Flop séries 2019 : les pires séries de l'année pour la rédaction

La Rédaction | 25 décembre 2019
La Rédaction | 25 décembre 2019

Game of Thrones ? The Walking Dead ? The I-Land ? Another Life ? The Terror ? La rédaction donne les séries les moins réussies, les plus décevantes, de 2019.

Par obligation professionnelle, perversité ou sadisme des chefs, la rédaction a mangé quelques séries bien mauvaises en 2019. En marge des séries et saisons les plus appréciées du public, il y a donc eu de belles déceptions, de jolis massacres et d'incroyables hallucinations.

Dans un rituel pour se purifier et affronter 2020, l'équipe a donc osé y repenser, pour lister les trois pires séries de 2019 par rédacteur. N'hésitez surtout pas à les insulter personnellement, ce sera la cerise sur le gâteau.

 

photoLes boss d'Ecran Large préparent un rédacteur à finir une série nulle

 

CAMILLE VIGNES 

1. NOS4A2

D’aucuns diront que NOS4A2 est difficilement accessible et que passés les premiers épisodes, on s’habitue à elle. Mais rien n’y fait. La série adaptée de l’oeuvre du même nom de Joe Hill (le fils de Stephen King) est définitivement inintéressante et ennuyeuse.  Tant dans ce qu’elle raconte que dans la manière qu’elle a de le faire, elle n'a fait que jouir du nom du créateur de l'univers sans rien déployer de mémorable.

Vendue comme un drame fantastique et d’horreur, ce n'est que par manque de talent que l’ambiance devient pesante, et jamais par la maîtrise des codes de l'épouvante ou de l'horreur. L’équipe derrière NOS4A2 semble avoir oublié la différence entre lenteur et absence de rythme. L’esthétique, sinon banale, est démodée. Les personnages mal incarnés. Ses enjeux sur l’adolescence, la créativité, la barrière entre réalité et imagination, la quête de l’éternelle jeunesse sont décomplexifiés et à peine effleurés.

Reste au final une oeuvre qui se perd dans de fausses sous-intrigues. Une oeuvre qui s’étire jusqu’à s’essouffler. Jusqu’à s’oublier.

 

photo, Zachary QuintoFatigue après visionnage

 

2. THE I-LAND

En théorie The I-Land avait tout pour fonctionner. Pas pour être la série de l’année, mais au moins pour s’éviter d’être par trois fois dans ce dossier. Neil LaBute a voulu donner naissance à un thriller d’aventure, une expérience anthropologique noire et violente, mais ce n’est qu’un récit sans saveur, sans intérêt et sans originalité qu’il propose.

Pire, la série passe systématiquement à côté de ce qu’elle entreprend. Elle aurait pu dire bien des choses en réunissant une bande de criminels sur île déserte (enfin leur esprit dans une simulation informatique). Ouvrir une brèche sur les psychoses humaines, montrer la noirceur de l’homme. Elle aurait pu être dure, violente. Mais c’est tellement mieux de mettre des twists dans tous les sens et un pseudo happy-ending.

Et si par miracle vous réussissez à passer outre son histoire aberrante, la pauvreté des dialogues et la médiocrité de son casting, vous pourrez toujours pleurer des larmes de sang devant sa réalisation, sa mise en scène, sa photographie et ses décors. Bref. Retournez plutôt regarder Koh-Lanta. À côté de The I-Land, c'est du nectar...

Et si vous êtes quand même curieux, notre critique de The I-Land est disponible.

 

photoVanish, et les tâches s'évanouissent

 

3. INSATIABLE SAISON 3

Son postulat de base a fait jaser la twittosphère et tout l’internet lors de la sortie de sa première saison. À bas les grossophobes ! À bas le culte de la personnalité ! Un brin ironique non pour la génération Instagram ? D’autant que la première saison, bien que maladroite, n’échouait pas complètement à faire la satire d’une société entièrement tournée vers l’image.

