniquement et visuellement parlant, Doctor Strange est sans aucun doute un des films du MCU les plus impressionnants. Entre ses jeux de miroirs, sa manipulation de l'espace, ses effets d'optiques... le long-métrage s'amuse à distordre les lieux, les mouvements et le cinéma dans des séquences parfois ahurissantes comme cette course-poursuite entre Strange et Kaecilius sur les buildings et bâtiment d'un New-York mouvant. De plus, l'histoire de Doctor Strange révèle qu'il est en possession d'une Pierre d'infinité, si convoitée par Thanos. Son importance cruciale dans Avengers : Infinity War est donc installée judicieusement.

Ce qui ne va pas : Si le film de super-héros impressionne visuellement, son récit s'avère en revanche d'un classicisme gênant et ennuyeux. Le déroulé de cette origin-story est des plus banals et n'arrive jamais à sortir du carcan habituel des origin story du MCU. L'écriture des personnages principaux est extrêmement poussive et l'ensemble du scénario paraît aussi artificiel que cette Tilda Swinton gymnocéphale. 

Notre critique de Doctor Strange

 

11 - Doctor Strange in the Multiverse of Madness

Sortie 2022 - Durée 2h07

 

Doctor Strange in the Multiverse of Madness : photo, Elizabeth OlsenParce que bon, c'est aussi son film

 

Ce qui se passe : Après avoir entrouvert le Multivers pour aider Spider-Man, Doctor Strange rencontre America Chavez, une jeune super-héroïne capable de voyager entre les dimensions. Pourchassée par d’étranges monstres, l’adolescente est aidée par le Maître des Arts Mystiques, avant que ce dernier ne réalise que Wanda Maximoff, toujours endeuillée par la perte des enfants qu’elle s’est créée, est celle qui cherche à s’accaparer les pouvoirs de Chavez.

Ce qui va : A priori, voir l’illustre Sam Raimi (Evil Dead, la trilogie Spider-Man) servir la soupe à Marvel, ça fait mal au derche. Pourtant, derrière sa dimension de « premier Marvel horrifique », Doctor Strange in the Multiverse of Madness est porté par de vraies envies de mise en scène et de scénographie. Plans débullés, travellings démoniaques et saillies (un peu) gore, le film récite son petit abécédaire raimien pour mieux l’adapter à la formule fourre-tout du studio.

 

 

 

En résulte pour une fois des caméos intelligemment exploités, surtout avec une cruauté rare dans le MCU, qui interroge via la reproductibilité de ses personnages leur valeur et leur mortalité. Mais surtout, Doctor Strange 2 a pour lui le savoir-faire d’un artisan qui sait gérer le rythme et le tempo de son récit, jusqu’à explicitement organiser un combat autour de notes de musique.

Ce qui va pas : Même s’il combat la machine de l’intérieur, Sam Raimi ne peut pas pleinement sortir Marvel de son moule bêtement uniformisé. On ne reprochera pas à l’auteur de s’accrocher, et de donner à l’ensemble une énergie pulp bienvenue, mais reste que Doctor Strange 2 paraît par instants assez inconséquent par rapport à ses enjeux. Qu’il s’agisse de sa gestion d’un Multivers réduit à quelques vistas alternatives ou du traitement fait à cette pauvre Rachel McAdams, le film rate beaucoup de ses idées, perdues dans un univers partagé de plus en plus problématique.

 

10 - IRON MAN 3 

Sortie 2013 - Durée 2h11

 

Robert Downey JRL'épisode de la discorde, qui divise beaucoup le public

 

Ce qui se passe : Tony Stark a un gros souci et il s’appelle le Mandarin, un terroriste qui détruit à peu près tout son univers. Livré à lui-même, il va devoir comprendre qu’un héros n’a pas besoin d’une armure pour briller.

Ce qui va : La plus grande qualité du film, c’est bel et bien son réalisateur Shane Black. N’en ayant clairement rien à faire du MCU et du grand plan de domination de Marvel, il instaure, bien avant James Gunn avec Les Gardiens de la Galaxie, le second degré virulent à l’égard même de la démarche globale. Iron Man 3 est un film qui se moque des super-héros et de ce que le MCU est en train de devenir. Tout comme il se moque de son personnage et de la figure du méchant, traité avec un je-m’en-foutisme particulièrement jouissif. Résultat : une déconstruction anthologique de la figure héroïque et un vrai buddy-movie à l’ancienne, avec des dialogues en or. Osé et très, très grand.

Ce qui va pas : Forcément, Iron Man 3 (avec son Mandarin sacrilège) ne plait pas à grand monde et est régulièrement conspué. Trop bizarre, cette approche punk en forme de doigt d’honneur énerve autant qu’elle déçoit le fan du MCU, surtout face au potentiel énorme de l’histoire et les conséquences sur son héros. Trop en avance sur son temps ou résolument trop décalé par rapport à la norme, Iron Man 3 n’aura pas su convaincre les spectateurs qui avaient vu dans Avengers, la première grosse réunion du MCU, la concrétisation d’un rêve d’enfant. A revoir obligatoirement aujourd’hui avec un peu plus de recul. 

