Wonder Woman : Justice League et séries nanars, retour sur les versions abandonnées (et tant mieux ?)

Geoffrey Crété | 12 décembre 2020 - MAJ : 21/12/2020 00:06
Geoffrey Crété | 12 décembre 2020 - MAJ : 21/12/2020 00:06

Avant Wonder Woman avec Gal Gadot, l'Amazone a failli avoir droit à une série et des films, notamment un autre Justice League. Retour sur cette trajectoire compliquée.

Il y a eu Lynda Carter dans la série Wonder Woman, dans les années 70, et maintenant Gal Gadot au cinéma, de retour cet hiver (un jour oui) dans Wonder Woman 1984. Mais au-delà de ces succès, l'Amazone créée par Charles Moulton en 1941 a failli avoir d'autres vies, plus ou moins compliquées.

Retour sur le destin compliqué de la super-héroïne DC, entre versions édulcorées, relectures absurdes, et embrouilles en coulisses.

 

 

LA PREMIÈRE SÉRIE OUBLIÉE

Who's Afraid of Diana Prince ? (Qui a peur de Diana Prince ?) : tel est le nom du premier projet d'adaptation de Wonder Woman, en 1967. Le succès de la série Batman lancée en 1966 avec Adam West a donné des idées, et Wonder Woman semblait alors logique. Un pilote est commandé, avec les scénaristes Stan Hart et Larry Siegel, et Ellie Wood Walker dans le rôle-titre.

Attention les yeux, cette version était un kamoulox fabuleux, totalement axé sur la comédie, dans le pur style de la sitcom. Ici, Diana Prince est une jeune fille un peu loufoque qui vit avec sa mère. Elle subit ses remarques sur son célibat inquiétant, et l'importance de vite trouver un époux. Lorsqu'elle est seule, elle enfile son costume de Wonder Woman et s'admire dans le miroir, en rêvant de la version sexy et forte d'elle-même (un reflet joué par une autre actrice, Linda Harrison). Le pilote se terminait avec Diana qui s'envolait par la fenêtre, prouvant qu'elle était bien une super-héroïne.

Le projet n'a pas été plus loin qu'un pilote, jamais diffusé à l'époque, mais en partie lâché depuis sur le web.

 

 

LA DEUXIÈME SÉRIE OUBLIÉE

Place au téléfilm de 1974, réalisé par Vincent McEveety. Car avant l'incontournable Lynda Carter, c'est Cathy Lee Crosby qui a failli s'envoler. Dans une autre dimension, c'est elle qui est devenue une star du petit écran avec ce rôle, puisque ce téléfilm oublié de Wonder Woman était un pilote pour un projet de série sur ABC.

Dans cette version, l'Amazone était loin de l'image bien connue du personnage, utilisée dans l'autre série lancée avec succès juste après. À vrai dire, sur le papier, il n'y avait pas grand-chose de Wonder Woman hormis le nom du personnage : Diana Prince ne portait pas le célèbre costume de la super-héroïne, n'avait pas de super-pouvoirs, et était même blonde. Elle portait des bracelets dorés, mais se battait simplement avec ses poings et pieds. Elle portait ses couleurs emblématiques, mais dans une tenue plus classique. Elle n'avait pas son fameux lasso, mais une corde dans sa ceinture.

Sous couverture en tant qu'assistante de l'agent Steve Trevor, cette Diana partait sur la piste d'un vilain, qui avait volé des données sensibles sur les États-Unis et voulait rançonner le gouvernement. Pour les liens incontournables avec la mythologie des comics, l'histoire s'ouvrait quand même sur l'île paradisiaque de Themyscira, dirigée par Hippolita, tandis que l'héroïne croisait une Amazone devenue méchante : elle protégeait le méchant tout en ayant une revanche à prendre avec Wonder Woman.

 

 

Tout ça vient en partie des comics, puisqu'à l'époque, les scénaristes avaient tenté de booster Wonder Woman. Diana avait renoncé à ses pouvoirs et embrassait entièrement le monde des humains, pour rester avec Steve. Elle apprenait alors à maîtriser les arts martiaux auprès du maître I Ching. De quoi permettre à ABC de tenter une version de la super-héroïne en simple série d'espionnage.

