Spider-Man : Far from Home - critique qui ne tisse pas très loin

Christophe Foltzer | 6 mai 2020
Christophe Foltzer | 6 mai 2020

Spider-Man : Far From Home, ce soir à 20h40 sur OCS Max.

Le mot d'ordre de Spider-Man a toujours été : "Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités." Et cela n'a jamais été aussi vrai que pour ce Spider-Man : Far from Home de Jon Watts avec Tom Holland, qui doit assumer à lui seul de conclure comme il se doit une Phase 3 encore chamboulée par Avengers : Endgame.

Notre classement de tous les Marvel, du pire au meilleur, est par ici.

LE FILM D'APRÈS

Spider-Man : Homecoming avait défini les nouvelles bases sur lesquelles nous allions faire connaissance avec le Tisseur, après un court passage dans Captain America : Civil War : ambiance détente et teenage-movie fortement inspiré de John Hughes, absence d'origin story et petites histoires locales qui pouvaient façonner un grand destin. Bref, du pur Spider-Man adolescent, tendance Ultimate Spider-Man à ses débuts, qui trouvait naturellement sa place dans la galerie de personnages du MCU.

 

photo, Zendaya, Tom HollandRattraper le temps perdu

 

Avec, bien entendu, en toile de fond, le rapport père-fils symbolique entre Peter Parker et Tony Stark, véritable noeud dramatique des deux Avengers qui ont suivis en ce qui les concerne. Lourde est donc la responsabilité de Spider-Man : Far from Home, que de compiler toutes ces données, de les mettre à jour à l'aune de la conclusion tragique d'Avengers : Endgame avec, qui plus est, la mission première de mettre un terme à la Phase 3 de l'univers étendu. Pour toutes ces raisons, le deuxième opus solo de Spidey, toujours réalisé par Jon Watts, était très attendu. Tout comme la possibilité qu'il nous donne quelques pistes sur ce qui nous attend dans la Phase 4.

Ne faisons pas durer le suspense davantage : si votre seule motivation pour aller voir Spider-Man : Far From Home est d'avoir toutes ces réponses, vous risquez d'être copieusement déçus puisque le film s'en contrefiche totalement. Sans entrer dans les détails, pour éviter tout spoiler, disons simplement que chacune des attentes se voit bien abordée au détour d'une scène, pour être rapidement laissée sur le bas-côté.

Deux explications possibles : soit c'est dans l'attente d'un traitement plus approfondi à l'avenir ; soit il s'agissait d'une des nombreuses fausses pistes dont Marvel est coutumier pour appâter le client/spectateur.

 

photo, Jake Gyllenhaal, Tom HollandUn nouvel espoir ?

 

LÀ-BAS SI J'Y SUIS

Mais au-delà des promesses et des attentes, il reste un film entier et c'est de lui que nous allons parler. Comme prévu, Spider-Man : Far from Home se situe très peu de temps après Endgame et part d'un postulat très intéressant sur le retour des gens qui avaient été vaporisés et qui doivent se réadapter à un monde qui a pris 5 ans depuis leur disparition. Dans ce contexte, évidemment, tout le monde est flippé et a besoin de croire en un sauveur. Tony Stark a été élevé au rang de légende et on cherche ardemment qui pourrait le remplacer.

Peter Parker, quant à lui, est plus intéressé par un autre sujet : il va partir avec d'autres élèves en Europe pour un séjour et il trouve que c'est le moment parfait pour déclarer sa flamme à MJ, malgré les appels incessants de Nick Fury (Samuel L. Jackson) qui aimerait bien le faire bosser. Manque de bol, à peine arrive-t-il à Venise qu'un Elémental d'eau attaque la ville.

C'est alors que surgit de nulle part un nouveau héros, Mysterio, qui après avoir vaincu le monstre, travaille avec Fury en prévision de l'apparition d'une ultime créature, s'imposant naturellement comme le héros que tout le monde attendait. Et, forcément, Peter reconnait en lui quelques qualités communes avec Tony Stark et tombe immédiatement sous le charme.