 

9 - Shang-Chi et la légende des Dix Anneaux

Sortie 2021 - Durée 2h12

 

 

Ce qui se passe : Le film s'ouvre sur Xu Wenwu, un guerrier millénaire devenu immortel et surpuissant grâce à ses dix anneaux magiques. Ce chef de guerre se met en quête de trouver le village mythique de Ta Lo pour s'emparer des pouvoirs qu'il renferme. À son arrivée, il est vaincu par Ying Li, une des habitantes avec qui il finit par fonder une famille, laissant son passé et son armée derrière lui.

Mais à la mort de sa femme, il ressort ses anneaux et forme son fils, Shang-Chi, à devenir un redoutable assassin. Shang-Chi déserte finalement les Dix Anneaux et tente de refaire sa vie à San Francisco en compagnie de sa meilleure amie Katy. Son père le retrouve dix ans plus tard, avec l'idée de détruire Ta Lo, persuadé que les villageois - opposés à leur mariage - retiennent sa femme prisonnière. 

Ce qui va : Annoncé au Comic-Con de San Diego en 2019, le film pouvait susciter quelques appréhensions. Shang-Chi est censé être un maître Kung-Fu et quand on connaît la piètre qualité des combats dans le MCU, on ne peut qu'apprécier le net progrès. Simu Liu, malgré son gabarit qu'on aurait pu croire trop imposant pour le rôle, est au contraire agile, rapide et nerveux lors de ses rixes plus ludiques et complexes en termes de chorégraphies et de cascades.

Le montage s'efforce de ne pas surdécouper l'action, qui reste parfaitement lisible, tandis que la caméra prend le temps de se poser, avec des plans plus longs qu'à l'ordinaire qui permettent d'apprécier les mouvements gracieux et tranchants de Tony Leung, Michelle Yeoh, Meng'er Zhang et Fala Chen. Le point d'orgue de Shang-Chi et la légende des Dix Anneaux est probablement la rencontre entre Xu Wenwu et Ying Li, également une des plus belles scènes et parenthèses cinématographiques du MCU, entre affrontement, danse et séduction. 

 

photo, Awkwafina, Simu LiuUn peu d'émotions dans ce monde de brut

 

On peut également saluer le fait de porter une nouvelle mythologie avec autant de générosité. Après les décors gris et bétonnés de San Francisco, le film nous transporte dans un univers printanier et fantastique peuplé de créatures légendaires, dans une démarche presque jusqu'au-boutiste difficilement condamnable. 

Ce qui ne va pas : Shang-Chi a réussi à tisser une relation très touchante entre son héros et son amie Katy, qui sort du carcan du side-kick rigolo qui aurait pu entraver son personnage. C'est malheureusement Ben Kingsley qui hérite du rôle de bouffon de service, avec des répliques plus gênantes les unes que les autres, parfois en complet décalage avec le ton plus grave et dramatique que l'histoire essaie d'installer. Pire, le film ne peut pas s'empêcher de s'auto-justifier par rapport à Iron Man 3, que Shang-Chi traîne comme un boulet sans savoir quoi en faire.

Enfin, cette proposition originale redevient fatalement l'énième rouage d'un immense ensemble homogène, devant obligatoirement s'aligner sur le reste du MCU avec ses scènes post-génériques forcées et inutiles. 

Notre critique de Shang-Chi

8 - THOR : RAGNAROK 

Sortie 2017 - Durée 2h11

 

Photo Chris Hemsworth, Mark RuffaloReady... fight !

 

Ce qui se passe : Parce qu'il est devenu le héros le plus chiant du MCU, Thor se voit offrir Ragnarök, la destruction de son royaume et son image. Il passe dans la lessiveuse eighties de la planète Sakaar, où il reprend du poil de la bête, passe chez le coiffeur, rencontre un personnage féminin enfin digne de ce nom, et gagne des pouvoirs autres que son foutu marteau. Il revient chez lui pour enterrer son royaume et Cate Blanchett en roue libre. Il perd un œil pour parfaire son look, et part avec les siens en direction de la Terre. Sauf qu'il croise le vaisseau de Thanos. Dommage.

Ce qui va : Le grand gamin Taika Waititi arrive dans l'arène Marvel et s'amuse avec un plaisir manifeste à composer cette symphonie pop-rétro parfaitement calibrée pour 2018. Après deux premiers films aussi mous que mouais, Thor : Ragnarok agit comme un antidépresseur assumé, délirant et décomplexé, qui jette un pavé arc-en-ciel dans la marre tièdasse du super-héros électricien. Un humour souvent efficace, une direction artistique souvent très séduisante, une énergie souvent fort entraînante, pour un film souvent très sympathique, régressif, et doté d'une bonne énergie.