Problème, si Insatiable avait des leçons à tirer de ses erreurs, elle ne l'a pas fait. Alors que des séries teenages Netflix comme Sex Education réussissent à parler avec bonne humeur et fraîcheur de sexualité, d’avortement, d’homosexualité ou de travestissement, Insatiable échoue lamentablement à explorer ses enjeux. À part une ou deux scènes (pas plus), la boulimie de l'héroïne relève plus du gag que d'un réel mal-être. Son addiction est en fait traitée par-dessus la jambe, sans parler de tous les problèmes qu’elle charrie. 

Outre son absence totale d'identité, reste à la série une héroïne qui se transforme bon gré mal gré en une sorte de Dexter hyper-acidulée, accro à la vengeance, au succès, aux paillettes et à la bouffe... C’est au mieux ridicule.

 

photo, Debby RyanVengeance à l'enterrement

 

MATHIEU JABORSKA

1. STRANGER THINGS SAISON 3

Après une première saison relativement attachante, Stranger Things est revenu avec une saison 2 qui fleurait bon l'arnaque et cette année avec une saison 3 carrément insignifiante. On commence à comprendre le message : d'accord, les frères Duffer et leurs scénaristes aiment les années 1980. Après le 768e plan sur un poster d'Evil Dead ou de n'importe quel film de John Carpenter, on avait déjà perçu sans trop de soucis la note d'intention de la série.

Alors que reste-t-il après 30 épisodes ? Pas grand-chose sinon la flemme la plus totale d'enfin raconter quelque chose qui ne soit pas l'exploitation d'une imagerie déjà usée jusqu'à la moelle dans le seul but de cumuler les saisons, et les produits dérivés. À ce niveau, pas de problèmes : il existe probablement plus de tee-shirts exhibant le faciès de la petite Eleven que d'idées narratives ou visuelles dans ces dernières aventures.

Pour le plus gros hit de Netflix, même le bestiaire est décevant, puisque comme d'habitude, sa seule identité réside dans son intégration à l'esthétique générale. Traiter du fantasme des années 1980, c'est une bonne idée, mais encore faut-il fournir un discours plutôt que de reproduire les couvertures des livres de Stephen King, auteur qui, lui, pouvait ne pas reposer sur la simple accumulation de références surexploitées.

Notre critique est disponible ici.

 

photo joe keeryUne série qui reste dans les clous

 

2. HAPPY ! SAISON 2

La première saison de Happy ! était vraiment parvenue à créer la surprise avec son rythme effréné, ses gags bas du front et sa fâcheuse tendance à partir en permanence dans le WTF le plus total. On s'attendait donc à une suite obéissant à la logique du "bigger and louder" chérie par la série, et, de fait, on avait raison.

Mais Patrick McManus et son armée de scénaristes ont confondu le "très" et le trop". À force de chercher en permanence l'irrévérence, le décalage et la provocation, la série perd son spectateur, pris dans une spirale épileptique dont il ne comprendra ni les tenants ni les aboutissants. Incapable de ménager des instants de pause, l'intrigue finit par paraître banale, et on se retrouve à suivre tout ça comme une sitcom où chaque histoire de tromperie serait un nouveau sévisse cynique.

Pas aidée par une photo encore très DTV, elle parvient parfois tout de même à faire sourire, notamment à l'occasion d'un caméo final assez jouissif, mais ce ne sont que des respirations dans une expérience définitivement étouffante.

Notre critique est disponible ici.

 

photoDes effets gores toujours plus réalistes

 

3. MORTEL

C'est toujours assez douloureux de caser dans ce type de classement des productions de genre françaises. Il faut saluer l'initiative de la part de ses créateurs et les plateformes qui les encouragent, en l'occurrence Netflix. Surtout qu'ici, l'oeuvre en question n'est pas dépourvue de qualités : l'aspect teen-movie, genre dans lequel elle pioche la plupart de ses influences, est plutôt réussi, simulant tant bien que mal à travers sa mise en scène et sa bande-son urbaine la frénésie adolescente.

Malheureusement, dès que le fantastique s'immisce, le tout se prend un peu les pieds dans le tapis. Le vaudou, motif en soi assez intéressant, est censé motiver l'évolution des rapports entre les personnages, mais ceux-ci n'évoluent pas réellement. Ils se croisent, se disputent, s'apprécient, se snobent plusieurs fois dans le même épisode, sans que le spectateur ait l'impression que l'intrigue a vraiment avancé. De fait, l'ensemble en devient très vite assez inconsistant, alors même que le format de 6 épisodes devrait imposer une certaine densité.

