Men in Black : International - critique flashouillée

Simon Riaux | 12 juin 2019 - MAJ : 12/06/2019 09:58
Simon Riaux | 12 juin 2019 - MAJ : 12/06/2019 09:58

Dans un été saturé de suites, de franchises et de spin-offs, le monde azimuté et cosmiquement baveux de Men in Black pourrait avoir des airs d'antidotes. Mais la curiosité de l'été 97 s'est normalisée depuis un bail. À la tête de ce 4e volet intitulé Men in Black : International et mené par un nouveau duo incarné par Tessa Thompson et Chris Hemsworth, le réalisateur F. Gary Gray peut-il redresser la barre et sauver la période estivale ?

ALIEN NATION

Il y a 22 ans, Barry Sonnenfeld secouait les amateurs de SF et pop culture ensuqués dans la langueur de l’été avec Men in Black, condensé de mythologies et de trips paranoïdes assaisonnés d’une bonne dose de cool. Malgré un univers devenu instantanément populaire, autant que riches de possibles, cette réussite initiale accoucha de deux suites terriblement inégales, jusqu’au quatrième volet qui nous intéresse, qui ne cache pas franchement ses airs de reboot.

 

photo, Tessa ThompsonAttention au dress code

 

Il y a au moins une chose qu’a intégré le réalisateur F. Gary Gray, chargé d’emballer ce Men in Black : International et c’est l’importance de son duo central, ici Tessa Thompson et Chris Hemsworth. Dans le rôle de la nouvelle recrue acérée et du matador dilettante, tous deux jonglent avec les personnages que le public leur connaît, non sans une certaine jubilation. La légèreté et le tempo qu’ils insufflent au métrage sont sans doute ses meilleurs atouts, et ses principales sources de charme.

D’ailleurs, le metteur en scène de N.W.A. - Straight Outta Compton en semble particulièrement conscient. En effet, s’il n’essaie jamais vraiment de donner du caractère ou du cachet à l’aventure, il est toujours en première ligne pour rythmer les dialogues, et tirer le meilleur des personnages qui émaillent son récit. Il faudrait être bien peu exigeant pour prétendre que Rebecca Ferguson, Rafe Spall, Liam Neeson ou Emma Thompson livrent là leurs meilleures prestations, mais indiscutablement, F. Gary Gray en tire une matière divertissante.

 

photo, Chris HemsworthChris Hemsworth

 

MEN IN BRIGHT

De même, on saura gré à Gray (désolé) de mener son récit plus rapidement que la moyenne actuelle des blockbusters estivaux. Enchaînant les destinations, décors et situations, il assure ainsi à l’ensemble une vitesse de croisière élevée. Un choix judicieux, tant le scénario s’avère d’une spectaculaire vacuité. Préférant recycler tous les thèmes et motifs déjà vus dans la franchise, il s’avère tristement prévisible, mais surtout spectaculairement mal raconté.

En l’état, on en vient une fois de plus à se demander où est passé le savoir-faire des productions hollywoodiennes. À bien y regarder, une production telle que Men in Black : International réclame en priorité une armada de références réparties au sein d’un récit carré ; mais ce minimum syndical est quasi-absent, tant ce 4e volet semble mécomprendre la recette originelle.

Le bizarre est devenu mignon, l’absurde est devenu simplet et les effets spéciaux semblent sous-traités à une armada de bots adeptes du flou numérique. Autant de dévissages qui ne sont pas synonymes de changement de ligne, mais plutôt d'une simplification, voire d'un abêtissement de la série, devenue comme étrangère à elle-même.

 

photo, Chris Hemsworth, Tessa ThompsonChris Hemsworth et Tessa Thompson

 

Signe de la précipitation mêlée d’incompétence qui limite drastiquement l’intérêt du film, celui-ci a un mal fou à démarrer, enchaînant (comme le fit Suicide Squad) plusieurs séquences introductives, incapable de trancher sur l’entame idéale pour son récit basique. Cette inconsistance se retrouve jusque dans la direction artistique, qui se contente le plus souvent d’agrémenter des décors presque vides de pseudo-artefacts extra-terrestres, ou de barbouiller numériquement d'innocents figurants pour pallier l'absence criante d'Aliens.

Le film noir parano teinté de pulp qui fit la richesse du métrage original a totalement disparu, dissout dans une mélasse estivale tiède. Le résultat a beau ne jamais être outrageusement désagréable, on se demande toujours quelle est sa raison d’être.

 

Affiche

Résumé

Grâce à son duo de héros et sa décontraction générale, le film n'est jamais franchement désagréable, malgré le je-m'en-foutisme général qui préside à son existence. La surprise cinéphile et remuante concoctée par Barry Sonnenfeld il y a 22 ans semble désormais bien loin.

