Osmosis : pourquoi Netflix se prend un gros râteau avec sa série de SF romantique française

Alexandre Janowiak | 8 avril 2019 - MAJ : 08/04/2019 23:54
Alexandre Janowiak | 8 avril 2019 - MAJ : 08/04/2019 23:54

Difficile de ne pas être intrigué par une série de science-fiction française quand elle se donne des airs de Black Mirror voire de Maniac dans ses premières images. On s'est donc penché sur Osmosis, une histoire d'anticipation technologique et romantique produite par Netflix. Malheureusement et à notre grande déception, on a trouvé la série ratée à de nombreux niveaux.

On vous explique donc en quatre points pourquoi Osmosis est un nouveau loupé pour Netflix en France.

ATTENTION QUELQUES SPOILERS !

 

 

UN SCÉNARIO CONFUS QUI S'EMBOURBE

Avec son pitch d'anticipation entre Black Mirror (pour le côté technologique) et Maniac (pour le côté relation humaine et cobayes), Osmosis avait de quoi séduire, ou en tout cas intriguer grâce à son application qui permet de rencontrer l'âme soeur. Malheureusement, si c'est bien le pitch de départ de la série française showrunnée par Audrey Fouché, il ne sera jamais pleinement exploité.

Il est terriblement triste de voir que la série est incapable de se concentrer sur son point de départ à travers les huit épisodes dont elle dispose. Au contraire, Osmosis préfère dès son pilote s'embourber dans plusieurs sous-intrigues : l'histoire de la mère, les problèmes de financements avec les investisseurs et le kidnapping de la femme de Paul Vanhove (Hugo Becker).

 

Photo Hugo Becker, Philypa PhoenixA peine quarante-cinq minutes, et déjà une série qui part dans toutes les directions

 

Concrètement, avant même que l'application soit présentée correctement et que son principe soit développé durablement, la série s'en éloigne pour des sous-intrigues totalement futiles. Si le pilote en compte déjà trois, la série en présentera bien d'autres par la suite : meurtres, bugs de l'application, maladie, secrets familiaux, taupe au sein des cobayes, intelligence artificielle dotée de sentiments, trahisons...

Au final, si l'amour nourrit plusieurs séquences (et heureusement vu le produit vendu au départ), la série ne s'y consacre jamais pleinement. C'est profondément décevant car la série se tire finalement une balle dans le pied avant même d'être entrée dans le vif du sujet. D'autant plus a posteriori, puisque ce n'est même pas pour caractériser efficacement les personnages centraux.

 

Photo Agathe Bonitzer, Yuming Hey"Bon, il faut qu'on fasse un point sur le scénario parce que ça va pas du tout en fait"

 

LES PERSONNAGES

Justement, s'il y a bien un problème majeur dans Osmosis, ce sont ses personnages. Avec son histoire où des cobayes testent une application de rencontre nouvelle génération, il aurait été logique que ces protagonistes soient au coeur de l'intrigue de bout en bout, et surtout le centre de notre attention.

Finalement, alors qu'ils sont douze au départ, seulement trois seront plus ou moins développés. Si leurs parcours durant la série ne sont pas inintéressants et qu'il  faut souligner l'ADN inclusive de la série française, les promesses sur ces trois cobayes ne sont jamais tenues et les clichés dont il font l'objet sont désespérants. En aucun cas, la série n'arrive à les mettre en valeur ou à créer de l'émotion à travers leurs évolutions (minimes) sentimentales.

La faute, encore une fois, à un surplus de sous-intrigues et surtout à un choix scénaristique hasardeux, puisque ce sont les créateurs de l'application, Esther (Agathe Bonitzer) et Paul (Hugo Becker), qui se retrouvent tout compte fait au centre des attentions. Une décision regrettable qui enferme la série dans un drame familial terriblement fade plutôt que dans un récit d'anticipation romantique profond et singulier.

 

Photo Agathe BonitzerL'intrigue de la mère, sans doute celle qui embarque la série dans une direction malvenue

 

LE RYTHME

La saison 1 d'Osmosis ne compte que huit épisodes de 45 minutes environ. Pourtant, la série n'arrive jamais à trouver un rythme et une dynamique captivante, ou au moins entraînante. Evidemment, avec une mise en scène aussi peu inspirée (en terme de cadre et de mouvements de caméra), la série avance sans jamais fasciner.

