Aquaman : critique à marée montante

Geoffrey Crété | 21 mars 2021
Geoffrey Crété | 21 mars 2021

Aquaman, ce soir à 21h05 sur TF1.

Aperçu dans Batman v Superman : L'Aube de la justice, au premier rang dans Justice League, et désormais de Zack Snyder's Justice League (notre critique du Snyder Cut ici), Jason Momoa porte sur ses épaules Aquaman, dirigé par James Wan (Fast & Furious 7Conjuring) et épaulé par Amber HeardPatrick WilsonNicole KidmanDolph Lundgren et Willem Dafoe. Avec à l'époque un gros pari pour ce blockbuster estimé à 160-200 millions de dollars, qui devait redresser la barre après le désastre Justice League, et avant Shazam!Joker et Wonder Woman 1984.

MARÉE HAUTE

Toi qui pénètre dans le monde d'Aquaman, prépare-toi. Car ici, tout est grandiloquent et gargantuesque. Il y a des océans sans fin et des déserts immenses, des villages sur Terre et des royaumes sous la mer, des soldats en armure et des hippocampes guerriers, des dinosaures oubliés et des monstres titanesques. Des raz-de-marée et des portails magiques, des princesses aux pouvoirs spéciaux et des princes énervés. Des animaux mignons et des bestioles sorties des cauchemars.

 

photoEt des tridents, bien sûr

 

Aquaman, c'est une épopée hallucinée, qui déborde tous les côtés, pour le meilleur comme pour le pire. Ça ne ressemble à rien d'autre dans l'univers étendu DC, lancé par Man of Steel en 2013, et à presque rien au rayon blockbuster. Artisan très respecté, lancé avec Saw et qui a gagné en ampleur et maîtrise au fil des films, James Wan opère sur DC comme sur la saga Fast & Furious lorsqu'il a signé le septième épisode : il injecte une dose de folie débridée et baroque, hautement instable mais potentiellement exaltante. 

Le résultat avec Aquaman est à double tranchant. Le film invoque Star WarsAvatarAbyssIndiana JonesLe Seigneur des Anneaux et Jules Verne, rappelle la folle démesure d'un Jupiter : le destin de l'univers, et se place plus que la plupart des films de super-héros dans la lignée de l'imagerie des comics. Quitte à ressembler à un jeu vidéo. Aquaman, c'est donc un tourbillon multicolore, curieux et exténuant, capable aussi bien d'exaspérer qu'émerveiller.

 

photo, Jason MomoaJason Momoa en Aquaman, la troisième est la bonne ?

 

LA PISTE AUX ÉTOILES DE MER

En près de 2h20, Aquaman va très loin. Trop pour une partie du public, c'est certain. L'aventure d'Arthur et Mera se déroule sur Terre et sous les mers, les mène d'un temple caché dans le Sahara à un royaume cauchemardesque dans la fosse des Mariannes, et les confronte à quantité d'ennemis plus ou moins ridicules, jusqu'à un climax sous forme de gigantesque bataille entre Pacific Rim et Sauvez Willy.

Comme s'il s'était dit qu'il n'aurait probablement plus jamais cette occasion, avec un tel budget et un tel super-héros, James Wan pousse tous les curseurs au maximum. Quitte à saturer les yeux et les neurones avec une telle explosion de couleurs, de lumières, de mouvements et d'univers, qui se superposent et s'accumulent au point de ne jamais vraiment avoir le temps d'exister et respirer.

 

photo, Jason Momoa, Amber HeardAccrochez-vous à votre siège

 

Mais l'ambition est aussi claire que folle, et à l'écran, c'est hallucinatoire tant James Wan va loin. Les fonds verts et incrustations sont devenus un problème majeur pour bien des blockbusters, qui tentent de les masquer au mieux malgré une production industrielle ? Wan intègre d'office cette donnée, et lisse tout le film autour des effets parfois approximatifs. De quoi les noyer dans une mélasse assumée, plus harmonieuse dans l'extrême.

Le film parle d'un super-héros capable de parler sous l'eau et communiquer avec les animaux sous-marins ? Il le montrera sauter au milieu de dauphins, utiliser la gueule d'une baleine comme refuge, ou mener un armada de requins et raies.

 

photoUn film avec de biens sales bêtes

 

Les héros visitent le peuple des Trench, connus pour être sauvages et sans pitié ? Ils plongeront dans un enfer aquatique terrifiant, qui lorgne clairement vers le film d'horreur. Avant de découvrir une partie du monde complètement folle, qui repousse encore les limites de l'univers du film.

