Batman, Superman, Wonder Woman... on a classé le DCEU, du pire au meilleur

La Rédaction | 28 juin 2020
La Rédaction | 28 juin 2020

Man of Steel, Batman v Superman, Suicide Squad, Wonder Woman, Aquaman, Birds of Prey... notre avis, du pire au meilleur.

Le fameux Snyder Cut arrivera en 2021 sur HBO Max, Wonder Woman 1984 a été décalée à octobre, The Batman est à l'horizon, l'univers DC a un programme établi sur quelques années, et le modèle de ce DCEU continue à être questionné et remis sur la table. Surtout depuis le succès phénoménal de Joker, présenté d'emblée comme n'appartenant pas à cet univers étendu, et triomphe absolu au milieu d'une galaxie compliquée, qui a connu des hauts et des bas.

La rédaction revient sur tous ces films, pour donner un classement du pire au meilleur. Sans Joker donc, identifié hors-DCEU par l'équipe.

 

photo, Joaquin PhoenixHors catégorie, et fier de l'être

 

8. JUSTICE LEAGUE

Le résumé de l'action : Très reconnaissant envers Superman pour s'être sacrifié, Batman prend l'initiative de former une équipe de super-héros. Ça urge : des bestioles anticipent l'invasion prophétisée par Lex Luthor dans Batman v Superman. Il contacte donc Wonder Woman et trois inconnus introduits par aucun film auparavant, Cyborg, Flash et Aquaman, qui ne réagissent pas tous avec enthousiasme.

Pendant ce temps-là, un grand méchant pas beau du nom de Steppenwolf débarque sur Terre pour tout détruire. Le bougre veut sa vengeance : il y a des siècles, il s'était fait botter le popotin par les Amazones, les Atlantes et les humains. Comme tout méchant qui se respecte, il a besoin d'une petite boite pour détruire le monde, boite qu'il ne parvient pas à trouver. Face au danger, la ligue se constitue complètement, et essaye de ressusciter Superman, tant qu'à faire.

Après une baston Justice League vs. Superman qui finit en prise de conscience, la joyeuse troupe va (encore) botter le popotin de Steppenwolf, l'interrompant dans son processus de terraformation. La ligue est formée, super. C'est quand la suite ?

 

Photo Ben Affleck, Gal Gadot, Ezra MillerNos réactions face au film

 

Le résumé des réussites : Bonne nouvelle, cette partie va être courte. Qui n'a jamais rêvé de voir la Justice League prendre vie dans un blockbuster à 300 millions de dollars ? C'est ce qui se passe ici. Ben Affleck, Henry Cavill et Gal Gadot incarnent toujours avec une certaine jubilation leurs personnages, et les amateurs de Batman v Superman y trouveront une certaine continuité esthétique... au début. Sinon, c'est quand même parfait pour une soirée pizza bière moqueuse, voire une soirée pizza vodka moqueuse sur la fin. Voilà, voilà...

Le résumé des échecs : Quoi qu'en disent les amateurs de Zack Snyder, attendant comme nous tous avec impatience le fameux Snyder Cut, son remplacement en cours de production par Joss Whedon n'était pas le seul problème de ce premier crossover bien trop ambitieux pour son propre bien. Très pressé de concurrencer directement le géant Marvel studio, Warner n'a pas franchement fait acte de patience en lançant sa première rencontre super-héroïque après à peine 4 films, dont un autre échec artistique cuisant condamnant ses personnages à l'oubli.

Certes, l'univers de Kevin Feige n'avait attendu que cinq longs-métrages avant de se lancer dans une telle entreprise, mais il avait au moins suivi un plan précis et ne s'était pas contenté d'une improvisation de luxe. Chez DC, seul Zack Snyder a des plans. Forcément, son départ a tout chamboulé et a laissé les exécutifs face à un vide à combler.

 

Photo Jason MomoaPassion tunning

 

Résultat, malgré son budget stratosphérique, Justice League ressemble plus à un bricolage permanent, un slalom entre les icebergs menaçant de couler le film. Spoiler : le naufrage aura bien lieu. Entre l'affaire de la moustache de Superman, enlevée du visage de Cavill à grands coups de CGI conçus entre deux pauses dej', les notes d'humour gênantes apportées par le non moins gênant Barry Allen et les répliques super-héroïques tout droit échappées d'une parodie, on ne manque pas d'occasions de se moquer régulièrement des dérapages permanents de la chose, parfois aux limites du nanar.

Mais les fans de DC préféreront se navrer d'un tel gâchis, s'employant à noyer sous les clichés du genre une intrigue qui semblait pourtant à l'origine plus prompte à vraiment raconter quelque chose. En l'état, elle accumule les poncifs dans une logique commerciale qui donne la nausée. Tout, du méchant générique à usage unique jusqu'à la façon dont l'équipe se constitue, semble échapper d'un bureau de publicitaires chargés de reconstituer la recette Marvel en s'appropriant un style graphique qui n'est même pas le leur.