L'écriture très pompeuse n'aide pas la série à devenir engageante. Il faut dire qu'il est impossible pour le spectateur de profiter pleinement d'une des histoires sans être gêné par une autre. Ainsi, en se coupant perpétuellement dans son récit choral, la série Netflix finit par agacer voire exaspérer. Sa tendance à complexifier son intrigue de départ à chaque épisode n'arrange rien et ne fait, au contraire, qu'amplifier le bordel scénaristique déjà en place. Aïe.

 

Photo Agathe Bonitzer, Hugo Becker"- C'est moi ou il ne se passe rien d'intéressant ? - C'est pas toi"

 

L'ATMOPSHÈRE GÉNÉRALE

A croire que depuis quelques années, le futur est voué à devenir une époque où chaque pièce est illuminée par un néon unicolore hyper-désagréable pour les yeux. Evidemment, si l'esthétique est jolie à quelques reprises, ce choix visuel des créateurs d'Osmosis marque parfaitement leur manque d'imagination et d'originalité.

Incapable de créer un monde unique et singulier, ils ne font que reprendre les codes des séries d'anticipation actuelles (Black Mirror comme une évidence). D'ailleurs, quand on regarde de plus près, ce futur proche où il est possible d'avoir des technologies révolutionnaires ne semble pas si évolué. Tout juste pourra-t-on apercevoir en huit épisodes, une boîte de nuit avec des casques VR (plongée dans une ambiance néoneuse évidemment), des écrans intégrés aux façades des bâtiments et une pharmacie avec une entrée hologrammée.

Certes, Osmosis propose de jolies choses visuellement notamment dans ses quelques séquences oniriques élégantes et précieuses. On pourra également souligner l'accent porté sur l'environnement et la préservation de la nature dans ses décors extérieurs, où les gens se déplacent majoritairement à pied, à vélo ou en voiture électrique. Malheureusement, ces qualités n'ont pas grand-chose à voir avec l'intrigue de base. Dommage.

 

PhotoBeaucoup de verdure, quoi de plus normal pour une série qui se plante

 

Malgré un pitch de départ intrigant voire passionnant, Osmosis s'enlise dans un récit empoté et lent porté par des enjeux d'une grande fadeur. Après l'horrible Marseille et l'anodine Plan Cœur, Netflix rate encore une fois le coche avec sa nouvelle série française. Et après les déceptions Transferts (notre critique par ici) et Ad Vitam (notre critique par là), la science-fiction française en prend un coup.

Osmosis est disponible en intégralité sur Netflix depuis le 29 mars 2019.

 

Affiche

 

commentaires

Greymirror
26/06/2019 à 03:47

Je tenais à rajouter tout de même que même si je trouvais la plupart du temps que ça sonnait faux. J'ai tout de même beaucoup apprécié le personnage de Billie, que j'ai trouvé très réussi et juste et ai finalementréussi à avoir de l'affection pour Lucas, que je trouvais plus touchant que les autres. J'aurais du m'identifier à Ana mais j'ai eu beaucoup de mal avec son jeu et ses lignes (ce ''jaimerais être utile'' dans le café???) Quant à Niels l'enfant roi et ses colères, ohlala.

Pour ceux qui disaient dans les commentaires que ''on s'en fout des mouvements de caméra'' etc, je tiens à montrer mon désaccord. Je n'ai pas de culture technique en cinéma, je ne suis même pas un grand cinéphile, mais ce sont des choses qui ont du sens, que l'on peut parfois voir et comprendre, si ce n'est les ressentie, sans pour autant avoir fait la femi

Greymirror
26/06/2019 à 03:38

Pour ma part je ne sais que penser. J'ai trouvé ça assez mauvais dès le début, aucune empathie pour les personnages ou du moins difficile de s'identifier. J'ai trouvé les dialogues assez ''pourris'' je ne sais pas si c'est la façon de jouer, certains tics de langages ou quoi, mais c'était exaspérant. Pourtant j'ai été jusqu'au bout. Finalement j'ai apprécié de la voir sans pour autant l'aimer. Et cette fin???
*Spoilers attention**

