Spider-Man : Homecoming - la critique à tisser

Mise à jour : 22/07/2017 09:59 - Créé : 29 juin 2017 - Geoffrey Crété

Après son entrée dans le MCU (Marvel Cinematic Universe) au milieu de Captain America : Civil War l'année dernière, le nouveau Spider-Man incarné par Tom Holland arrive dans sa première aventure solo. Fruit d'un accord entre le studio Marvel et Sony, qui possède les droits du personnage, Spider-Man : Homecoming de Jon Watts, avec notamment Michael Keaton en Vautour, est donc très attendu. Le nouveau reboot de l'homme-araignée fera t-il mieux que les Amazing Spider-Man avec Andrew Garfield, dont les suites avaient été annulées après la sortie compliquée du deuxième épisode ? Le spectre de la trilogie bien-aimée de Sam Raimi plane t-il encore sur la franchise ?

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POWERED BY AVENGERS

Spider-Man a donc été adopté par les Avengers. Suite à un accord entre les studios Marvel et Sony officialisé en février 2015, l'homme-araignée a pu retrouver une nouvelle impulsion, avec Tom Holland (The Impossible, Lost City of Z) pour prendre le relais de Tobey Maguire et Andrew Garfield. De quoi organiser une reconstruction de la marque après les sorties compliquées de The Amazing Spider-Man et sa suite The Amazing Spider-Man : Le destin d'un héros : si le box-office a été a priori honorable (environ 757 millions pour le premier et 708 pour le deuxième, pour des budgets autour de 250 millions), il n'a pas été à la hauteur des films de Sam Raimi, côté critique et public (entre 783 et 890 millions de dollars). Les plans de suites et spin-off ont donc été annulés, après avoir été annoncés en fanfare. 

 

Photo Tom HollandTobey Maguire Andrew Garfield Tom Holland est Spider-Man

 

Le Spider-Man nouveau est donc arrivé : plus jeune, plus drôle, plus vif, plus cool et plus que jamais décidé à s'incruster à la grand fête des super-héros avec Iron Man, Captain America et compagnie. Spider-Man : Homecoming le hurle dès son introduction qui renvoie directement au premier Avengers et à Civil War. Le message est clair, impossible de le rater.

Le film entier est d'ailleurs construit sur son rapport à l'univers des Avengers : du grand méchant Vautour (Michael Keaton) aux motivations de Peter Parker, Homecoming mise sans détour sur la familiarité et la parenté pour s'imposer comme une nouvelle pierre à l'édifice Marvel, et comme une évidence pour les fans. A ce titre, le blockbuster remplit sa mission, et pourra sans effort contenter le public visé.

 

Photo Robert Downey Jr., Tom Holland, Jon Favreau"Viens petit, je vais te présenter mon banquier, tu vas pas le regretter"

 

BREAKFAST CLUB

Homecoming a la décence de ne pas remettre en scène des moments qui seraient devenus presque parodiques après avoir été filmés par Sam Raimi et Marc Webb. Pas de flashback pour la morsure de l'araignée ou la mort de l'oncle Ben, mentionnés au détour d'une scène, ou d'explication sur la toile mise au point par le petit génie : Spider-Man affrontera bien entendu des épreuves pour devenir un meilleur super-héros et un meilleur individu, mais le film tente d'explorer de nouveaux territoires. 

Le Homecoming du titre a ainsi un double sens. D'un côté, cette soirée qui réunit les anciens et nouveaux étudiants dans les lycées et collèges américains rappelle que Spider-Man en est à sa troisième version au cinéma, avec cet étrange sentiment de familiarité et nouveauté parfaitement assumé ici. De l'autre, il installe clairement le blockbuster dans un cadre de teen movie revendiqué dès les premières minutes, où la logorrhée de Peter Parker envahit l'écran et occupe tout l'espace. 

 

Photo Tom Holland, Jacob BatalonSpidey et son meilleur ami, interprété par Jacob Batalon

 

Avec sa voix fluette, ses yeux écarquillés et sa vivacité, Tom Holland apporte ainsi une énergie nouvelle au personnage. Plus crédible qu'Andrew Garfield en ado, il propulse l'homme-araignée dans un amusant univers de teen movie qui correspond plus à un film avec Michael Cera qu'à une superproduction parrainée par Iron Man. C'est ce qui donne une force au film, qui se démarque clairement des versions de Marc Webb et Sam Raimi.

Et Spider-Man : Homecoming a la bonne idée d'assumer pleinement cette nouvelle direction légère. Le réalisateur Jon Watts (Clown, Cop Car) s'intéresse plus à ces adolescents qu'au cahier des charges du blockbuster, et apporte nettement plus de cœur à leurs aventures dans les couloirs du lycée qu'aux grands séquences d'action. C'est grâce à cette dynamique que le film intègre naturellement le MCU : le fameux humour de Marvel passe par cette bande de stéréotypes attachants, traités avec suffisamment de tendresse et de bienveillance pour permettre à la machine de tourner.

