X-Men : Dark Phoenix, Terminator : Dark Fate... bilan catastrophique des flops 2019

Mathieu Jaborska | 29 avril 2020
Mathieu Jaborska | 29 avril 2020

Dans le flot de plus en plus fourni de blockbusters débarquant en salles au cours de l'année, il y a forcément des gagnants et des perdants.

Dans cette catégorie, en 2019, le grand gagnant n'est plus à présenter. Ses grandes oreilles rondes ont continué à dominer l'industrie grâce à des cartons oblitérant tous les records, comme Avengers : Endgame (plus de 900 millions de profit) ou encore La Reine des neiges 2. Les perdants, quant à eux, sont en général plus complexes à repérer. En effet, beaucoup de paramètres sont à prendre en compte dans le calcul et certains films au score très décevant n'ont pas fait perdre tant d'argent à leurs producteurs, pour peu que leur budget soit plus réduit que la moyenne par exemple. On avait établi une liste des ces échecs côté business en fin d'année dernière.

Heureusement, comme tous les ans, le site Deadline a fait l'opération et a listé les cinq pires flops de l'année, en termes économiques bien sûr. Forcément, deux des trois longs-métrages présentés s'inscrivent dans une franchise et un seul met en scène des super-héros. Comme quoi, les recettes gagnantes hollywoodiennes ne fonctionnent pas forcément toujours.

 

photoQuand t'essayes de contrôler le box-office

 

5. MONSIEUR LINK

Malheureusement, le dernier film du studio Laika, rempli de génies ayant contribué à de grands films comme Coraline, L'Étrange pouvoir de Norman ou plus récemment Kubo et l'armure magique, s'est largement vautré. Une conclusion qui ne peut que fendre le cœur aux amoureux d'animation. Doté d'un budget bien plus conséquent que ses prédecesseurs (100 millions de dollars), il n'est pas passé par le distributeur Focus Feature, partenaire de longue date du studio.

Le résultat est terrible pour lui, et il aura du mal à s'en remettre, contrairement à la plupart des gros groupes cités dans cette liste. Au niveau mondial, il amasse quelques petits 26,2 millions de dollars, catastrophe compensée en partie par la couverture des ventes à l'étranger d'AGC Studios, de l'ordre de 50 millions. Ainsi, il limite très légèrement la casse mais entraînerait selon Deadline une perte de 103,2 millions de dollars. Un coup dur indéniable pour toutes les parties impliquées.

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photoLink retourne voir Zelda

 

4. GEMINI MAN

La baston entre Will Smith et Will Smith est un bide retentissant, qui n'aura pas fait grand chose de son budget de 138 millions de dollars. Avec 173,4 millions amassés au box-office mondial, il ferait perdre 111,1 millions à Paramount et Skydance.

Il n'est pas sorcier de comprendre ce qui a coincé. Les expérimentations d'Ang Lee, déjà désastreuses économiquement sur le pourtant très réussi Un jour dans la vie de Billy Lynn, n'ont pas plus convaincu dans un blockbuster de cette ampleur. Tourné en 4K 3D à 120 images par secondes, il a été conçu pour être visionné dans les mêmes conditions. Malheureusement, le circuit américain et européen n'a pas l'intention de se convertir massivement à une technologie encore trop peu exploitée.

La plupart des spectateurs de Gemini Man ont donc dû se contenter d'une séance 2D classique, ne leur laissant que les cascades de Will Smith et son double rajeuni numériquement, procédé ne justifiant pas le prix d'une place de cinéma. Après ce nouveau bide, il semblerait que le HFR (High Frame Rate) soit voué à disparaître des films hollywoodiens, ou du moins lourdement questionné. Le jeu n'en vaut pas la chandelle. Une perspective décevante, quand on sait ce que de grands cinéastes comme Lee ou Jackson on pu accomplir avec une telle technologie. Et Dieu sait ce que James Cameron aurait pu en tirer...

Notre critique est .

 

photoUn film qui divise

 

3. CATS

La présence de la comédie musicale de Tom Hooper n'est pas une surprise. Dès l'arrivée de sa première bande-annonce et la révélation du design des chats du titre (expérimentations humanoïdes numériques en provenance directe de l'uncanny valley, et preuves que les CGI ne peuvent pas tout faire), les jeux étaient faits.

La vision traumatisante d'un Ian McKellen couvert de fourrure a fini de condamner le film avant même sa sortie. La suite des événements n'a fait qu'aller de mal en pis, des retouches de dernières minutes (alors que le film était déjà en salles) au fameux "butthole cut", désormais au moins aussi légendaire que le Dune de Jodorowsky.

 

photoDonner sa langue au chat et son âme au diable

 

Finalement, Cats rate la cérémonie des Oscars pour laquelle il se destinait certainement et atterit grand vainqueur des Razzie Awards, récompensant les pires films de l'année. Aux Oscars, James Corden et Rebel Wilson ont profité de la situation pour tirer sur une ambulance déjà bien endommagée puisqu'elle aurait fait perdre 113,6 millions de dollars à Universal, Working Title et... Amblin. Pourtant, à l'origine du projet, les studios devaient se frotter les mains : Cats a coûté moins de 100 millions de dollars, mais il adapte un musical célèbrissime, et surtout cumule les stars.

Le public en aura décidé autrement en ne dépensant que 73,6 millions de dollars à travers le monde, souvent pour se rendre compte par lui-même de l'étendue du carnage.

