Terminator, X-Men, Men in Black, Alita... les plus gros flops de 2019

La Rédaction | 26 décembre 2019 - MAJ : 26/12/2019 21:21
La Rédaction | 26 décembre 2019 - MAJ : 26/12/2019 21:21

Et les grands perdants au box-office de 2019 sont...

Qui pour prendre le relais de Robin des Bois, Mortal Engines, Solo : À Star Wars Story, ou encore Millenium : Ce qui ne me tue pas, grands gagnants des perdants du box-office 2018 ?

Alors qu'Avengers : Endgame, Le Roi Lion, Spider-Man : Far from home, Captain Marvel, Toy Story 4 et Joker sont en haut du podium des plus gros succès de l'année, retour sur les films qui se sont échoués en salles. Qu'ils soient réussis, qu'ils le méritent ou qu'ils sont déjà oubliés, peu importe : on parle ici business.

 

photo, Taron EgertonQui va oser me défier, moi qui aie brillé ici en 2018 ?!?

 

MONSIEUR LINK

BUDGET : 100 millions

BOX-OFFICE : 26,2 millions

Un énorme bide, à placer parmi les plus gros du cinéma d'animation aux côtés de Milo sur Mars (budget de 150 millions, à peine 40 au box-office), et qui donne envie de pleurer puisque la survie du studio Laika semble de plus en plus menacée. Après le non-succès de Kubo et l'armure magique en 2016 (budget d'environ 60 millions, pour environ 78 au box-office), le désastre financier de ce Monsieur Link prouve que le public n'est pas très sensible à l'art magique de Laika, qui se place comme une belle et riche alternative aux Pixar et autres machines de studio.

Laika semble avoir perdu le fil du succès après Coraline, L'Étrange pouvoir de Norman et Les Boxtrolls, et aller dans le mur. La faute du marketing ? Du choix des univers ? D'un formatage plus familial et consensuel pour courir après le public ? Du coût de la stop motion qui ne passionne plus les foules ? Les raisons sont sûrement multiples. La réalité est plus simple : Laika va avoir du mal à se relever de ce four, surtout quand Monsieur Link était un gros coup de poker vu le budget. Et ça ne va pas aider Annapurna Pictures non plus, puisque la société y avait des billes.

Et c'est d'autant plus dommage que la critique est assez positive, et notamment la nôtre.

 

photoDans le train des flops

 

BIENVENUE À MARWEN

BUDGET : 39 millions

BOX-OFFICE : 12,9 millions

Robert Zemeckis n'était pas forcément dans une grande forme ces derniers temps au box-office puisque ses deux précédents films, The Walk - Rêver plus haut et Alliés, n'avaient pas réussi à rembourser leur budget. Le biopic mené par Joseph Gordon-Levitt avait récolté 61,1 millions de dollars (pour 35 de budget) quand le film de guerre porté par Brad Pitt et Marion Cotillard avait amassé la jolie somme de 113 millions de dollars (insuffisante cependant par rapport au 85 de budget).

Avec Bienvenue à Marwen, le réalisateur se prend un four beaucoup plus puissant. Une débandade due en grande partie à l'accueil critique reçu par le film, notamment avec la presse américaine qui a largement enfoncé le long-métrage (40/100 sur Metacritic). Pas aidé par les sorties parallèles de AquamanBumblebee et Le Retour de Mary Poppins, le film a donc été vite éclipsé et a subi son créneau compliqué.

Quel dommage quand on sait que, malgré plusieurs imperfections rythmiques, il s'agit d'un des films les plus tendres de Zemeckis, et les plus aboutis techniquement de ces dernières années.

 

photoUn défi technique réussi, mais un box-office à la ramasse

 

LE CHARDONNERET

BUDGET : 50 millions

BOX-OFFICE : 10 millions

Au départ, tout semblait parti pour une belle carrière, jusqu'aux Oscars : une adaptation du livre de Donna Tartt, le réalisateur John Crowley (Brooklyn), un drame romanesque, Ansel Elgort entouré de seconds rôles prestigieux (Nicole KidmanJeffrey Wright, Luke Wilson, Sarah Paulson...). À la ligne d'arrivée, il y a l'un des flops les plus médiatisés et spectaculaires de l'année.