Notre critique est disponible ici.

 

photoMortelle St-Valentin

 

ALEXANDRE JANOWIAK

1. THE I-LAND

Sûrement ce qui se fait de... pire sur le petit écran ces dernières années. The I-Land est un mix de Lost, les disparusHunger GamesLe Labyrinthe et les émissions de télé-réalités qui pullulent sur nos chaînes de télévision, et le résultat final donne un immense gloubi-boulga totalement dénué de sens et d'enjeux.

Avec son casting composé de troisièmes couteaux, la série de Neil LaBute devait absolument s'appuyer sur un récit profond ou au moins captivant pour réussir à capter un peu l'intérêt. Évidemment, le défi est largement manqué puisqu'aucune de ses influences ou inspirations n’est utilisée à bon escient. Au contraire, elles ne se marient jamais vraiment empêchant le scénario de se déployer ou ne serait-ce d'exister une seconde à l'écran.

L'univers à potentiel se transforme alors en monde affligeant de banalités, cumulant les clichés, aux rebondissements attendus et aux intrigues oubliées ou expédiées. Si l'insipide devait avoir un visage, The I-Land ferait parfaitement l'affaire.

Notre critique de The I-Land

 

photo, Kate Bosworth, Kota Eberhardt, Kyle Schmid, Michelle VeintimillaThe I-Land, le faux mélange tout pété de Lost, Les Marseillais et de la merde

 

2. OSMOSIS

On peut se féliciter que Netflix s'emploie à créer des séries locales et notamment françaises. Malheureusement, avec Osmosis, la plateforme de streaming rate encore le coche.

Malgré son point de départ intrigant, lorgnant sur les pas de Black Mirror et Maniac, la série française est ratée parce qu'elle ne développe presque pas son idée centrale. À l'image de nombre de séries ratées, elle s'écarte rapidement de son pitch original pour se concentrer sur des sous-intrigues inutiles et en plus tellement nombreuses qu’elles sont mal exploitées et sous-développées.

Le surplus d’intrigues empêche donc la série de trouver son rythme puisque chaque segment est coupé par un autre et aucun n’a le temps de s’exprimer réellement. À côté de cela, certes la série est inclusive et moderne, mais cela ne fait pas tout quand les personnages sont mal caractérisés, que leurs (mini-)évolutions ne créent aucune émotion et qu’ils ne sont jamais mis en valeur dans le scénario. Bref, un gros ratage.

Notre critique de Osmosis

 

PhotoLe futur d'Osmosis, des bars avec des néons et de la VR, quelle originalité !

 

3. THE TWILIGHT ZONE

Avec Get Out et Us, Jordan Peele a réussi à s'imposer dans le cinéma horrifique et fantastique de manière magistrale. Malheureusement, concernant ses productions sur le petit écran, il y a quelque chose qui bloque indéniablement. Alors que sa série Weird City pour YouTube Premium était ratée, son remake-suite-modernisation de The Twilight Zone est l'une des plus grosses déceptions de l'année 2019. 

Sa narration est moins percutante que celle du charismatique Rod Serling, les récits sont rarement inspirés et tournent rapidement à vide quand les mises en scène sont souvent fades. Au fil des épisodes, on a franchement l'impression que la série s'éloigne de l'idée même de Quatrième Dimension (proposant des scénarios plus proches de l'univers de Black Mirror que celui de l'anthologie fantastique) sans pour autant trouver sa propre voix.

Et au final, l'oeuvre globale est étouffée par son moralisme ambiant causé par le choix de Jordan Peele de pointer du doigt l'ère Trumpienne frontalement plutôt que de rechercher des métaphores élaborées tout en gardant une vraie pertinence dans son propos comme pouvait le faire la série de 1959 en son temps. Ouch.