Le climax, équivalent contemporain du The Room de Tommy Wiseau, est si hideux qu'il parvient à faire oublier les approximations précédentes. Un véritable cas d'école du blockbuster moderne raté, sacrifié à cause de circonstances imprévisibles, mais aussi d'une absence de point de vue artistique aberrante. Le Snyder Cut aura au moins pour lui de remédier à ce problème, même si on voit mal comment il peut corriger une telle débandade.

 

photo, Henry Cavill, Gal Gadot, Ray Fischer, Ezra Miller, Jason MomoaUne belle bande de vainqueurs

 

7. SUICIDE SQUAD 

Le résumé de l'action : Depuis la mort de Superman dans BvS, c'est la déprime et la panique face à la possibilité de voir des super-héros tout péter. Amanda Waller décide donc de créer ses Expendables, avec une équipe de bras cassés psychopathes et dotés de pouvoirs (parfois), pour régler les gros problèmes, et éventuellement crever.

La bande est envoyée dans Midway City, où l'Enchanteresse menace de détruire le monde avec ses chorégraphies. Sauf que le vrai but est juste de sauver Amanda (décidément pas gentille), que le Joker tatoué vient récupérer Harley Quinn, que Deadshot au grand coeur refuse de buter sa pote Barbie punk, et que l'Enchanteresse capture Amanda.

Le Squad de l'amitié attaque donc la magicienne qui se déhanche, le pyromane meurt brûlé (oui), Harley Quinn arrache le coeur de la méchante, et le Joker finit par libérer sa copine.

 

PhotoI'll be there for you...!

 

Le résumé des réussites : L'idée était pourtant alléchante, avec une bande d'anti-héros loufoques, envoyée en mission suicide, le temps d'une seule nuit dans un décor urbain dévasté qui aurait pu rappeler les bonnes heures de John Carpenter. Premier réalisateur engagé après Zack Snyder, David Ayer inspirait un minimum de confiance, ayant prouvé son savoir-faire dans End of Watch et Fury.

Suicide Squad était donc une bonne piste à l'heure où Warner Bros. affichait des ambitions claires. Et la promo, bercée par Bohemian Rhapsody de Queen, a excité les esprits avec des bandes-annonces, un style et des couleurs inattendus. En bref, le meilleur de Suicide Squad, c'est avant la sortie de Suicide Squad. À l'arrivée, il reste le talent de Margot Robbie, et quelques images amusantes.

 

Photo Cara DelevingneMadame poubelle aztèque

 

Le résumé des échecs : Les problèmes fondamentaux de Suicide Squad sautent aux yeux dès le début du film, qui bégaye avec plusieurs intros autour des personnages. C'est la première preuve à conviction d'un film façonné et monté en dépit du bon sens, avec beaucoup trop d'ambitions et directions différentes pour créer une quelconque harmonie. En refusant d'emblée de traiter cette Squad comme une équipe, pour notamment forcer l'importance de Deadshot le papounet via des flashbacks, le film se tire une balle dans le pied, et boite jusqu'à la ligne d'arrivée.

Avec en plus l'accent mis sur Harley Quinn, la présence en marge du Joker, la relation amoureuse entre Rick Flag et June, les mensonges d'Amanda Waller et une tonne d'informations pour caractériser tous ces personnages (dont la plupart resteront des figurants de luxe), tout en évoquant la galaxie DC pour les prochaines étapes (apparition pas bien utile de Batman), Suicide Squad ressemble à la recette miracle du ratage de l'univers étendu, où rien ne fonctionne, et tout semble à la fois trop présent et trop absent.

 

photoFrérot Incubus en pleine crise d'expressivité

 

L'équilibre entre le premier degré de Viola Davis et la nature de la menace fantasy (l'esprit d'une sorcière qui s'empare du corps d'une sous-Lara Croft, son frère Incubus qui semble clairement avoir servi de base déviante au Steppenwolf de Justice League, et cette armée de gros tas noirs) créent des moments de profond doute sur la direction du machin.

Tout ça prend des proportions épiques dans le climax d'une débilité profonde, entre vieux tentacules tout mous, répliques tordantes de nullité ("J'ai déjà perdu une famille, j'vais pas en perdre une autre !", "Y'a juste un petit problème : t'as embêté mes amis !"), orgie de CGI (Diablo le pyro qui se transforme en sapin de Noël enflammé pour taper sur un autre géant dégueulasse, pendant que Cara Delevingne ouvre sa discothèque en arrière-plan), sans aucun sens du rythme ou du spectaculaire.

