Terminator : Dark Fate - critique du futur imparfait

Geoffrey Crété | 20 octobre 2019 - MAJ : 27/10/2019 15:03
Geoffrey Crété | 20 octobre 2019 - MAJ : 27/10/2019 15:03

Après Terminator : Renaissance qui a ouvert les portes du futur post-apocalyptique, après Terminator : Genisys qui a rembobiné la mythologie pour la réécrire, Terminator : Dark Fate arrive pour tout nettoyer, encore. Théoriquement repris en main par James Cameron (ici producteur, et crédité sur l'histoire), ce sixième épisode zappe toutes les suites pour se placer directement après Terminator 2 : Le Jugement dernierLinda Hamilton reprend donc le rôle de Sarah Connor, face à Arnold Schwarzenegger, mais aussi Mackenzie Davis et Natalia Reyes. Le renouveau tant espéré pour la saga, ou un nouveau clou dans son cercueil ?

TERMINATOR : DARK GENISYS

Après 35 ans, 6 films et au moins deux tentatives de reprendre en main la saga, l'heure est grave. La franchise Terminator semble partager l'horizon apocalyptique de ses personnages, condamnée à répéter les mêmes erreurs, recommencer la même mission, vaincre un même adversaire film après film, comme un Sisyphe moderne. Retour de James Cameron (qui a récupéré les droits de sa création et a été largement mis en avant comme la tête pensante), retour de Linda Hamilton et réunion avec Arnold Schwarzenegger, reconnexion aux deux premiers films avec la légitimité du cinéaste original : Dark Fate devait être le remède à ce mal qui gangrène la saga, et plus généralement les franchises hollywoodiennes. En réalité, c'en est un nouveau symptôme.

Loin d'avoir appris des erreurs de Terminator : Genisys, considéré par beaucoup comme le pire moment de la franchise, ce Dark Fate en reproduit les failles. Moteur à combustion nostalgique hautement instable, fan service dispensable, répétition de la même formule, le film parvient à peine à surpasser le précédent opus avec ses tentatives côté action. Mais demeure une désagréable sensation, trop familière à ce stade : ce nouvel épisode n'a rien de plus à raconter, montrer ou démontrer, et est donc gentiment inutile.

 

photo, Linda Hamilton I'll be back (mais ne te sens pas obligée)

 

LE SOULÈVEMENT DES MACHINS

Venu des effets spéciaux, ayant collaboré aussi bien avec David Fincher que Marvel Studios, Tim Miller avait prouvé avec Deadpool sa capacité à manier un budget serré (à peine 60 millions). Il y avait donc une vraie attente de ce côté, surtout avec un budget estimé ici entre 160 et 200 millions (Genisys avait coûté à peine 160).

Moins dépaysant que Renaissance, mais moins fade que Genisys ou Le soulèvement des MachinesDark Fate essaie d'élargir un peu l'univers pour trouver son identité. Et hormis l'incontournable et banale course-poursuite en véhicule, Miller transporte l'action dans les airs et dans l'eau, et le film voyage avec les personnages, sortant des environnements urbains balisés pour prendre différentes couleurs au fil des péripéties.

 

photo Terminator Et le prix du Terminator le plus transparent est attribué à...

 

Mais peu importe puisque tout se résume vite aux mêmes vignettes (affronter l'ennemi, le ralentir, fuir, être rattrapé, et recommencer) où seul le décor évolue. Cette narration est d'une pauvreté folle. La lutte est téléguidée, et que tout se termine encore une fois dans un décor industriel rappelle que l'hommage est devenu rengaine. D'autant que les scènes d'action souffrent des maux ordinaires des blockbusters : doublures numériques ridicules, surdécoupage des cascades, manque de finesse des CGI... Le spectacle reste sommaire, dans la zone moyenne du blockbuster moyen, et manque d'envergure et de réalité physique.

Ce "nouveau" Terminator Rev-9 n'arrange rien, puisque c'est une menace basique ou ridicule, au choix : une simple variation du T-1000 (du métal liquide noir cette fois), du T-X (après l'homme blanc et la femme, le mexicain) et du T-3000 (qui lui, au moins, lançait ses lames pour toucher à distance). Le manque d'imagination est si navrant que la nouveauté de l'exosquelette qui dédouble le bestiau mécanique n'est jamais utilisée pour autre chose qu'occuper tous les héros une minute ou deux. Il y avait là la possibilité de grandir le danger, le multiplier, mais ce Rev-9 est un bête robot ni très malin, ni particulièrement puissant. Le choix du peu charismatique Gabriel Luna n'aide pas à caractériser cet antagoniste aussi générique que le T-3000, qui avait au moins la gentillesse de vite dégager de Genisys.