Notre critique de la série (et celle de Weird City aussi, tiens)

 

photo, Adam ScottAdam Scott

 

SIMON RIAUX

1. TOO OLD TO DIE YOUNG

On le sait, Nicolas Winding Refn n'aime rien tant que tordre les attentes de son public, pour l'amener au bord du point de rupture. Un exercice passionnant quand il se marie avec l'amour du cinéaste pour une cinéphilie "impure" (The Neon Demon), mais terriblement délétère quand il perd de vue toute forme de proposition véritable (Only God Forgives) et se noie dans une posture aussi vaine que faussement complexe.

Nicolas Winding Refn se tamponne le coquillard de la narration des séries ? Soit. Nicolas Winding Refn se moque éperdument de raconter vraiment quelque chose ? Pourquoi pas... Nicolas Winding Refn n'en a rien à faire de vous laisser galérer ? On le comprend bien ! Mais jamais le metteur en scène ne songe à nous délivrer ce qui le motive effectivement à passer des heures en présence d'une bande de débiles légers errant sans but dans Los Angeles.

Tout ici semble pensé pour ne pas être quelque chose, ou ne pas jouer une certaine partition. Une sorte d'anti-programme qui se révèle finalement poseur, dénué de toute chair ou de toute idée motrice. Il ne suffit pas de diriger ses comédiens comme des cockers sous terpine ni de les éclairer à coups de néons fluo pour transformer un pensum indigeste en transgression pop.

Et la critique de la série est par ici !

 

Photo Miles TellerRed is dead

 

2. LOVE, DEATH AND ROBOTS

David Fincher, Tim Miller, des prodiges de l’animation, un budget conséquent, une collection de courts-métrages de science-fiction… Voilà la recette du bonheur. Sauf que mystérieusement, les prestigieux intervenants rassemblés ici ont réussi à aboutir à un résultat terriblement décevant. C’est bien simple, Love, Death & Robots ressemble à une collection d’absolument tous les pires clichés du genre, servis tièdes, sans aucune distance, ni innovation.

On a longtemps décrit la SF comme un sous-genre indigne d’intérêt, tout juste bon pour des adolescents arriérés. Pour le coup, on a parfois l’impression que c’est précisément le sentiment qui sous-tend cette anthologie, qui ressemble plus à un regroupement de CV de (parfois) brillants techniciens. Reprise de scènes cultes, proto-cinématiques de jeux vidéo, fausse provoc à base de nichons simili-punk, scènes d’actions vues mille fois… Le résultat paraît avoir 30 ans de retard, et n’arrive même pas à la cheville d’un Animatrix.

On s’agace d’autant plus facilement que Bonne Chasse et L’œuvre de Zima, deux réussites impeccables témoignent du potentiel avorté de la chose. La série a été renouvelée pour une saison 2, et la réalisatrice Jennifer Yuh Nelson a été embauchée pour superviser l'ensemble des épisodes. Espérons qu'elle serve d'électro-choc au projet.

Et la critique est par !

 

PhotoY a même de grosses bêtes

 

3. BLACK MIRROR

Charlie Brooker en a-t-il marre de Black Mirror ? à la vue de la dernière saison et de son extension Black Mirror : Bandersnatch, on est en droit de se poser la question. Bandersnatch utilisait un principe passionnant, techniquement abouti, sans jamais en faire quoi que ce soit de valable. Quant aux maigres épisodes de la saison 5, on sent clairement que leur auteur cherche désespérément à les éloigner de la SF, pour renouveler le ton et les thématiques, quand il ne les transforme pas au contraire en pot-pourri des chapitres glorieux des précédentes saisons.

Le résultat est d'une franche mollesse, peine à surprendre, mais étonne surtout par son incapacité à questionner les artefacts technologiques et comment ils affectent nos vies, soit la signature de la série. Cette dernière pourrait bien sûr évoluer et changer sa recette, mais ici, on a plus le sentiment que le cuistot racle les fonds de cuve, faute d'ingrédients frais disponibles. 

Pour autant, on se doute bien que le grand talent du showrunner ne s'est pas évaporé par magie. En revanche, ce qui ressort de cette dernière fournée de Black Mirror est peut-être la conséquence directe du tempo imposé par Netflix, qui ne permet pas à l'artiste de maintenir le phénoménal niveau d'exigence des débuts.

Pour la critique complète, c'est par ici !

