Wonder Woman : avant le blockbuster, rappelons-nous du terrible et désastreux pilote de série en 2011

Mise à jour : 17/12/2017 04:46 - Créé : 5 juin 2017 - Geoffrey Crété
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Avant de renaître au cinéma dans un blockbuster, Wonder Woman a failli revenir dans une série télévisée.

Il en aura fallu du temps pour que l'Amazone retrouve une place sur la scène. Célébrée dans les années 70 grâce à une série télévisée avec la mémorable Lynda Carter, la super-héroïne créée par William Moulton Marston en 1941 a disparu des radars pendant près de quarante ans avant de briller à nouveau, cette fois sur les écrans de cinéma : d'abord avec l'apparition de Gal Gadot dans Batman v Superman : L'Aube de la justice, puis avec sa propre aventure dans le blockbuster Wonder Woman, réalisé par Patty Jenkins (retrouvez notre critique ici).


Entre temps : de nombreuses rumeurs, une avalanche de noms d'actrices, plusieurs rêves plus ou moins alléchants - de la version de Joss Whedon à Nicolas Winding Refn, qui ne voyait que Christina Hendricks dans le rôle. Mais également une curiosité à la fois affreuse et fascinante : la série télévisée avortée de David E. Kelley, avec Adrianne Palicki en super-héroïne. Retour sur cet objet délicieusement ridicule, qui a nourri des débats enflammés en 2011.

 

Photo Lynda Carter

Lynda Carter dans la série des années 70

 

LOOSER WOMAN

Depuis les 60 épisodes de la série avec Lynda Carter, Wonder Woman était silencieuse. Jusqu'à ce que la branche TV de Warner Bros. ne planche sur un comeback avec David E. Kelley, le scénariste et producteur derrière The Practice, Ally McBeal ou encore Boston Public. Suite aux refus de nombreuses chaînes, NBC décide après une longue hésitation de commander un pilote. Adrianne Palicki, révélée dans la belle série Friday Night Lights, est castée dans le rôle de la super-héroïne. 

Le nom de David E. Kelley laisse songeur, tout comme le casting de l'actrice. Et très vite, la machine s'enraye de manière spectaculaire.

 

Photo Friday Night Lights

Adrianne Palicki dans Friday Night Lights

 

En février 2011, le scénario du pilote écrit par Kelley fuite. La presse décortique la chose et compile les aberrations et curiosités de la série : l'héroïne a désormais trois identités plus ou moins claires (la super-héroïne Wonder Woman, Diana la patronne d'une multinationale, et Diana Prince l'assistante timide), gère les produits merchanising de Wonder Woman, affronte une méchante compagnie pharmaceutique dirigée par une femme diabolique, a des problèmes de coeur avec un Steve Trevor devenu avocat et arrête les méchants au rythme de Single Ladies de Beyoncé. En somme : Wonder Woman nouvelle génération est une femme moderne, qui gère sa carrière et sa vie sentimentale comme dans une version augmentée d'une comédie romantique avec Katherine Heigl.

Dans la foulée, le look de la nouvelle Wonder Woman est dévoilé au public, et le monde manque de s'étouffer. Adieu le mini-short-culotte, les étoiles patriotes et les bottes rouges des années 70, hérités des comics : l'héroïne passe au pantalon moulant dans un costume en plastique qui relève plus du Cosplay de luxe que d'une modernisation raffinée. La chose rappelle Catwoman avec Halle Berry, qui a provoqué des rires et des sueurs froides avec un costume un brin ridicule, trop axé sur la sexualité kitsch.

 

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Le costume controversé de la version 2011

 

BUZZ WOMAN

Les discussions s'enflamment autour de ce projet qui devient de plus en plus étrange et incompréhensible, et se paye une mauvaise publicité spectaculaire. Face aux nombreuses critiques, notamment sur le caractère patriotique absent du nouveau costume, la Warner rectifie le tir.

Ainsi, les photos et vidéos du tournage suivi de près dans Los Angeles révèlent une Wonder Woman moins gênante : le retour des bottes rouges, le retour du symbole des étoiles, et des matières moins grotesques. Dans le pilote, elle reprend d'ailleurs la fameuse culotte étoilée, proche de l'originale des années 70. Peu importe : personne n'est réellement convaincu par la chose, qui devient vite une plaisanterie, malgré quelques effets d'annonce bien orchestrés, comme le casting de la revenante Elizabeth Hurley en grande méchante.

En mai 2011, le couperet tombe : après avoir vu le pilote, NBC ne commande pas de série. Bye Bye Wonder Woman.

 

Photo Lynda Carter

Lynda Carter a au moins l'excuse des années 70 pour son look 

 

TERRIBLE WOMAN

Quelques mois après, le pilote est lâché sur le web, dans une version non définitivement (musique et effets spéciaux non finalisés). Malgré les efforts du studio pour effacer les liens, il restera sans surpris disponible, d'une manière ou d'une autre, offrant aux fans masochistes et amateurs de curiosités l'occasion de goûter une chose bien étrange.