Ce qui ne va pas : Le grand numéro ne peut cacher la vacuité d'un machin qui ne raconte à peu près rien, et sort tout l'attirail hollywoodien (une musique cool, un décor cool, une réplique cool, un ralenti cool, une actrice cool en méchante cool) pour endormir les neurones. On pourra s'en amuser et apprécier que Marvel assume son statut avec cette parenthèse légère, mais on pourra aussi trouver qu'on nous sert un bel opium un peu trop calibré pour l'ambiance nostalgique de 2018.

Notre critique de Thor : Ragnarok 

7 - LES GARDIENS DE LA GALAXIE 

Sortie 2014 - Durée 2h02

 

Photo Zoe Saldana, Chris Pratt, Dave BautistaLa team des étoiles

 

Ce qui se passe : Chris Pratt enfant n’a vraiment pas de bol. Non seulement sa mère meurt d’un cancer mais en plus il est enlevé par des extra-terrestres. Une fois devenu adulte, il s’en sort quand même pas trop mal, et se retrouve même à faire copain-copain avec une bande de malfrats de l’espace pour récupérer une pierre d’infini violette, qui devait revenir au méchant et non moins violet Thanos, mais qui finalement est quand même tombée entre les mains de Ronan, non moins méchant mais qui n’est pas violet.

Ce qui va : Les Gardiens de la Galaxie réussit étonnamment bien à décrire une bande de parias cabossés cachant de grosses fêlures derrière un humour faussement goguenard et vraiment pince-sans-rire, tout en tissant des liens crédibles entre eux. James Gunn l’a expliqué, ses Gardiens ne sont qu’une réunion de personnages se remettant durement d’expériences personnelles difficiles, au sommet desquels la rédaction placera surtout Drax, dont la femme et les enfants ont été génocidés par Thanos, et Rocket, seul et unique représentant de son espèce et donc condamné à ne jamais connaître de semblable, et encore moins l’amour. La pierre d’infini est également très bien gérée. Il s’agit de la gemme de pouvoir, soit un concentré de puissance brute, et sa première apparition donne clairement le ton : on déconne pas avec. Et puis, le climax est un modèle d’efficacité narrative.

Ce qui ne va pas : Le brushing de l’espace de Benicio Del Toro, le sauvetage de Gamora franchement cheesy, un méchant convenu malgré un design très très classe, Yondu et sa flèche complètement broken, une direction artistique mi-figue mi-raisin, et Dave Bautista qui joue un peu comme un sagouin.

Notre critique des Gardiens de la Galaxie

6 - IRON MAN

Sortie 2008 - Durée 2h06

 

Photo , Robert Downey Jr. La renaissance Downey Jr.

 

Ce qui se passe : Tony Stark est un playboy vendeur d’armes. Un kidnapping par des terroristes va lui faire prendre conscience qu’il peut faire le bien tout en restant un playboy imblairable, avec une grosse pile à la place du cœur. Avec l'aide de son assistante et un peu du SHIELD, il affrontera son diabolique collègue Stan. Trop fier de lui pour se taire, Stark annonce en conférence de presse qu'il est Iron Man. Nick Fury débarque dans son salon pour le calmer : il n'est pas le seul super-héros du coin, et lui annonce qu'il fait partie d'un plus grand univers (appelé MCU).

Ce qui va : Voilà un film qui avait tout pour se transformer en catastrophe totale, et qui aura finalement transformé la face du divertissement grand public tel que nous le connaissons. Marvel est alors en fâcheuse posture et espère que la production de films en interne permettra à la société de rebondir et d’offrir à son catalogue une nouvelle notoriété. Jon Favreau a beau être un honnête faiseur, ce n’est pas le style qui l’étouffe ; Robert Downey Jr. sort progressivement d’une traversée du désert impitoyable ; et la grève des scénaristes contraint l’équipe à entamer le tournage sans grand chose de solide à filmer.

 

photo Iron Man"Je déclare l'apogée de Iron Man, ouverte !"

 

C’est la recette de l’incident industriel, mais tout va miraculeusement s’articuler à la perfection, ou presque pour la nouvelle production Marvel de Kevin Feige. Robert Downey Jr., sans doute conscient qu’il n’aura pas d’autre opportunité de ressusciter, dépoussière un héros qui n’était plus en odeur de sainteté pour en faire un monument de cool, sans jamais le trahir, il divertit grâce aux démons et traits qu’il partage avec Tony Stark. Le résultat a un charme incroyable, l’alchimie entre Gwyneth Paltrow et Downey Jr. est délicieuse et les effets spéciaux sont globalement impeccables. Et si on note un gros ventre mou dans un dernier acte beaucoup trop relâché, Iron Man réussit à décrasser la figure du super-héros et donne au grand public l’impression de voir en direct un comics s’animer.