Cathy Lee Crosby (joueuse de tennis à l'origine) racontait à CBM en 2012 : "Je pensais qu'ils allaient caster une brune, mais j'ai réalisé que le projet était mené par Warner Bros. et ABC. De ce que j'ai compris, Warner voulait plutôt aller vers James Bond, et ABC, plutôt vers les comics. Donc j'imagine qu'on a trouvé quelque chose au milieu. Parce que cette Wonder Woman était plus une James Bond au féminin qu'autre chose."

Reste que ce pilote est une curiosité totale, emblématique de son époque. Il y a beaucoup de sous-entendus sexuels, une volonté de spectacle revendiqué (des voyages à travers le monde, une moto autour du grand canyon, un serpent pour tuer Diana), mais aussi quelques absurdités (une course-poursuite avec un âne).

Le public ne s'est pas jeté sur ce pilote Wonder Woman, et le projet a été enterré par les producteurs... qui ont vite relancé la machine avec la série finalement si connue. À noter que Cathy Lee Crosby a par la suite déclaré qu'elle avait refusé de reprendre le rôle, laissant la place à Lynda Carter.

 

photo, Cathy Lee CrosbyPas très Wonder la Woman

 

DANS LES ANNÉeS 90

Superman a eu droit à quatre films qui ont marqué les années 80, Batman lui a emboîté le pas avec deux adaptations par Tim Burton, et Wonder Woman était évidemment dans l'esprit des producteurs. Pendant que ces héros passionnaient le public, les producteurs réfléchissaient à une manière d'amener l'héroïne au cinéma. Sans vraiment se lancer.

Au milieu des années 90, un projet de film semble enfin sur les rails, avec Ivan Reitman, réalisateur de S.O.S. Fantômes. Des années après, le cinéaste racontera qu'il avait essayé durant des années de monter un film Wonder Woman ou Batman, sans succès (il fera finalement Ma super ex, pour exorciser cette envie peut-être).

À la fin des années 90, l'Amazone tombe dans les filets du célèbre producteur Joel Silver. En 1999, Variety écrit que le scénariste Jon Cohen a signé pour "transformer la sirène américaine Wonder Woman en un film d'action audacieux pour Warner Bros. et Joel Silver, qui veulent Sandra Bullock". À l'époque, l'actrice a le vent en poupe, et enchaîne les premiers rôles depuis Speed. Des années après, elle confirmera avoir été approchée pour ce rôle, sans trop y croire. Même si l'idée qu'elle soit jugée trop vieille pour ça par Lynda Carter, lui avait sérieusement donné envie d'y aller.

 

photo, Traque sur InternetLire les rumeurs sur internet, dans les années 90

 

Le projet traîne alors des années, et enchaîne les scénaristes et les rumeurs. En 2001, un nouveau scénariste nommé Todd Alcoot est engagé, toujours avec Joel Silver à la barre, via sa boîte Silver Pictures. Les noms de Mariah Carey, Catherine Zeta-Jones et Lucy Lawless sont évoqués. Le producteur Leonard Goldberg remet également Sandra Bullock sur la table, confirmant à IGN qu'elle est intéressée, mais attend un scénario et un réalisateur pour se décider.

En 2003, après de multiples essais et une nouvelle version centrée centrée sur la fille de Diana, Donna Troy, la scénariste Laeta Kalogridis est engagée. Elle racontait à Entertainment Weekly : "Plein d'idées ont été proposées. Dans cette version, elle ne savait pas qui était sa mère. Elle pensait être ordinaire. C'était la même construction que Spider-Man : une personne normale a des super-pouvoirs. Mais ce n'était pas un film Wonder Woman." Kalogridis revient alors aux bases, avec l'île, des Amazones, des combats. Mais rien n'avance.

 

photo, Catherine Zeta-JonesCatherine Zeta-Jones : une option incontournable à l'époque

 

LA VERSION JOSS WHEDON

La machine redémarre pour de bon en 2005, toujours chez Warner Bros. et Silver Pictures, mais avec une nouvelle tête pensante : Joss Whedon. À l'époque, le créateur de Buffy contre les vampires vient de dire adieu à la tueuse, et a enchaîné avec Firefly, annulée après une saison. Cet échec lui a néanmoins permis de passer le cap du grand écran avec le film Serenity : L'ultime rébellion, continuation-conclusion sortie au cinéma en 2005.