Bien sûr, David Ayer a depuis rangé sa langue de bois, et reconnu que le studio avait bousillé son film, et profondément modifié l'histoire. Le fantasme (lol) d'un Ayer Cut est donc là pour certains fans, et le cinéaste a commencé la danse des petites infos-révélations-images, comme Zack Snyder.

 

photo, Will Smith, Margot RobbieWill qui Quinn : pas de film solo Deadshot

 

6. SHAZAM

Le résumé de l'action : Billy Batson est un jeune adolescent de 14 ans qui s'est enfui à plusieurs reprises de ses familles d'accueil pour tenter de retrouver sa mère biologique. Après un énième échec, il est confié à une nouvelle famille où sont hébergés cinq autres enfants du même collège.

Un jour, en prenant le métro, il est projeté dans une grotte et rencontre le vieux Shazam. Ce dernier lui transmet ses pouvoirs (force, endurance, vitesse, courage...) et Billy devient alors un super-héros dans un corps d'adulte : le fameux Shazam. Devant la situation, il rentre dans sa famille d'accueil bloqué dans son corps d'adulte et demande de l'aide à son ami Freddy, jeune handicapé qui vit dans la même famille et fan des super-héros. Ensemble, ils apprennent à découvrir les pouvoirs de Billy (qui comprend qu'il peut retrouver son corps d'enfant en prononçant le mot Shazam et inversement).

Sauf que le méchant Thaddeus Sivana veut récupérer les pouvoirs de Shazam. Plus petit, il avait aussi été choisi par le vieux sorcier, mais il avait échoué à devenir "l'élu". Il veut donc se venger. S'en suit une bataille avec Sivana où Billy réussit à s'enfuir, mais Sivana s'empare du sceptre magique du vieux sorcier. Pendant ce temps, les frères et soeurs d'adoption de Billy ont compris qu'il était Shazam et lui viennent en aide à la fête foraine. Shazam récupère le sceptre, transforme ses frères et soeurs en magiciens et ensemble ils réussissent à vaincre Sivana. Et entre temps, Billy a aussi retrouvé sa vraie mère.

 

photo, Zachary Levi, Jack Dylan GrazerUne fine équipe

 

Le résumé des réussites : Pas grand-chose tant le film de David F. Sandberg n'a pas d'ambition et ne cherche jamais vraiment à être un film de super-héros spectaculaire. Au contraire, il s'agit finalement d'une petite comédie familiale surfant sur la mode des super-héros et reposant sur des blagues assez douteuses (mais qui fonctionnent suffisamment pour nous faire rire à plusieurs reprises).

De ce point de vue là, le long-métrage DC est une petite réussite puisqu'il suit avec émotions le parcours d'un jeune adolescent qui se retrouve dans le corps d'un adulte et doit affronter un monde qu'il ne connaît pas encore et surtout, qu'il craint. En plus de reposer sur les thèmes classiques des récits initiatiques, Shazam ! parle de solidarité et finalement de famille (ici d'adoption par ailleurs). L'amour que se portent les personnages entre eux est sans doute la plus belle réussite et le final en mode "Famille Shazam" semble être la promesse de prochains opus plus ambitieux et spectaculaire. Les effets spéciaux sont également très réussis.

 

photo, Zachary LeviIl a de la gueule pourtant ce super-héros

 

Le résumé des échecs : Tout le reste et donc tout ce qu'on peut attendre logiquement d'un film de super-héros. En ne cherchant jamais vraiment à être aussi spectaculaire qu'un film solo sur Batman ou Superman, le long-métrage de Sandberg subit assez largement son absence de spectacle. En 2h12 de métrage, aucune scène d'action ne marque la rétine et surtout, les rares qui infusent le récit n'ont aucune originalité entre le sauvetage d'un bus, d'une roue de fête foraine.

Cette absence d'inventivité achève de faire de Shazam ! un amoncellement de blagues assez lourdingues et de petits gags vains sur les super-héros. La direction artistique n'est jamais inspirée, le climax est terriblement pauvre sans parler de l'intrigue globale tragiquement banale et prévisible. Le méchant incarné par Mark Strong est d'ailleurs insipide et ses véritables motivations ne sont jamais exploitées durablement et en détail.

Bref, avec un méchant au premier abord passionnant psychologiquement et un tel super-héros, considéré pour beaucoup comme l'un des plus puissants de l'univers DC avec Superman, il y avait pourtant de quoi faire rêver dans ce Shazam !. Mission échouée.

 

Photo Zachary Levi, Mark StrongUn conflit pas très alléchant

 

5. BIRDS OF PREY

Le résumé de l'action : Harley Quinn est célibataire, et un paquet de vieux gars profitent de son isolement pour lui présenter l’addition d’années de sévices accomplies aux côtés du Joker. C’est pour elle l’occasion de monter une équipe de femmes amatrices de violence gratuite et de sororité.