Ce qui ne va pas : Parce que raser le crâne de Jeff Bridges ne suffit pas pour en faire un méchant digne de ce nom. L’acteur fera d’ailleurs savoir que le régime à base d’improvisation imposé par des conditions de production rocambolesque ne lui allait qu’à moitié. Toutefois, il deviendra le mètre-étalon des méchants fades et sans faveur de la recette Marvel, dont l’inanité apparaît au grand jour quand il est précipité sur le devant de la scène lors d’un troisième acte incroyablement bordélique.

 

5 - ANT-MAN

Sortie 2015 - Durée 1h57

 

Photo Paul RuddLe climax excellent

 

Ce qui se passe : Parce qu'il n'a pas confiance en le SHIELD, le docteur Hank Pym décide de garder pour lui sa formule secrète, capable de miniaturiser êtres vivants et objets. Des années plus tard, le cambrioleur Scott Lang dérobe sans le savoir une combinaison dotée de cette technologie. Il est alors enrôlé par Hank et sa fille Hope, qui veulent qu'il les aide à stopper Cross, lequel dirige Pym Tech avec de sombres ambitions. Scott alias Ant-Man affronte ainsi l'Avenger Le Faucon pour les besoins de sa mission, puis Cross alias Yellowjacket jusqu'à prendre le risque de flirter avec la dimension subatomique, où Janet Van Dyne alias la Guêpe, a été perdue des années plus tôt. Il gagne. Fin.

Ce qui va : Film mineur aux yeux de beaucoup, marqué par le départ d'un Edgar Wright très apprécié, avec un box-office moindre comparé aux autres, Ant-Man a une sale image. C'est pourtant l'un des films les plus discrètement malins et honnêtes du MCU, parenthèse amusante, décomplexée et qui assume sa légèreté. Jusque là cantonné au second plan à Hollywood, Paul Rudd y gagne enfin une place de premier ordre, où sa drôlerie et son charme ont tout l'espace pour se développer.

 

photo, Paul RuddPaul Rudd quand il a eu le rôle

 

Et surtout Peyton Reed assemble une poignée de moments excellents, comme cet affrontement dans une malette sur Disintegration de The Cure, ou ce combat absurde au bord de la piscine. Et surtout ce climax bien plus malin que prévu qui, avec ce décalage entre la bataille sur le train miniature et ce plan large sur la table, rappelle que Marvel n'est bien qu'une histoire de jouets qu'on a délibérément choisi de prendre (un peu) au sérieux, et qui a sa place dans une chambre d'enfant puisqu'il est question de rêves de gosse.

Ce qui va pas : Le côté modeste et en marge des stars du MCU, qui en fait un film peu mémorable pour beaucoup de monde, surtout comparé aux aventures les plus spectaculaires et visuellement ébourriffantes. Celui qui n'apprécie que modérément l'humour Marvel n'a pas été ravi non plus par le numéro de Paul Rudd et ses acolytes. Et bien sûr, le joker de la version d'Edgar Wright qui aurait pu être un-super-film-c'est-sûr-non, n'aide pas.

Notre critique d'Ant-Man 

4 - AVENGERS : INFINITY WAR 

Durée 2018 - Durée 2h29

 

photo, Chris Evans, Scarlett Johansson, Danai Gurira, Chadwick Boseman, Sebastian StanWakanda & friends forever 

 

Ce qui se passe : Après avoir tourné autour du pot pendant 10 ans et 18 films, Thanos passe enfin à l'attaque. En quête des dernières Pierres d'infinité pour exécuter son plan, et faire disparaître la moitié de la vie dans la galaxie, le Titan fou affronte les Avengers et leurs copains de tous les côtés, sur Terre comme dans l'espace.

Prêt à tout pour arriver à ses fins, Thanos sacrifie Gamora, sa fille adoptive. Il affronte Iron Man, Doctor Strange, Spider-Man et les Gardiens sur Titan, et récupère la Pierre du temps. Ses sbires attaquent le Wakanda, défendu par Captain America, Black Widow, Black Panther, et même Thor. Mais Thanos récupère la dernière pierre sur Vision. Il tient alors ses promesses : la moitié de la vie disparaît, emportant Black Panther, Spider-Man, Groot, Drax, ou encore Doctor Strange.

 

photo, Zoe SaldanaGamora, le coeur de Thanos (et du film)

 

Ce qui va : Souvent attaqué sur sa formule répétitive et facile, avec un modèle repris à chaque film, le MCU saute ici dans une nouvelle direction, avec l'ambition d'offrir au public une aventure véritablement plus excitante et épique. La grande réunion programmée de tous les héros (ou presque) est donc un spectacle généreux, qui n'offre quasi aucune minute de répit sur près de 2h30 blindées de personnages, décors et affrontements.