Whedon est encore loin d'Avengers en 2012, mais sa plume a été utilisée sur quantité de blockbusters, et il a notamment signé le scénario d'Alien, la résurrection. Avec en plus l'accent féministe de Buffy, il est le candidat idéal. Le studio aurait d'ailleurs payé la coquette somme de 2-3 millions pour se payer ses services.

Pour Entertainment Weekly, en 2010, Joss Whedon revenait sur les divers défis d'un tel projet : "C'est une fille. Hollywood est toujours nerveux sur cette question". Autre point : "Le ton général était un problème. Les gens pensent encore à Wonder Woman comme quelque chose d'un peu bête. Ils ont des souvenirs amusés de la série, mais la voient comme une femme un peu sotte". Il décide d'ailleurs que sa Wonder Woman ne portera pas de drapeau américain, mais une armure de guerrière.

 

Photo BuffyWonder Buffy

 

Il décide aussi de ne pas faire du féminisme le sujet du film ("C'était pas nécessaire. C'est une déesse."), mais de centrer l'intrigue sur la manière dont le capitalisme bouffe l'humanité, et transforme tout le monde en marionnettes. "Peut-être que c'est ça que Warner Bros. n'a pas aimé. Ils ne l'ont jamais dit."

La nature même du personnage se révèle vite difficile à mettre en scène, et provoque de vives discussions entre Whedon et Joel Silver : "Elle n'a pas de ville. Pas de grand méchant culte. Elle a une distance par rapport aux gens qui rend l'identification compliquée. Spider-Man est un nerd. Batman souffre. Mais Wonder Woman vient d'une ère où les super-héros étaient comme des dieux grecs. Elle est au-dessus de nous, différente de nous. C'est pour ça que c'est difficile de la rendre émotionnellement engageante. J'ai essayé, et certains pensent que j'ai réussi. Mais ça n'était pas les gens pour qui je bossais".

En attendant, le projet excite les esprits. Joss Whedon avait dit avoir Angelina Jolie en tête, en théorie, et les noms de Kate Beckinsale, Charisma Carpenter, Morena Baccarin sont évoqués. Le casting passionne.

Mais le navire Wonder Whedon Woman prend l'eau. En février 2007, Warner Bros. met la main sur un nouveau scénario, écrit par Matthew Jennison. Officiellement, c'est pour empêcher quiconque d'en récupérer des idées. Mais cette vision de l'héroïne en pleine Seconde Guerre mondiale impressionne les producteurs, et amène sans nul doute à enterrer la version de Whedon.

Quasi immédiatement, Joss Whedon s'en va, et l'explique lui-même : "J'avais une vision du film que personne n'aimait. Laissez-moi d'abord dire que tout le monde au studio et chez Silver Pictures a été cool et professionnel. On avait juste des films différents en tête. (...) Le pire truc qui puisse arriver dans ces cas-là, c'est que le studio demande des tonnes de changement jusqu'à ce que le scénariste tombe dans les limbes du développement. Tout le monde a été clair, pour éviter ça".

Il insistait aussi pour dire qu'il n'avait jamais choisi d'actrice, et n'avait aucune prétendante sérieuse en tête.

 

Photo Angelina JolieWonder Jolie

 

LE BAD BUZZ JOSS WHEDON

Depuis, le scénario de Joss Whedon a filtré. L'histoire se déroule dans le présent et s'ouvre sur le crash du soldat Steve Trevor, sur Themyscira. Condamné à mort pour avoir mis les pieds sur cette terre, ce bon héros demande alors une dernière chose avant de passer l'arme à gauche : que sa cargaison de vivres soit livrée aux réfugiés de guerre qui l'attendait. Touchée, Diana s'interpose et défie sa mère pour le sauver. Elle perd, mais la reine décide d'épargner Steve. Et Diana part avec lui, curieuse de découvrir et aider les humains.

L'héroïne se met sur la route du méchant Strife, neveu d'Arès et homme de main de Callas, boss de Spearhead, une multinationale spécialisée dans la technologie et les armes. Les méchants veulent détruire la ville de Gateway en utilisant une machine diabolique et sous-terraine. Le but étant d'ouvrir une nouvelle ère de terreur pour l'humanité.

En prenant Steve en otage, Strife pousse Diana à quasiment abandonner ses pouvoirs pour s'en débarrasser. Elle devra alors apprendre à exister et combattre sans ses capacités extraordinaires.