 

photo, Pom KlementieffUne série qui risque de vous taper sur les nerfs

 

ARNOLD PETIT

1. THE I-LAND

Difficile de s’étendre sur The I-Land de Lucy Teitler, Neil LaBute et Anthony Salter produite par Netflix, croisement difforme entre The Island, Lost, les disparus et Matrix issu d’une relation non consentie. Si sur le papier, la série avait les moyens d'être une bonne surprise, elle s'avère finalement être un horrible souvenir.

L’intrigue sort tout droit d’un mélange de concepts déjà vus et surexploités à outrance et se révèle d’une incroyable vacuité, encore plus quand on se rend compte que les trois premiers épisodes ne servent à rien une fois la bande-annonce visionnée. La série n’exploite rien, aussi bien visuellement que narrativement. Que ce soit au niveau des décors, de la mise en scène ou de la photographie, la réalisation se distingue à peine des téléfilms de Noël diffusés l’après-midi, tout comme le casting, qui s’enfonce un peu plus à chaque ligne de dialogue pour incarner des personnages dignes des meilleures télé-réalités.

Fuyez, pauvres fous.

Notre critique de la série, une troisième fois

 

photoLaisse-moi sortir

 

2. THE TERROR : INFAMY

Après une saison intéressante, mais déjà en souffrance au niveau du rythme, la série de David Kajganich et Soo Hugh produite par Ridley Scott quitte les bateaux de la Royal Navy pour les camps d’internement nippo-américains de la Californie pendant la Seconde Guerre mondiale, avec une histoire de fantômes en toile de fond.

Malheureusement, dès le premier épisode, la série retombe dans ses travers et ne propose rien d’intéressant avant les cinq dernières minutes. La série refuse de s’emparer pleinement du traitement fait à la communauté japonaise installée aux États-Unis pendant les actes de Pearl Harbor et préfère se concentrer sur des trames narratives déjà vu et revues. La tension présente dans la première saison a disparu et l’aspect horrifique et surnaturel de la série ne s’avère inquiétant à aucun moment.

Contrairement à sa première saison qui pouvait se reposer sur son casting d'exception, The Terror peine à convaincre dans tous les domaines pour sa deuxième saison, qui pourrait (et devrait) être sa dernière.

Notre critique de la série

 

photoUne minute de silence pour The Terror

 

3. BATWOMAN

En présentant sa dernière série centrée sur le personnage de Kate Kane, la cousine de Bruce Wayne, l’Arrowverse pensait entamer une nouvelle page de son histoire avant la conclusion d’Arrow. Finalement, le résultat sonne comme un air de déjà vu.

Si, visuellement, la série de Caroline Dries réalise un effort en essayant de reproduire la photographie grise et froide de la trilogie de Christopher Nolan autour du Chevalier Noir, pour le reste, tout sort du même moule que les autres productions super-héroïques de The CW  : une histoire d’amour par-ci par-là, de vieux secrets de famille, une équipe de sidekicks rigolos et utiles qui ont eux aussi un passé trouble, avec en prime la réalisation basique à souhait, les costumes bon marché et les combats ultra-chorégraphiés. En prenant garde évidemment de balancer le nom de Batman ou de Bruce Wayne au moins tous les deux épisodes.

Le jeu de Ruby Rose, qui ne se limite qu’à une palette de quatre expressions faciales différentes, n’aide pas à rendre le personnage intéressant ou au moins attachant. Rachel Skarsten non plus n’arrive pas à convaincre dans sa version d’Alice qui ressemble plus à une Harley Quinn qui aurait trop lu Lewis Carroll pendant son séjour à Arkham.

Si Batwoman s'inscrit sans difficulté dans l'Arrowverse, elle se révèle beaucoup moins ambitieuse que la série dont elle doit reprendre le flambeau et ne se contente que de reprendre des codes déjà épuisés au sein de l'univers de The CW.