 

photoUn voyage qui commence mal

 

Avec ces bases, l'intrigue allait de soi et semblait se destiner à traiter de thèmes fondamentaux concernant le moment où se trouve Spider-Man dans sa carrière : deuil impossible du père de substitution, manque, transfert sur une autre personne, tout autant que nécessité d'assumer pleinement son statut de super-héros. D'autant plus maintenant qu'il est un Avenger, avec toutes les difficultés que cela implique pour sa vie personnelle et sentimentale.

Classique certes, mais logique. Si c'était correctement traité, cela pouvait nous offrir un joli film doucement mélancolique sur la perte et la reconstruction. Sur un passage à l'âge adulte aussi, en quelque sorte.

 

photo, Samuel L. Jackson, Cobie SmuldersNick Fury et Maria Hill ont quelques trucs à vous révéler

 

Las, Spider-Man : Far from Home échoue sur presque tous les plans. Le gros problème qui se pose d'emblée, et il est de taille, c'est le traitement même de Peter Parker, plus titillé par ses hormones que par la perte de son mentor, hormis l'espace de 2-3 scènes touchantes, mais expédiées.

Teen movie estival oblige, le film rabaisse les enjeux dramatiques ou un peu tristes à un niveau proche du 0, histoire de laisser un maximum de place aux nombreuses saynètes comiques qui parsèment le récit. Certaines sont réussies (Ned se taillant d'ailleurs la part du lion) tandis que d'autres augmentent notre jauge de gêne à la vitesse de l'éclair.

En bref, tous les personnages sont là pour la déconne, qu'il s'agisse des secondaires ou des récurrents (voir le duo Happy-Tante May, qui prend beaucoup trop de place) alors même que le fond de l'histoire et les ambitions du récit exigeaient de s'écarter quelque peu de la formule Homecoming.

 

photo, Jacob Batalon, Angourie Rice, ZendayaTrois personnages responsables de plusieurs des meilleurs moments du film

 

ROAD TRIP ALL INCLUSIVE

Comprenons-nous bien, le film n'est jamais désagréable, malgré de grosses longueurs, mais passer de l'ampleur épique d'Endgame à ça, et bien, ça fonctionne moyen. Tout ceci pourrait s'équilibrer si le film compensait cette attitude dilettante par un scénario en béton armé or, il n'en est évidemment rien.

Il n'y a pas vraiment d'histoire, pas vraiment d'enjeux, et le récit retombe rapidement dans les tropes inhérents au MCU, s'y engonçant la plupart du temps au forceps et avec une certaine maladresse. Il n'y a pas cette profondeur nécessaire dans l'évolution d'un personnage en pleine quête initiatique, cette noirceur à laquelle il est obligé de se confronter pour dépasser ses schémas, comme Iron Man 3 savait si bien le faire (un film qui, d'ailleurs, a énormément inspiré Far from Home). Et tout ceci s'avère problématique lorsque l'on aborde le cas Mysterio.

 

photo, Jake GyllenhaalMysterio n'est pas là pour plaisanter

 

Certes, Mysterio a un bon design et Jake Gyllenhaal fait preuve d'un certain charisme, mais l'écriture de son personnage est tellement bête qu'il a très peu de choses à se mettre sous la dent. Si la première partie du film pose des bases intéressantes pour la suite (c'est d'ailleurs le meilleur segment du film), tout ceci vole en éclats au détour d'une scène absurde en forme de twist éventé dès le départ pour quiconque connait un peu les comics et l'univers Marvel.

Alors quand, en plus, la promo du film nous le présente comme le détenteur d'une information capitale pour la suite du MCU qui ne se retrouve mentionnée qu'une fois pour être oubliée aussitôt (ce qui en invalide l'authenticité au passage), on se dit que le foutage de gueule n'est pas très loin.

 

photoLe nouvel Iron Man ?