 

scarlett johansson"J'étais à ça de faire Wonder Woman"

 

Joss Whedon a été accusé de bien des choses suite à la parution de son scénario, et notamment de sexisme. Et au minimum, le scénario envoie des signaux contradictoires. D'un côté, Steve est au centre de l'histoire, peut-être plus que Wonder Woman. De l'autre, lui et tous les hommes sont souvent présentés comme antipathiques et grotesques.

D'un côté, certains personnages féminins sont décrits par leur physique, à commencer par Diana elle-même - laquelle a droit à une scène de danse dans une boîte, sous les regards de Steve et ses copains. De l'autre, Diana est visée par des commentaires bêtes, vils et réducteurs des hommes, et les calme à peu près toujours, d'une manière ou d'une autre.

Car le sexisme est le sujet du film. Diana débarque dans un monde d'homme (personnage féminin dans les comics, Strife est ici masculin), et en découvre le sexisme. Lorsque Steve lui dit de but en blanc qu'il rêve de la voir nue, c'est parce qu'il s'est assis par mégarde sur le tasseau de vérité (oui, comme Aquaman dans Justice League). Gêné par ses mots, il réplique que les hommes ne parlent pas de leurs sentiments, car leurs pensées font pitié. À la fin, quand il veut dire à Diana qu'il l'aime, elle reprendra gentiment ses mots pour se moquer de ses sentiments maladroitement amenés.

Le film devait d'ailleurs se terminer sur Diana qui s'apprête à s'envoler, sous les yeux d'un Steve crédule, qui lui dit qu'elle ne peut certainement pas voler. "Ah bon ?", lui répond l'héroïne, avec malice. Un peu comme Buffy, Diana est confrontée à des gens qui doutent de ses pouvoirs, et se cantonnent aux idées préconçues.

 

Photo Joss Whedon"Wonder Woman, elle, elle volait"

 

Il y avait aussi des choses intéressantes sur le portrait de Diana, plus nuancée, et pleine de failles (comme l'orgueil). Notamment la manière de présenter Diana comme une privilégiée, déconnectée du monde, qui décide par lubie d'aider les nécessiteux - un peu comme un Occidental qui déciderait de prendre des vacances humanitaires en Afrique.

Steve Trevor n'hésite pas à lui mettre dans les dents avec une réplique forte : "Tu vas faire ton show, mener ton combat, les gens t'aimeront pour ça, et puis tu vas te lasser, et un jour tu repartiras dans ton paradis. Parce que chaque jour tu te réveilles en sachant que tu peux juste retourner à ton paradis. Tu n'es pas une héroïne Diana. T'es une putain de touriste."

Il serait possible d'imaginer que cette version du scénario trouvée sur le web n'était une ébauche, et le fruit des débats entre Joss Whedon et les producteurs. Mais le scénariste a défendu son travail avec Vanity Fair, en 2018 : "Je ne sais pas ce que les gens n'ont pas aimé, mais je suis allé relire le scénario quand j'ai entendu tout ça. Je le trouve super. Les gens disent qu'il n'est pas assez sensible aux questions de féminisme. Je pense qu'ils ne voient pas la vue d'ensemble. C'est facile de prendre une phrase hors contexte, et bien sûr je n'étais pas l'individu le plus sensible à ces questions, il y a 10 ans. Mais j'étais dedans, et le film et les personnages avaient de l'intégrité, et je le maintiens."

 

Photo Gina TorresLa garde rapprochée de Whedon

 

LA VERSION GEORGE MILLER

Alors que le projet de Whedon s'arrêtait, Wonder Woman était déjà sollicitée dans un autre projet : pas pour un film solo, mais pour Justice League : Mortal, aux côtés de Batman, Superman et compagnie. Et surtout avec George Miller, papa de Mad Max, à la barre (Jason Reitman aurait été le premier choix, si ça a du sens pour quelqu'un).

Tout commence en 2007, quand Warner Bros. s'emballe sur le scénario de Michele et Kieran Mulroney. Tout avance alors très vite, avec Miller qui signe dans la foulée et un tournage prévu pour 2008. Le studio voit là l'occasion de relancer l'univers entier, avec de nouveaux acteurs - sans lien avec Batman Begins et Superman Returns donc. Budget envisagé : 220 millions.