Des costumes aux coiffures, des vaisseaux aux armures, Aquaman ressemble à un film kamikaze, qui se contrefiche du bon goût et n'a peur de rien. C'est certes un pari risqué, qui risque clairement de repousser beaucoup de spectateurs, mais dans le paysage actuel, c'est comme une bulle d'air. Car ici, il n'y a pas de bureaux du gouvernement, de rues de métropole américaine, de parking sombre ou de planète générés par ordinateur. Il y a bien plus, et probablement bien pire. Mais c'est beaucoup plus drôle.

 

photo, Amber Heard Mention spéciale à la robe tentacules-méduses de Mera

 

ENTRE DEUX EAUX 

Ce trop-plein aux airs de pot pourri va régulièrement trop loin, ou manque sa cible. L'impression d'assister à un enchaînement mécanique de scènes utilitaires, où une discussion formatée est interrompue par une explosion, est vite ridicule. Tout semble traité en accéléré et dès qu'il s'agit des personnages, le film avance par à-coups, incapable de les laisser respirer.

La relation entre Arthur et Mera, soi-disant inspirée par À la poursuite du diamant vert de Robert Zemeckis, est particulièrement ratée. L'écriture est pataude, d'une paresse souvent spectaculaire, avec des dialogues qui ne sont pétillants et charmants que dans l'esprit dérangé de producteurs et scénaristes à la cinéphilie atrophiée.

 

photo, Patrick WilsonPatrick Wilson s'en sort miraculeusement bien, malgré l'écriture

 

Probablement talentueux dans d'autres circonstances, Jason Momoa et Amber Heard ne réhaussent jamais les scènes, et oscillent entre une légèreté appuyée et un premier degré hilarant lorsqu'une phrase parfaitement débile est prononcée dans un mouvement de cheveux et de hanche savoureux. 

L'humour est d'ailleurs l'un des gros ratés du film, tant Aquaman n'est jamais drôle. L'intention est là, mais trimballer ce métalleux mouillé, tatoué et musclé à droite à gauche, en lui donnant des répliques sorties d'une autre décennie ("Permission to come aboard"), ne suffit pas. Ce n'est certainement pas pour rien si Arthur et Mera sont à peu près les seuls porteurs de cette légèreté, tandis que tous les autres semblent jouer dans du Shakespeare : la drôlerie n'a rien à faire ici, et James Wan n'a pas l'air d'y croire.

 

photo, Jason Momoa, Amber Heard Game of Trident

 

ÉBULLITION

Sans surprise, le film joue sur plusieurs tableaux, avec des grands écarts parfois aberrants. La musique de Rupert Gregson-Williams offre quelques beaux moments (dont une entrée dans Atlantis aux accents de Tron), le compositeur Joseph Bishara (AnnabelleConjuring et Insidious) apporte sa touche horrifique à la superbe scène des Trench (qui confirme la forte influence de Geoff Johns), mais ailleurs, l'utilisation d'un remix de Depeche Mode ou de Pitbull relève de l'infamie.

L'histoire est en pilotage automatique avec des dialogues surexplicatifs digne d'un jeu vidéo, et tout ou presque aurait mérité plus de temps à l'écran (au hasard, les dinosaures). Black Manta, lui, pourrait même être retiré du film sans réellement endommager l'intrigue. La caméra de James Wan est heureusement virevoltante, et cadre l'action avec un découpage clair et précis - choses devenues trop rares dans la galaxie des super-héros. Il offre ainsi une poignée de scènes très ludiques, avec parfois une brutalité bienvenue, et où il rappelle son appétit pour les mouvements amples et aériens.

 

photoBlack Hole de scénario

 

Bien des moments laissent le terrible choix au spectateur de rire ou d'embrasser ce blockbuster outrancier. Mais James Wan assume tellement cette folie que l'aventure est souvent charmante, avec ses pieuvres percutionnistes, ses lacs sous-marins de lave ou ses délires Lovecraftiens. Quand il filme le baiser des deux héros, c'est littéralement sur fond de gigantesque feu d'artifice, dans un travelling à la Brian De Palma qui semble gentiment se moquer du cahier des charges hollywoodiens.

Le signe que derrière cette superproduction, il y a bien un réalisateur. Pas en pleine possession de ses moyens, vu les enjeux de studio, mais bien plus présent que dans quantité de films du genre.

 

affiche finale

Résumé

Aquaman est le film de la surenchère, où James Wan semble sortir tous ses jouets pour les empiler dans un spectacle qui déborde de tous les côtés. Dans le lot, il y a des idées, des images et des ambitions exaltantes, qui en font un film fou. Il y a aussi de quoi se dire qu'Hollywood déraille complètement et que la saturation est réelle.