Le démarrage au box-office domestique a été si ridicule que le président de la distribution de Warner Bros. a vite réagi dans les médias, expliquant que cette adaptation n'intéressait visiblement pas du tout le public, et que cela avait tué le film. Les producteurs devraient perdre dans les 50 millions (30 pour la Warner, 20 pour Amazon). Et que même les Golden Globes ne saluent aucunement le film montre bien à quel point c'est un four.

 

photo, Nicole KidmanLe public jugeant le film

 

LES BARONNES

BUDGET : 38 millions

BOX-OFFICE : 16 millions

Entre Les Veuves et Queens, il y a eu Les Baronnes (The Kitchen), d'Andrea Berloff, avec Melissa McCarthy, Elisabeth Moss et Tiffany Haddish. Vous n'en avez pas entendu parler ? Normal, il est discrètement sorti le 21 août avant de vite disparaître. Cette histoire de femmes de mafieux, qui décident de reprendre en main le business dans le New York des années 70 quand leurs maris sont incarcérés, était vue d'un bon oeil lorsque le projet a été annoncé. Mais visiblement, tout le monde a perdu la foi avant la sortie, clairement bâclée (elle avait été avancée à la fin de l'été, plutôt que septembre comme prévu). La critique très négative n'a pas aidé.

Malgré son trio d'actrices populaires, surtout aux États-Unis, Les Baronnes a donc été totalement enterré, et oublié depuis, jusqu'aux cérémonies. Encore un échec pour la Warner, qui l'a distribué.

 

photo, Tiffany Haddish, Elisabeth Moss, Melissa McCarthyNot impressed

 

LUCY IN THE SKY

BUDGET : 27 millions

BOX-OFFICE : 319 976 dollars

Lucy in the Sky était un projet extrêmement alléchant qui fleurait bon la science-fiction expérimentale dans sa première bande-annonce, notamment avec la présence de Noah Hawley (LegionFargo) à la réalisation et de Natalie Portman en tête d'affiche. Malheureusement, suite à un accueil glacial à Toronto, le film a subi de nombreuses retouches demandées par les producteurs (et notamment Disney après le rachat de la Fox).

De facto, le film aurait été charcuté, perdant l'essence même de son identité et rendant le propos du film extrêmement confus. L'histoire est familière : en voulant aider le film, le rendre plus accessible, ils l'auraient rendu pire. Résultat : avec un 36/100 sur Metacritic, une exploitation faiblarde (37 salles au démarrage et 231 à son apogée) stoppée après quatre semaines et le monopole de Joker dans les médias, le film a sombré.

Sorti uniquement aux États-Unis et au Royaume-Uni, Lucy in the Sky a longuement été repoussé en France et devait sortir le 18 mars prochain. Une date finalement annulée jusqu'à nouvel ordre.

 

photo, Natalie Portman, Zazie BeetzZazie Beetz et Natalie Portman

 

TOLKIEN

BUDGET : 20 millions

BOX-OFFICE : 7,8 millions

Malgré son statut de biopic ultra-classique et bien poli n'intéressant à peu près personne à la surface de cette planète, Tolkien de Dome Karukoski est certes une bonne perte sèche, mais au fond assez insignifiante. D'abord parce qu'avec son moyen budget, Tolkien ne représentait pas un enjeu majeur pour le studio qui le produisait, loin de là ; mais en plus parce que le studio en question, c'était Fox Searchlight. Soit la branche consacrée aux petits-moyens budgets pour auteurs, confirmés ou en devenir.

Autant dire que quand Disney rachète ce studio et se retrouve contraint de sortir ce film déjà tourné alors qu'elle doit déjà essayer de sauver X-Men : Dark Phoenix (avec aussi Nicholas Hoult tiens) et de vendre Ad Astra, la firme aux grandes oreilles ne s'est pas foulée. La vraie question qui reste à résoudre : sommes-nous encore devant un cas de film remarquable tué dans l'oeuf à cause d'histoire de gros sous ? Non, même pas : Tolkien est complètement oubliable. D'ailleurs, on avait oublié qu'il existait avant de faire ce dossier.