Tout le monde s'agite pour trouver les nouveaux visages super-héroïques. Sont choisis Armie Hammer en Batman, D.J. Cotrona en Superman, Megan Gale en Wonder Woman, Adam Brody en Flash, ou encore Hugh Keays-Byrne en Martian Manhunter, soit des acteurs alors peu voire pas du tout connus. Les esprits s'échauffent alors que plein de personnages cultes des comics doivent être de la partie. Avant Avengers, ce Justice League : Mortal s'annonçait plus qu'ambitieux.

 

concept artUn concept art de ce Justive League : Mortal

 

Et puis c'est le début des ennuis. La grève des scénaristes lancée fin 2007 sème le chaos de tous les côtés, et Justice League : Mortal est mis en pause. Dès la fin de la grève, le studio relance la machine, mais rencontre un nouvel obstacle : le tournage prévu en Australie est en péril, parce la commission n'est pas satisfaite du nombre d'acteurs locaux engagés, et refuse l'aide promise. Un bras de fer qui énerve l'Australien George Miller, tandis que la production est repoussée et déplacée au Canada.

Entre temps, Warner perd patience et passion. Le succès de The Dark Knight la même année leur donne envie de prioriser d'autres choses. Officiellement, le boss de DC Entertainment n'abandonne pas Justice League, mais veut attendre que toutes les étoiles soient alignées.

 

concept artWonder Woman in flight

 

Et Wonder Woman là-dedans ? Elle devait avoir un rôle central dans Justice League : Mortal. L'histoire devait tourner autour d'un Batman paranoïaque, qui s'inquiète du nombre d'êtres surpuissants sur Terre. Il utilise une technologie de pointe pour surveiller la planète, et surtout étudier les failles de tous les collègues super-héros, au cas où. Diana est la première à lui mettre un pain en apprenant ça, puisque bien sûr, cette babiole high-tech tombe entre les mains du méchant Maxwell Lord (le bad guy de Wonder Woman 1984 oui). Les héros sont alors confrontés à leurs limites, et affaiblis un par un.

Wonder Woman vivait quelques grands moments d'action : elle allait sauver Batman avec l'aide de Superman, avant que celui-ci ne s'attaque à elle après avoir perdu le contrôle de son esprit face à Lord (qui lui fait croire que l'Amazone a tué Lois Lane). Un combat de titans qui prenait des proportions folles, jusque dans l'espace, où l'Amazone finissait par jeter Superman dans la Lune, avant qu'il n'utilise son lasso pour l'envoyer se crasher sur Terre. Aquaman venait alors la sauver, avant d'affronter un Superman toujours incontrôlable.

Armie Hammer, qui a pas mal reparlé de ce projet depuis, décrivait ce duel au micro de Happy Sad Podcast : "Superman et Wonder Woman ont le combat le plus brutal que vous ayez jamais vu. Si deux super-héros se battaient réellement, ils détruiraient des villes, sans faire exprès, parce qu'ils ne voient rien d'autre que l'envie de détruire l'autre. C'était incroyable. À un moment, ils détruisaient par accident un porte-avions !".

 

photo, Justice League : MortalMegan Gale avant Gal Gadot

 

Wonder Woman finissait par découvrir que le seul moyen de libérer Superman était de tuer Maxwell, ce qu'elle refusait, pour tenir sa promesse de ne plus jamais abattre un humain. Malgré l'aide de Green Lantern et Martian Manhunter, Superman finissait par venir quasiment à bout de Wonder Woman. À deux doigts de la tuer, il était finalement stoppé par Batman, venu abattre Maxwell en lui brisant le cou.

À la fin, après un sacrifice de Barry alias Flash, le monde était sauvé. Et les héros décidaient de former la Ligue des justiciers. Ce qui tombait bien puisque l'arrivée du grand méchant Starro était teasée.

Le dossier complet sur ce Justice League : Mortal abandonné.

 

photo, Mad Max : Fury RoadGeorge Miller filmera Megan Gale dans Fury Road


LA TROISIÈME SÉRIE ABANDONNÉE

Peut-être la tentative qui a provoqué le plus de rires et effroi, en grande partie parce qu'elle a subi le traitement moderne du bad buzz. Éternelle patate chaude entre les mains de Warner Bros. qui continuait à exploiter Batman et Superman malgré de gros échecs, Wonder Woman était une nouvelle fois ramenée sur le plan télévisuel avec un projet de série, chapeautée par David E. Kelley (Ally McBeal).