 

photo, Gabriel LunaC'est officiel : la saga peut maintenant avancer sans son âme

 

WONDER WOMEN

Que la menace soit le scénario ou ce Rev-9 qui porte un nom de palette de maquillage, peu importe : en face, les héros incarnent le passé et le futur, comme pour signifier que la saga est à la croisée des chemins - encore. D'un côté, il y a les revenants avec Sarah Connor et le T-800. De l'autre, les héroïnes incarnées par Mackenzie Davis et Natalia Reyes. À tous les niveaux ou presque, c'est raté.

Le retour de Linda Hamilton était le grand argument de Dark Fate, le personnage ayant été tué pour Terminator 3 (John Connor explique qu'elle est morte d'une leucémie), avec une simple voix off dans Terminator : Renaissance. Et Sarah Connor est sans nul doute le personnage le moins maltraité du film : non seulement elle explore une zone totalement inconnue de sa mythologie, mais elle a en plus les rides et la voix rocailleuse de Linda Hamilton, que Tim Miller n'essaie pas de masquer. Le trait est grossier, et le personnage est la première victime du trop-plein de personnages, mais le peu d'émotion vient d'elle.

Schwarznegger, lui, est à l'opposé. Largement relégué au second plan, il incarne là la pire version du rôle, arrivé à court de carburant au point de devenir un triste gag en short qui sert des bières. Équivalent de la petite maison de Hawyeke dans la prairie d'Avengers : L'Ère d'Ultron, le retour du T-800 prête à rire jaune. Ce qui aurait dû donner lieu à une vraie tension dramatique est survolé, et quand il n'est pas occupé à taper fort avec sa tête de plomb dans des scènes classiques, Schwarzy redonne dans la blague Genisys-like. La mécanique est tellement artificielle que sa présence semble avoir été forcée.

 

photo, Mackenzie Davis Une actrice excellente, à (re)voir dans Halt and Catch Fire 

 

Rien à signaler côté Mackenzie Davis et Natalia Reyes, l'écriture étant aussi moyenne et superficielle que dans n'importe quel blockbuster sans identité. En revanche, ce qui se joue avec elles a de quoi interpeller et créer de futurs débats attendus. La mythologie Terminator est ici profondément revue, pour iconiser les femmes outre mesure, et bêtement donner des munitions à ceux qui voient dans ces héroïnes des signaux d'une dictature de la bien-pensance.

Dans Terminator 2 : Le Jugement dernier, Sarah Connor la mère et la guerrière devenait une icône à la hauteur d'Ellen Ripley, grâce à la simplicité et la pureté de James Cameron, également à l'œuvre dans Aliens, le retour. Dans Dark Fate, la voir revenir encore plus badass, aux côtés de Grace la soldat "augmentée" en Kyle Reese bis, et Dani en Sarah Connor bis, alourdit le film à tous les niveaux. Comme si rajouter deux couches allait effacer les défauts. Comme si de nobles intentions excusaient un forcing si pauvre. Aucun de ces personnages n'a le temps et l'espace pour exister, et les dialogues doivent alors expliciter la moindre idée. Il n'y a qu'à voir la scène où la vérité sur Dani (un clin d'œil drôle et cruel à Emilia Clarke ?) est révélée, pour constater le manque de finesse des ambitions.

Si c'était ça, la grande motivation derrière Terminator : Dark Fate, elle, est bien manquée. Et difficile d'imaginer que ce soit autre chose, tant le reste est en pilotage automatique. Le désintérêt total pour Skynet, appelé ici Legion après avoir été renommé Genisys, montre que le sens devait être ailleurs. À l'arrivée, il n'y en a aucun, hormis celui des billets verts. Le voilà, le sombre, mais attendu destin de Terminator, aussi inextricable que le Jugement dernier.

 

Affiche française

Résumé

Terminator : Dark Fate a beau être moins mauvais que Genisys, il reste vide et médiocre. Il répète les erreurs des précédents épisodes, empile les personnages et pseudo-nouveautés pour justifier son existence, mais finit dans le même dépotoir que les blockbusters impersonnels qu'il pensait piétiner.

