Blade Runner 2049 : le film de Denis Villeneuve a t-il vraiment été une catastrophe au box-office ?

Créé : 31 décembre 2017 - Geoffrey Crété
Geoffrey Crété | 31 décembre 2017
Photo Ryan Gosling
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Blade Runner 2049 n'a pas été à la hauteur des attentes côté box-office.

C'est presque beau : 35 ans après Blade RunnerBlade Runner 2049 de Denis Villeneuve marche dans les pas du classique de Ridley Scott avec une carrière en salles très loin des attentes, et une foule de spectateurs convaincus que le film sera sauvé avec les années.

Propulsé par une revue de presse dithyrambique, vendu comme un blockbuster, le film porté par Ryan Gosling et Harrison Ford n'aura pas séduit les foules, divisant profondément le public entre les spectateurs charmés, transportés et satisfaits, et ceux qui sont restés insensibles à la suite du film culte. Grand film incompris et visionnaire, ou entreprise fumeuse et creuse : le débat continue de faire rage.

Alors que la carrière de la superproduction touche à sa fin, petit retour sur cet événement de 2017, côté business.

 

 

 

LE BUDGET

Blade Runner 2049 aurait officiellement coûté 150 millions de dollars - la rumeur parle de plus, aux alentours de 185 millions. À titre de comparaison, c'est moins que Spider-Man : Homecoming (175 millions de dollars), Thor : Ragnarok (180 millions), Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 (200 millions) ou encore Fast & Furious 8 (250 millions). C'est proche de Wonder Woman (149 millions) et Mad Max : Fury Road (150 millions), une autre suite d'un film culte sortie des décennies après.

C'est sans compter un coût marketing non négligeable, le film ayant été porté par une promo classique (tournée des acteurs dans le monde, foule de bandes-annonces et spots TV). Étant donné que les experts de l'industrie hollywoodienne affirment qu'une enveloppe marketing à ce niveau de production peut coûter entre 50% et 100% du budget du film, le coût réel de Blade Runner 2049 pourrait se situer entre 225 et 300 millions.

Pour beaucoup, c'est le principal facteur du semi-échec : un coût trop élevé pour un film qui n'obéit pas aux règles classiques du blockbuster, par sa durée (2h44), son rythme et sa tonalité, inhabituels à ce niveau de budget. En plus d'une "marque" trop confidentielle, certes attachée à un film culte, mais au potentiel de franchise très limité. Une mise de départ trop élevée, qui aurait donc été comme une balle tirée dans le pied.

La classification R Rated aux Etats-Unis (interdit aux mineurs de moins de 17 ans non accompagnés) est également un facteur important à prendre en compte. 

 

Photo Ryan Gosling

Ryan Gosling est le héros de la suite

 

LE BOX-OFFICE DOMESTIQUE

Avec 91,5 millions de dollars récoltés aux Etats-Unis et au CanadaBlade Runner 2049 est un échec clair. Sachant que les recettes domestiques rapportent plus et plus facilement dans les caisses du studio, voir une superproduction à 150 millions (voire plus) ne même pas dépasser la barre des 100 millions en salles est un coup dur la Warner, Alcon Entertainement et Sony.

Surtout avec une revue de presse et une aura si nobles, et une équipe de rêve, qui étaient a priori une équation parfaite - surtout à l'heure où les studios et réalisateurs accusent régulièrement les agrégateurs de critiques et autres indicateurs de satisfaction, d'être à l'origine des échecs des films en salles en générant un buzz négatif.

 

Photo Ryan Gosling

 

LE BOX-OFFICE INTERNATIONAL

Blade Runner 2049 peut souffler un peu grâce au box-office mondial, comme la majorité des blockbusters. Avec 163, 1 millions de dollars, le film de science-fiction sauve les meubles.

Le Royaume Uni (25 millions), l'Allemagne (12,4 millions), la Chine (11,6 millions), la France (11,3 millions), l'Australie (10,1 millions), le Japon (10,4 millions) et la Russie (9,8 millions) sont les territoires majeurs.

