Happy ! - la saison 2 du bordel mongolo du réalisateur de Hyper Tension perd le sourire

Lino Cassinat | 21 juin 2019 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Lino Cassinat | 21 juin 2019 - MAJ : 09/03/2021 15:58

On était positivement étonné par la saison 1 de Happy !, série de Brian Taylor frénétique et bouffone. Mais le charme n'aura pas duré...

HAPPY GO UNLUCKY

Pas facile de divertir en étant volontairement mongolo-régressif bas du front. Paradoxalement, il faut encore plus de finesse et de doigté pour y parvenir sans se complaire lourdement dans sa propre bêtise.

Une leçon que Ash vs Evil Dead, ou encore American Vandal par exemple (certes dans un autre registre) avait parfaitement appris au terme de sa saison 1, en témoignait sa superbe saison 2, mais que Happy ! a décidé d'ignorer, préférant une attitude de cancre assumée. Assumons jusqu'au bout alors.

 

photoMais qui c'est qui est teubé ?

 

Après le désastreux Noël de la saison 1, Happy ! décide cette fois de pirater la fête de Pâques. Et il faut bien admettre qu'on est plutôt bien accueilli avec une séquence de "course de nonnes" extrêmement drôle, ultra-violente et provocatrice.

Dans le même temps, certains excellents personnages condamnés dans la saison 1 retrouvent leur chemin vers le monde des vivants, même si parfois, c'est pour en revenir complètement métamorphosés. Le premier épisode renoue donc joyeusement avec nos trognes loufoques et improbables et les explosions de violence gore, d'autant plus drôle que le protagoniste Nick Sax a pourtant juré d'être pacifiste cette fois-ci et fait tout pour être non-létal.

Mais la joie est de courte durée. Brian Taylor semble avoir pris la confiance après le renouvèlement de sa série et décidé de ne pas se fouler. Une fois cette mise en bouche excitante emballée, Happy ! piétine et gagne constamment du temps en multipliant les sous-intrigues inintéressantes et absurdes dans le mauvais sens du terme.

Les péripéties se multiplient autant que l'intérêt décroît, et dès l'épisode 3 on renâcle à l'idée d'enchaîner avec le suivant, même si le final remonte un peu le niveau et livre deux savoureux dialogues entre Nick Sax et Smoothie, et entre Happy et... surprise.

 

photoOn fracasse du nazi aussi dans cette saison

 

TIRE SUR MON DOIGT

Happy ! temporise donc, mais pas tellement à l'aide de scènes d'action chorégraphiées ou de gags visuels travaillés, plutôt grâce à des tunnels de dialogues, obligatoires à cause de la demi-douzaine (!) d'arcs narratifs à développer. Brian Taylor essaye bien de les ponctuer de quelques one-liners ou situations comiques, mais l'humour en a pris un sacré coup.

Auparavant sale gosse parodique et mal élevé, Happy ! est devenu sa propre caricature agressivement scatophile. La scène de copulation d'amis imaginaires témoigne du niveau général. On vous prévient : attendez-vous à un inventaire complet des différents fluides corporels humains, féériques et extra-terrestres (car oui, il y a des aliens maintenant).

 

photo... et encore ce n'est pas le gag le plus primaire de la saison

 

Inventaire pour lequel Happy ! a payé le prix fort. Les affects plus sérieux des personnages et l'exploration des traumas, finement insérés dans quelques alcôves scénaristiques au milieu de l'hystérie générale de la première saison, ont ici quasiment disparu. Adieu donc - ou quasi - à l'étonnante représentation de l'enfance et de la dépression suicidaire.

Quant au peu qu'il en reste, c'est mal amené, ou traité à moitié - en témoigne par exemple l'exploration extrêmement sommaire du passé de Smoothie. Le show a perdu sa noirceur dépressive, celle qui, couplée à sa bêtise folle, faisait sa saveur. La folie extravagante de l'univers de Happy ! n'est plus envisagée comme un rempart poétique contre la noirceur du monde, elle n'est plus qu'un artifice agité frénétiquement et en vain au mieux pour éviter d'avoir à construire une histoire qui tienne debout et au pire pour essayer de se donner de la personnalité.

 

photoNotez que Nick Sax a développé un sacré goût pour les chemises cools

 

Ne reste à Happy !, pour se raccrocher aux branches, que quelques scènes d'action amusantes, mais peu inspirées, et la totale implication du casting. Christopher MeloniPatrick Fischler ou encore Ritchie Coster, tous sont excellents et s'amusent comme des fous, et l'ambiance de cabotinage généralisé parvient à maintenir l'attention, mais il va falloir trouver de bien meilleurs arguments pour la saison 3.

Ah ben non finalement, la série a été annulée après cette saison 2. Et quand on y pense, ce n'est pas plus mal.

La saison 2 de Happy! est disponible sur Netflix depuis le 5 juin 2019. La saison 1 est également disponible sur la plateforme.

