Cats : critique qui a fumé la litière

Simon Riaux | 24 décembre 2019
Simon Riaux | 24 décembre 2019

Depuis des mois et la publication d’une bande-annonce qui aura rayé des millions de cristallins de par le vaste monde, les spectateurs du monde entier vivent dans la terreur de l’arrivée prochaine de Cats. Mais le nouveau film de Tom Hooper est-il aussi monstrueusement catastrophique que redouté ?

GRUMPY CATS 

Cats suppure telle une plaie béante, dans des proportions bien plus infectieuses que ses bandes-annonces ne pouvaient le laisser croire. On le sait depuis peu, le métrage est arrivé à ce point inachevé en salles que le studio a fait parvenir aux salles américaines des copies numériques retouchées, parant au plus pressé afin de limiter la catastrophe visuelle.

Le film avait l’ambition de mêler les anatomies de ses comédiens à celles de félins, les garnissant de poils et de queues. Un concept pas plus bête qu’un autre, mais sacrément problématique quand les équipes techniques n’ont pas eu le temps de retoucher tous les membres des intéressés.

 

photoUne certaine idée de l'extase

 

Mais la comédie musicale de Tom Hooper ne souffre pas seulement d’un cruel manque de finition, finalement bien anecdotique au vu de sa direction artistique kamikaze. Les mots permettant de décrire le vertige qui étreint le spectateur humain découvrant Rebel Wilson se grattant vigoureusement l’entrejambe au gré d’un bruitage immersif n’ont pas encore été inventés. Peu de concepts permettent de traduire le malaise accompagnant la vision répétée du pelvis amputé et soyeux d'Idris Elba. Incontestablement, Cats est bien ce mouroir du goût, ce charnier de la beauté cette fosse commune de la sérénité attendue et redoutée.

Mais ce qui achève de faire de l’ensemble un spectaculaire prurit de laideur, ce n’est pas la gastroentérite visuelle qui préside à la chose. L’incurie avec laquelle Tom Hooper adapte la comédie musicale originelle est sidérante. Préférant (comme dans Les Misérables) multiplier des plans serrés et fixes – qui soulignent les mutilations numériques défigurant les personnages – plutôt que des plans plus larges, aptes à donner une idée des chorégraphies à l’œuvre. De même, le réalisateur n’a pas questionné la structure de la pièce, suite un peu mécanique d’introduction de personnages, qui ne fonctionne jamais à l’écran, puisque le « scénario » se voit privé de toute progression dramatique.

 


Idris sans le bas

 

ROCAT HORROR PICTURE SHOW

Qu’on ne s’y trompe pas. Cats n’est pas un nouveau Rocky Horror Picture Show, ni un Zardoz en devenir, tant il semble inconscient de ses choix suicidaires. À la manière de ce cousin peu sociable qui entreprend de jouer avec le fondement de votre labrador après deux bières tièdes, le métrage s’avère plus déviant que provocateur, comme parfaitement ignorant de la fosse septique créatrice où il se lance dans un invraisemblable concours d’apnée.

 

photo"Vous ne ronronnerez paaaaaaaas"

 

Et paradoxalement, c’est aussi cela qui fait sa valeur, ou à tout le moins sa singularité. Cats n’est pas une blague de sale gosse ou le fruit d’un punk qui voudrait faire passer Rob Zombie pour un gardien de la bienséance. Non, c’est une aberration totale, jusque dans le faux rythme qui lui interdit de toucher le fun de la patte. On n’y trouve pas un poil de cynisme, plutôt une litière d’innocence aveugle. L’incompétence y est si générale qu’on va jusqu’à filer plusieurs numéros musicaux à des interprètes manifestement plus doués pour la poterie (coucou Judi Dench).

Tous ces éléments, s’ils constituent un puzzle de l’échec quasi-absolu, composent également une création résolument à part. Rares sont les choses aussi étonnantes, capables de toujours se renouveler dans l’horreur. Pour tous les cinéphiles amateurs de partage en sucette cosmique, Cats demeurera un carambolage précieux.

 

Affiche

Résumé

Pour les cinéphiles curieux de pépites déviantes, Cats fera figure de performance d'outre-espace. Pour les autres, le visionnage représente une agression esthétique d'une violence rarement atteinte.

commentaires

Finette
05/01/2020 à 21:38

Et bien absolument pas d’accord avec toutes les horreurs que je viens de lire dont certaines dans un français deplorable.....
Je viens de voir ce film que j’ai trouvé très beau sur le plan esthétique, fantaisiste, magique, émouvant, Un très agréable moment pour une fin de vacances de Noel! Et vue l’atmosphère générale ,cela fait du bien de pouvoir rêver 2 heures durant.

Marc
26/12/2019 à 16:53

Du point de vu Sfx c'est risible c'est horrible même les SFX de Aquaman pourtant sa fraule le nanars je pensais
qui sont arrivés au fond des abysse du ridicule. Mais la sa fait mal aux yeux . Pourquoi ce choix ? en 3D en motion capture aurai pu être pas mal !?

Danny Madigan
26/12/2019 à 13:26

J’ai vomi dans ma bouche en regardant la bande-annonce... deux fois...

Geoffrey Crété - Rédaction
25/12/2019 à 12:43

@Pote

Embêtant, non. On encourage toujours les lecteurs à se faire leur propre avis, donc l'indicateur Allociné a ses limites.
Par ailleurs, la note (simple indicateur qui permet une lecture facile, mais rien de plus) ne saurait résumer l'avis détaillé dans la critique. Et comme écrit ici, ce Cats est tellement étrange, inhabituel, unique en son genre, et perturbant, que 2,5/5 était la note la plus adaptée pour le rédacteur.

Baretta
24/12/2019 à 20:22

Ceci a un nom c'est un NANAR, un film tellement mauvais qu'il en deviens fascinant il y a même des sites consacrés à ces "films", ça fini par land.
Ça me rappellera toujours cette épisodes de Community ou il regarde un film "déviant"

Tom’s
24/12/2019 à 18:59

Tout ça est très cohérent il estpromis à un grand avenir dans le genre catastrophe là leçon à retenir, et puis encore une fois on arrive à ce dire que les studios joue à la roulette russe, pas de goût de culture ciné c’est une évidence,

Sammaan
24/12/2019 à 15:24

Ah eh bien voilà un bout de texte bien écrit ! Sympa comme critique et ça ne fait que me donner envie, par curiosité quasi morbide, d'aller le voir ce "truc"????

Dateuss
24/12/2019 à 12:38

J'ai bien ri pendant cette lecture. L'auteur a un vrai talent humoristique !

StarLord
24/12/2019 à 12:34

Oui c’est vrai la note n’est absolument pas le reflet de l’article c’est étrange.

En tout cas pauvre Idris Elba, qui se fourvoie encore dans un navet.
A quand le duo Elba/Cage? ^^

Simon Riaux - Rédaction
24/12/2019 à 12:28

@Gemini

Comme dit dans l'article, Cats n'est pas juste un film mauvais ou raté. C'est un authentique truc bizarroïde, une curiosité et une dinguerie dont on risque de parler dans pas mal d'années.

Cette particularité et son mauvais goût surréel en font quelque chose de beaucoup plus excitant que intéressant qu'un film tout simplement naze.

Du moins à mes yeux.

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