La Malédiction de la Dame Blanche : critique qui mouille

Simon Riaux | 16 avril 2019
Simon Riaux | 16 avril 2019

De Conjuring à Annabelle, l’univers désormais nommé Conjuring-verse est décidément impitoyable, puisqu’il s’attaque sans problème aux enfants. Cette fois, c'est une entité malveillante à grande bouche : La Llorona, rebaptisée pour d’obscures prétextes marketing La Malédiction de la Dame Blanche en France. Peu importe que cette vilaine dame n’ait pas grand-chose à voir avec Lady Godiva, est-elle en mesure de nous faire frissonner décemment ?

Affiche
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LA DAME TANCHE

Michael Chaves réalise ici son tout premier long-métrage, qui lui a permis d’enchaîner directement sur la pré-production de The Conjuring 3, lequel sortira en 2020. Si on imagine que la Warner se montre plus que protecteur de sa franchise aux œufs d’or, imposant un cahier des charges strict, défini en collaboration avec James Wan, tout semble indiquer que le cinéaste en goguettes s’est fait une joie d’en remplir chaque case.

 

photoLa Llorona/Dame Blanche

 

C’est bien simple : absolument tous les éléments, notamment les plus grossiers, de la charte établie par les époux Warren se voient cités, souvent avec une paresse déprimante. Du cureton à la voix grave en passant par un exorciste formé par Steven Seagal entre deux burritos, c’est une avalanche de catho-porn débilitante qui nous étreint, conjuguée avec les grosses ficelles de tonton Wan.

Les personnages s’avèrent donc aussi stupides que volontairement insignifiants, et la pauvre Linda Cardellini a bien du mal à faire exister cette assistante sociale éplorée, définie uniquement par l’angle du veuvage (et de la curieuse habitude d’oublier ses enfants tout près des cadavres qui semblent pulluler à Los Angeles). Il en va de même pour le reste du casting, jusqu’à la Dame Blanche du titre, réinterprétation d’un mythe mexico-vénézuélien, dont la cruauté est progressivement effacée par un traitement dupliquant celui de La Nonne.

 

photo Une entité dont l'hygiène pose question

 

RENDEZ-VOUS UN PEU AVEC LA PEUR

Et c’est bien là le problème d’une grande partie des scènes d'angoisse. Cette silhouette vêtue d’une robe de mariée aux airs de linceul a beaucoup de mal, en dépit d’une mythologie retorse et sombre, à se différencier des derniers chapitres du Conjuring-verse. Mouvements saccadés, défilement des images chamboulé pour créer une démarche claudicante, bruitages dignes de Transformers, bouche capable d’engloutir un steak d’Anaconda et larmes bilieuses… la panoplie de l’afterwork qui tourne mal est complète, mais cruellement désincarnée.

 

photoLa soirée a été un peu rude

 

C’est d’autant plus regrettable que les origines de cette vilaine dame avaient de quoi fournir un arrière-plan stimulant. Engeance maudite après un double infanticide, La Llorona (enfin la Dame Blanche quoi) veut attirer les mômes d’autrui à elle pour les noyer. Avant de redonner les clefs du récit à son assistante sociale assistée, le métrage a d’ailleurs l’intelligence de se placer le plus souvent à hauteur d’enfant, ce qui lui confère une première partie riche de séquences éprouvantes, où le spectateur se laisse progressivement gagner par une angoisse sourde.

Car tout n’est pas à jeter dans La Malédiction de la Dame Blanche, au contraire. S’il respecte scrupuleusement la tambouille à jumpscare chère à James WanMichael Chaves s’en empare parfois avec un vrai sens du sadisme. Ainsi, une poignée de scènes parvient à distiller une authentique angoisse, multipliant les effets de transparence et de surface (quand le cauchemar apparaît à travers un rideau, une fenêtre ou un pare-brise), et transformant des décors exigus en terrains de jeu horrifiques passablement flippants. Reste à savoir si ces quelques séquences justifieront le prix d’une place de cinéma.

 

Affiche française

Résumé

Quelques scènes assurent à cette Dame Blanche de respectables frissons durant sa première partie, mais le résultat final duplique bien trop mollement les recettes de Conjuring et de La Nonne pour rester en mémoire.

commentaires

Patouska
18/04/2019 à 00:47

Poir l'avoir vu ce soir, je suis déçue. Le début se passant au mexiaue était pourtant bon et la légende à de quoi donner à faire. Malheureusement, une fois le temps de cette scène passée, et que r l'on passe à los Angeles, cela devient stupide et navrant. L'on dirait une pâle copie de la nonne en moins bien car la Nonne à contrario de beaucoup de critiques faites en négatif à son encontre, avait réellement du potentiel avec une intrigue très intéressante et bien fournie à l'écran. La dame blanche comme dit n'a que la scène de départ reliée à la légende mexicaine qui elle est vraiment bien et annonce un bon moment à passer devant l'écran, mais qui se perd dès qu'on quitte le Mexique et les années 1673... DOMMAGE !

Simon Riaux - Rédaction
17/04/2019 à 12:34

@Tonto

Pour le coup, ça dépend de vos attentes en la matière.

Si vous voulez voir un bon film d'horreur, vous pouvez faire l'impasse, si vous voulez lancer du pop corn dans une salle comble et vous faire tripoter par la baby sitter, ça passe.

Raoulbitembois
17/04/2019 à 03:37

Encore un film en mode " train fantôme " pitoyable , pathétique !

Sharko
16/04/2019 à 22:17

J’espère qu'il n'ont pas rajoutés de blague comme dans La Nonne avec le paysan français.

A Tonto: Seul les Conjuring méritent de se déplacer. Les Spin-off ont toujours été ennuyeux et produit aux rabais.

Tonto
16/04/2019 à 21:47

"Reste à savoir si ces quelques séquences justifieront le prix d’une place de cinéma."
Zut, c'est exactement ce que je voulais savoir en lisant cette critique... ^^

jorgio69
16/04/2019 à 19:24

Je prendrais bien un dessert...

Sanchez
16/04/2019 à 17:10

C’est clair que ça devient ridicule . L’exorcisme du banana split

Hank Hulé
16/04/2019 à 16:32

Avec un titre pareil, t'es obligé de manger une glace !

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