Du meilleur ami complice à la belle fille du lycée, en passant par la petite rebelle cynique qui offre une flopée de punchlines, Homecoming s'amuse avec les clichés. Le nouveau modèle de la tante May, passée de Rosemary Harris à Marisa Tomei, est évoqué plusieurs fois avec humour, tandis que Peter Parker lutte pour apprendre à maîtriser son costume high tech créé par Tony Stark (avec la voix de Jennifer Connelly). Même Tony Stark, mis au premier plan de la promo, occupe au final une place modérée dans le récit (contrairement à un Happy Hogan trop présent). Les ficelles sont classiques, mais le film n'en abuse pas. A défaut d'être follement étonnant de ce côté, Homecoming est efficace, bénéficiant même parfois d'un très bon sens du timing comique. 

 

Photo ZendayaZendaya dans la peau d'un personnage qui risque de marquer les esprits

 

DIE AND RETRY

En revanche, le film brille moins dès qu'il entre sur les terres du blockbuster. Lorsque l'action et les effets spéciaux reviennent au premier plan, Homecoming séduit moins. Pire : il n'est pas à la hauteur du cahier des charges, et n'a pas grand chose à défendre. La faute d'abord à un manque d'inventivité et d'audace dans le spectacle, avec une poignée de séquences à effets qui se révèlent trop ordinaires pour emporter ou impressionner. L'une des scènes les plus spectaculaires sera peut-être celle du ferry, montrée dans la promo : elle est certes efficace, mais souffre de la comparaison évidente avec celle du métro dans Spider-Man 2 de Sam Raimi.

Et c'est là que Spider-Man : Homecoming illustre une grande problématique du film de super-héros : inventer et réinventer l'action, reproduire une formule qui marche tout en y apportant quelques éclats pour rayonner. Alors que le genre occupe une place massive sur le marché, avec un embouteillage dans les salles, le spectateur est saturé d'images d'explosion, de destruction et de courses poursuites. Pour impressionner, il est donc vital d'offrir quelque chose de neuf, à un niveau ou autre. En ça, le nouveau Spider-Man ne satisfait pas véritablement.

 

Photo, Tom HollandLa toile de Jésus-Man 

 

Ce n'est d'ailleurs pas anodin si l'intrigue du Vautour est liée à la récupération de déchets laissés par les Avengers après leurs triomphes : en tant que troisième version de l'homme-araignée, incorporée pour d'évidentes raisons commerciales dans le MCU, le film de Jon Watts est un recyclage clair, composé en trop grande partie d'éléments considérés comme sûrs et stables. Et s'il n'a rien de honteux, l'antagoniste incarné par Michael Keaton n'a au final rien de bien mémorable, malgré une petite astuce qui redynamise la dramaturgie dans la dernière partie.

 

Photo Michael KeatonBirdman : le retour

 

TISSER DANS LA TOILE

Mais au-delà du manque d'originalité dans la chorégraphie de l'action, et d'une pauvreté globale en terme de spectacle hollywoodien, Spider-Man : Homecoming surprend par sa fadeur. Avec sa photographie plate et son montage qui déraille dès que l'action s'emballe, le film ne laisse aucune empreinte de cinéma sur la rétine. Alors que Doctor Strange a en partie masqué sa formule classique par une poignée d'images saisissantes, que Les Gardiens de la galaxie a apporté un arc-en-ciel de couleurs jusque dans sa promo, avec un Thor : Ragnarok qui se place clairement dans sa lignée, Homecoming semble bien éteint. De là à dire qu'il s'agit de l'un des films Marvel les moins excitants visuellement, il n'y a qu'un pas.

Que Jon Watts n'offre aucune véritable idée de mise en scène n'aide pas. Lorsqu'il s'amuse avec un gros clin d'œil au teen movie culte des années 80 La Folle journée de Ferris Bueller, il y aura un plan du film de John Hughes sur un téléviseur, pour mieux indiquer le sens de la lecture au public. Lorsque l'action se déplace dans les airs quand Spider-Man affronte le Vautour, elle devient illisible, avec des images confuses et un montage indigeste qui dénotent au milieu d'un film sinon très carré. Le réalisateur semble finalement bien plus à l'aise lorsqu'il filme son héros courir dans les jardins, saluer des inconnus et effrayer malgré lui deux enfants, que lorsqu'il le met en scène en tant que véritable super-héros, solennel et hollywoodien.

 

Photo Tom Holland

 

C'est d'autant plus dommage que le film amuse souvent et bénéficie d'un rythme solide. La plupart des gags fonctionnent bien, les acteurs (et notamment les jeunes) apportent une certaine fraîcheur comparés aux stars du MCU, et le scénario balaye joyeusement d'un revers de la main quelques motifs banalisés du genre, notamment en ce qui concerne l'identité secrète de Peter Parker (voir l'ultime seconde du film). Par ailleurs, le design des armes conçues par le Vautour semblait promettre des couleurs bienvenues dans cet univers urbain bien pâle, mais elles resteront bien mineures dans l'action malgré la foule de noms jetés au visage du spectateur curieux.