Autre avis Simon Riaux
On a beau sentir James Cameron derrière une poignée d'idées (le triple climax, l'écriture des personnages féminins...), l'ensemble frôle l'indigence et s'avère bien incapable d'égaler le premier Terminator en matière de spectacle ou d'investissement émotionnel.
Autre avis Lino Cassinat
Ok, c'est mieux que Genisys. Ok, le retour de Sarah Connor est plutôt réussi. Pour le reste, c'est encore une itération dispensable d'une mythologie qu'il est grand temps de laisser en paix. Dark Fate est à peine un film passable, à cause de scènes d'action pâteuses et de personnages allant du fade à l'insupportable. On s'ennuie vite et ferme.

commentaires

Shadows
02/11/2019 à 17:44

Pour ma part je laisserai le soulèvement des machines en troisième position derrière les deux grands et géniaux premiers volets. Et surtout voir un monde post apocalyptique en guise de quatrième...

Jacky
02/11/2019 à 08:50

Tout a été dit précédemment, ce film est un ratage complet a tous les niveaux, epargnez vous 2h09 de douleur..james Cameron plus credible..

Marc
30/10/2019 à 20:02

Alerte coup de gueule !!! NE TOUCHER PLUS A ALIEN PREDATOR ET TERMINATOR !!!!!!!! J'annonce avec Terminator Dark Fate la fin de cette saga .
Faut voir le Terminator père de famille avec une femmes et des enfants ... ok !? Je m'explique l'histoire du déjà-vu copie du T2 les effets Spéciaux acceptable...L"actrice qui joue GRACE sauve le film le seul point positive. Le cinéma est devenu jetable aussi tôt vu aussi oublié. , le cinéma est un reflet de l'époque ....en conclusion ARRETER DE MASSACRER CES FILMS .

Sodjette
29/10/2019 à 06:50

Aïe aïe aïe...
J'ai eu mal à mon Terminator en regardant cet ultime (je l'espère !) épisode de la saga mythique.
Casting inadapté, invraisemblances scénaristiques, méchant sans épaisseur, rien ne sauve le film, et surtout pas le retour de Sarah Connor qui était par ailleurs morte d'une leucémie.
L'accent espagnol des personnages mexicains m'a gêné, mais ça c'est ma faute j'aurai du le voir en VO.
Tout ce qui faisait l'essence de Terminator à disparu, à commencer par cette tension permanente et ce questionnement sous jacent sur notre futur. Il reste un scénario remaché, avec des personnages sans envergures, des moments d'émotions qui tombent à plat, de l'action spectaculaire, certes, mais qui ne sert rien. Quand à Schwarzy et à son personnage, son humanisation est ridicule, comme le scénario qui prétend qu'il voulait donner un but à Sarah après avoir tué son fils.
Bref, ça se regarde (un peu péniblement), ça s'oublie, et faut que ca s'arrete ^^

Sodjette
29/10/2019 à 06:45

Aïe aïe aïe...
J'ai eu mal à mon Terminator en regardant cet ultime (je l'espère !) épisode de la saga mythique.
Casting inadapté, invraisemblances scénaristiques, méchant sans épaisseur, rien ne sauve le film, et surtout pas le retour de Sarah Connor qui était par ailleurs morte d'une leucémie.
L'accent espagnol des personnages mexicains m'a gêné, mais ça c'est ma faute j'aurai du le voir en VO.
Tout ce qui faisait l'essence de Terminator à disparu, à compter par cette tension permanente et ce questionnement sous jacent sur notre futur. Il reste un scénario remaché, avec des personnages sans envergures, des moments d'émotions qui tombent à plat et

Résumé pour les fainéants
27/10/2019 à 20:52

Un bon film d'action, un mauvais Terminator.

Gregdevil
27/10/2019 à 20:42

Vraiment un bon début, surprenant, dynamique, violent et bien mené.

Et puis passé le 1er quart d'heure c'est le drame. On tombe dans la parodie grossière de ce qu'on pu être les Terminator de Cameron.
C'est d'une banalité sidérante. Je ne comprend pas pourquoi les scénaristes restent dans un parcours aussi balisé, sans surprise, en reprenant les thèmes du second opus avec un culot à la limite du foutage de gueule.
Et du coup plus rien ne fonctionne, on l'a déjà vu ce film. Mais en 10 fois mieux.

Reste quelque scènes d'action sympa, un Rav-9 assez violent mais bien bête, Schwarzenegger qui fait plaisir à voir dans son nouveau rôle, même si j'aurais voulu approfondir la relation ambigüe Sarah.