Unies pour protéger une adolescente en possession d'un bien que cherche Black Mask, elles mèneront à ses hommes de main et dézingueront un de ses meilleurs amis. Autant d'affronts qui pousseront le grand méchant à les attaquer dans le parc d'attractions abandonné où elles se sont retranchées, consacrant leur union et provoquant un gigantesque affrontement, au cours duquel ce bon Roman Sionis se fera littéralement éparpiller façon puzzle.

 

photo, Margot Robbie, Mary Elizabeth WinsteadUne fine équipe

 

Le résumé des réussites : On craignait que le film ne soit qu’un dérivé intordable de Suicide Squad, mais contre toute attente, Birds of Prey ne manque ni de caractère, ni d’identité. Margot Robbie n’y est pas pour rien, tant on sent la comédienne investie et amusée par un rôle qui lui laisse une grande liberté. De même, la promotion du film ayant peu mis l’emphase sur l’action, on pouvait redouter que Cathy Yan ne soit pas la réalisatrice idéale pour emballer le projet.  

C’était lourdement se tromper sur l’alliance qu’elle a formée avec Chad Stahelski, réalisateur de John Wick 2 venu lui prêter main-forte pour concevoir et mettre en scène les bastons. Le mélange de grande technicité de ces dernières et leur tempo plus souple et fluide que les standards du genre confèrent au métrage une singularité inattendue. Singularité qui se combine idéalement avec la direction artistique. Outrée, bling-bling, aussi dispensable qu’un buffet de graines germées, la direction artistique n’en est pas moins toujours cohérente, et créative. 

 

photoL'incarnation filmique du diabète morbide

 

Le résumé des échecs : On ne demandait pas la lune en matière de narration, mais le scénario du film demeure une de ses faiblesses évidentes, tant il malmène son intrigue simpliste et ses personnages. Non seulement certains sont bigrement mal caractérisés, mais le film va jusqu’à sous-employer quelques-uns de ses excellents seconds couteaux, allant parfois jusqu’à les abandonner en cours de récit, ou à martyriser leurs pouvoirs. De même, la bande originale du film est un véritable défi lancé aux tympans du spectateur. Sorte de condensé des pires outrages dénichables dans le walkman d'une modeuse cocaïnée, elle enchaîne les morceaux atroces tous plaqués artificiellement sur des scènes qui auraient mérité une partition originale plutôt que cette cuite sonore. 

De même, vouloir présenter une équipe féminine affrontant deux types toxiques était une proposition comme une autre, mais le film ne parvient jamais à rendre tangible la menace que représentent Ewan McGregor et Chris Messina. Pire, il ne choisit jamais entre ridicule et dangerosité, trahissant qu’une partie de son féminisme revendiqué n’est pas grand-chose d’autre qu’une tentative opportuniste de surfer sur les débats sociétaux contemporains, sans forcément y comprendre grand-chose. 

 

photo, Margot RobbieGueule de bois, une allégorie

 

4. WONDER WOMAN

Le résumé de l'action : Diana Prince porte bien son nom. Fille de la reine des amazones de Themiscyra, elle est entrainée en secret par Antiope, une guerrière confirmée. Les amazones tiennent à se tenir à l'écart des guerres humaines. Mais c'est la guerre qui vient à eux, en la personne du beau gosse Steve Trevor, qui s'écrase avec un paquet de ses ennemis sur la plage de l'île. Pour la jeune Diana, la Première Guerre mondiale est l'oeuvre d'Arès, le dieu de la guerre. Elle supplie donc sa mère de partir avec le pilote, histoire de régler le compte de la divinité.

Trevor, qui cherchait à stopper le "Dr Poison", une scientifique allemande développant un gaz meurtrier, ne la contredit pas. Grand bien lui en prend : sur le champ de bataille, Prince est un atout non négligeable. Bien sûr, les deux personnages principaux ne peuvent résister à leurs pulsions de personnages principaux et tombent amoureux. Néanmoins, le village qu'ils viennent de sauver se fait détruire par le gaz en question, tragédie que la princesse met sur le dos de son bien-aimé. Folle de rage, elle attaque de front les responsables et éclate tout le monde.

Pas d'Arès en vue : si l'humanité est si pourrie, c'est bien grâce à l'humain. Mais nous sommes dans un blockbuster et le mal doit être personnifié. Le Dieu de la guerre, présent depuis le début, se manifeste donc. Une baston s'engage où Trevor se sacrifie. De quoi déclencher la vraie puissance de Wonder Woman, qui défait le bad guy grâce au pouvoir de l'amour.

 

photo, Gal GadotWonder Girl

 

Le résumé des réussites : En dépit du culte qui entoure le personnage de Wonder Woman, se lancer dans une adaptation n'était pas chose aisée. Indéniablement kitsch, la mythologie qui l'entoure était forcément difficile à incorporer dans l'univers prétendu sombre et torturé initié par Zack Snyder. Si son apparition dans Batman v Superman n'a pas convaincu tout le monde, il faut avouer que le virage stand-alone est totalement maitrisé.