C'est néanmoins peu vu l'ampleur du film. Valerian et la Cité des mille planètes a encaissé 62 millions de dollars en Chine, quand Interstellar, un autre film de science-fiction à la durée peu ordinaire, y a récolté plus de 121 millions en 2014. Blade Runner 2049 a si peu enthousiasmé le public chinois qu'à sa sortie, il a vite été dépassé par Geostorm, le film catastrophe nanardesque avec Gerard Butler.

 

Photo Ryan Gosling

 

PAR RAPPORT À L'ORIGINAL

Blade Runner de Ridley Scott a été un échec à sa sortie en 1982, et aura mis des années avant d'être réhabilité, au fil des différentes versions et en grande partie grâce à l'engouement d'une base de fans grandissante.

Il avait engrangé environ 33 millions, pour un budget de 28. Avec l'inflation, c'est un budget d'environ 70 millions, et presque 85 millions au box-office. C'est un ratio de rentabilité très proche de Blade Runner 2049 en 2017, qui montre que malgré des moyens bien plus importants, la suite n'a pas réussi à surpasser un univers probablement trop mystérieux pour le public. D'autant qu'il a bénéficié d'un nombre de copie plus important aux Etats-Unis : plus de 4000, contre à peine 1300 pour le premier film.

En France, le premier film a été un succès, avec plus de 2 millions d'entrées, sans compter les ressorties en 1992 et 2015. Blade Runner 2049 a fait moins : 1,2 millions.

  

Photo Harrison Ford

  Harrison Ford

 

LES RAISONS

Divers avis et points pour expliquer cette déception proche de l'échec financier. Le premier : l'idée même d'une suite à un film certes culte, mais qui reste une œuvre noire, complexe, et loin de correspondre à une étiquette grand public. Ressortir des marques du passé, des décennies après, est une opération de plus en plus courante à Hollywood, mais l'idée du retour de Blade Runner était probablement périlleuse dès sa genèse.

Le film original a longtemps divisé, et continue à en laisser certains dubitatifs malgré l'aura de film incontournable. Les producteurs ont de toute évidence surestimé le pouvoir des fans, voyant dans la popularité de Blade Runner qui s'est construire au fil des décennies l'assurance d'une attente et d'un succès.

Autre raison invoquée : la durée, qui a privé le film de plusieurs séances par jour, et certainement découragé de nombreux spectateurs en plus de nourrir un bouche-à-oreille négatif. Ridley Scott lui-même a admis que Blade Runner 2049 était trop long récemment : « C'était beaucoup trop long. Putain de merde ! Et la plus grande partie du script vient de moi ! ». Denis Villeneuve a pour sa part expliqué que le premier montage durait quatre heures, et que les producteurs très confiants l'ont laissé finaliser une version à sa guise, le film sorti en salles étant sa director's cut.

 

La première bande-annonce énigmatique

 

La promo du film a également été pointée du doigt. Plus préoccupée par l'ambition visuelle et l'atmosphère que l'histoire et les personnages racontés, Blade Runner 2049 aurait repoussé une partie du public, pas très sûr de savoir ce qui était vendu. Il y a bien eu quelques efforts dans ce sens, avec notamment un court-métrage sur l'univers, mais difficile de ne pas imaginer des spectateurs confus face à ce Los Angeles futuriste, et une mythologie peu connue par le grand public. Et notamment les plus jeunes, qui constituent pourtant la cible la plus précieuse. La peur de beaucoup d'un long film plus proche de l'auteur que du divertissement hollywoodien, presque revendiqué dans la promo, a certainement joué contre sa carrière.

Enfin, raison privilégiée par les défenseurs du film : l'œuvre de Denis Villeneuve n'a pas été comprise, car trop extrême, trop extraordinaire, voire trop intelligente pour son époque. À l'heure où le public se rue sur les films de super-héros et où Disney, considéré par beaucoup comme l'Antéchrist, domine l'industrie du grand spectacle, la carrière très décevante d'un film de science-fiction comme Blade Runner 2049 serait tristement logique. Avec sa durée, son rythme, sa quasi absence d'action, ses thématiques profondes et son positionnement exigeant pour le spectateur habitué au pop-corn confortable, la suite ne pouvait qu'être rejetée. Et ne pourra qu'être sauvée et considérée à sa juste valeur dans les années à venir. 