Mais la vraie valeur d'Avengers : Infinity War s'appelle Thanos. Après des dizaines d'antagonistes oubliables et mal dégrossis, le MCU accueilli un ennemi nuancé, qui a un peu d'espace pour prendre vie. Le Titan fou est technologiquement impressionnant (avec l'interprétation de Josh Brolin), et se paye l'une des scènes les plus fortes de l'univers étendu, lors de la mort de Gamora. Un moment charnière pour lui, le film et tout le MCU, qui annonce la (sombre) couleur de la suite des événements.

Car bien sûr, le gros coup de ce troisième Avengers est de faire disparaître la moitié des héros, dans une conclusion silencieuse et tragique unique en son genre. Peu importe si Avengers : Endgame ramène les super-héros, dans la plus pure tradition des comics : ce moment restera dans les mémoires du MCU, et montre que Marvel Studios peut aussi utiliser la force incroyable de la marque pour tordre son univers.

 

Photo, Josh BrolinPlan iconique (l'un des rares du MCU)

 

Ce qui ne va pas : De Captain America : Le soldat de l'hiver à Civil WarJoe et Anthony Russo ont prouvé les limites de leur mise en scène. Découpage approximatif de l'action, chorégraphies hachées au montage, CGI malheureux... L'harmonie n'est pas le maître-mot de leur apport au MCU. Infinity War le confirme.

Le film a beau s'amuser avec les couleurs, de Titan à Nidavellir en passant par Vormir, il y a beaucoup d'images peu reluisantes (Mark Ruffalo dans le Hulkbuster, les discussions sur Titan). Et dès qu'il s'agit de mettre en scène l'action, comme la baston contre Proxima Midnight au Wakanda, le manque de finesse est spectaculaire. Vu l'ampleur du film, c'est bien dommage de ne pas avoir du spectacle d'un plus haut niveau. Et si le manège fonctionne très bien et peut aisément emporter, la dynamique un peu trop limpide (Thanos cherche une Pierre, tape, la récupère, et rebelote) a pu être perçue comme trop paresseuse.

Notre critique d'Avengers : Infinity War

3 - CAPTAIN AMERICA : THE FIRST AVENGER 

Sortie 2011 - Durée 2h04

 

Photo Chris EvansLe héros dans toute sa splendeur

 

Ce qui se passe : Steve Rogers est une crevette, mais une crevette qui veut faire la guerre pour arrêter les Nazis. Le gouvernement américain fait de lui un super-soldat super-musclé. La mascotte de la propagande américaine part à la recherche de son meilleur ami Buck Barnes, censé être mort, et découvre le méchant Red Skull, un Nazi très méchant de HYDRA. Avec ses potes et un super bouclé en vibranium, Captain America poursuit les méchants, et Barnes est encore laissé pour mort. Le héros finit par se crasher volontairement en Arctique pour sauver des innocents. Mais il se réveille 70 ans plus tard, prêt à rejoindre les Avengers.

Ce qui va : Captain America : First Avenger est probablement une des productions Disney les plus mal-aimées. Un désamour surprenant, tant le film révèle de richesse et de sens profond du divertissement. Il est réalisé par Joe Johnston, vieux briscard d’Hollywood, passé dans les coulisses de Star Wars, aux commandes des Aventures de Rocketeer, Jumanji, Jurassic Park III, avant de sauver Wolfman d’une production cauchemardesque.

 

Photo Hugo WeavingRed badass Skull

 

Parfaitement à l’aise dans un divertissement rétro-futuriste au parfum entêtant d’Indiana Jones, Johnston utilise tous les trucs qu’il a appris chez Spielberg. D’où une très grande importance accordée à ses personnages, dont il motive toujours les actions. Par conséquent, Steve Rogers devient un modèle d’écriture, au sein d’une écurie Marvel qui croule sous les psychologies tièdes et interchangeables. Il est aussi le premier personnage dont les pouvoirs ne dépendent pas tant de capacités surhumaines, que de leur combinaison avec la personnalité qui en bénéficie (voir la formidable poursuite dans le Bronx, juste après l’avènement du Cap).

Quant à l’action, elle contient une quantité ahurissante d’images iconiques, de trouvailles, et s’achève sur un climax mutant, qui passe d’un combat au sol, à la prise d’une base, jusqu’à un dogfight surréaliste dans les airs, avant de s’abîmer à l’occasion d’un des épilogues les plus touchants vus chez Marvel. À la revoyure, difficile de faire le difficile devant une production aussi divertissante et soignée.

 

Photo Chris EvansMission du Cap 

 

Ce qui ne va pas : Parce que personne n’avait envie d’un film situé lors de la Seconde Guerre mondiale à l’époque, et que les gens ont la fâcheuse habitude de se rendre au cinéma avec du caca dans les yeux. Plus sérieusement, si le film effectue un pas de côté en interrogeant justement la dimension candide, pro-américaine, voire propagandiste du personnage, il est encore perçu par une partie du public comme un bon élève manquant de charisme.