Utilisant l'île des Amazones comme d'un outil pour faire le pont entre la naïveté apparente de cet univers et la dure réalité, Patty Jenkins fait évoluer son héroïne pour justement la faire passer d'un monde à un autre, du monde du comic-book pop au monde du comic-book sombre. La trajectoire de Diana Prince est très bien travaillée puisqu'elle apparait comme légèrement naïve, mais jamais en tort et invite le spectateur à la suivre dans la redécouverte de la terre des hommes.

 

photoAmazones primées

 

Pompeuse sur le papier, la proposition s'avère bien plus fun que prévu. Jenkins a fait ses devoirs et s'inspire du sens de l'image de Snyder pour composer quelques séquences d'action rondement menées, utilisant les ralentis pour figurer la force de l'héroïne. Rien de bien original évidemment, mais une certaine idée de la mise en scène super-héroïque, pertinente quand on s'attaque à une telle figure. La bande originale, aussi subtile qu'un tank allemand, a le mérite d'en rajouter encore une couche.

L'interprétation des acteurs aide bien aussi. Chris Pine continue de prouver au monde qu'il est taillé pour les premiers rôles hollywoodiens pas trop cérébraux, Danny Huston est toujours aussi à l'aise en grand méchant machiavélique et on a même le droit de revoir le beaucoup trop rare Ewen BremnerGal Gadot, de son côté, semble prendre un tel pied à interpréter l'Amazone qu'on ne peut que l'apprécier. Experte du média-training, elle porte le film sur ses épaules, dans l'intrigue et la promotion. Warner avait désespérément besoin d'elle.

 

Photo Gal GadotOui, elle aime courir

 

Le résumé des échecs : Malheureusement, cette incursion dans le monde pseudo-réel échoue à remplir ses promesses, la faute à un dernier acte complètement bancal, amusant dans le principe, décevant thématiquement et douloureux dans l'exécution. Esthétiquement aussi étrange que la plupart des climax foirés made in DC (c'est définitivement une marque de fabrique), cette fin se veut humaniste, jurant avec la simple misanthropie qui régnait jusque là. 

L'idée d'un retour gracieux à la douce niaiserie des comics originaux et du Superman de Richard Donner jure certes avec la vision développée dans Batman v Superman, mais aurait pu en faire un véritable oasis de fraicheur super-héroïque. Pourquoi a-t-il fallu qu'Allan Heinberg ruine le tout avec un forceps pour baleine ? La victoire de l'amour sur la haine, dénouement du long-métrage, dépasse le kitsch attendrissant pour lorgner sur le mièvre étouffant.

Tout juste divertissant pendant un peu moins de deux heures, le film se dégonfle en faisant de Wonder Woman une guerrière qui ne veut plus se battre que contre des principes personnalisés, archétypes habituels du cinéma hollywoodien paresseux. On espère ne pas bâiller autant pendant la suite.

 

photoLe cran d'Arès

 

3. BATMAN V SUPERMAN

Le résumé de l'action : Batman a un peu forcé sur les sandwichs aux nouilles, et vit assez mal qu’un extraterrestre invincible ait tué le game de l’héroïsme. Il décide donc de l’éliminer, pendant que Lex Luthor manipule Superman, afin de lui faire affronter Bruce Wayne, tout en fabriquant un Kryptonien génétiquement modifié, que nos héros devront affronter avec le soutien de Wonder Woman, sans oublier d’introduire la Justice League à l’aide d’une clef USB. 

À l'issue de cette confrontation, Doomsday est détruit, Luthor incarcéré, mais Kal-El est laissé pour mort, tandis que le Dark Knight et Wonder Woman se préparent à mettre sur pied une équipe de méta-humains, convaincus qu'une menace bien plus grande que toutes celles qu'ils ont affrontées individuellement se profile à l'horizon.

 

photo, Ben Affleck, Henry Cavill"Ne t'approche pas trop, ton masque ne recouvre pas ta bouche"

 

Le résumé des réussites : Le film de Zack Snyder fait le choix de la gravité, et assume ses ambitions, tant narratives que conceptuelles ou graphiques. Fresque super-héroïque imaginée par un auteur dont on sent bien qu’il ne croit plus guère dans la légitimité ou la valeur de ses héros surhumains, Batman v Superman étonne par la sincérité avec laquelle il questionne jusqu’au statut de ses protagonistes. Plutôt que de favoriser un grand spectacle pyrotechnique, le blockbuster (dans sa version longue) préfère interroger la figure chère à Nietzsche de l’humain cherchant sa transcendance.