 

TISSE-FROID

Pourtant, Far from Home recèle de nombreuses qualités qui parviennent à surnager dans cet océan mou et paresseux. Tom Holland est toujours aussi bon dans le rôle principal, il y apporte une certaine gravité et une certaine profondeur. Les scènes d'action se révèlent impressionnantes et rafraichissantes ne serait-ce que par leurs environnements (finis les parkings) et elles s'avèrent plutôt bien rythmées. Les pointes d'humour font souvent mouche même si elles sont faciles et que certaines piétinent allègrement le souvenir du précédent film (à ce titre, le générique d'ouverture risque d'en faire hurler plus d'un).

Quelques clins d'oeil ici et là aux précédents opus du MCU font plaisir à voir et parviennent même à émouvoir (notamment une très belle scène entre Spidey et Happy en mode passation de pouvoir). On notera également deux grosses séquences bien perchées plutôt impressionnantes et efficaces qui auraient mérité une plus grande place.

Et puis, bien entendu, il y a Zendaya, dans le rôle de MJ, l'atout majeur du métrage, qui délivre une composition exemplaire et en fait probablement le personnage le plus intéressant de tout le MCU que ce soit dans les instants dramatiques comme dans les moments comiques.

 

photoNouveau costume, nouvelles responsabilités ?

 

Si on s'inquiétait du changement de décor de ce film qui pourrait trahir l'identité de Spider-Man (héros vertical) plongé en Europe (cadre plus horizontal), Jon Watts décide avec une certaine intelligence de ne pas s'en occuper.

Moins intelligente par contre, la décision de n'évoquer que légèrement le vrai sujet de son film pour s'éparpiller dans de multiples directions. Monter la barre des ambitions d'un cran alors qu'il n'a pas encore les épaules suffisamment solides n'est pas raisonnable. Et qu'une aventure de grande ampleur ne sied pas au personnage pour le moment en dépit de toutes les justifications que nous fournit le film pour rendre ce récit peu inspiré crédible non plus.

À l'image de son héros, Spider-Man : Far from Home nous fait penser à un petit garçon qui se prendrait déjà pour un homme.

 

Affiche

Résumé

Jamais désagréable, impressionnant et drôle par moments, Spider-Man : Far From Home n'est pas la conclusion attendue d'Avengers : Endgame. Désamorçant tout ce qui pourrait l'alourdir, prenant parfois son spectateur pour un débile, il préfère continuer son chemin teinté de teen-movie. Une décision qui vaut ce qu'elle vaut mais qui trahit son vrai statut, celui d'un film mou, paresseux, mensonger sur ce qu'il nous vend et pas loin d'être opportuniste par endroits. Bref, du Marvel de consommation courante en quelque sorte.

Autre avis Geoffrey Crété
Ce n'est pas mauvais, c'est juste terriblement attendu, banal et oubliable. Hormis le charme des jeunes acteurs (notamment Zendaya), c'est un festival de scènes déjà vues mille fois, de dialogues expédiés, de scènes d'action sans imagination. Encore un petit tour de manège dispensable.
Autre avis Simon Riaux
Drôle de film que ce Spider-Man, totalement défaillant en matière de spectacle, incapable de dégager un point de vue sur son personnage, et qui pourtant s'accomplit avec beaucoup de coeur dès qu'il joue la carte du teen movie.
Autre avis Alexandre Janowiak
Malgré quelques facilités scénaristiques et un récit assez classique, Spider-Man : Far From Home est un divertissement généreux, avec notamment une des plus belles séquences du MCU, et joue admirablement avec son côté teen movie pour se révéler attachant.

commentaires

Kyle Reese
07/05/2020 à 10:55

Film bien fait vite vue vite oublié. 100% ok avec la critique.
J aime bcq Jack-gyllenhaal mais il est sous exploité.

En fait c le côté histoire colonie de vacances teenager que j ai apprécié le plus finalement.
Mais tout le film est sans conséquence. Un petit Spiderman assez banal.
Avec bcq moins de moyens mais une foi profond, sincère et du talent Raimi a mis la barre tellement haute qu il sera très difficile de faire aussi bien.
Pas besoin de toutes cette technologies de pacotille pour faire une bonne histoire. (Ok faut vivre avec son temps et les drones)
Et puis le mandarin était déjà un peu passé par la niveau méchant illusoire.