Autre avis Simon Riaux
Un film si boursouflé, si perpétuellement grotesque, à la ramasse et déficient narrativement qu'il tourne progressivement à la parodie. Les amateurs de nanar métastasé pourront y trouver un certain plaisir.
Autre avis Christophe Foltzer
Aucun intérêt, scénario qui part dans tous les sens, James Wan s'amuse avec ses VFX pour nous en mettre plein la vue et nous faire oublier des acteurs pathétiques, une action bordélique et un manque de passion certain. DC copie Marvel par-dessus son épaule mais n'arrive à voir que la moitié de ce qu'il écrit.
Autre avis Alexandre Janowiak
Drôle de film que ce Aquaman, sorte de mash-up entre Star Wars, Avatar et Le Seigneur des anneaux pour le meilleur et le pire. Doté de belles idées de mise en scène et de scènes d'action lisibles, sa durée est si longue que l'ensemble en devient interminable. Heureusement, le film a surtout le mérite d'être ultra-généreux et plutôt fun.
Autre avis Mathieu Jaborska
Des hectolitres de mauvais goût, des requins de combat, des pectoraux saillants, des bastons interminables, du cabotinage de l'espace, Dolph Lundgren et UN PUTAIN DE KRAKEN GÉANT : tout ce qu'on attend d'un blockbuster super-héroïque, en somme.
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Lecteurs

(3.3)

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commentaires
HE1971
23/03/2021 à 12:21

Je trouve que les critiques sont trop durs avec ce film.

Aqua man est et à toujours été pour moi un super-héros improbable dans l’univers de DC.

Dans ce film, on lui donne une dimension « bad boy » que j’adore.

J’aime aussi l’idée des peuples de la mer qui veulent prendre leur revanche sur les surfaciens irresponsables qui polluent les océans.

J’ai aussi adoré le sujet du racisme et du conflit entre les races dans le filme Toutes ces dimensions peu exploitées dans les comics.

Pour les effets spéciaux, franchement, depuis Terminator 2 Hollywood a pris l’habitude de nous en mettre plein la vue, si vous êtes fatigués des fonds vert et du CGI, allez au théâtre ou allez voir des bons vieux films français biens soporifiques.

Une pieuvre qui joue du tambour ? C’est du second degré. Comme les requins blancs qui servent de chevaux.

Ma scène préférée ? Le petit cours d’histoire en Sicile où le héros identifié Romulus comme le premier roi de Rome.

Deux regrets :

- la mer intérieure au centre de la terre : ils sont gentils mais c’est une idée du 19e siècle largement éventée depuis

- la Fosse qui située en Méditerranée alors qu’on a la fosse de Mariannes qui aurait quand même été plus cool.

Sanchez
21/03/2021 à 23:43

Scénario conçu par un ordinateur, le film est un sommet de laideur qu’on pensait avoir atteint avec les avengers, man of steel et wonder woman. Je me souviens que jadis certains de mes potes enfants avaient honte d’aimer power rangers et ils avaient bien raison. Aujourd’hui on reprend la même esthétique et on en fait des films 250 millions.

jawssm
21/03/2021 à 17:27

Fait en dépit du bon sens, écrit à la truelle et d'une laideur! Heureusement que Snyder connaît son boulot avec les scènes sous-marines de son audacieux Justice League.

Micju
21/03/2021 à 16:48

La cène ou la pieuvre joue du tambour.Ma copine m’a regardé d’un œil accusateur comme pour me dire. « Je peux pas croire que tu m’as amené voir cette chose. »Mais bon l’acteur est plutôt sympathique et la chimie entre lui et l’actrice fonctionne bien. Mais avec Shazam et ce film ne venez plus jamais me parler du sérieux de DC comparer à Marvel.

Nautilus
02/10/2020 à 05:38

Mauvais film. Et c'est dommage car il y avait du potentiel... Certaines scènes sont magnifiques mais le tout est gâché par un scénario bâclé, des dialogues médiocres, un humour qui n'en porte que le nom... On ne peut pas coupler vaudeville et tragédie, surtout si chaque genre sonne complêtement faux. Mentions spéciales cependant aux costumes imaginés,à l'anneau de feu, aux combats Siciliens, à l'entrée dans la fosse, mais aussi à Patrick Wilson, qui surnage dans ce navet.