 

photoCar oui, il y a des dragons

 

CAPTIVE STATE

BUDGET : 25 millions

BOX-OFFICE : 9 millions

Gros désastre pour ce film de science-fiction sur une invasion alien, et la résistance qui monte un plan pour reprendre possession de la planète. Il y avait pourtant de bonnes cartes à l'origine : une production Amblin Partners, Rupert Wyatt de retour au genre après le succès de La Planète des singes : Les Origines, un côté District 9 et petit film sorti de nulle part susceptible d'intriguer et exciter les amateurs, mais un budget relativement élevé pour ne pas être dans la science-fiction low cost pure.

Joli ratage à l'arrivée donc, puisque Captive State a récolté des critiques très mitigées, n'a intéressé à peu près personne, et s'est planté en salles. Avec environ 5 millions côté box-office domestique, c'est même un massacre total. Pas impossible qu'il ait en partie souffert d'un problème de stratégie puisque la date de sortie a été décalée plusieurs fois, passant d'août à fin mars, puis mi-mars. C'est-à-dire juste après Captain Marvel qui partait vers le milliard et juste avant Us, soit deux rations de science-fiction et horreur nettement plus attendues. Ou comment condamner à mort et trop compter sur un miracle.

Mais difficile de s'attrister de ce flop vu comme le film est faible et peu mémorable.

 

photo, Ashton SandersHaine les maudits

 

HELLBOY

BUDGET : 50 millions

BOX-OFFICE : 44 millions

Est-ce qu'on ne tiendrait pas là le gros film le plus haï de l'année 2019 ? Supposé faire renaître une adaptation de comics adorés et faire "mieux" en étant "plus fidèle" que les films de Guillermo del Toro, Hellboy est pourtant une très vilaine glaire au vomi (spectral). Moche, bruyant et agressif, ce Hellboy fait bien revenir l'enfer sur Terre et sur les spectateurs, mais pas comme il l'entendait.

Et sans vouloir en remettre une couche, on aurait même envie de dire que Lionsgate méritait de se viander plus fort encore, avec son ramassis de prouts, de sang et de gerbe (y'a tout cela dans le film hein, ne venez pas dire qu'on s'acharne).

Mais au-delà de notre petit avis, le film est une catastrophe côté business. Il a sans nul doute coûté dans les 90 millions avec le marketing, s'est ramassé au box-office domestique, et ne s'est rattrapé nulle part dans le monde. Hellboy est très sûrement mort pour un long moment au cinéma, et c'est bien dommage. Il méritait bien meilleur chant du cygne que cette vocifération hystérique de très vilain petit canard, peut-être conçu pour de bonnes raisons, mais que visiblement personne n'avait envie d'accoucher par le bon orifice. La production chaotique en atteste.

On ne pensait pas subir pire que le meurtre d'Hellboy 3, mais on aurait préféré rester dans le deuil plutôt que de subir la souillure. Vade Retro, Hellboy, ni nanar ni navet, juste navrant.

Les détails sur ce bide financier par ici.

 

photo, David Harbour, Sasha LaneIl va vous falloir un plus gros casque de protection

 

X-MEN : DARK PHOENIX

BUDGET : 200 millions

BOX-OFFICE : 252,4 millions

La franchise X-Men se sera relevée plus d'une fois d'une catastrophe, c'est pourquoi on pouvait espérer que malgré un X-Men : Apocalypse qui avait beaucoup déçu à tous les niveaux, cet ultime chapitre était capable de réussir sa conquête du box-office. C'était sans compter sur une production totalement chaotique, un film mutilé à la manière d'un monstre de Frankenstein, et une sortie en catimini. Pensé comme deux films, capables à eux deux de rassembler toute l'intrigue de cet arc légendaire des comicsDark Phoenix a néanmoins rapidement revu ses ambitions à la baisse, avant de subir une série de contrecoups.

Bryan Singer sera éjecté en faveur du producteur et scénariste Simon Kinberg, sans aucune expérience derrière la caméra, et le diptyque ramené à un blockbuster unique. Puis, le rachat de la Fox a achevé de faire péricliter le projet. De reshoots massifs (tout le troisième acte a été modifié) et tentatives de dépenser le moins possible en promo, soit une équation ingérable pour un film aussi important, le blockbuster qui est arrivé jusqu'à nous était un brouillon. Précédé par une rumeur catastrophique, le film échoua à attirer un public déjà gavé de productions super-héroïques, et enterra définitivement la franchise dans sa forme actuelle.