En 2011, la chaîne NBC commande un pilote. Révélée par Friday Night Lights, Adrianne Palicki est castée dans la foulée. Lynda Carter salue ce choix, Elizabeth Hurley est engagée pour incarner la méchante, et tout semble aller pour le mieux... jusqu'à la première image officielle de cette Wonder Woman. 

En mars 2011, c'est une petite tempête qui se soulève face à cette tenue en plastique, et ces couleurs criardes. Ce n'est pas aussi proche d'un mauvais porno que Halle Berry en Catwoman, mais pour beaucoup, c'est une blague de mauvais cosplayer.

 

PhotoRires

 

Warner Bros. entend les rires, et le costume est modifié pour le pilote. Très vite, des images, des infos filtrent un peu partout, et nourrissent les débats. Car cette nouvelle Wonder Woman est vraiment inédite. Pour le meilleur, et pour le pire.

Ici, l'héroïne a trois identités : il y a Wonder Woman, l'héroïne que le monde adore et qui chasse les méchants ; Diana Themyscira, la PDG de Themyscira Industries, entreprise qui gère notamment le merchandising de Wonder Woman ; et enfin Diana Prince, sa facette intime de célibataire normale, qui vit avec son chat comme Katherine Heigl dans la moitié de sa filmo.

 

photo, Adrianne PalickiPresque Wonder Woman

 

Diana sent vite que la méchante business woman Veronica Cale est derrière ces méchantes drogues, qui donnent des capacités surhumaines, sauf quand elles tuent les usagers. En parallèle, un flashback montre que Diana et Steve ont rompu parce que la pauvre dame a une vie trop remplie pour l'amour. Le pilote se terminait sur un twist digne d'Ally McBeal ou Alias puisque Trevor réapparaissait, désormais marié à une autre, et forcé de travailler auprès de son ancienne chérie pour Themyscira Industries.

À noter que Pedro Pascal avait été casté dans un second rôle, des années avant d'être Max Lord dans WW1984.

En 2020, Adrienne Palicki revenait sur cette sacrée expérience pour EW : "C'était sincèrement la chose la plus effrayante que j'ai jamais faite, et la meilleure à l'époque. Pouvoir porter ce costume était un rêve. (...) Ça m'a dévastée quand la série n'a pas été commandée. C'était tellement énorme. Je me dis que peut-être que si on avait fait ça un ou deux après après... ça aurait marché."

Le dossier complet sur cette série enterrée, par ici.

 

photoTel était son destin visiblement

 

Beaucoup de chemins parcourus et d'impasses donc, avant que Gal Gadot n'endosse le rôle de Wonder Woman dans Batman v Superman : L’Aube de la justice en 2016, puis explose les records au box-office en 2017 dans le film solo réalisé par Patty Jenkins. Wonder Woman 1984 n'est pas encore sorti, mais Wonder Woman 3 se prépare déjà, ainsi qu'une série centre les Amazones. Sans oublier son retour dans Zack Snyder's Justice League.

Peu importe la qualité de tout ça, il y a au moins une certitude : la super-héroïne DC avait bien mérité d'avoir autant de place sur les écrans.

Retrouvez notre avis sur le meilleur et le pire des films DC de l'univers étendu, par ici.

Tout savoir sur Wonder Woman 1984

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commentaires

1am
20/12/2020 à 17:32

Terrain assez glissant que de parler nanars comparés aux films de super héros actuels.
Dans dix ou vingt ans, les gens riront à gorge déployée de tous ces films avec ralentis sur power poses. Le fait que certains films plus anciens y échappent est clairement dû au traitement assez sobre du super héros, mais les versions over-the-top des dernières années, couplées à des scénarios à la limite de l'effondrement - sans oublier les VFX à moitié terminés, promettent des torrents de larmes (de rire) aux générations futures.

Lucha-man
14/12/2020 à 16:15

Et justice league mortel prometter clairement. Même si certaines idées à lire comme ça me déplaît unpeux il aurait fallut voir comment ça aurait été amené

Lucha-man
14/12/2020 à 16:14

Joss whedon avait l'air d'avoir un vision un poile plus nuancé de wonder woman que le film très plat de patty jenkins chaperonner par snyder

DirtyCop
12/12/2020 à 20:21

J'aurais été curieux de voir la version de Joss Whedon. Je me demande qui il aurait choisi pour incarner Diana et Trevor.

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