Arrive donc le refrain trop habituel qui en ravira certains, et en exaspérera d'autres : Spider-Man : Homecoming est un blockbuster classique qui assure le service sans trop se mouiller, avec la ferme intention de rentrer dans le droit chemin du MCU pour suivre la direction plébiscitée par le public. C'est à la fois sa force (le film est parfaitement calibré pour être un succès en salles, et installer une nouvelle franchise en charmant un public probablement plus jeune) et sa faiblesse attendue (le film est en grande partie une photocopie, sans identité claire et satisfaisante). Difficile de le détester, et encore plus de l'adorer.

La seule chose qui sauve Homecoming est sa légèreté parfois délicieuse et sa candeur assumée, qui trouvent ici un souffle plus honnête grâce à un cadre plus amusant que la plupart des autres films Marvel. De ce côté, le film tire le meilleur de la formule du MCU, dont l'humour est devenu la marque de fabrique. Il lui fallait au moins ça pour contrebalancer la mollesse au niveau du spectacle.

 

Affiche

 

 

Résumé

Adopté par Marvel, Spider-Man est plus jeune, plus vif, plus cool : la nouvelle version du super-héros amuse et séduit par sa légèreté et son énergie de teen movie. C'est là que le film marque le plus de points, puisqu'il n'offre rien de bien fameux et mémorable côté spectacle, la faute à un manque cruel d'inventivité et une mise en scène terne.

commentaires

Tousen 20/07/2017 à 10:53

C'est vrai que le film n'est pas parfait.. Après c'est l'adapatation de l'ULTIMATE , donc un renouveau à démontrer... il faut que les suites mettent en évidence la puissance de ses ennemis et c'est le gros lot!

JRc7800 19/07/2017 à 07:16

Voilà comment on fout en l'air une franchise oublier Peter le journaliste et bonjour le gamin du collège.
Film merdique à evité et je suis gentil
Vivement deadpool 2!!
et croisont les droits pour venom..... depuis blade c plus la mème chose....

Ratatak 16/07/2017 à 13:12

Le fait que les scènes d'actions ne soient pas d'un niveau dantesque sont justifiés par le propos même du film, il s'agit de l'initiation de Spiderman.
Perso j'ai trouvé que justement le rythme, la comédie et le reste étaient beaucoup plus proches du comics que toutes les autres adaptations jusque là.

Et cela fonctionne vraiment au niveau comédie, Michael Keaton est extraordinaire dans son rôle, la scène de la révélation des identités de chacun en voiture est marquante au plan cinégénique et totalement en phase avec la simplicité assumée du film sur ses enjeux et ressorts.

Vickers 13/07/2017 à 13:56

@Tuyen

T'as qu'à te dire que ton incompréhension face à Spider-Man trop "pour ados" (sachant que le problème n'est pas à réduire à ça, et qu'avant de sortir Malick y'a un paquet de nuances : une histoire de super-héros jeune peut être profonde, comme le sont des tonnes de teen movies et contes initiatiques), est à la hauteur de la notre face à ton avis sur TASM2 ;)

Tuyen 13/07/2017 à 13:54

Critiquer le fait que Spider man soit un film pour ado, c'est un peu comme si on se plaignait que Mickey soit trop enfantin... Non mais sérieux quoi, vous vouliez du Terrence Malick ?

De plus, je ne comprends pas cette haine envers les films de Marc Webb, que j'ai préféré de loin à ceux de Raimi. J'ai même bien aimé TASM2, c'est vous dire !

Gregdevil666 13/07/2017 à 09:55

Bien d'accord avec votre critique.

Encore un pur film film MARVEL, drôle, sympa, des bonnes idées, bon SFX mais dépourvu de toute dramaturgie, téléphoné, action mollassonne. Film sans grande personnalité.

Enfin c'est toujours mieux qu'Amazing, mais à des année lumières DES chef d’œuvre de Raimi

RubyRhod 13/07/2017 à 09:29

Ce nouveau Peter Parker est encore plus énervant, une pile que rien n'arrête dans son flot de paroles... Usant. Heureusement que le lien avec le MCU est assumé par la présence de Stark, Happy, Pepper. Les effets sont parfois limites. Le vautour est plutôt bon mais sous exploité.
Ce film est une distraction correcte en film à regarder à la TV un jour de pluie si on a rien d'autre à faire. Sam Raimi avait été bien plus efficace dans la psychologie de son Peter Parker.

Pseudo 12/07/2017 à 19:11

Bidon, pour les mioches

postman 12/07/2017 à 18:15

Le film ado fonctionne très bien
Là partie action est plate et le climax tout pourri (vraiment).
Ne pas rater la dernière scène après le générique ou Marvel se fait réaliste

Arnaud 12/07/2017 à 16:07

Je vois qu'on a des personnes toujours autant dans la mesure sur ces commentaires ...
Le SIDA, carrement ... ben merde on ne doute plus de rien

Sinon, comme dit Termineator, rater les scenes spectaculaires dans un Spiderman c'est quand meme ballot :D

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