Avec 252,4 millions de dollars de recettes à l'international pour un budget hors-promo de 200 millions de dollars, les pertes de Disney sont colossales, puisque le studio a officialisé une hémorragie de 170 millions de dollars, ce qui en fait un des plus impressionnants bides du genre, plus sévère encore que celui des  4 Fantastiques, également produit par la Fox - et qui n'avait pas eu besoin de Disney pour être massacré en post-production, rappelons-le.

Tous les détails de ce désastre sont à retrouver ici.

 

photo, Sophie TurnerMême le budget maquillage en a pâti !

 

GEMINI MAN

BUDGET : 140 millions

BOX-OFFICE : 173 millions

La soi-disant révolution technologique du 120 images par seconde en 3D, avec deux Will Smith, a été un pétard mouillé en salles. Un peu comme Un jour dans la vie de Billy Lynn (budget de 40 millions, environ 31 au box-office), le dernier film d'Ang Lee s'est vautré en salles, ce qui est bien plus spectaculaire vu qu'il s'agit d'un film d'action avec Will Smith.

Avec en plus une grosse campagne promo à environ 100 millions, le flop est bien là. À cause de Will Smith qui n'est plus une raison d'aller en salles, de la critique très mitigée, de la fausse bonne idée de tout miser sur la technologie, de Joker qui a été un raz-de-marée surprise qui l'a englouti... ou de tout ça à la fois ?

Pour The Hollywood Reporter, Gemini Man va faire perdre dans les 75 millions aux producteurs - Skydance Media, Paramount et les chinois Fosun et Alibaba. C'est encore pire qu'un After Earth, pourtant de triste mémoire dans la carrière de l'acteur, qui avait coûté dans les 130 millions et encaissé moins de 245 millions au box-office. Triste et spectaculaire conclusion pour ce projet qui traîne à Hollywood depuis la fin des années 90, est passé entre les mains de réalisateurs et acteurs prestigieux, et a été repoussé pour attendre la technologie adéquate.

 

photoChiale un bon coup, tu pisseras moins

 

TERMINATOR : DARK FATE

BUDGET : 185 millions

BOX-OFFICE : 260 millions

On sait que c'est un sujet sensible pour de nombreux lecteurs, mais Terminator : Dark Fate est peut-être le plus gros bide de 2019 à cause de sa portée symbolique. Il ne s'agit pas ici de tirer sur l'ambulance, même si on n'a pas aimé le film. Sorti de toutes considérations artistiques, Terminator : Dark Fate est un film censé faire revivre une licence adorée de tous, grâce au combo des retours de Linda Hamilton et de Dieu le Père spirituel James Cameron. Tout semblait bien parti, avec en plus Tim Miller, jeune loup ayant fait ses griffes entre autres sur Deadpool et connaissant la technologie numérique sur le bout des ongles. À la ligne d'arrivée, c'est un crash qui va au minimum endormir la saga pour quelques années.

Gros budget, grosse promo, grosse équipe, grosse franchise : Dark Fate est un pur produit de l'industrie des blockbusters, calibré pour rapporter gros. Promo problématique, critiques mitigées, démarrage médiocre côté domestique, bide en Chine malgré une coproduction : ce n'est pas un revers, c'est carrément une humiliation publique, qui signe les pires scores de la franchise à tous les niveaux.

La Paramount s'en fout probablement un peu, elle a Mission : Impossible dans son sac (et chaque studio se plante au moins une fois salement chaque année). James Cameron n'en souffre peut-être pas trop, il a Avatar 2 et une demi-douzaine d'autres en vue. Mais la franchise, elle, est bien morte pour un moment, et avec elle est également actée celle d'une certaine idée du cinéma d'action au sein des majors et du blockbuster hollywoodien.

Le détail de ce désastre financier est par ici.

Et pour savoir si la saga peut se remettre de ce bide, c'est dans ce dossier.

 

photo, Linda HamiltonComment atomiser une franchise

 

UGLYDOLLS

BUDGET :  50 millions 

BOX-OFFICE : 32 millions 

Avec UglyDolls de Kelly Asbury, STX Entertainment a fait cette année ses premiers pas dans l'univers de l'animation. Pour attirer le public et booster le merchandising, le studio s'est appuyé sur une marque de poupées inventée au début du siècle pour sa comédie musicale, ainsi que sur le coproducteur Alibaba, qui assurait en théorie une percée en Chine.