 

Photo Harrison Ford

Harrison Ford dans le premier Blade Runner

 

L'envie de ne pas reproduire l'erreur commise à la sortie du premier film, qui a vu de nombreux critiques et cinéphiles retourner leur veste après avoir détesté Blade Runner à l'origine, a certainement été là. Détester Blade Runner 2049 en 2017, c'est peut-être prendre le risque de passer à côté d'une future œuvre culte qui sera perçue comme un grand film d'ici quelques décennies. Et à une époque où les débats ont tendance à vite se polariser et balayer les nuances, la prise de position a rapidement pris une tournure extrême, sans nécessairement attendre le minimum de recul qui a permis à la plupart des classiques du septième art d'être digérés.

 

Photo Denis Villeneuve, Ryan Gosling

Denis Villeneuve et Ryan Gosling sur le tournage

 

LES CONSÉQUENCES

En novembre, The Hollywood Reporter parle d'une perte de 80 millions pour Alcon et Sony (qui a néanmoins bénéficié d'un accord en amont qui lui permet de récupérer en premier sur les recettes). Jeff Goldstein de la Warner a reconnu la déception en octobre : « Nous avons fait un bon score dans les réseaux des grosses salles. Alcon Entertainment et Denis Villeneuve ont fait un film incroyable. C'est simplement que le public était moindre que ce que l'on pensait. »

Première conséquence probable : l'univers Blade Runner ne sera vraisemblablement pas étiré en franchise, d'une manière ou d'une autre. Denis Villeneuve avait évoqué lors de la promo des idées pour de possibles suites, tandis que Ridley Scott a créé dans Prometheus un pont entre les deux univers de science-fiction avec la mention à peine cachée de l'entreprise Tyrell autour du personnage de Peter Weyland. L'apparition d'une forme semblable à celle d'un Ingénieur dans un plan de Blade Runner 2049 n'a pas manqué de relancer la question chez les fans.

 

Photo Ryan Gosling, Sylvia Hoeks

Y a t-il réellement un Ingénieur dans cet endroit ? 

 

Pour Denis Villeneuve, a priori aucune inquiétude. Si sa première expérience de blockbuster n'a pas été le succès attendu (ses plus gros budgets avant Blade Runner étaient dans la fouchette des 40 millions), il est bel et bien l'un des réalisateurs les plus courtisés. Il prépare Dune, nouvelle adaptation du classique de Frank Herbert qui est l'un de ses plus vieux rêves, et continue d'être mentionné pour un prochain James Bond et le film consacré à Cléopâtre. Sans compter que la critique, et une grande partie du public, le considère comme l'un des cinéastes les plus doués actuellement, continuant à forger une image de marque qui a son importance.

Le cas Ryan Gosling est intéressant : très populaire depuis Drive, nommé aux Oscars, salué par la critique et célébré par le public pour diverses raisons plus ou moins cinéphiles, il cédait pour la première fois à l'appel des superproductions, probablement séduit par la nature inhabituelle de Blade Runner 2049. Que le public ne se soit pas déplacé en masse pour le voir, contribue à rendre sa place intéressante et spéciale, surtout à côté de Song to Song de Terence Malick, autre exemple de prestige boudé par le public. 

 

Affiche française

commentaires

Stef
06/01/2018 à 03:55

J'ai lu le commentaire de sylmarillion... il m'a bien fait rire !