Flo
31/01/2020 à 12:50

« …et avec votre poisson, vous voulez quoi comme sauce ?
– un peu de Curry.
– ?? » ????

À l’origine, un même type de personnage, copié sous diverses formes suite à son succès: Superman… On en aura un dérivé « sombre », un magique, un féminin etc…
Et parce que le mythe de l’homme poisson et de l’Atlantide était très intéressant dans les récits d’aventure de l’époque, on aura donc Aquaman… Lui aussi enfant de deux mondes assez éloignés, les mêmes traits réguliers de surhomme mais en blond (« métisse » néanmoins). Avec cette rareté dans ces comics d’avoir à amener ce personnage dans une voie pas uniquement défensive… – à peine écologique, car le coté « je parle aux animaux » en fait surtout un sous-Tarzan, les poissons étant moins charismatiques, et avant tout de la bouffe, pour plein de monde… d’où sa réputation ringarde –
Donc défensif le bonhomme, mais aussi aussi royal.
Or ce paradoxe fait aussi que ce personnage puisse avoir des difficulté à être assez populaire tant, en plus de sembler se limiter un peu trop à un seul environnement (qui est néanmoins extrêmement varié), il apparaît alors comme un quelqu’un de « binaire », devant continuellement choisir entre être un Roi, donc devant d’abord se préoccuper de sa Nation… et être un Super Héros, donc devant se préoccuper de l’Univers entier.
Et malgré tout, en tout cas si on cherche de la complexité… les deux façons de faire ne peuvent pas toujours cohabiter, car l’envie d’un Peuple n’est pas forcément le même que pour ceux qui sont étrangers à ce Peuple…

C’est ce que ce film Aquaman aborde… mais vraiment très légèrement. C’est à dire qu’on a là un pur film de Super Héros, forcément kitsch à force de couleurs vives, clichetonneux, qui rentre dans le tas et ne fait pas de trop long discours, OK… Mais dont les moyens techniques rendent le tout plus ambitieux que ce qu’il a finalement à raconter…
On y parle vite fait d’Écologie, de rivalité fraternelle avec un méchant en mode « nazi »… encore une fois dans un film DC…
bien peu de politique, très auto-contenu dans le « World of DC » (au risque d’être peu cohérent), pas trop de sur-explications contextuelles sur l’Atlantide, (ça fait du bien), une piste intéressante sur la revanche de Black Manta, qui aurait pu en faire une sorte de héros tragique face à un Arthur Curry qui serait un salaud orgueilleux… même ça, ils n’osent pas le traiter (ça sent la suite surtout)…
Et à peine, l’idée excitante d’en faire un Roi Arthur moderne, venant à peine de trouver son Excalibur…
En fin de compte, on n’a rien de plus original que le tout venant des adaptations de comics récentes… l’expérience du genre reste en mémoire: tout ce qu’on y voit, on est sûr de l’avoir déjà vu ailleurs il y a pas longtemps… « Blaquaman Ragnarok and the Wasp » si vous voulez, vous trouverez les correspondances tous seuls facilement.

Mais, plus que par rapport à la Concurrence, ce qui semble un sacré revirement c’est de voir un Studio comme Warner, dont l’identité profonde les porte plus vers du divertissement un poil plus « mature », nous donner ce qui ressemble plus à un pur film d’Aventure… à la Disney (pas Marvel donc).
Tout y est: un budget énorme, où l’argent heureusement est à l’écran, mais où ainsi tout parait facilement artificielle, comme du cartoon… et plein de scènes techniques assez virtuoses mais sans trop d’inventions, qui plus est avec un seul style (besoin d’un flashback ? la même photo et je mets du numérique, j’en mets partout)… et donc une uniformité bien lisse…
De l’action ? hop, un plan-séquence qui passe à travers les distances et les murs, ce que tout gros film nous fait les doigts dans le nez aujourd’hui…
Des guerriers ? Je pense LOTR alors…
Le Rythme ? Une musique à la Mad Max Fury Road, surlignée jusqu’à l’absurde, et que « je te présente les personnages de la manière la plus éculée ou la plus plate possible »…
Un peu buddy movie (mais homme/femme, sans forcer trop la romance), deux héros à égalité car il faut bien une fille courageuse pour compenser une brute sympathoche mais pas malin… et tant qu’à faire, chacun va découvrir le monde de l’autre au delà des préjugés en ne se baladant que dans… les endroits les plus beaux.
On aura aussi des plans sur des animaux rigolos, des gags si forcés et de gout douteux qu’on a souvent envie de leur dire « non, arrêtez, ne faites pas ça »… aucuns gentils qui se sacrifient, aucunes morts vraiment marquantes et quelques soldats atlantes anonymes snobés…