Enfin, si le film ne manque pas de séquence spectaculaire (et passe carrément la surmultipliée dans sa deuxième partie), il prend son temps pour bâtir progressivement la caractérisation et la personnalité de son héros, selon un rythme classique, très old school, aux antipodes du fun électrique d’un Iron Man, alors le mètre étalon de la maison Marvel.

Notre critique de Captain America : First Avenger 

2 - LES GARDIENS DE LA GALAXIE VOL. 2 

Sortie 2017 - Durée 2h17

 

Photo Chris Pratt, Zoe Saldana, Dave Bautista, Karen GillanUne famille en or

 

Ce qui se passe : Après s'être mis à dos les Souverains et leur prêtresse Ayesha, mais récupéré Nebula, Starlord découvre que son père est Ego, un dieu qui a le visage de Kurt Russell. Pendant que Groot, Rocket et Nebula affrontent Yondu et sa bande, envoyés par Ayesha, Quill, Drax et Gamora visitent la planète d'Ego, qui est en fait Ego lui-même.

Il demande à son fils de l'aider à se répandre dans l'univers. Mais Mantis, son assistante alien, sait que tout ceci cache la vérité : Ego est un méchant dieu, qui a tué plein de ses enfants, et implanté la tumeur dans le cerveau de la mère de Quill. Les Gardiens réunis posent une bombe sur le noyau/cerveau d'Ego, et Yondu, le vrai bon père de Quill, se sacrifie pour le sauver. Nebula annonce qu'elle va aller tuer son père Thanos, et Ayesha, elle, présente Adam, son arme pour détruire les Gardiens.

 

Photo Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2Michael Rooker, central dans l'histoire

 

Ce qui va : On serait tenté de dire tout, tant Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 est une réussite à plusieurs égards. Film centré sur ses personnages et leur évolution, sans pour autant oublier une bonne dose d’action, il permet à James Gunn de s’affranchir des lois du MCU en nous offrant un récit fichtrement émouvant sur la transmission, le rapport au père, le passage à l’âge adulte... Tout en se moquant gentiment des codes du genre et des attentes de son public, il parvient à en devenir un bel et pur objet de cinéma, probablement le premier du MCU tout entier.

Ce qui va pas : Il faut quand même être honnête, Les Gardiens 2 a quand même quelques problèmes. Un rythme mal géré par instants qui occasionne un ventre mou en milieu d’intrigue, une mise en place des enjeux assez laborieuse dans le premier acte, une morale family-friendly typique de Disney un peu trop tartinée par endroits, et un humour qui pourra apparaitre chez certains comme un peu poussif. Sans parler de quelques personnages importants relégués en toile de fond. Mais bon, ça reste quand même sacrément génial hein. 

Notre critique des Gardiens de la Galaxie Vol.2

1 - AVENGERS 

Sortie 2012 - Durée 2h23

 

photo, Chris Evans, Scarlett Johansson, Jeremy Renner, Chris Hemsworth, Mark Ruffalo, Robert Downey Jr.Climax mémorable

 

Ce qui se passe : Loki vole le Tesseract au SHIELD, et transforme Hawkeye et Selvig en zombies-figurants. Fury lance alors l'initiative Avengers : il réunit Tony Stark, Steve Rogers, Natasha Romanoff, Bruce Banner, et Thor qui s'incruste. Ils capturent Loki, la petite bande se dispute pour tout et rien, mais la mort de Coulson (sauf que non, il reviendra dans sa série) les réunit pour de vrai.

Les Avengers affrontent donc des tas de machins horribles à New York, car l'union fait leur force. Thor embarque le Tesseract (qui est en fait la Pierre de l'espace) chez lui. Et Thanos, dans la scène post-générique, fait sa première grande apparition de grand vilain qui tire les ficelles.

Ce qui va : Le créateur de Buffy contre les vampires a un talent évident pour créer une dynamique de groupe, écrire des personnages réunis dans une bande improbable, et manier l'humour et l'auto-dérision. Les Avengers sont comme une évidence pour le scénariste derrière Firefly, qui parvient avec une aisance réelle à présenter la bande, mettre en scène leurs conflits, et trouver ce souffle épique lorsque les super-héros affrontent ensemble le chaos.

 

Hiddleston LokiLoki

 

C'est un beau numéro d'équilibriste, où chacun (ou presque) aura son moment de gloire, sa place, son identité, au sein d'une grande aventure équilibrée et harmonieuse. Que le film soit une première étape majeure du MCU, lui confère bien évidemment quelque chose de spécial et précieux. Qu'il offre un long et généreux climax de destruction, combats, explosions et collaborations, a certainement été un facteur majeur dans l'enthousiasme général. 

Ce qui va pas : Il manque à Avengers un emballage de cinéma noble. La faute à une photographie et une direction artistique un peu plates, et un découpage plus fonctionnel qu'inspiré. Joss Whedon est plus doué pour écrire (la mise en situation qui présente Black Widow, et retourne avec malice les codes) que pour mettre en scène l'action, même si quelques moments restent mémorables (le fameux traveling autour des Avengers réunis dans Manhatthan).