Cpl Dwayne Hicks
05/01/2018 à 12:10

Bonjour à tous,
j'ai visionné BR 2049 récemment et je dois dire que j'ai bien aimé!
Bon, j'avais vraiment envie de le voir et j'étais dès lors dans de bonne condition (indispensable pour ce genre de film).
L'ambiance générale est plutôt correcte. Image impeccable. La durée du film ne m'a pas semblé longue. Pour ce qui est du soit-disant contemplatif ... heu... regardez un film de Terence Malik et on en reparle! Si vous êtes un minimum dans le film, la longueur des plans sont juste bien histoire de pouvoir s'imprégner de l'ambiance. Ryan crève l'écran et joue bien son personnage à la recherche de son identité. Il s'agit bien d'une suite au premier BR avec un univers similaire (c'est normal), quelques clins d'oeil de mise en scène appréciables (pour les fans du premier), quelques liens (archives et personnages) au premier, sympathiques également. En gros, ce n'est pas une suite à la Star Wars en mode copier-coller. L'intrigue est correcte et j'avais envie de connaître la fin. Maintenant, la musique aurait pu être un peu mieux exploitée. On est loin d'une bande son envoûtante du premier. Une ou deux scènes un peu longuettes (monologue de Jared). La copine virtuelle de K est un peu perturbante au début mais on si fait (ça développe le côté solitaire de K). Voilà, il est clair que BR 2049 est pour moi plus facilement appréciable si on est fan du premier. Bonne année à tous...

Mathieu
03/01/2018 à 12:54

Dommage qu'un tel film soit à ce point boudé par un plus large public mais hélas ce n'est pas surprenant.
Cette suite est, pour ce qui me concerne, un petit chef d’œuvre, peu importe ce qu'en évalue tristement l’arithmétique économique d'un box office.

Maxouzzz
02/01/2018 à 11:42

Tout ceci n'est pas surprenant sachant que le cinéma n'attire plus que des blockbusters décérébrés pour bouffeur de popcorns et chips mangeant la bouche grande ouverte. Sans être un grand fan de cette suite, je dois lui reconnaître certaines qualités évidentes. Ce film s'adresse certainement à un public d'initié qui ne se satisfait plus des Marvel et autres super-héros. Plus fondamentalement, ce qui m'attriste c'est qu'il y a avait pourtant de la place pour ce genre de films sur le grand écran mais le résultat de Blade Runner ne va certainement pas arranger les choses. Par ailleurs, je pense que Dune ne fera malheureusement pas mieux.

Geoffrey Crété - Rédaction
02/01/2018 à 09:54

@sylvinception

Non, nous n'en avons pas marre, et non, il n'y a aucun acharnement. Ceci est un bilan box-office, qui est un point business qu'on fait régulièrement sur de gros films, peu importe ce qu'on en a pensé.

(The) Aurelio
02/01/2018 à 09:54

Le film est vraiment beau mais clairement trop intelligent, trop contemplatif pour le grand public...

sylvinception
02/01/2018 à 09:48

Vous n'en avez pas marre ?? Vous acharner sur ce film génial, tout ça parce que vous ne l'avez que "moyennement" apprécié, ça devient vraiment gonflant, surtout quand tous les sujets se ressemblent...

Stridy
02/01/2018 à 08:55

A l'annonce d'une suite tout le monde a annoncé un désastre.

Puis l'arrivée de Villeneuve et ensuite un trailer volontairement nostalgique ont donné un espoir pour les cinéphiles.

C'était une erreur de croire que Villeneuve seul pouvait changer les choses.

Le film ne pouvait intéresser que certains cinéphiles. Et les jeunes ne savent même pas ce que c'est. Je ne comprends pas comment ils ont pu croire qu'ils allaient attirer autant de monde qu'un Marvel.

Le rapport budget/potentiel d'entrées est faux dès le départ...

Sylmarillion
02/01/2018 à 01:48

Beaucoup de personnes tente de comparer le "chef d'oeuvre" de Ridley Scott à celui-ci, mais beaucoup n'étaient pas là à la sortie du premier Blade Runner et n'ont donc qu'une vision tronquée de la réalité. Parce qu'il est culte, on y trouve un meilleur caractère. Pourtant, si on regarde bien, le premier Blade Runner n'est pas non plus un film qui casse trois pattes à un canard si on ne connaît pas sa réputation.

En effet, certains plans ne servent à rien, le scénario semble parfois absent, les fils conducteurs plus que tirés par les cheveux. Et pourtant, on s'accorde tous à dire qu'un tel film est une des bases de la SF.