Cacouac
07/05/2020 à 10:18

C'est fou comme Marvel et son MCU réussit, au fil du temps, à rendre ridiculement lisses et insipides tous les personnages de son catalogue (Hello Hulk !). Un cas d'école !

Nyl
07/05/2020 à 08:44

Le pire Spiderman que j'ai vu au cinéma. Et dire qu'on crachait sur Amazing (l'une des meilleurs représentations pour ma part)
Quand je vois ce qu'on a, à la place, c'est pathétique.

Nico1
06/05/2020 à 22:45

Par contre faire passer des hollandais pour des belges fallait le faire quand même

Marvelleux
06/05/2020 à 21:02

Vivement spider-man New Generation 2.

zetagundam
06/05/2020 à 19:08

Pas le pire des Marvel, un suspens bidon car dès le départ tous ceux qui on un minimum de connaissance en comics savent quel est le rôle de Mysterio, au moins 20 minutes de trop pour au final un film plaisant à regarder, mais sans plus, et au final, la trilogie de Sam Raimi peut dormir tranquille pendant encore très longtemps

Flo
30/01/2020 à 10:11

« So far away from N.Y.
So far ago from Queens
I’m no one but a spider
But a spider, a spider »

Cinématographiquement… tout a été dit dans Spider-Man 2…
Comme pour toutes les sagas filmiques, les plus courtes sont les meilleures… pour les Forcenés de « l’excellence ». Des gens « prise de tête » qu’ils ne faut surtout Jamais écouter ni imiter.
Oui, passé un ou deux films, on tombe plus dans la logique de l’épisode/remake etc… Plus d’intemporalité, chaque film est une extension narrative… chaque film (de super héros), de toute façon, verra les héros triompher d’une manière ou d’une autre…
Ce qui compte, c’est ce qu’il y a de raconté dans cet intervalle… Et que, surtout, chaque film reste fidèle à sa promesse de départ.

Un divertissement ? Ça doit divertir le public à l’Instant « T ».
Une histoire de héros passant à l’age adulte ? Elle doit aller jusqu’au bout, quel que soit le contexte. Jadis pour le Spider-Man ciné, ça se passait finalement entre 3 personnes (Peter/MJ/Harry, dans leur bonhomie conservatrice)… puis entre deux, faute de mieux (Peter/Gwen, un peu plus dans le tragicomique)… et même avec encore plus de monde (et d’effets de mise en scène) dans le film Spider-Verse.

Ici, dans le MCU, les choses sont claires: Vive la Mondialisation, à bas le repli sur soi (et l’excès de 1er degré)… La plupart des grands studios jouent cette carte progressiste, et c’est tant mieux…
Mais ce qui reste présent chez le Spider-Man joué par Tom Holland… c’est paradoxalement cette problématique de toujours rester trop isolé malgré le fait qu’il vive dans un monde où il n’est pas le seul héros, où il n’est pas obligé de rester bloqué à vie à New York…
Rien n’est jamais facile pour lui, plus que pour n’importe qui (« la Malchance des Parker »).
Devenir un homme ne veut pas dire être très sérieux, en conséquence… C’est pourquoi le personnage garde son identité spécifique, et ne peut être pris pour un simple clone de Superman/Captain America.
L’idée d’être Responsable/Inventif Et aussi Rigolo dans sa condition, de ne pas choisir entre l’un ou l’autre mais d’être 50/50 (sinon, n’importe qui s’effondrerait devant le poids du danger et des échecs)… C’est sa vie, avec ou sans Vengeurs ou Agents Secrets dans les pattes, sur « son » territoire comme n’importe où ailleurs dans l’Univers.
Pas de prise de tête prétentieuse on vous dit… de la Fiction, faite un peu plus « en série », mais qui ne va pas s’adresser uniquement aux obsédés du Sens et de la Maturité à tout prix, qui sont assez méprisants envers un « troupeau » se contentant seulement de ce résultat amusant.
Car les snobs aussi sont un troupeau. Mais eux, ils s’ennuient tous seuls.