Enfin presque. Sorti une semaine après Avengers : Endgame qui a monopolisé l'attention, le film n'a amassé que 8,5 millions de dollars pour un budget d'environ 50 millions, et seulement 336 244 dollars pour le démarrage en Chine et 498 000 à la fin de l'exploitation. Autant dire qu'on est très loin des plus de 48 millions de dollars en Chine pour La Reine des neiges.

Il ne fallait pas non plus compter sur la critique pour lui servir de bouée de sauvetage, il suffit de voir son score très faible de 39 sur Metacritic. Au final, le film n'a rapporté que 32 millions à travers le monde, un coup dur pour STX Entertainment qui avait annoncé la création d'une série animée dérivée de 26 épisodes sur Hulu avant même la sortie du film. Et ce n'est clairement pas avec Playmobil, le film que STX va pouvoir rattraper le tir et s'imposer dans l'univers étriqué de l'animation. 

 

photoUglyDolls, tout est dit 

 

PLAYMOBIL, LE FILM

BUDGET : 40 millions

BOX-OFFICE : 13,5 millions

Le voilà l'autre gros bide du cinéma d'animation. Bêtement conçu comme une réponse à La Grande Aventure LEGO, pour capitaliser sur une autre marque de babioles en plastique et transformer le merchandising en moteur principal, le film de Lino DiSalvo a été parfaitement rejeté par la critique et le public. Coproduction entre la France (les studios Method Animation et ON Animation Studios) et les États-Unis (DMG Entertainement), tiré d'une marque de jouets allemande, il semble avoir été quasi abandonné par tout le monde avant sa sortie.

La promo a notamment été plus que discrète. The Hollywood Reporter écrivait que côté USA, STXfilms avait récupéré le film suite à la déroute de Open Road Films, et n'avait dépensé que 3 millions pour le marketing. Une somme ridicule, qui condamnait d'avance Playmobil. La sortie début décembre, juste avant La Reine des neiges 2 et après un non-succès dans le reste du monde (le film est sorti en France en août), n'a pas aidé.

À noter que même LEGO galère depuis le carton du premier épisode, puisque La Grande Aventure LEGO 2, LEGO Batman : Le film et LEGO Ninjago : Le film n'ont pas du tout été à la hauteur au box-office. Le règne des jouets aura été court - qui a dit tant mieux ?

 

photoTa tronche le premier week-end en salles

 

MEN IN BLACK : INTERNATIONAL

BUDGET : 110 millions

BOX-OFFICE : 254 millions

Les chiffres ne sont pas catastrophiques... sauf si on prend en compte qu'il s'agit d'une franchise établie, d'une volonté de la relancer, et des enjeux financiers d'un tel blockbuster. Ce quatrième opus sous forme de soft reboot est le pire score de la saga, loin de Men In Black III (624 millions), Men in Black (589 millions) et Men In Black II (441 millions) - et encore, c'est sans compter l'inflation. Aux USA, en France, dans le monde : c'est le pire, partout. Personne n'avait envie de revoir ces hommes en noir avec de nouveaux visages, de toute évidence.

Le flop est bien réel, à tel point que Rothman, boss de Sony, en a publiquement parlé : "Est-ce que nous avons raté notre coup ? Men in Black : International n'a pas particulièrement été une déception financière, parce qu'au bout du compte, il va rapporter entre 245 et 300 millions de dollars au box-office mondial. Mais ce n'est évidemment pas du tout ce que l'on espérait pour un reboot concernant cette licence. (...) Je pense que le public a bien aimé le film, et le casting était formidable. Tessa et Chris ont fait un super boulot. Mais si nous avons fait des erreurs, je pense que c'est principalement dans le manque d'idées fortes dans l'histoire."

Une jolie manière de reconnaître l'échec, et a priori rassurer tout le monde : il n'y aura pas de suite à ce joli navet.

Pourquoi c'est un bide en salles, en détail : dans ce dossier.

 

photo, Chris Hemsworth, Tessa ThompsonDésert artistique

 

SERENITY

BUDGET : 25 millions

BOX-OFFICE : 14,4 millions

Joli cas d'école, qui témoigne d'un sacré bordel dans la gestion de ce néo-film noir, où Matthew McConaughey tombe dans les filets de son ex-femme, laquelle lui demande de la libérer d'un époux violent. Si le thriller de Steven Knight est sorti sur Netflix en France, en mars, il a eu droit à une exploitation en salles notamment aux États-Unis. Et quelle sortie : non seulement le film a été un échec, mais celui-ci a en plus donné lieu à un coup de colère de l'équipe.