Si bien qu'à la revoyure, il y a le sentiment d'un blockbuster très bien conçu et rythmé, mais finalement un peu avare en action et en spectacle au-delà du climax généreux. Loki étant un personnage qui divise beaucoup, entre ceux qui y voient le meilleur méchant du MCU et le plus ridicule, force est de constater que ce premier Avengers est moins un film articulé autour d'un ennemi, qu'un film sur la réunion des héros.

Notre critique d'Avengers

 

FAQ

Où regarder les films Marvel ?

La majorité des films Marvel est disponible sur la plateforme de streaming Disney+.

Quels sont les prochains films Marvel ?

Après Doctor Strange in the Multiverse of Madness, les prochains films seront Thor : Love and ThunderBlack Panther : Wakanda ForeverAnt-Man and the Wasp : QuantumaniaLes Gardiens de la galaxie Vol. 3 et The Marvels. La Phase 5 devrait ensuite s'articuler autour des Quatre Fantastiques, de Blade, de Deadpool 3 et de Captain America 4, qui n'ont pas encore leur date de sortie.

QUEL EST LE PREMIER FILM MARVEL ?

Il y a eu un affreux film Captain America dans les années 90, et que Doctor Strange a eu un film oublié, le premier film du MCU est Iron Mansorti en 2008 quelques semaines seulement avant L'Incroyable Hulk

Quel est le plus gros succès de Marvel ?

Au-delà d'avoir pulvérisé tous les précédents records de Marvel, le film Avengers : Endgame a été un succès historique avec 2,7 milliards de dollars au box-office mondial, devenant momentanément le plus gros carton de tous les temps devant Avatar de James Cameron. Le dernier Avengers est depuis retourné sur la deuxième marche de podium.

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commentaires
domi75
22/11/2022 à 10:31

pire classement de tous les temps...

Morcar
17/11/2022 à 15:58

Pour tout dire, je serais infoutu capable de faire un classement, car je les ai tous vus jusqu'à Black Widow mais déjà tous oubliés aussi. J'ai souvenir de m'être bien amusé devant Ant-Man, le reste... Mais je n'imaginais pas que Thor serait à ce point en queue de classement. Sauf erreur de ma part, c'est le personnage qui a eu le plus de films à son nom. C'est quand même incroyable d'être le plus représenté à ce niveau, et d'être le plus mauvais ^^

Kay1
17/11/2022 à 09:54

J’ai beau n’avoir vu Thor qu’une fois, c’est pas terrible mais je préfère le regarder que de voir 10min de Thor 4 qui est à vomir. Je comprends même pas qu’on puisse mettre autant de films derrière lui. En même temps quand on voit la gueule du classement …

Nils
17/11/2022 à 00:01

Juste une petite faute de frappe il me semble.

Pour le film Iron Man il y a ecrit "des méchants fades et sans faveur de la recette Marvel". J'imagine que vous vouliez dire "sans saveur" non ?

Bonne continuation !

rientintinchti2
16/11/2022 à 23:03

Merci les zozios pour toutes ces spéculations et gesticulations. Continuez à me régaler.
un raton laveur qui parle ha ha ha pégase avec une valkyrie ho ho ho
ant man qui fait du rodeo sur des fourmis à qui il parle hi hi hi
wakanda etc qui ont l'air aussi lisses qu'une cérémonie des JO....
et ça vote et ça classe tout ça du meilleur au pire....
alors que ça devrait être du pire au pire... voir échelle de Bristol
Zetes trop forts
de vraies pointures

Kyle Reese
16/11/2022 à 22:28

Ant Man et la guêpe derrière Thor 4 ... aie.

Flash
16/11/2022 à 20:52

Thor 2 et 4 sont les plus nuls.

Flo... suite
23/07/2022 à 15:19

Cate Shortland : des histoires de jeunes femmes violemment aux abois, toutes principalement produites en Australie – Le Saut périlleux, Lore, Berlin Syndrome… Black Widow en est la version « augmentée », mais ça ne trahit pas sa vision originelle ;

Destin Daniel Cretton : des histoires de héros devant trouver leur voie malgré une généalogie compliquée – States of Grace, Le Chemin du pardon, Le Château de verre, La Voie de la justice, Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux… Ça reste très classique, laissant le talent des comédiens donner une valeur particulière au tout ;

Chloé Zhao : des histoires à propos d’individus assez disparates, et évoluant en marge du monde – Les chansons que mes frèr€s m’ont apprises, The Rider, Nomadland, Les €ternels… Sur ce dernier, son propre côté « fan de bandes-dessinées d’action » ressort un peu plus, mais elle peut y garder une part de son style Naturaliste. Normal, avec des personnages errant à travers le monde.