Voir ce pilote de Wonder Woman par David E. Kelley, c'est donc plonger dans une version improbable, nantie à la fois d'un premier degré ridicule et d'une légèreté particulièrement maladroite. Car ici, la super-héroïne est une business woman célibataire qui a dit à son chat en rentrant le soir qu'elle va enfin créer sa page Facebook, avant de regarder la guimauve N'oublie jamais avec Ryan Gosling et Rachel McAdams.

La nouvelle Wonder Woman a par ailleurs conçu son costume et son image pour faciliter le travail de la branche merchandising de son entreprise, afin de vendre des poupées et autres babioles. Si propulser le personnage dans l'époque du marketing est une idée séduisante, l'écriture est aussi grossière que paresseuse, coincée entre un féminisme de bas étage et une humanisation bancale du personnage. Ainsi, lors d'une réunion avec son équipe à propos d'un nouveau modèle de poupée à son effigie, la super-héroïne monte le ton face à un business man : "Je n'ai jamais dit qu'il fallait faire du merchandising avec mes nichons !". Elle se lance ensuite dans une tirade à coup de "Bien sûr que Wonder Woman n'est pas vulgaire. Wonder Woman est parfaite. Seins parfaits, cul parfait, dents parfaites...", dans un monologue sur la difficulté d'être une femme avant une icône quasi divine. 

 

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 Wonder Woman dans les années 70, en 2011 puis en 2016

 

L'autre élément central est Steve Trevor, l'ex de Wonder Woman. Parce qu'elle a a mis sa carrière, sa mission, avant sa vie personnelle et sexuelle, il est l'un des principaux enjeux. Son retour à la fin du pilote, où il annonce qu'il va devoir travailler avec elle et qu'il est désormais marié, illustre bien la tournure choisie pour la série. L'épisode se termine d'ailleurs sur Diana qui affiche son statut célibataire sur Facebook.

Côté action, difficile d'être comblé : montage qui charcute les cascades, musique tonitruante censée dynamiser la chose, mise en scène bien fade (les pouvoirs de Wonder Woman consistent principalement à sauter au-dessus des escaliers, effectueur quelques sauts, taper un peu fort et sortir son fameux lasso de temps en temps). Hormis un plan où l'héroïne tue un homme en lui plantant un tuyau dans la gorge, rien de bien mémorable. La série aborde la question des limites morales et légales d'un super-héros dans la société américaine, mais de manière bien trop timide et légère pour l'assumer.

 

Photo G.I. Joe : Conspiration

Adrianne Palicki dans G.I. Joe : Conspiration

 

NEW WOMAN

En 2012, en promo pour un autre chef d'œuvre nommé G.I. Joe : Conspiration, Adrianne Palicki est revenue sur cette série avortée. L'actrice déclarait ainsi à Craveonline : "Je ne dirais pas que je regrette. Je suis incroyablement fière de ce projet. Je suis tellement reconnaissante d'avoir pu jouer Wonder Woman. C'était un rêve d'enfant. J'aurais aimé qu'on puisse faire la série mais tout arrive pour une raison. Pour voir le positif : j'ai travaillé avec de super acteurs, un super scénariste et j'ai pu porter le costume. C'était pas confortable mais ça en valait totalement la peine".

Néamoins, elle expliquait avoir du mal à digérer le sort de la série : "Ca a été un choc. Il y avait de toute évidence des histoires de politiques derrière. De ce que j'en savais, la série avait été commandée donc quand on a reçu l'appel, ça a été un échec incroyable. On devait commencer la promo et tout était programmé..."

Difficile de véritablement regretter ce comeback avorté, qui aura finalement laissé le champ libre à la Warner Bros. pour redonner vie au personnage iconique. Et si le blockbuster de Patty Jenkins n'est pas entièrement à la hauteur des attentes, la Wonder Woman de 2017 donne clairement envie de suivre ses futures aventures, avec espoir et curiosité.

 

Affiche française 

commentaires

Dirty Harry 15/06/2017 à 16:48

on dirait une parodie porno !

sandman 10/06/2017 à 17:35

faut dire que le pilote aquaman où elle a joué était à chier lui aussi mdr

Geoffrey Crété - Rédaction 09/06/2017 à 23:43

@Faboloss

Négatif : c'est bien G.I. Joe 2.

corleone 06/06/2017 à 13:52

Trop marrant l'aigle sur les nichons de Linda Carter :)))))))))))

Faboloss 06/06/2017 à 13:25

La photo Adrianne Palicki dans G.I. Joe : Conspiration, c'est John Wick plutôt non ?

postman 06/06/2017 à 09:12

Wonderbra Woman...

Flash 05/06/2017 à 19:50

Linda Carter était quand même sacrément bandante !

jam 05/06/2017 à 19:05

La série 2011 aurait dû fonctionner ! ils n'ont pas diffusé le pilote dommage !

Gégéleroutier 05/06/2017 à 18:50

Boobs.

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