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Notre dossier sur le bilan économique du film est ici.

 

photoLes yeux plus gros que le ventre

 

2. TERMINATOR : DARK FATE

Réengager James Cameron, Linda Hamilton et Arnold Schwarzenegger n'aura pas suffit à redorer le blason de la franchise Terminator, tombée en décrépitude depuis très longtemps déjà et achevée par Genisys. Les désaccords entre Tim Miller et Cameron n'auront pas non plus arrangé les choses. Résultat : Dark Fate a beau n'être pas si douloureux que ça à voir, contrairement à son sinistre prédécesseur, il fait tout de même honneur à son titre et est vite devenu un des pires scores de la saga.

Les détails de l'opération sont à consulter dans notre dossier sur ce bide, résumant bien l'opération peu rentable pour la Fox, Tencent, Skydance et Paramount. Ces deux derniers auront décidément passé une année mouvementée. Les firmes ne sont pas trop de quatre pour éponger les 122,6 millions de dollars de pertes estimés par Deadline. Produit pour 185 millions (sans compter les affolants coûts marketing), il n'aura engrangé que 261,1 millions de dollars dans le monde. On sait désormais une chose à propos du T-800 : he won't be back, a priori, et malgré les projets de suite.

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photo, Linda Hamilton, Arnold SchwarzeneggerQuand le fan-service ne suffit pas

 

1. X-MEN : DARK PHOENIX

Disney grignote peut-être Hollywood, mais fait parfois des opérations un peu-très décevantes. L'achat de la Fox, détenant la franchise X-Men, était un coup spectaculaire. Mais force est de constater que la firme désormais renommée en 20th Century a perdu beaucoup de valeur entre le début des tractations et la finalisation de l'acquisition.

Il faut dire qu'elle a dernièrement cumulé les mauvaises opérations, de L'Appel de la forêt à Dark Phoenix, le plus gros bide de l'année selon Deadline. Pour le potentiel dernier opus des nouvelles aventures des mutants (du moins avant que Disney ne vienne pointer le bout de son nez), Simon Kinberg est sorti de son rôle de producteur pour passer derrière la caméra. Grand mal lui en a pris : le film s'est fait dégommer par la presse et boudé par un public pourtant friand des prequels inités par Matthew Vaughn et poursuivis par Bryan Singer.

 

photo CyclopsGreat Scott !

 

Casting bancal, manque d'ambition flagrant, narration aux fraises, sans parler d'une production chaotique avec de gros reshoots... Le long-métrage a pris très cher et ça s'est vu dans les chiffres. Produit pour un budget déraisonnable de 200 millions de dollars, il n'en aura encaissé que 252,4 millions en salles. Bien sûr, les coûts de fabrication de l'objet ne sont rien à côté de la publicité mise en place, forcément très lourde pour le dernier opus d'une aussi grosse franchise. Finalement, le film aurait fait perdre 133 millions de dollars à ses producteurs.

C'est officiel : adapter l'arc du phoenix est voué à l'échec et marque systématiquement la fin de la saga... jusqu'à un éventuel renouveau. Il y a fort à parier que Disney et Marvel Studios ne s'y frotteront pas quand il s'agira de réinsérer tout ce beau monde dans le MCU.

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Notre dossier sur le bilan économique du film est ici.

 

Affiche française*

Tout savoir sur X-Men : Dark Phoenix

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commentaires

Uleertel
01/05/2020 à 00:12

Je n'ai aucune tristesse pour ces productions boursouflées et inutiles mais... Monsieur Link? La promo a été à ce point nulle que je n'avais même jamais entendu parlé de ce film, alors que j'adore leurs productions! Quel dommage il faut que je regarde ça.

Mattscenari
29/04/2020 à 22:46

Hélas germinagor dark fate a payé le prix des épisodes de la franchise, et je pense que n'importe quel scénario aurait été désapprouvé. La saga à prit le mauvais filon avec genisys qui pourtant commençait bien jusqu'à cette scène vue en boucle dans les bandes annonces où schwarzy tue le t-800 de 1984, à partir de là tout est partit en vrille. Dark fate contient de bons moments et le spectacle est loin d' être déplaisant mais le constat est amer, les spectateurs ne cfoient plus en cette série perdue illogique, incohérente, qui sent le dollar à plein nez, dommage elle aurait pu être une des plus grandes de tous les temps, les deux premiers avaient tracé le chemin mais personne ne la suivi.correctement, quel gâchis.

After Effect
29/04/2020 à 22:07

et bien un Terminator septuagenaire ,qui fait de la decoration interieure, qui a des scrupules a liquider des gens,qui torche le cul des enfants, et qui mene une vie maritale depuis 15 ou 20 ans sans que Bobonne ne remarque rien: çà été de trop pour moi, en tant que Faschiste, voir un Terminator antifaschiste et inclusif , est irreconciliable,!
sans compter la meuf qui en une journée devient une pro de l'arme lourde alors qu'elle n'y connaissait rien au début du film;;
100% Cameron approved! adieu Cameron

Gemini
29/04/2020 à 19:24

J'ai kiffé Terminator et Dark Phœnix.

pifpaf
29/04/2020 à 14:09

très triste pour missing link , un excellent film comme tout ceux du studio laika , heureusement je pense qu'il a les reins solide car tenu par un des hommes les plus riche du monde même si on ne peut que regretter que ces films ne trouve pas leur public

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