Non, tout ça est vraiment un pur film pour Enfants, bien rassurant et avec de bons sentiments. Conservateur, ce qui reste dans l’ADN de DC Comics… Et même le Retour de Mary Poppins a plus de moments anxiogènes que ça. On aurait pu le sortir cet Été que ça aurait été tout aussi approprié… Mais pour les fêtes de fin d’années, ça ne change rien.
La Dramaturgie ne sort pas gagnante de là, l’Industrie oui.
Après tout, il y a la manière dont ces films DC ont été conçus dès Snyder, sur ce postulat défaitiste qu’il fallait déringardiser ces héros en les rendant badass et brutaux…
Le Aquaman de Jason Momoa, plus en mode version série animée The Brave and The Bold –
https://www.youtube.com/watch?v=cSdEZbJCiDQ
https://www.youtube.com/watch?v=19ENf36bpco
https://www.youtube.com/watch?v=DsjIp3ltvEM
… fait ce qu’on lui dit: être musclé et marrant, un vrai Hulk Hogan, à peine ironique, et qui va de temps en temps baisser la tête d’un air grave et se dire que « des fois, c’est difficile ».
James Wan, lui, fera aussi ce qu’on exige de lui: manier une caméra, veiller à ce que tout ça soit attirant… et en échange, on laissera au mec formé aux films d’horreur de Blumhouse le privilège de mettre en scène des monstres marins impressionnants… pendant 15 minutes, à tout casser.

L’avantage ici est d’être différent de films comme Thor ou Green Lantern, très chiches dans la représentation de la diversité d’un univers… Là, on en a tellement pour un film introductif (comme s’ils ne pensaient jamais à la possibilité de suites), surtout quand Warner produit des Harry Potter hyper dilués, que certains habitués des super héros risquent de ne rien comprendre… ou de faire preuve de mauvaise foi.
Encore plus si on ne fait rien de réaliste, qu’on parle sous l’eau ou qu’on y fasse la fusée, qu’on s’habille en mode « aquarium »… « Balek », comme si on était dans un Conte de Fée live.
Mais en allant très loin dans l’aventure si tôt, le risque de se disperser empêche bien d’avoir un intérêt plus empathique pour les héros, les vilains, les enjeux etc… Manque un point de vue précis, et on se demande ce que ça aurait été si Wan avait tout misé sur les monstres marins pendant les deux tiers du film… Tant mieux pour tous les mômes, orientaux inclus tant ce film drague avec un aplomb incroyable ce public là, bien éloigné du cartésianisme occidental. Bon, c’est pas non plus Pacific Rim hein, y a pas un Auteur en responsable principal de l’histoire, c’est complètement un film de producteurs.

Mais ce qu’il fait de manière faussement banale (ou faussement révolutionnaire, on sait pas)… il le fait Bien, Efficace, Beau… littéralement Poseur mais en mode Fun, sans se prendre trop au sérieux comme avant Wonder Woman et Justice League (qu’il surclasse au niveau visuel)… et heureusement, allant jusqu’au bout sans se planter sur la Fin. Certes, comme souvent chez DC, « si c’était sorti il y a des années »… Toujours le coté un peu désuet de DC.

Un bon moyen de patienter avant les suites du tout aussi gentillet Avatar. Et celle de cet Aquaman – sans compter le tout aussi enfantin Shazam.
Le « vrai » challenge se fera à ce moment en fonction de la qualité dramatique respective de ces suites, de la plus-value qui y sera apportée.
Pour le moment, RAS… vous êtes venus vous marrez sur grand écran ? Vous avez eu ce que vous vouliez… sans plus, mais pas sans rien…

Cool, Nec Mergitur ! ????

Rudy Mako
03/11/2019 à 20:16

Ce film est une abîme scénaristique. Rien de nouveau, rien de surprenant. C'est un film banal,

Pat
26/10/2019 à 11:56

Pour moi ce film est une très bonne surprise certes les 10 premières laissent présager le pire et certains passages sont kitch surtout dans la dernière demi-heure mais sinon c'est un véritable film d'aventures très agréable à suivre et vraiment prenant.
Pas un de ses films de super-héros se prenant trop au sérieux.

Micju
26/10/2019 à 00:57

J’ai décroché au moment où une pieuvre jouait du tambour. J’ai juste quitté ma salle. La vie est trop courte.

Pat
17/03/2019 à 19:58

Pour ma part c'est une très agréable surprise, un divertissement de haute volée.

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