 

photo, Arrow, The Flash, Supergirl, DC's Legends of TomorrowOh mon dieu, que je suis troublée

 

GEOFFREY CRÉTÉ

1. ANOTHER LIFE

Même sans en attendre grand-chose, Another Life se révèle tragiquement nulle et ridicule. Même en aimant Katee Sackhoff, inoubliable Starbuck de Battlestar Galactica, ça devient très vite gênant de voir les aventures de cette bande de débiles dans l'espace, censés partir en éclaireur pour entrer en contact avec des aliens, mais qui auraient plus leur place dans une télé-réalité (c'était d'ailleurs le vrai sujet de Defying Gravity, et les personnages y étaient moins stupides).

Si ces abrutis super coiffés et maquillés méritent tous d'être congelés et oubliés sur une planète lointaine, c'est parce que le scénario d'Another Life est une vaste blague. Ramassis de clichés, de péripéties grotesques, sans aucun sens de l'épique ou du dramatique, la série donne souvent envie de rire quand une menace arrive, que quelqu'un se sacrifie, ou que le mystère des aliens se dévoile. Et inutile d'aller sur le terrain du bon sens et de la logique, que ce soit dans l'espace ou sur Terre, où la pauvre Selma Blair essaie de s'amuser.

À aucun moment il n'y a d'élan, de spectacle digne de ce nom, de fantaisie, ou de cœur. Another Life ferait passer l'amusant Perdus dans l'espace pour une grande série de SF, c'est pour dire à quel point le ratage est cataclysmique.

Les détails sur ce crash Netflix dans la critique.

 

photo, Katee SackhoffFrak you all

 

2. COMMENT ÉLEVER UN SUPER-HÉROS

Tout le monde se fichait un peu de cette série Netflix, et a priori personne ne s'en souvient trois mois après. Normal, Comment élever un super-héros, c'est du vide. Le titre aguicheur n'a pu masquer la grosse paresse de cette histoire de mère célibataire qui élève un gamin qui se révèle capable de faire tout et n'importe quoi - faire voler ses céréales, se téléporter, créer des boules d'énergie, réanimer des êtres morts... Bien sûr, il y a une mystérieuse entreprise qui les pourchasse, et même un bon gros twist parce que les vrais méchants sont pas ceux qu'on croit.

C'est nul, laid, facile, interminable, d'une lenteur qui donne envie de se pendre. Il n'y a que des stéréotypes, des scènes attendues, et ça donne juste envie de revoir Midnight Special ou Heroes. Ou même Heroes Reborn, avec laquelle il y a quelques points communs évidents, bien sûr saupoudrés d'une dose de Stranger Things. Et ça manque tellement de passion, d'énergie, d'intérêt, que ça exaspère plus que ça énerve. On tacle ça et on oublie.

Pourquoi c'est nul de chez nul : explications.

 

photo, Ja’Siah Young, Comment élever un super-héros Saison 1Comme une envie de le noyer dans un bol de lait

 

3. THE TWILIGHT ZONE

Immense déception que ce redémarrage de La Quatrième Dimension. Ils avaient de l'or entre les mains, et raviver la flamme Twilight Zone dans un monde qui a profondément changé était une idée aussi simple qu'excitante, l'anthologie de Rod Serling ayant toujours tendu un miroir déformant et inquiétant à ses contemporains.

Mais cette première saison se vautre totalement, pour plusieurs raisons. La première, c'est le forcing politique qui rend quasi toutes les histoires lourdes, avec trop peu de marge laissée à l'imaginaire du spectateur. Parler de l'Amérique de Trump, MeToo, Black Lives Matter, ou l'immigration, c'est bien, c'est fort, et logique dans l'anthologie. Mais pas en le soulignant de manière si grossière et en prenant le public pour des abrutis. L'autre problème, c'est la durée des épisodes, loin du format de 25 minutes d'origine. Là encore, trop de confiance ou d'orgueil.

The Twilight Zone 2019 a beau être soignée, avoir de très bons acteurs, et même quelques bonnes idées parfois, le résultat est plus que décevant et fade (notre critique). Mieux vaut revoir la série originale, toujours aussi percutante et efficace des années après.

 

photo, Jacob Tremblay, John ChoDonner du pouvoir à des incompétents : ça rappelle quelque chose tiens

commentaires

Simon Riaux - Rédaction
14/01/2020 à 18:14

@sylvinception

Un rédacteur a aimé la série, et un autre beaucoup moins.
Tout simplement.

sylvinception
14/01/2020 à 18:09

Quand on clique sur le lien de la critique de Too old to die Young, y a quasiment que des compliments, même dans les coms.
C'est chelou, comme le disent si bien nos jeunes amis du 93...