Flo... suite
23/07/2022 à 14:58

Scott Derrickson : toute une carrière faite autour des films surnaturels, et surtout horrifiques, où des personnages modifient leurs convictions en étant face à l’Étrangeté (déroulement classique). Comme pour son remake du Jour où la Terre s’arrêta, fait un intermède Tout Public avec Dr Strange, où il y injecte sa petite maîtrise de l’angoisse et des traumatismes (physiques) ;

Jon Watts : des histoires de personnages pris dans un étau implacable (Clown, Cop Car, ses Spider-Man), où leur humanité menace d’être engloutie par une violence sourde ou grotesque, et une peur de l’échec. Évidemment, en prenant longuement ses quartiers dans le MCU, il continue à jouer à des niveaux de plus en plus surréalistes. Mais jusqu’à quand, tant ces super-héros si facilement révérés représentent un confort pour tout metteur en scène ? ;

Taika Waititi : un peu trop proche de Gunn dans la folie burlesque, en plus brinquebalant, avec du détournement passant à l’extrême limite du cynisme quand il se lie aux héros survitaminés. Là aussi, une certaine sensibilité quand il se focalise surtout sur les histoires « d’enfants perdus » dans un monde (d’adultes) hostile ;

Ryan Coogler : la question de l’héritage violent, paternel et ethnique – Fruitvale Station, Creed, Black Panther… Se consacre difficilement à autre chose après, BP lui prenant beaucoup de temps pour diverses raisons ;

Boden et Fleck : de classiques histoires identitaires, avec des personnages principaux brinquebalants à la recherche d’un nouveau souffle – Half Nelson, Une
drôle d’histoire, Under Pressure, Captain Marvel… Malheureusement, ce dernier était pris en tenaille par le tournage du diptyque Avengers, d’où un manque de maîtrise même si son côté insolite et sans concession fait son effet ;

Flo... suite
23/07/2022 à 14:56

Shane Black : des histoires « Pulp », de monstres, de flics ou détectives, de duos de choc (scénarii de l’Arme Fatale et Au revoir à jamais, ainsi qu’une participation à ceux de Predator et des premiers Iron Man, réalisation Kiss Kiss Bang Bang, Iron Man 3, The Nice Guys, encore un Predator)… Histoires qu’il retourne, les jouent à l’envers avec des surprises mêlées. Se duplique un peu trop de manière évidente dans IM3 (fêtes de Noël, enfant débrouillard). Avec calculs politiques logiques mais prudents ;

Alan Taylor : au service. Une femme devait réaliser ce film, pour une tonalité allant plus vers un romantisme annoncé à la fin du premier film – enfin, il semblait. Lui mettra juste son expérience Heroic Fantasy de Game of Throne là dedans, mais sans avoir le temps de plus ;

Les Russo : très documentés et fans de films de genre mélangeant les styles, ils ont déjà l’expérience des tournages en caméra portée, pour un style plus « brut » adapté au côté viscéral et parano – déjà programmé sur Captain America : Le Soldat d’Hiver avant même l’engagement de qui que ce soit. Ils y amènent aussi une dynamique de groupe, reposant aussi sur un petit noyau principal, qui leur servira plus tard, ainsi qu’un travail sur les espaces clos alternant avec ceux qui sont à découvert (Bienvenue à Collinwood, des épisodes de Arrested Development et Community).
Leur mutation se fait progressive en augmentant le potentiel de CALSdH pour Captain America : Civil War, plus gros.
Puis en laissant tomber tout ce qui concerne les espaces clos quand ils reprendront les Vengeurs, tout en mettant bien plus le paquet sur leur thématique de la planification, militaire ou infiltrative – le Casse (Temporel) de Endgame, déjà au cœur de leur tout premier film (également un remake), et qu’on retrouve aussi un peu dans leur suivant, Cherry ;

James Gunn : des histoires de personnages tarés, qui mettent leur folie suicidaire au service du bien du Monde (sans lequel ils ne peuvent vivre). Folie d’alien(és), foutraquerie assumée, qui serait totalement vaine sans l’inclusion salutaire in fine d’un sentiment de mélancolie, à chaque fois, permettant un équilibre (Super, Les Gardiens de la Galaxie, The Suicide Squad). Et de s’approprier un temps tout un versant anti super-héroique.
A ses limites tout de même, à force de se dupliquer bien trop à l’identique ;

Peyton Reed : d’abord au service, puisque remplaçant un Edgar Wright qui n’avait plus sa place, ne pouvait plus s’approprier une franchise qui résisterait forcément à ses velléités violentes habituelles.
Puis Reed, petit artisan de divertissements où les personnages s’entrechoquent, longtemps obsédé par l’idée de la Famille recomposée et soudée des 4 Fantastiques, réussit à prendre en main la franchise en injectant dedans la dite obsession. Le jeu du rythme cher à Wright reste présent, de manière plus conventionnelle mais pas moins attachante, comme un bon Amblin des familles.
Le second film poussera les limites plus loin, assumant encore plus une identité de franchise de gentils hors-la-loi (préparation de casse, puis course poursuite à travers la ville) ;

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