Le distributeur Aviron a ainsi été accusé d'avoir bâclé le marketing et sacrifié le film, suite à des projections-tests peu positives et à cause de soucis internes. McConaughey et Anne Hathaway avaient apparemment accepté d'assurer pleinement la promo de Serenity, avec interviews TV et compagnie, mais rien n'a véritablement eu lieu, et le film n'a simplement pas eu l'opportunité d'exister aux yeux du public. Aviron a fini par réagir publiquement pour assumer que malgré leur soutien, le film n'avait pas du tout enchanté public et critique, et qu'il était donc logique et raisonnable de revoir le budget promo à la baisse.

Atomisé par la critique, Serenity a pourtant été une relative bonne surprise pour nous. La preuve avec notre critique.

 

Photo Matthew McConaughey, Anne Hathaway

 

ALEX, LE DESTIN D'UN ROI 

BUDGET : 60 millions

BOX-OFFICE : 32 millions

Joe Cornish a été révélé avec le petit phénomène Attack the Block en 2011, qui n'a pas cartonné en salles, mais a résonné chez les amateurs de film de genre. Alex, le destin d'un roi est son deuxième long-métrage, et à moins de gagner un statut de film culte au fil des années, il tombera dans l'oubli après un tel flop en salles. Relatif gros budget porté par la Fox (et difficile à comprendre, que ce soit d'un point de vue stratégique ou à l'écran), cette relecture du Roi Athur avec des mômes prouve, après le flop ultime Le Roi Arthur : La légende d'Excalibur de Guy Ritchie, que certaines épées devraient rester au placard. Robin des Bois 2018 ne dira pas le contraire.

Avec une très bonne presse, mais une nette discrétion aux yeux du grand public, le film n'a été plébiscité nulle part ni chez lui au Royaume-Uni ni aux États-Unis. Variety a prédit une perte d'au moins 50 millions, notamment car le marketing d'un tel film orienté enfants coûte cher.

Un titre à rajouter à la grosse liste des ultimes bides de la Fox, puisque ce Alex, le destin d'un roi est l'avant-dernier film sorti avant que Mickey n'ait tout bouffé.

Pour savoir pourquoi ce film ne méritait vraiment pas mieux, retrouvez notre critique.

 

photo, Louis Serkis, Louis Ashbourne SerkisAttention derrière toi, l'épée de Damoclès-le-bide

 

AD ASTRA

BUDGET : 100 millions

BOX-OFFICE : 127 millions

James Gray est autant vénéré par la critique et certains cinéphiles, que boudé et ignoré par le grand public. Ad Astra illustre cette triste double tendance puisque tout en étant son plus gros succès au box-office, c'est aussi l'un de ses échecs les plus retentissants. Son plus gros budget à ce jour, nourri par la stature d'un Brad Pitt, rejoint donc la liste de ses ratés financiers, aux côtés du récent The Lost City of Z (19 millions au box-office pour un budget d'environ 30). Il n'y a finalement que La Nuit nous appartient qui a été un succès clair.

Ce film de science-fiction qui n'a rien ou presque de spectaculaire était donc un sacré défi à vendre au public, et la campagne marketing a témoigné de cette fébrilité. Afficher d'emblée que c'est un drame intimiste, aride et froid sur la solitude existentielle d'un homme... quitte à repousser beaucoup de spectateurs ? Ou mentir et miser sur les quelques scènes d'action, pour espérer ratisser large ? Essayer d'attirer tout le monde n'est-il pas le meilleur moyen de n'intéresser personne ?

Certains diront que le rachat de la Fox par Disney, qui a ainsi récupéré le film avant sa sortie, n'a pas aidé - même si le cinéaste affirme que le studio défendait bien le film. Peu importe les coupables, le résultat est là : Ad Astra a été un flop.

Notre critique d'Ad Astra par ici.