Le résultat est un grand récit dépressif, une création totalement singulière au sein d’un genre souvent très codifié, traversé d’images surpuissantes. De son introduction qui renverse la perspective de Man of Steel, en passant par le pourrissement moral de Bruce Wayne ou encore la première confrontation entre Batman et Superman, le film est riche de séquences et d’idées qui en font une proposition passionnante. Enfin, le film a pour lui de ne jamais ressembler à ses concurrents, une réussite salvatrice à l'heure de la suprématie Marvel.

 

photo, Henry CavillUn Superman super triste

 

Le résumé des échecs : Snyder a beau faire de son film une déclaration de style affirmée, on sent régulièrement la poigne du studio le contraignant à introduire beaucoup trop de personnages et de sous-intrigues pour son propre bien. Dans le meilleur des cas, le cinéaste parvient à maquiller ce dispositif épais avec son sens de l’épate (le cauchemar de Wayne en plan-séquence), mais trop souvent, ce dispositif alourdit l’ensemble, gonfle artificiellement la durée d’un film déjà chargé, et nuit grandement à l’immersion. 

De même, le climax du film, s’il est beaucoup moins raté qu’on a pu le lire, laisse un sentiment d’inachevé. Comme si le film n’assumait plus tout à fait son penchant tragique, il retrouve brusquement les rails du divertissement grand public contemporain, et se vautre dans l’orgie numérique. Malgré une poignée de très beaux plans, difficile de ne pas vivre cette conclusion comme un reniement. 

 

PhotoQuand les exécutifs du studio te passent une grosse soufflante

 

2. AQUAMAN

Le résumé de l'action : Arthur est un mi-homme mi-Atlante, issu de l'union de la reine Atlanna et du gardien de phare Tom Curry avant qu'Atlanna soit forcée de retourner vivre dans l'océan. À 33 ans, Arthur est devenu Aquaman et attise la haine de son demi-frère Orm, roi de l'Atlantide, qui veut allier les Sept Royaumes de l'Océan pour lutter contre les terriens (ou surfaciens) qui polluent les océans.

Lorsqu'Orm réussit à convaincre la plupart d'entre eux, dont le roi Nérée (en le manipulant avec Black Manta), les Atlantes créent une vague gigantesque qui s'abat sur les côtes terrestres et renvoie tous les déchets humains. Arthur et son père manquent de mourir lors de ce carnage, mais sont sauvés par Mera, la fille de Nérée. Au courant de la supercherie de Orm, elle convainc Aquaman de l'aider à contrecarrer ses plans lui qui est le digne successeur de sa reine-mère puisqu'il est l'ainé.

S'en suit une grande quête du trident légendaire du roi Atlan car il lui permettra de devenir le roi d'Atlantide. Après avoir réussi à s'échapper de l'Atlantide où Orm avait capturé Arthur, le duo Mera-Arthur part donc à sa recherche des longues étendues désertiques du Sahara aux cités antiques siciliennes où ils sont attaqués par Black Manta (envoyé par Orm et au passif avec Aquaman). Le duo se dirige alors vers le Coeur de l'Océan caché sous la Fosse, peuplée de créatures marines terrifiantes. Arrivés à bon port, les deux découvrent qu'Atlanna est vivante. Elle montre à Arthur où se trouve le fameux trident, il réussit à s'en emparer et devient le roi légitime.

De retour à Atlantide, le trio se joint à la bataille lancée par Orm pour le battre. Arthur en possession du trident, il convainc la population marine de combattre les forces d'Orm qui perdent, et Arthur remporte son duel face à Orm qui demande de l'achever. Atlanna intervient et Aquaman laisse la vie sauve à Orm et devient le roi d'Atlantide, et vit une histoire d'amour avec Mera.

 

photo, Jason MomoaAquaman, le seul et unique roi légitime

 

Le résumé des réussites : Avant Aquaman, la majeure partie des films du DCEU souffraient de scènes d'action assez illisibles au montage haché et souvent trop sombre. Dès ses premières séquences, le film de James Wan offre donc un jour nouveau à la franchise DC avec des combats violents et surtout aux impacts réels. De celle dans la maison familiale avec Nicole Kidman en Atlanna à celle du sous-marin entre Arthur et les marins à bord au duel enflammé sous l'eau, les grosses bastons sont percutantes, franches et terriblement plaisantes à suivre. Le savoir-faire de Wan est donc un point majeur dans la réussite du film.

Un savoir-faire dans l'action qui permet au long-métrage d'être extrêmement généreux. En 2h20, Aquaman jouit de multiples batailles et scènes ultra-spectaculaires. La quête du duo principal est d'ailleurs passionnante grâce à cette générosité, l'univers marin et terrien exploré étant impressionnant, les décors changent régulièrement au point de presque y trouver une ressemblance avec l'ambition du Seigneur des Anneaux couplé à Star Wars, AvatarIndiana Jones voire Jurassic Park le temps d'un instant.