 

photo

 

Résumé

Indigente et fainéante, Happy ! est partie en roue libre dans cette saison 2 mais assure pourtant le minimum syndical grâce au casting et à quelques fulgurances. Ce qui prouve bien que Brian Taylor pourrait vraiment impressionner s'il prenait ses sujets juste un tout petit peu plus au sérieux au lieu de se cacher derrière des pitreries devenues grotesques et sa posture de cancre.

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commentaires
Bla bla
02/06/2020 à 02:12

C'est triste de descendre aussi facilement une saison.
Les deux sont différentes, la premiere est plus réussite scenaristiquement (et encore).
La seconde est excellente et nous envoie des scènes inédites.

Des longueurs ? Possible .. Très possible même ..
Mais il m'est aussi arrivé de bailler sur des chefs d'œuvre également ..
On ne peut pas exiger du toujours mieux, encore plus haut.
Ce n'est pas du cinéma, mais une Serie .. Elle est tout à fait divertissante et déjantée à souhait.

C'est triste que les gens soient aussi critique sur le travail colossal que représente ce type d'émissions.

Dim Baland
28/03/2020 à 19:46

Certainement la critique la plus mauvaise que j'ai vu. excellente serie, la saison 2 est dans la continuité de la première, borderline originale violente et burlesque, et c'est vraiment dommage que nous n'ayons pas de saison 3 car cette serie ne ressemble à aucune autre, celle qui s'en approche le plus c'est "Preacher".

Ellie
29/10/2019 à 17:14

J'ai adoré les deux saisons personnellement. Je suis un peu dégouté qu'il n'y est pas de saison 3...

TopKek
03/08/2019 à 22:55

Pas mieux.
Même si cette saison est un peu brouillonne et moins bien écrite, c'est toujours du Happy!

Votre article est une surenchère de mauvaise fois en plus d'être orienté religieusement en plus.

Bref, réfléchissez avant de pondre des torchons pareilles.

Aldente
18/07/2019 à 15:29

Quel gachis cette saison 2 sans aucun scenario c’est vraiment nul a chier limite enervant de voir un si beau potentiel totalement gaché. Le gore est mal placé, les scenes ridicules s’enchainent les unes apres les autres, sexe drogues et rock’n’roll? Ya rien de tout ca ici, rien qu’a voir la bestiole en gelatine on se dit que le mec qui a pondu ca devait etre totalemnt camé.
Ne pas vouloir faire une serie comme tout le monde d’accord, mais faut avoir un minimum de talent la ya pu rien, pu rien de ce qui faisait le plaisir d’enchainer les episodes de la saison 1. Loin d’etre coincé ou catho de je ne sais pas quoi c’est un pur navet cinematographique. Allez voir la saison 1, la 2 passez votre chemin

Simon Riaux - Rédaction
04/07/2019 à 18:40

@Negan

Merci de votre contribution.

Negan
04/07/2019 à 18:38

Article infect, la série est juste fabuleuse tu es juste un débile avec un immense balai dans le cul ! Prend le comme tu vois mais moi je sais ou tu va te le prendre ????

yo
25/06/2019 à 10:04

Analyse bidon!!

Atssi
23/06/2019 à 12:07

Très bonne analyse de cette saison qui est une caricature de l'oeuvre originale.

En voyant Meloni en vie à la fin de la saison 1 (contrairement au comics sans Happy end) on se demande si ce n'est pas dans un but commercial, pour accroitre les revenus provenant d'un univers passionnant pour sa violence, sa noirceur et son humour.

Tout n'est pas mauvais bien au contraire, l'excentricité est toujours présente, la réalisation est superbe et les acteurs sont convaincants.
En revanche le scénario ... Pourquoi chercher à développer autant d'intrigues si c'est pour les conclure ainsi. On y perd ce mélange de féerie et de noirceur (base du concept) au profit de la surenchère et d'un aspect freak vidé de sa substance.
Même si certains choix (notamment les aliens et la mère et Blue, ça fait beaucoup) laissent perplexe, c'est la finalité, la conclusion des parcours et de la saison qui paraissent inachevés.

Le dialogue Dieu et Happy rappel qu'à la base, cette histoire a du fond et aborde des sujets complexe au delà du simple divertissement.

Lino Cassinat - Rédaction
22/06/2019 à 13:01

@Seth. M
"même si le final remonte un peu le niveau et livre deux savoureux dialogues entre Nick Sax et Smoothie, et entre Happy et... surprise."
C'est sûr qu'après avoir dit que le dialogue entre Happy et (SPOILER) Dieu était un des meilleurs moments de la saison alors que ce dernier y dit ouvertement n'être que l'ami imaginaire de toute l'humanité et n'exister que parce que les humains l'ont créé (entre autres hérésies), j'ai vraiment le profil type du chrétien enragé fanatique --'

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