 

photo, Brad PittDans le néant des salles vides

 

ANNA

BUDGET : 30 millions de dollars

BOX-OFFICE : 30 millions de dollars

Anna n'est pas le flop le plus spectaculaire de cette liste et demeure un ratage bien moins cinglant pour ses créateurs que le récent Valerian et la Cité des mille planètes, énorme four financier. Il est néanmoins un des plus signifiants. D'une part parce qu'il témoigne du pourrissement de la méthode Luc Besson, devenue irregardable en quelques années à peine, et d'autre part parce que l'échec du film aura fait office de dernier clou du cercueil EuropaCorp.

Il n'y a pas si longtemps, le réalisateur triomphait dans le monde entier avec Lucy qui, avec 463 millions de dollars de recettes et son côté best of Besson (sexisme de supermarché, racisme soft, action simpliste, femme fatale et science-fiction au rabais...), était un énorme coup. Le cocktail dérivé de Nikita assura longtemps à ses mises en scènes et productions un succès sans faille... jusqu'à ce qu'Anna témoigne de la péremption de la chose. Enfin, le film, un temps pensé comme un projet sûr, capable de permettre à EuropaCorp de se refaire après Valerian, ne put lutter contre les conséquences des multiples accusations à l'encontre du producteur.

Ses partenaires américains le lâchant, le film ne put bénéficier d'une sortie digne de ce nom outre-Atlantique et dut se contenter du 4e moins bon démarrage pour Besson dans l'Hexagone. Une conflagration qui semble enterrer momentanément sa position de producteur-star et d'industriel du cinéma français, tandis que les difficultés financières et judiciaires s'accumulent.

 

photo, Sasha LussFilm d'action ou pub pour déodorant ?

 

BEACH BUM

BUDGET : 5 millions

BOX-OFFICE : 4,6 millions

Le dernier Harmony Korine avait une date de sortie française, fut un temps. Puis, elle a disparu. Forcément une conséquence directe de l'échec du film côté américain, où il a enregistré un démarrage terrible, loin des projections. De quoi donner une vraie sale année à Matthew McConaughey au box-office, entre ça et Serenity.

C'est d'autant plus étonnant que Beach Bum a été lancé à la suite du succès Spring Breakers, qui avait encaissé plus de 30 millions avec un budget similaire. Un acteur populaire grimé et méconnaissable dans une comédie décalée avec de la drogue, Snoop Dogg ou encore Zac Efron : ça semblait être un coup en or sur le papier. Mais avec environ 3,5 millions côté domestique, un autre million à l'international et des sorties annulées dans plusieurs pays, le destin du film a été scellé.

 

photo, Matthew McConaugheyQuand tu te bourres la gueule à la Gay Pride, pour oublier

 

ALITA : BATTLE ANGEL

BUDGET : 250 millions de dollars

BOX-OFFICE : 404 millions de dollars

Avec un budget total (promo incluse) qui tutoie les 250 millions de dollars (voir notre dossier) et un box-office mondial qui roucoule vers les 404 millions de dollars, Alita : Battle Angel peut difficilement être qualifié de bide sans aller dans les nuances et les détails. Car si on observe un peu les ambitions du projet et les moyens - aussi bien humains que financiers - investis, le film n'a pas une mine de réussite, et aurait nécessité des résultats presque doubles pour soulager un peu ses investisseurs.

C'était un projet de coeur de James Cameron qui s'échina à lui donner vie pendant plus de 10 ans, dans un long combat pour légitimer le film et son budget au sein de la Fox, pas forcément super partante pour essayer de passionner le public pour une œuvre complexe, cyberpunk, violente et terriblement noire. Trop occupé par le monde d'Avatar, il a finalement choisi de refiler le bébé à Robert Rodriguez sur la dernière ligne droite. Et comme d'autres, Alita a été emportée dans le rachat de la Fox par Disney, négocié et concrétisé en parallèle.

Malgré les projets de trilogie, la marque Alita : Battle Angel paraît bien trop fragile au box-office et dans le coeur du public (loin d'être unanimement convaincu) pour être perçu comme une réussite, et donc mettre en branle une suite, qui serait probablement au moins aussi coûteuse que ce blockbuster introductif. Peut-être le film a-t-il pâti de la mauvaise réputation de Ghost in the Shell, qui avait bien tiré la langue en ne ramassant que 170 millions de dollars de recettes.