Laura
31/12/2019 à 16:00

Saison 2 de NOS4A2 programmée. C'est loin d'être un flop. Perso j'ai adoré, je retrouve bien l'ambiance du livre.

Ils ont adapté la première partie du roman, qui est moins rythmée.

La deuxième partie est une course poursuite surréaliste et bien sanglante. (J'espère que la série aura assez de moyen pour retranscrire ce monde de fou qu'est Christmasland)

Je vois la saison 1 comme une mise en place de ses personnages et c'est rare de voir une série qui traite des conditions de vie de gens pauvres en amérique. 

Ici pas de belle banlieue chic, mais des vieilles maisons humides/pourries. Une classe sociale laisser pour compte, sans avenir, noyer dans l'alcool, la drogue, la prostitution...

Andarioch1
30/12/2019 à 16:00

Twilight zone, grosse déception, surtout qu'il y a matière à faire bon.
The I-land est un des (très) rares exemples de série pourtant courte que je n'ai pas mené à terme. Pire, je suis courageusement allé jusqu'au dernier épisode avant de me rendre compte de combien je me foutais de la conclusion et de zapper la dernière demi heure.
Another life est une série fascinante en ce sens que s'y côtoient le grotesque (les poufs de l'espace, les actions débiles, ...) et de rares bons moments de tension. Ce coup là je suis allé au bout pour savoir jusqu'où le grand n'importe quoi pouvait côtoyer quelques évidentes bonnes volontés (certains acteurs, réalisateurs et scénaristes semblent tout tenter pour sauver les meubles).
Stranger things: la saison la plus faible, qui tient beaucoup à l'affection qu'on a pour les personnages et deux trois moments cultes. C'est peu.
Nos4A2: pas si mal, en fait. Une ambiance à la King (forcement...), de bons acteurs, quelques thèmes intéressants. Pas un chef d'oeuvre, c'est certain, mais une série qui ne mérite aucune haine particulière.

Kella
29/12/2019 à 17:42

Ses pas vrais mes ok

Pat
27/12/2019 à 12:02

Je peux comprendre que l'on n'ait pas aimé TOO OLD TO DIE YOUNG (moi-même je m'attendais à mieux) mais cette série a tout de même suffisamment de qualité pour ne pas la placer dans les flops de l'année.

Omegaton
26/12/2019 à 17:53

je suis d'accord avec tout sauf Stranger Things. parce que dans ce cas moi j'aurais mis la saison 8 de GOT à la place car bon...tellement incohérentes et insignifiante que je préfère de très loin Stranger Things

corleone
26/12/2019 à 09:45

J'ai pas trop maté de séries cette année pour faire une liste flop vraiment consistante.

blame
25/12/2019 à 20:12

Idem que la rédaction.
"The stranger Things" saison 3 j'ai pas réussis a accroché en cause.

Beaucoup d'acteur que j'ai trouvé antipathique. Winona rider (que j'apprécie en général) ne fait que de hurler, la petite rouquine que essaye de prendre le lead sur le groupe mais qui n'apporte pas grand chose son copain black que j'ai apprécié dans la saison 1 est ici un simple d'esprit ect... et une histoire peu interresante avec les russes et son pseudo terminator du pauvre ect...

Cette série me fait penser a the walking dead dans ses défauts elle oublie de consolider les personnages et multiplie de nouveaux acteurs dont tu n'en rien a battre et deviennent de moins en moins interressant.

Sinon très déçus de la dernière saison de "THE MAN IN THE HIGH CASTLE"
Expéditif et une fin pas très cohérente avec ses personnages ect...

je pensais au retours de "Veronica Mars" une enquête peu passionnante avoir sur la suite
Et d'ailleurs un "the Good place" peu passionnant également même si il reste encore trois épisodes pour relever le niveau.

Azerty
25/12/2019 à 20:04

The I land, Another life, Mandalorian, the witcher... les pires nullités de l année...

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