Rien compris à cette histoire de virus qui tuerait les testeurs. Et d'où sort ce clone de Martin??

cliquebête
27/05/2019 à 01:16

critiqueur sur série fr de science fiction : contenu fade, l'histoire est lente, c'est nul, j'aime pas, le rythme est pas là, c'est l'ennuie totale, c'est français, bouhhh

critiqueur sur série us de sci fi : amazing love it great characters great story it's so good yeah black mitror vibes nice great job high budget technology Samsung cool

Lilo
04/05/2019 à 20:19

Moi j ai aimé, et comme tout, chacun ses goûts !

Simon Riaux - Rédaction
30/04/2019 à 13:48

@Didy

La rédac est globalement positive, un passage dans l'onglet "critique" du site vous renseignera à ce sujet.

Ceux que la production, la mise en scène et la grammaire cinématographique n'intéressent ont bien le droit de s'en taper les steaks par terre hein... Mais du coup ici, bah c'est notre sujet, en fait. Donc oui, si ce sont des thèmes qui vous indiffèrent, vous risquez de vous agacer plus d'une fois.

Ensuite, on n'est pas là pour dire ce qu'il faut aimer ou pas. Chacun bâtit son propre ressenti en fonction de ses attentes, de ses références et de ses goûts. On essaie juste d'expliquer les nôtres, afin de proposer un espace de divertissement, de réflexion, de débat.

Didy
30/04/2019 à 13:43

Il me semble que la rédac n'aime rien...car ce n'est pas la première fois que je lis une critique où on flingue l'oeuvre.
Les séries et les films sont faits majoritairement pour monsieur et madame tout le monde...qui se fiche pas mal des effets de caméras etc.
Les sous-intrigues ne sont pas futiles car cela parle d'amour et c'est un sujet vaste et complexe qui a beaucoup de ramifications. Quand bien même elles seraient futiles, elles servent à donner de la profondeur à la histoire et/ou à certains personnages. Ce n'est pas en 8 épisodes qu'on les connaît tous. Personnellement je préfère quand on n'exploite pas tous les personnages trop vite.
Maintenant je suis d'accord sur un truc : le manque de rythme mais j'ai envie de dire "production Française'. Le seul truc qui m'éxaspère dans cette série c'est la façon de s'exprimer, cette manie de faire parler les gens à mi-voix" est gonflante...et qqch de récurrent dans les productions Françaises.

Jako
25/04/2019 à 20:31

Tellement d'accord avec l'auteur de l'article.. En plus je me suis trompé pour les voix au départ et j'avais la version américaine (très bien doublée d'ailleurs) et à un moment je me suis posé des questions car tout se passait à Paris... Donc au début, c'est super, car le thème est vraiment intéressant: trouver son âme soeur.. Mais c'est vrai que l'histoire de la mère on s'en fiche un peu, étant donné qu'il n'y a eu aucun lien avec elle quand elle était bien portant, et que les acteurs de la série n'affichent aucune émotion jamais.. Ce sont d'ailleurs les trois personnages "cobayes" qui sont le mieux joués... Donc a priori le thème me plait, mais je m'emm... à mourir à regarder ce machin qui ne me touche absolument pas... J'avais adoré sense8 et la première saison de westworld qui se situe dans des genre assez semblables... Pourquoi cette série ne fonctionne pas du tout? Erreur de scénario, de jeu, de rythme? En tout cas, je ne crois pas que j'aurais le courage d'aller jusqu'à la fin de la saison car j'en suis à la 4 et je m'ennuie ferme...

AES
12/04/2019 à 15:35

Cette série est excellente. Faut arrêter de dire des conneries. excellent script, excellente réa, excellent casting, il vous faut quoi, Kim Kardashian?

(The) Aurelio
12/04/2019 à 14:36

Bref, une série française lambda : pompeuse, poussive, égocentrique. SUPER!

Adline Cast
12/04/2019 à 11:24

Osmosis d'Arte qui a gagné tous les prix avait comme acteur principal LAURENT DELBECQUE...
C'est son charisme qui manque évidemment dans la version Netflix.
C'est une grosse erreur de casting de ne pas avoir repris Laurent Delbecque.

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