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Pour cette suite solo, mais qui amène les apparitions du Spidey MCU (qui se partage pour l’instant entre 3 réalisateurs) à 5 films…
On continue à tenter de s’éloigner un peu de l’archétype super héroïque qui se circonscrit uniquement à la ville (de New York)…
On continue à jouer à « l’ensemble cast » plus qu’au petit groupe, certains servant moins la soupe au héros qu’on le croirait.
En fait – Début des « Spoilers »

… puisque l’on sait comment ça ne peut que finir dans un film super héroïque (reprise en main du héros, victoire ardue et « sauvetage du Monde »), Marvel s’amuse d’abord à aller dans une autre direction, dans d’autres sous-genres cinématographiques.
Ici, plus que le Teen-Movie, c’est le Film de Vacances, en mode « touristes candides (américains) qui ne sont pas beaucoup sortis de chez eux ». Où chaque personnage défend sa propre partition (beaucoup d’improvisation de texte chez Marvel), les principaux acteurs étant fidèles au caractère attachant de leurs rôles respectifs…
les nombreux secondaires, en totale ignorance de ce qui se pourrait se passer autour d’eux, et en plein délire humoristique.
Même Peter Parker est encore plus dans cette ambiance, lui aussi « en vacance », en détente ignorante en fin de compte, même s’il y a quelques personnes à sauver, tout de même.
Et le film de tenir cette ligne jusqu’au bout, dans sa première moitié.

Évidemment, pour les trop sérieux qui ont oublié dans quelle ambiance estivale il fallait être, tout ça peut paraître bien trop idiot pour avoir un quelconque intérêt… On peut se fiche de voir untel personnage secondaire faire son numéro gaguesque… on peut s’irriter de cette dérision toujours à l’extrême limite de la caricature… de la première scène post-Logo Marvel (un gag musical, mais typiquement naïf et ado) à la dernière scène post-générique (en fait, c’est pour ça que Nick Fury était si bête)… d’encore tout ramener à Tony Stark plutôt qu’à Oncle Ben… de ces flirts ados éternellement ballots mais gentillets.
Ce n’est pas du tout subtil, ce qui n’est objectivement pas péjoratif – le studio prend au sérieux la fabrication du film, et moins le Genre.
Il faut donc attendre que passe la première partie du film, peut-être plus amusante pour un public US habitué aux films de Road Trip, pour qu’ensuite le film raccorde enfin avec le drama super héroïque, plus connu des fans – connaisseurs de l’univers de Spidey ou non… tout en utilisant les graines d’intrigues disséminées avant.
La différence flagrante entre les deux parties distinctes de ce film/épisode peut néanmoins entraîner des divisions sur « laquelle des deux est la meilleure ».

Évidemment, Mystério était un faux-cul, ici en mode « Syndrome dans les Indestructibles », ce qui était révélé dès la première bande annonce…
S’il confirme la place du MCU dans les intrigues de l’araignée en faisant de ses vilains des « récupérateurs », se créant en recyclant à leur manière égoïste les « restes » des aventures des Vengeurs…
Celui-ci se positionne surtout en vilain ultra actuel, propagateur de Fake News à son profit… une sorte de Troll absolu, répandant des mensonges assez Gros pour être crus tout comme des vérités blessantes, poussant jusque dans ses retranchement sa maîtrise de l’Illusion qui détourne (de manière méta?) des techniques cinématographiques, telle que connue dans les comics.
Là, c’est à sa révélation que le film décolle donc avec des scènes d’action de plus en plus vertigineuses, d’autres types de « Trip », bien que plus « cartoon » que dans un film de Dr Strange… mais qui ont leur utilité narrative puisque, jusqu’à la fin du film, mettant Peter Parker face à sa trop grande confiance envers les gens. Et comment cela peut vous perdre, à force.
Tom Holland trône encore mieux au milieu du cast, à basculer de maladresse à l’énergie, de la légèreté à la gravité. Et Jale Gyllenhaal d’utiliser aussi bien sa partition d’acteur « calme » que celle « foufou ultra expansif ».
Les apparences y sont si trompeuses que Sony aurait pu faire un combo entre la sortie de ce film et celui du dernier Men in Black, plutôt qu’en repêchant au dernier moment des éléments de Captain Marvel. ????

