Warner sait pourquoi Blade Runner 2049 ne marche pas aussi bien que prévu

Mise à jour : 22/10/2017 07:34 - Créé : 11 octobre 2017 - Christophe Foltzer
Affiche française
184 réactions

Quand on lance un film dans les salles, qui plus est la suite tardive d'un chef-d'oeuvre, on s'attend à ce qu'il défonce tout sur son passage. Sauf que ça n'arrive pas toujours et qu'à un moment, il faut savoir où ça a coincé.

Ne nous faites pas dire ce que nous ne voulons pas dire, Blade Runner 2049 est très loin d'être un four depuis sa sortie en salles. Simplement, il ne fonctionne pas aussi bien que prévu. Là où la Warner prévoyait un minimum de 45 millions de dollars durant son premier week-end d'exploitation américain, le film n'en aura rapporté "que" 32.7 millions. Ce qui est bien mais pas top, comme disaient les Nuls.

 

Photo Ryan Gosling

 

Alors forcément, on cherche des explications, surtout en regard du gros budget du film (150 millions de dollars) et du matraquage publicitaire qui l'a précédé. Si nous avons déjà donné notre explication personnelle du phénomène, c'est maintenant au tour de la Warner Bros de faire son mea-culpa et d'essayer de comprendre ce qui a bien pu se passer. Et c'est en l'occurrence Jeff Goldstein, le président de la branche distribution américaine, qui a avancé sa théorie personnelle au micro de Reuters :

"Nous avons fait un bon score dans les réseaux des grosses salles. Alcon Entertainment et Denis Villeneuve ont fait un film incroyable. C'est simplement que le public était moindre que ce que l'on pensait."

 

Photo Ryan Gosling

 

En cause, donc, les petits cinémas, qui n'auraient pas attiré autant de monde qu'espéré, mais aussi un ciblage défaillant du film et de sa campagne marketing, qui n'aurait pas touché le public féminin et la jeunesse. Il pourrait aussi s'agir d'un problème de popularité générale du titre Blade Runner, pas aussi identifiable et aimé du grand public qu'un Star Wars ou un Star Trek. Quoi qu'il en soit, même si le film s'en tire honorablement, il n'est pas le carton attendu et, comme on le pressentait déjà il y a quelques jours, ce succès très relatif pourrait avoir des conséquences sur d'ambitieux projets à volonté clairement artistiques et au ton un peu plus sérieux.

Bien qu'il soit un peu tôt pour en tirer de vraies conclusions, il va falloir attendre la fin de son exploitation en salles pour savoir si Blade Runner 2049 sera le dernier survivant de son espèce ou si d'autres risques d'une telle ambition seront pris à l'avenir.

 

Photo Harrison Ford

commentaires

yello wsubmarine 12/10/2017 à 23:40

@blondin: entièrement d'accords.

Stridy 12/10/2017 à 08:00

Je ne comprendrai jamais comment on peut espérer des résultats mirobolants sur des films non familiaux (sauf exceptions).

Atréides 11/10/2017 à 22:16

@blondin

Ils savent comment l'appréhender, et je suis aligné sur eux. Le film a des qualités, parfois énormes... et des défauts, souvent très gênants. On peut parfaitement voir les deux facettes sans pour autant "passer à côté" ou ne pas savoir comment l'appréhender. Et si tu trouves le film 100% réussi, ça ne veut pas dire que tu es trop gentil ou clément : c'est juste une autre sensibilité.

Et puis le film est hautement défendu par la presse !! Ici et aux USA. Donc absolument pas d'accord sur 'la critique injuste et sous cotée"... On crie au génie à peu près partout.

Après, je dois dire que le fait de lire presque autant que c'est génial en partie parce que c'est mieux que (((citer un blockbuster moisi sorti ces derniers temps))), ça ne me convainc pas. Le nivellement par le bas, c'est un peu se lancer dans ces comparaisons pour moi. A ce jeu, on peut défendre un paquet de films imparfaits ou nuls en sortant un truc pire sorti en même temps. D'autant que les studios sont capables de sortir plein de trucs super intéressants, souvent acclamés par la critique et le public, sans forcément partir dans du gros budget.

blondin 11/10/2017 à 22:02

Comportement ambivalent d'EL qui un peu comme hollywood ne sait pas trop comment appréhender le film.
Une critique plutôt injuste et sous cotée, mais une envie de défendre un film tout à fait étonnant au regard du nivellement et de la standardisation des produits manufacturés dont nous innondent les majors américains.
Dommage d'avoir loupé ça EL!

Riku 11/10/2017 à 21:56

@Prometheus56

Rien à voir. Premier contact a coûté dans les 50M. Blade Runner 2049, dans les 150, sans compter une promo bien plus lourde.

Premier contact a fini à environ 200M dans le monde. Vu son budget c'est très bien. Avec ce chiffre, Blade Runner 2049 serait un échec.

S'il faut comparer, c'est avec un Interstellar au budget voisin, une durée également rallongée, qui a fini à 675M (dont une large partie grâce à l'international)... Ou Mad Max Fury Road, budget voisin, qui a fini à environ 380M...

Prometheus56 11/10/2017 à 21:48

Premier Contact a bien marché il me semble pour un film de sf hors saga assez mou et sans grosse star hollywoodienne. La longueur du film est sûrement un élément d'explication. Mais peut être aussi que la "marque" Blade Runner n'est pas aussi grand public que ça. Statut culte et succès ne vont pas tjrs de pair.

Tichke 11/10/2017 à 20:42

Les grandes œuvres, dans n'importe quel domaine de l'expression artistique, ont rarement déplacé les foules. C'est encore plus vrais dans le monde fast-foods actuel. Blade Runner à besoin d'être appréhendé, digéré, interprété. Tout le contraire de la plupart des block-busters binaires et bas de plafond actuels.

Jo 11/10/2017 à 20:22

Très déçu dommage

jjcharm 11/10/2017 à 20:12

Trop long quand on est souffrant je vais attendre le dvd.

Goossens 11/10/2017 à 17:57

On peut comprendre la déception de la Warner qui a financé beaucoup. Cela dit , le scénario de Blade Runner 2049 recèle de choix narratifs et d'exposition des personnages qui ont peut être désorienté un peu les fans de la première heure. Il fallait bien faire un choix me direz vous...Cependant je pense que le personnage de Deckard apparaît bien trop tardivement et que les questions existentielles de l'agent K ont suscité moins d"engouement comparé à la désespérance des repliquants Nexus 6 du premier opus. Donc moins d'empathie. C'est pour moi la faiblessé du film. Alors que par ailleurs des idées géniales alimentent l'environnement social de l'agent K. (L'hologramme par exemple ). A cela se surajoute un montage un peu fastidieux et du coup le bouche à oreille devient plus fastidieux en termes critique. Un film devenu trop cérébral et/ou contemplatif. Cela dit le film risque de gagner quand même en notoriété. .

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