Quelques exemples:

1* La tueuse d'élite dans le club de strip-tease qui après avoir presque tué Deckard en un coup dans la trachée pars en courant parce qu'une de ses copines a ouvert la porte. Pour une unité d'élite entrainée (le cv qui est fait d'elle), la "disparition" dans la foule et la course en ligne droite est une sacrée preuve d'intelligence...

2* JF sebastien qui fait les poubelles et les réplicants qui savent où afin de tendre leurs "pièges" avec une fausse intrigue pour apprendre son nom.

3* Les techniques de combat de Pris...Non mais sérieux, des roues pour se déplacer? En vrai, je gifle le scénariste qui me propose un truc comme ça sur un script.

4* Roy...Alors, il veut tuer Deckard, mais alors qu'il peut le tuer autant de fois qu'il veut, il lui brise des doigts, le poursuis en caleçon en chantant, le rattrape quand il va tomber du toit, pour finalement mourir d'une façon que j'imagine encore tellement je suis pas sûr, je pense qu'il était arrivé à la fin de son délai de vie, m'enfin, voila quoi...

5* Les origamis....Aucune explication, chacun imagine ce qu'il veut et y voit le message qu'il a envie...on va pas se casser la tête après tout.

Enfin, je ne vais pas faire le tour complet de chaque détail, tout ça juste pour rappeler qu'à l'heure actuelle, des films avec autant de "défauts" sont purement boycottés, traités de navets insipides et disparaissent dans les bas-fonds. Blade runner quand à lui, a une page Wikipédia digne de la seconde guerre mondiale avec une explication et des sens à presque tout le film alors que je doute que le scénariste et toute la clique de réalisation aient pensé à tout ça lors du montage.

C'est un peu le principe du peintre. Il fait son "oeuvre" et des personnes vont tenter d'analyser ce qu'il a voulu exprimer...Chacun peut y voir un peu ce qu'il a envie. Une musique ne nous fait pas tous penser aux mêmes choses, les films c'est pareil.

Les gens aiment globalement des films où il n'y a pas trop matière à réfléchir, on rentre dans la salle, on dépose son cerveau au pied de son siège et on oublie pas de le remettre quand la lumière se rallume.

Comparé Blade Runner 2049 et un "BlockBuster" c'est comme comparé Jul et Wagner...

J'ai retrouvé l'esprit et l'atmosphère du premier, les acteurs sont à la hauteurs de leurs jeux, le scénario a une certaine profondeur, c'est un excellent film qui vaut largement la flopée de marvel sans scénario mais bourré d'effets spéciaux que les gens s'arrachent.

Holly Body
02/01/2018 à 00:10

@Nicotine46

Sans parler du fait que ces articles sont arrivés après la sortie (les premiers ayant été les rapports box-office du week-end de la sortie US : basés donc sur le public et son engouement), voire longtemps après (l'article ici), c'est bien d'infantiliser le public. Blâmer les grands méchants médias, poser un regard condescendant voire méprisant sur "les gens" incapables de lire ou de se faire leur propre opinion (sans compter que tout le monde ne lit pas la presse, et la majorité des gens selon les statistiques va au cinéma après avoir vu une bande-annonce, et pas en se basant sur un rapport box-office... sans compter que ceux qui lisent la presse pour avoir un indicateur de critique, auront été poussés par la presse à aller voir ce film vu l'engouement général), dire que c'est racoleur de parler d'échec quand même le studio l'admet à demi-mots, parler de réalité travestie sur un article avec un "?" dans le titre et à l'heure d'un bilan box-office objectivement pas bon (peu importe qu'on adore le film ou pas : ici on parle chiffres, et ils sont très moyens, voire mauvais vu le budget, le marketing et les ambitions), dire que seules les personnes à côté de la plaque oseraient dire que c'est pas l'un des meilleurs films de l'année (vive la diversité des goûts et la police du cinéphile)... Bienvenue dans la nouvelle version du débat sur internet, toujours intacte en 2018.

(Et l'excuse pour les films qui ont fait des bides y'a 30 ans, quand y'avait pas le méchant internet, c'est quoi ? Et si c'était juste les goûts du public, et plein de facteurs, autre que la soit-disant bêtise latente du public et les méchants médias ?)

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