Thor : critique marteau

Simon Riaux | 15 septembre 2018 - MAJ : 03/10/2019 15:32
Simon Riaux | 15 septembre 2018 - MAJ : 03/10/2019 15:32

Superhéros fondamentalement à part dans l'univers Marvel (c'est un dieu quand même), il n'est nul besoin d'être un spécialiste en comics pour trouver le personnage de Thor intrigant. Choisir Kenneth Branagh pour raconter cette histoire qui navigue entre les mondes, puise tour à tour dans la mythologie, l'aventure, puis la romance avait de quoi exciter.

SHAKESPEARE ES-TU LÀ ?

Kenneth Branagh s'étant fait un nom grâce à ses adaptations puissantes et réfléchies de Shakespeare, cet univers ne pouvait que lui tendre les bras, et faire de lui le metteur en scène tout désigné pour porter une si formidable aventure à l'écran. Le premier atout du film est que pour toutes ces raisons, il nous surprend et nous donne envie de l'aimer. Dans un premier temps.

 

Image 549218Chris Hemsworth

 

S'il y a quelqu'un à féliciter sur ce projet, c'est bien Chris Hemsworth. Le comédien parvient à composer un Thor physiquement impressionnant, certain de sa puissance, entre panache et arrogance. Il est toujours crédible, et le voir bander ses muscles donne singulièrement envie d'être un marteau.

 

Hélas, le reste du casting n'est pas à l'avenant. Natalie Portman (qui n'a certes pas grand chose à défendre) fait clairement une pause café après Black Swan, tandis qu'Anthony Hopkins joue moins bien que son armure. Et que dire de ces demi-dieux vikings asiatiques ou noirs, dont on a tant parlé, à cause de quelques nazillons américains ? S'il il n'y a pas ici à évoquer un quelconque piétinement de valeurs dites blanches ou un déclin culturel, il n'est pas interdit de critiquer l'évident mauvais goût de quelques exécutifs hollywoodiens.

 

 

Image 549221C'est vraiment ça le film ?

 

... REMETS-MOI UNE SHAKESBEER

 

Kenneth Branagh est plutôt à l'aise sur Asgard, et s'accommode sans mal du gigantisme de ses décors, et parvient même à leur insuffler une vie quasi palpable, qui rappelle souvent un futurisme italien fantasmé. Il s'en tire en faisant honneur à son bagage Shakespearien, dont on se dit qu'il n'a pas été invoqué en vain par la production.

 

Là où le bât blesse, c'est sur terre, où se déroulent les deux tiers du film. Le réalisateur y semble en pilote automatique, comme désintéressé des rebondissements (pas passionnants il est vrai) de son histoire. Pis, il ne parvient jamais à trancher quant au ton à adopter, quelques saillies comiques réussies mais trop rares restent en mémoire, contrastant singulièrement avec l'emphase malvenue des autres séquences.

 

Image 549215Faut rire ou pleurer en fait ?

 

Quel dommage enfin que le film ne parvienne jamais à procéder à un véritable crescendo dramatique dans l'action. La séquence la plus spectaculaire arrive au tout début du film, et sent très fort les CGI, on lui pardonne par son évidente volonté de nous en mettre plein la figure. Le problème, c'est qu'elle n'est pas loin d'être la seule.

 

Excepté une bastonnade sympathique mais beaucoup trop brève dans la boue, un affrontement poussif avec un Transformer du pauvre et un duel paresseux avec son frangin incarné par Tom Hiddleston, le fils d'Odin se la coule douce. La faute à un Kenneth Branagh pas totalement à l'aise dans les scènes d'action et à un budget pas assez ample pour emballer les séquences homériques que méritait le sujet.

 

 

Image 543974

 

Résumé

Au final, si Thor n'est pas un navet, il demeure une oeuvre imparfaite et frustrante. Cette dernière a néanmoins le mérite de nous apprendre quelques rudiments de diplomatie Viking indispensable à la survie dans notre espace mondialisé. On y apprend par exemple que le café rend gentil, qu'un débarquement Asgardien en plein nouveau Mexique peut passer raisonnablement inaperçu, et que même les meilleures bandes-dessinées ne sont pas mécaniquement destinées à une adaptation sur grand écran.

commentaires

Andarioch
16/09/2019 à 09:20

... et dsl pour les fautes, j'ai envoyé sans relire. Shame on me.

Andarioch
16/09/2019 à 09:19

Salut.

Concernant le personnage asiatique, on le retrouve dans la BD, aucune raison de l'enlever du coup, même si c'est anachronique. Elba en Heimdall, c'est fun, mais beaucoup plus discutable, j'avoue.
Sinon le tort (thor?) de ce film est d'avoir confié la réal à Branagh, un réal un rien plus fun aurait été peut être plus adapté. Le talent de Branagh n'est d'autant moins en cause que par contre je l'aurait bien vu dirigé un Ragnarok bien shakespearien à la place de la pantalonnade ridicule à laquelle on a eu droit. Mais bon, sur ce point, je me sens souvent bien seul...

Victor
15/09/2019 à 21:58

2 étoiles...vous êtes bien gentils


15/09/2019 à 21:07

Ce nanar ! Le choc des titans, à coté, c'est du Kubrick.
Absolument rien a sauvé.
Deux étoiles vous avez été vraiment, vraiment sympa, ce coup ci .

cepheide
15/09/2019 à 20:39

Mais comment des asgardiens, a priori viking dans leur adn, peuvent être asiats ou noirs ? c est tellement con que c'en est drôle, tout aussi con que scarlett johansson dans GITS, ou ce goku affreux dans... Non, ça on n en parle plus jamais...

Ghob_
17/04/2018 à 22:51

Oui mais +1 quand même pour la "classe" des séquences Asgardiennes, la dramaturgie par trop mal géré du triangle Thor/Odin/Loki et les prémisces très sympa du MCU, avec du Coulson et du Hawkeye qui donnent vite envie de suivre les prochains épisodes. Quand j'ai découvert le film à l'époque, j'étais tout fou en attendant de tourner les pages du prochain numéro... :) (oui, ce moment béni où la machine Marvel ne carburait pas encore au rythme actuel, bien que les plans étaient déjà faits et établis).
Donc oui, juste pour ça - c'est déjà pas mal - et tout en admettant que la copie est loin d'être parfaite (effectivement la baston dans la petite bourgade est un poil trop cheap), j'ai quand même un petit attachement pour ce Thor 1e mouture.
Bien plus digeste d'ailleurs que sa suite, visuellement plus impressionnante, mais beaucoup plus creuse, également....

votre commentaire