 

photoUn raté rageant

 

SHAFT

BUDGET : 30 millions

BOX-OFFICE : 21 millions

Il est sorti uniquement sur Netflix en France, le 28 juin, mais le bide était déjà en marche dans les salles où il était sorti. Aux États-Unis, où la Warner l'a distribué, il est sorti face à Men in Black : International et a donc certainement bénéficié de ce trou noir, qui s'est planté dès son démarrage. Mais ça n'a pas été suffisant puisque le retour de Samuel L. Jackson a été largement rejeté, d'emblée.

De toute évidence, personne n'en a été surpris. C'est pour ça que le film de Tim Story avait été vendu à Netflix à l'international, afin d'amortir les coûts et limiter la casse. Une vingtaine de millions rien qu'au box-office domestique n'est donc pas si mal, mais ça reste trop peu pour que Shaft s'en sorte dignement. Surtout qu'avec une critique si négative, un tel non-événement et la preuve que tout le monde ou presque se fout de cette série, le bilan est tout sauf positif.

Pour savoir à quel point le film est raté, c'est dans notre critique de Shaft.

 

photo, Samuel L. Jackson, Richard Roundtree, Jessie Usher, Alexandra ShippInsérez une légende drôle (c'est décembre, l'inspiration est à sec)

commentaires

Geoffrey Crété - Rédaction
01/01/2020 à 20:42

@Dutch Schaefer @GC

Oui, comme on le disait en réponse à un autre commentaire : on traite aussi le ciné français, comme on l'a fait ces dernières années. Ce sera simplement en janvier, car pas eu le temps en ce mois de décembre très chargé pour l'équipe.

Antoine
30/12/2019 à 14:05

Will Smith n a pas obtenu de succès au box office depuis quand?
La nouvelle génération le suit elle?

Gc
29/12/2019 à 23:29

A quand un article sur le Dindon ?

Dutch Schaefer
28/12/2019 à 12:59

J'espère que dans ce cas vous allez faire un "spécial french movies" pour cette rubrique?
Car c'est pas très reluisant cette année 2019....

The Moon
27/12/2019 à 20:27

@Pat visible depuis son Hulk ou comment t'ennuyer sévère alors qu'il y a de l'action

Nirror
27/12/2019 à 17:19

Alita à été pour moi une superbe découverte, ne connaissant pas ça provenance, j'ai été tout de suite pris par le scénario. déçu de voir qu'il n'a pas conquis tous les cœurs ! Encore un film qui ne connaîtra peu être pas de suite alors que je suis le premier impatient pour la découvrir ( comme warcraft, j'ai accroché et pas de suite, la looose !!)

Miams
27/12/2019 à 12:31

@all

Merci pour vos réponses

Pat
27/12/2019 à 12:10

@ Miams

Will Smith est omniprésent dans le film ; pour moi ce n'est pas lui le problème mais la mise en scène très fade et sans punch d'Ang Lee.

Geoffrey Crété - Rédaction
27/12/2019 à 11:29

@miams

Su vous relisez, vous verrez qu'on n'incrimine pas Will Smith. On pose differentes questions pour comprendre ce flop, et il est parmi les pistes.

Par ailleurs, Will Smith a longtemps été un acteur très bankable, qui suffisait à monter un gros projet et en faire un succès, sur le papier. (Brad Pitt n'a jamais vraiment été sur ce circuit de blockbuster par ex). Il est donc légitime de s'interroger, vu la trajectoire de sa carrière.

Et si Brad Pitt est un peut-être facteur dans l'échec d'Ad Astra (un dossier aujourd'hui revient sur ce film et son flop pour info), c'est nettement moins évident. Gemini Man est un film d'action porté par sa promesse de spectacle et le double Will Smith. Ad Astra est dans sa nature même, un film difficile et au potentiel commercial plus limité.

Et pour info on n'a aucun problème avec Will Smith. On a publié une critique positive de Gemini Man comme rappelé dans l'article, et on avait même fait un portrait de lui il y a quelques mois.

Miams
27/12/2019 à 11:18

@La rédac

Pourquoi incriminez vous Will Smith dans Gemini man alors que d'autres films de cette liste de flop sont aussi construit autour d'une star unique (ex : Brad Pitt dans Ad astra pour ne citer que lui)?
Je n'apprécie pas particulièrement Will Smith mais j'ai trouvé son jeu pas trop mal dans ce film.

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