Mieux que Genesys, mais paresseux et pompeur au possible. Ça reste une déception pour ma part.
Cameron tu nous prend vraiment pour des moutons.

Nicnic22
26/10/2019 à 22:27

Et John Connor, alias Furlong, il était où dans le film ?

Subjectivité
26/10/2019 à 12:48

Pour ma part le film a bien marché sert la scène d’intro et choquante le film commence à 200 à l’heure et l’évolution du t800 et très bizarre même si c justifier j’ai du mal a mi faire ... j’ai trouver les scènes épique stressante Les acteurs son convaincant même Arnold dans la revisite du t800 la bande sonore et efficace l’es effet spéciaux mon bien plus on m’avais que les cgi était dégelasse j’ai vue bien pire dans captain Marvel black panther... et si on regarde pas trop les info et réseau sociaux le film n’est pas pro anti trump et pro girl power mais il vrai que le scénario du film n’a sert rien inventé mais c pas mauvais pour autant je le voi comme un best of de la saga terminator je me sui ennuyé a aucun moment mais mais terminator dark fate n’égale jamais les 2 premier film sou tout l’es angle mais je le classe 3ieme dans mon top :)

Olivier74
25/10/2019 à 11:57

28 ans d'attente pour ce résultat!!! Un énième film d'action sans âme !! la franchise est vraiment morte et enterrée.
L'émotion est censurée.
Le miracle n'a pas eu lieu
Il y avait le nom de James Cameron, mais pas sa touche.
Je rentre dans les détails mais l'envie n'y est pas.
Le film tout entier n'est qu'une banale course-poursuite, mêlant des scènes très improbables qui sont à la limite de la parodie. Le Rev-9 est complétement raté, une simple copie de T-1000 avec la particularité de se séparer de son exosquelette, et ça n'ajoute vraiment rien au film. Pire c'est une sorte de surenchère par rapport au T-1000, il n'y a pas besoin de créer tout ça, cet exosquelette sert juste a occuper les autres personnages trop nombreux pendant les scènes d'action!
Ne chercher pas l'histoire, c'est de l'action pour de l'action et des effets spéciaux limites. Dans T1 il y avait le paradoxe du guerrier sauveur qui va devenir le père de l'homme qui l'envoie dans le passé pour le sauver. Dans T2 l'envie de changer l'avenir de l'humanité, qui est Skynet, comment le détruire ou empêcher sa conception.
Dans Dark Fate, c'est juste de la survie, on refait T1 , mais sans idée novatrice et encore moins de concept, la future chef de la résistance est insipide, d'ailleurs elle ne se pose pas beaucoup de question durant les 129 mn du film.
Skynet est devenue L.E.G.I.O.N et John Connors est mort. Pourquoi tout changer si ce n'est pour amorcer les suites à venir avec des personnages plus frais. Pourquoi ne pas avoir fait un film, un vrai, sans penser à la poule aux oeufs d'or que peuvent rapporter les suites de cette opus.
La psychologie des personnages n'est pas travaillé n'y même abordé,rappelez-vous dans T2, les dialogues entre le T-800 et John Connors sur l'avenir, ça peur dû au fardeau et à la responsabilité qu'il porte, à l'inquiétude de sa mère transformer en soldat pour multiplier les chances de réussite de son fils.....
Sarah Connors, son évolution entre T1 et T2 était cohérente est à la fois extraordinaire, mais là, tout n'est que légèreté, qu'elle manque d'idée pour son personnage, tout comme son apparition sur l'autoroute, c'est presque honteux, et le mot de paresse scénaristique n'est pas galvauder.
Concernant le T-800, comment transformer un formidable potentiel scénaristique en une guimove informe. Le T-800 cette intelligence artificiel (neuroprocesseur a apprendre dixit le film T2) qui va passer des années d'errance sans autre mission dans notre monde devrait devenir un très fin psychologue, sociologue et témoin de notre époque. En fait, rien de tout ça il devient vendeur de voilage, et les retrouvailles avec Sarah, dont il a assassiné le fils 30 ans plus tôt sont tout simplement extravagante (imagez-vous rencontrer la machine qui a tué devant vous votre fils, et comparer avec le film l'émotion du moment)
La bande son : inutile d'en parler elle est comme tout le reste.
En 1991 T2 était une révolution aux niveau des effets spéciaux , mais le film avait une âme, un but, les personnages peu nombreux étaient bien travaillés, la bande son et certaine répliques sont mêmes devenus cultissime, ici rien de tout ça c'est fade.

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