Autre avis Geoffrey Crété
Un navet qui semble crier à tous les étages (intrigue, dialogues, acteurs, effets spéciaux, vague idée d'un univers agrandi) que personne n'y croit et n'a pris la peine d'essayer. On mérite tous un coup de flashouilleur après ça.

commentaires

Marc
18/06/2019 à 20:01

Men in Black 4 aussi tôt vu aussi tôt oublié. Par contre John Wick parabellum je l'ai vu il y quelques semaines je me souvient encore de certaines scènes ce film est incroyable j'ai vu des clin d'œil à Clint Eastwood à Bruce Lee à ce cinéma d'action qui tape dans la gueule ! et sa fait mal.

Sephora
16/06/2019 à 13:07

J'ai été fortement déçu de ce film, je ne comprends pas le rapport avec les deux précédents, aucune action, j'ai eut du mal a me plonger dans le film dès le début, la fin est décevante.
Mes amis ce sont assoupi a la moitié du film...
Je ne le recommande pas.

Sleepy92
15/06/2019 à 15:35

Je viens de voir le Film MIB4, quelle purge!!!! Je ne suis assoupi tellement c'était chiant, histoire incompréhensible, effets spéciaux au rabais, acteurs sans charisme, meme si les les 1ers MIB n'etaient pas top le duo will smith et tommy lee Jones apportaient leur charisme.
Film à éviter à tout pris.

Le Waw
14/06/2019 à 21:32

Oh m.... Désolé pour les fautes. Saleté d'autocorrecteur téléphonique.

Le Waw
14/06/2019 à 21:30

Bon j'en sors. Et ormis une réa pas loin d'être aussi molle que celle de "L'amie de mon amie" d'Éric Rohmer
(oui je pousse un peu), le film est loin d'être l'étron filmique que beaucoup avancent. N'est en effet pas l'excellent faiseur/artisan Sonnenfield qui veut et Gray n'est franchement pas à la hauteur. Mais le film si il est clairement pour un publique assez jeune, est vraiment riche, de l'action, de l'humour (gentillet), du dépaysement, le concept de l'international est excellent. Mais on ne s'ennuie jamais. Le duo Hemsworth/Thomson est épatant, Tessa Thomson est même vraiment intéressante et attachante. Oui certains éléments son prévisibles, mais MIB n'a jamais été bourré de surprise. Très proche au final de l'excellente série animée qui exploitait à fond l'univers des MIB. Un film qui aurait mérité un meilleur réal et un scénario un peu plus adulte, mais au moins il est fun et sans doute bien meilleur que le pas terrible MIB 2. Allez y avec un peu d'indulgence car la réa est vraiment poche comme on dit au Québec, mais en dehors de ça ce MIB 4 ouvre les portes certes timidement à une franchise qui peut être franchement riche de bons délires. Aussi le plus humain des quatres films avec le 3 qui est à mon sens une vraie réussite. Et aussi le plus long, le premier était fabuleux, mais aussi bien trop court. En tout cas un real un mec comme Taika Waitiki serait grave le bienvenu.

Rudy Mako
14/06/2019 à 04:02

L'heure est aux univers étendus. A quand celui du soldat Ryan?

David caron
13/06/2019 à 15:27

Rien que la bande annonce je me suis dit c'est pas possible et je me suis dit allons rendre visite à écran large pour le verdict et banco cetait sur cest pas terrible parcontre je dit pas non pour un toy story 4 et john wick 3 Salut à tous

Sicyons
13/06/2019 à 09:14

Quand on lit les commentaires on comprend l'étendue du problème : entre ceux qui crachent sur les blockbusters hollywoodiens mais qui encensent Marvel, ceux qui se plaignent du manque de créativité et qui demandent des suites ou quand on lit les commentaires sur les derniers "Star Wars" (les reproches de "copie " de l'ancienne trilogie associés à des accusations de trahison, ça fait marrer) on comprend l'étendue du problème : les spectateurs sont multiples, les (mauvais) goûts aussi. Et au final, plus c'est lisse, plus ça a de chance de plaire avec un ratio succès / prise de risque faible. Pour les productifs d'Hollywood qui n'ont plus rien de créatifs depuis des décennies, le choix est vite fait.

Perso j'évite les buzzs et les effets de mode. Je me fais ma culture ciné selon mes envies et mes goûts, en prenant soin d'éviter les influences autant que possible. En cette matière, l'objectivité n'existe pas. Mais essayer de l'obtenir est à mon avis indispensable. Ça permet de comprendre à quel poin les derniers "Star Wars" ne sont pas des "bouses" ou ce nouveau "Men In Black" ou les Marvel sont des produits calibrés...

Séb18
13/06/2019 à 06:16

Redonner nous Will et Tommy

Elvis
12/06/2019 à 22:08

En même temps ils pourraient faire des suites d univers connus mais en bien !! Genre aliens, blade 2 ,Terminator 2 ....ha oui mais dans ce cas faut bosser !! Et puis vu les entrées , les blockbuster nazes fonctionnent très bien, c est aussi le public qui consomme toutes ces merdes qui est vise .ça fait peur pour la suite .

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