Enfin, le film compte surtout une des séquences les plus mémorables du DCEU avec sa plongée terrifiante dans la Trench. La mise en scène ténébreuse de James Wan, la photographie folle de Don Burgess et la musique angoissante de Joseph Bishara combinées en font une séquence absolument parfaite, aussi courte soit-elle.

 

photoUn des nombreux supers combats

 

Le résumé des échecs : Avec autant d'ambition et de générosité, impossible de ne pas manquer le coche à plusieurs reprises ou plutôt à s'emmêler les pinceaux. La direction artistique ultra-colorée et l'usage permanent des CGI (et gros fonds verts) peuvent gêner énormément les spectateurs les plus récalcitrants. Il y a d'ailleurs quelque chose de très kitsch dans la manière dont certaines séquences sont conçues et les décors choisis. Heureusement, le film les assume pleinement, il n'y a qu'à voir le baiser entre Mera et Arthur devant des feux d'artifice sous-marin et un travelling circulaire pour s'en assurer.

Si cette patte pop peut incommoder, elle n'est finalement pas si gênante à partir du moment où l'on accepte qu'elle fait partie intégrante de l'identité du film. En revanche, il y a bien un élément que le long-métrage a du mal à gérer : son ambition. À trop vouloir en montrer de l'univers d'Aquaman, le film finit par survoler l'ensemble de son univers, surtout dans la longue quête de Mera et Arthur. Les dialogues ont à peine le temps de se mettre en place que des explosions viennent mettre à mal le duo qui doit alors s'enfuir à un autre endroit qui subira les mêmes précipitations. Un paradoxe tant l'intrigue n'a pas de temps mort et semble pourtant interminable avec ses 2h20 au compteur.

 

photo, Amber HeardDes robes colorées, mais genre beaucoup beaucoup

 

1. MAN OF STEEL

Le résumé de l'action : Krypton va exploser, c'est la panique : Jor-El envoie son fils Kal-El vers la Terre, avant d'être tué par le général Zod, qui est exilé avec ses acolytes avant que tout pète. Kal-El se crashe dans le Kansas, et est élevé par Jonathan et Martha, qui lui conseillent de cacher ses pouvoirs. Papa Costner crève même dans une tornade pour illustrer son propos.

Lois la fouineuse trouve un gros vaisseau kryptonien et hasard, Clark y est aussi. Il trouve son beau costume, et sauve déjà Lois, qui découvre la vérité sur lui, mais accepte de se taire.

Entre temps, Zod arrive avec sa bande, et veut terraformer la planète, parce que c'est comme ça. Superman empêche ses plans, et Zod s'énerve. Les deux surhommes détruisent les 3/4 du centre-ville de Metropolis, et Superman finit par tuer son ennemi, sous les yeux de Lois qui a miraculeusement atterri à la gare.

Superman est désormais le sauveur du monde, même si le gouvernement américain n’est pas rassuré. Clark Kent, lui, est engagé au Daily Planet avec la complicité de Lois, qui ne passe plus pour une cruche bernée par une paire de lunettes. "Welcome to the Planet".

 

photoLes contes de Krypton

 

Le résumé des réussites : Dès les premières minutes, avec le chaos de Krypton et la musique étourdissante de Hans Zimmer, Man of Steel s'impose comme un généreux et épique morceau de cinéma dans le genre. Zack Snyder plonge tête la première dans la facette cosmique des comics, et place d'emblée la barre du spectaculaire très haute, dans un déferlement d'effets spéciaux et couleurs chatoyantes. Cette caméra virevoltante sera l'autre héros du blockbuster, avec une savoureuse dose d'action et destruction.

De Smallville à Metropolis, l'homme d'acier est trimballé et jeté dans tous les sens, offrant un large spectacle particulièrement bien mené par le réalisateur. Découpage clair, montage efficace, solide direction artistique et gestion des effets visuels : le savoir-faire est là, et ce n'est pas si courant à ce niveau de superproduction.

Après l'écho nostalgique bizarroïde de Superman Returns, dans la lignée de la trilogie The Dark Knight de Christopher Nolan (ici crédité producteur, pour le passage de flambeau), Man of Steel est un renouveau brut du super-héros, dont même les couleurs emblématiques ont été trempées dans le bain du réalisme désaturé. C'est à des années-lumière du Superman de Richard Donner, ou des séries Loïs & Clark et la série Smallville, et tant mieux. Zack Snyder explore une nouvelle direction, propulse l'homme d'acier dans le nouveau millénaire, et lui redonne sa place méritée de super super-héros, dans un blockbuster où il brille, vole, tape, aime, hurle, et se présente à nouveau au monde.