On peut même saluer une certaine continuité dans l’identité de réalisateur de Jon Watts, arrivant à faire vivre des personnages jeunes sans trop en faire des têtes à claques (comme dans son « Cop Car »), et sachant montrer des héros aux prises avec des malédictions catastrophiques (comme dans son « Clown »). Pour un employé de film de studio, il sait ne pas trop dévier sa propre Ligne.
Idem pour la musique virevoltante de Michael Giacchino, tout fonctionne sans trop d’accrocs.

Donc, l’intention de départ n’est toujours pas trahie: c’est un Blockbuster Estival et Rythmé pour Petits et Grands, pas un Objet Filmique ultra sophistiqué réservé à une Élite critique.
Ainsi, le fait de ne pas voir plus Loin et plus Innovant dans ce film, ça n’est pas et ça ne sera jamais synonyme de « mauvais », de dispensable »… tant que le contrat initial est rempli.
De toute façon, aucun film ne peut être totalement terminé, bouclé de telle sorte qu’on ne puisse y rajouter plus ou enlever moins. Le rythme général doit compter, et être en accord avec les choix de narration. Même si ce film, présenté comme une Conclusion de Phase Marvelienne, est aussi une sorte de Transition en attendant des bouleversements futurs, plus rudes encore.
Si on comprend ces choix, alors on comprend le film.
L’accepter est une autre chose, qui ne concerne que les goûts personnels du spectateur (qui est un tantinet prévenu à l’avance). C’est si ce spectateur se retrouve tout seul qu’alors, les choses peuvent se gâter.

Peu de chance ici: sur la foi des retours habituels, de l’ambiance toujours hilare et enthousiaste du public dans la salle et de la qualité globale, Spider-Man reste toujours populaire, arrive encore à se réinventer…
L’un des Meilleurs et des plus Charmant Super-Héros qui existe, c’est celui qui a le plus la loose… Quelle belle ironie. ????

« Ah, home, let me go home
Home is wherever I’m with you »

Fraise
20/09/2019 à 19:58

On aurait dit un épisode d'une série Marvel. Ça aurait été ça, ça aurait été très bien. Mais c'est un film. Et il est d'une grande banalité pour un film. Ceci-dit j'ai été bien diverti...

FSM
13/08/2019 à 16:38

Fan du MCU j'ai été très déçu par le par le fait que Spiderman ne reprenne pas la place d'Iron man et que mysterio soit un imposteur.

jorgio69
10/07/2019 à 23:02

Le film reste sympa mais je suis assez d'accord avec EL. J'ai l'impression que Marvel se fait piéger à son propre jeu. L'attente du prochain film est présente mais chaque nouvelle révélation est très décevante. Le MCU est complètement entrain de s’essouffler.
Certains pans du film ne sont rien de plus que des embryons qui doivent attendre d'évoluer au film suivant (la relation Happy-May). Je n'appelle pas ça du cinéma.
La réalisation de Watts est totalement impersonnelle, équivalent à un fonctionnaire qui va pointer à 17h. Jamais de plans larges à t'en faire décrocher la mâchoire et pourtant il y avait la place pour un budget de 160 millions et sans RDJ. Toujours des plans hyper serré rendant l'action par moment difficilement lisible.
C'est un bon moment, les acteurs sont parfaits, les personnages sont mignons mais pas un bon film pour autant.

Les gens disent "si vous aimez pas les Marvel" ont totalement raison. C'est un "Marvel". Un produit réalisé par des fonctionnaires qui cochent les cases d'une formule qui a fait ses preuves. C'est un bon moment mais les gens qui veulent voir du cinéma ne peuvent qu'être déçu.

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