Enfin, le choix de Henry Cavill reste particulièrement inspiré, tant l'acteur a la belle gueule de l'emploi, et s'est forgé un corps incroyable pour incarner ce surhomme. L'équilibre est réussi à l'écran au niveau des acteurs, avec Amy Adams, Diane Lane, Kevin Costner, Michael Shannon, Laurence Fishburne, Russell Crowe ou encore Antje Traue.

 

Photo Henry CavillStargate, la porte de Superman

 

Le résumé des échecs : Zack Snyder n'y va pas de main morte, et a même la main lourde sur tous les aspects, quitte à frôler l'overdose. Le spectacle est tellement généreux qu'il dérive vers ce qui sera qualifié de destruction porn, où les camions sont jetés dans les airs, les vitrines explosées, les murs réduits en miettes, les corps jetés dans tous les sens, et les immeubles, pulvérisés. Ce chaos a été au coeur de Batman v Superman, et traité dès l'intro qui offre un point de vue humain sur le climax de Man of Steel, mais une telle surenchère provoque une saturation des sensations.

La musique de Hans Zimmer subit le même traitement en étant posée sur à peu près toutes les scènes, dans un tourbillon sonore susceptible de filer une migraine. Snyder veut un spectacle absolu, et pousse tous les curseurs au maximum, avec heureusement quelques parenthèses de quasi-silence pour reprendre son souffle.

L'imagerie christique de Superman est encore une fois de mise, sans grande subtilité, et l'écriture de David S. Goyer ne brille pas par sa finesse. Il n'y a qu'à voir la mort de Jonathan Kent pour s'en convaincre : l'idée de la scène est claire, et a du sens dans la trajectoire de Clark, mais l'exécution est si grossière qu'elle vire au comique.

Notre critique complète de Man of Steel est à retrouver par ici.

 

Photo Henry CavillMan of Style

commentaires

Olivier637
29/06/2020 à 23:02

Vous m’avez perdu d’entrée en mettant Justice League plus mauvais que suicide squad.

Que ce soit clair: absolument tout est mieux que suicide squad.

corleone
29/06/2020 à 17:56

1)Man Of Steel : très bon film à grand spectacle même si l'acteur casté(Henry Cavill) faisait plus Bruce Wayne que Clark Kent, ce film fut une surprise malgré tout bonne pour certains(depoussierage et rafraîchissement du personnage) et mauvaise pour d'autres (denaturation du héros et exagération dans le supposé "réalisme"voulu). Ce film marqua les esprits, moi parmi.

2)Aquaman ou comment adapter l'un des super-héros les plus ringards sur matériau d'origine avec brio... Il fallait s'appeler James Wan pour le faire.

3)Wonder Woman belle origin storie malgré ses nombreux défauts dont le méchant nul de chez nullissime.

4)Shazam joli film familial qui a surtout été honnête dans sa démarche sans prétention.

Tout le reste à la poubelle et un gros doigt dans la gueule de BVS qui est en réalité le film qui a foutu le DCEU en l'air.

TiTeX
29/06/2020 à 16:38

Même si les critiques sont surement justifié je pense être indulgent avec les films de l'univers DC. Hormis Aquaman, il me sort pas les yeux ce film. Je le supporte pas. Le jeu de presque tous les acteurs, les couleurs de la petite sirène, et la musique qui passe vraiment pas.
J'ai peut être pas compris le concept.

SEBASTIEN PARKER
29/06/2020 à 16:34

1 Aquaman
2 MoS
3 BVS
4 Wonderwoman
5 Justice League
6 Suicide Squad (je vois pas comment on peut faire pire)
7 SHAZAM
8: Bird of prey

NO RAGE, FORZA MA NEO ET MA NEIL BLOOMKAMP

Amnorian
29/06/2020 à 07:53

Birds of prey mérite clairement la dernière place, justice league et le premier suicidal squad sont au final mieux que ce dernier.
Après dans le classement honnêtement aquaman mérite bien plus la première classe et shazam est bien plus honnette que Wonder Woman qui finalement est raté.

Said
29/06/2020 à 04:46

Ce super comtinue comme ça ce bien merci

M1pats
28/06/2020 à 22:19

shazam est ce qui se rapproche le plus d'un marvel, je le mets au niveau de l'excellent ant man 2

Pseudo
28/06/2020 à 22:17

BVS
MOS
WW
AQUAMAN

ET LA SNYDERCUT VA BOULEVERSER CE CLASSEMENT????

Kyle Reese
28/06/2020 à 21:08

Ça va être rapide:

1-MOS
2-BvsS version longue
3-WW
4-Aquaman

Mon cerveau n’a pas imprimé JL et je n’ai pas été intéressé par les autres DC.

Arnaud (le vrai)
28/06/2020 à 20:44

Ah ben enfin !!! Je passe 2-3 fois sur cet article juste pour voir M1Pats rager comme un fion :D

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