Predator : entre suites et Aliens, la saga est-elle au bout du rouleau ?

Créé : 13 octobre 2018 - Geoffrey Crété
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Fêtons le chaotique The Predator en revenant sur la franchise un peu compliquée autour du chasseur.

Entre le Predator culte de John McTiernan en 1987 et le Predator de Shane Black en 2018 : trois décennies, six films, deux franchises séparées, et un foutoir qui aura sévèrement endommagé et transformé l'aura du chasseur de l'espace.

Alors que le nouvel épisode avec notamment Boyd HolbrookOlivia Munn et Jacob Tremblay arrive enfin en salles après une production particulièrement houleuse, retour sur la mythologie et la vie un peu compliquée du prédateur superstar, de sa naissance et ses multiples métamorphoses.

 

 

LA NAISSANCE

Le Predator est né dans l'esprit de Jim et John Thomas, deux frères qui imaginent d'abord un groupe d'aliens de différentes espèces, qui viennent en safari sur Terre pour chasser. Pour simplifier, le duo se recentre sur un seul extraterrestre, qui viendra chasser la plus dangereuse des créatures : l'Homme.

Le studio Fox s'y intéresse, et très vite, le producteur Joel Silver est mis sur le coup. Il embarque Arnold Schwarzenegger, et c'est grâce au producteur John Davis que John McTiernan, alors inconnu, est repéré et engagé. Le film sera un gros succès, qui lancera la carrière du cinéaste, confirmera le statut de l'acteur, et ouvrira les portes d'une franchise.

Sauf que le tournage de Predator a été un cauchemar. Le décor de la jungle luxuriante est en réalité marron et sec, ce qui oblige la production à ramener des feuilles vertes pour couvrir la terre. McTiernan, qui n'a même pas tourné la moitié du film arrivé au 57e des 56 jours prévus, inquiète tant le studio que la scène de l'attaque du camp de soldats est créée de toute pièce pour les rassurer et leur vendre du rêve.

 

photo, John McTiernanJohn McTiernan et Schwarzy

 

Et surtout, ce foutu Predator est un désastre. Pour laisser le temps aux équipes de le créer, le tournage cale toutes ses scènes à la fin. Mais quand les costumes arrivent, c'est une abomination, parfaitement grotesque et inutilisable - un poulet en caoutchouc rouge ou un gros lézard avec une tête de canard, selon les avis. Sans parler du cas Jean-Claude Van Damme, qui a bien failli porter le costume, avant d'être viré pour une raison encore floue - selon les sources, il était trop désagréable, trop colérique, trop petit, trop fragile ou complètement ingérable.

Face à la panique, le film est mis en pause. Et c'est Arnold Schwarzenegger qui trouve la solution en contactant Stan Winston, spécialiste des maquillages et effets spéciaux avec qui il a travaillé sur Terminator. Le maître crée alors le Predator qui deviendra culte. Le budget gonfle inévitablement mais le tournage reprendra, pour filmer le climax.

A sa sortie en 1987, ce chaos est vite oublié : Predator marque le deuxième meilleur démarrage de l'année. La critique est (très) tiède, mais avec plus de 98 millions récoltés dans le monde pour un budget d'environ 15, c'est un carton. Et qui dit carton, dit suite. Mais pas que.

  

 

LES COMICS

La facette comics de la mythologie Predator est centrale, puisqu'elle a servi de base et d'inspiration à de nombreuses reprises. C'est notamment là qu'est née l'idée d'une rencontre avec les Aliens, puisque les deux monstres étaient chez Dark Horse Comics.

La saga commence en 1989 avec Predator : Concrete Jungle (titre utilisé plus tard mais devenu populaire depuis), où le détective Schaefer enquête sur la disparition de son frère de Dutch, héros du premier film Predator et qui devait à la base revenir au premier plan des comics. Le général Philips est lui aussi de retour. Et tout ce petit monde affronte des Predators, à New York, au milieu d'une vague de chaleur.

Toute ressemblance avec Predator 2 n'est pas fortuite. Chris Warner de Dark Horse dira même clairement que c'est grâce aux comics que le studio a compris le potentiel de l'univers, et eu envie d'avancer malgré le refus d'Arnold Schwarzenegger de rempiler.

Le frère Schaefer sera le héros d'une trilogie, avec après Cold War et Dark River, considérée comme la fondation des comics Predator. Des dizaines d'autres séries seront publiées chaque année jusqu'en 1999. La franchise reprendra en 2009 avec Predator : Prey to the Heavens, en 2014 avec Predator : Fire and Stone, ou encore Predator : Hunters en 2017.

Le Predator rencontrera aussi Batman plusieurs fois à partir de 1991, Tarzan en 1996, Judge Dredd en 1997, ou encore Superman en 2000.

 

photo Concrete JungleConcrete Jungle s'appelait simplement Predator en 89

 

En parallèle, c'est la fameuse rencontre au sommet entre les Aliens et les Predators qui arrive. C'est Chris Warner qui a l'idée en premier, selon le fondateur de Dark Horse Comics, Mike Richardson. L'affrontement a lieu en trois parties dans le cadre de Dark Horse Presents, entre novembre 1989 et janvier 1990. C'est dans le dernier épisode qu'apparaît pour la première fois le titre évocateur : Aliens vs Predator.

La présentation de cette histoire de Predators qui chassent du xénomorphe sur une planète macérageuse, est parfaite :

"Ce sont les races d'aliens les plus mortelles de l'univers. Maintenant, le moment est venu pour eux de se rencontrer enfin ! C'est Aliens et Predator ensemble dans une histoire ! La confrontation du siècle par Randy Stradley et Phillip Norwood (Abyss, Robocop II) !"

 

photo comics Dark Horse Le numéro qui changea tout

 

Le succès est immédiat et lance très vite une franchise, et diverses histoires, qui emprutent parfois aux séries Aliens et Predator, servent de prequel ou de suites. Machiko Noguchi en sera l'un des visages : elle se retrouve au milieu du combat entre les bestioles, et gagne le respect des Predators (Yautja) au point de rejoindre leur clan. Là encore, toute ressemblance avec Alien vs. Predator et son héroïne incarnée par Sanaa Lathan est fortuite...

Quand Dark Horse essaiera de donner une nouvelle impulsion à la série avec Xenogenisis en 1999, l'accueil sera si mauvais qu'une pause de dix ans commencera. Après quelques numéros spéciaux, la machine sera relancée en 2009 avec Aliens vs. Predator : Three World War

Il y a aussi eu des romans autour des Predators et leurs combats contre les Aliens.

 

photo comicsSi ça arrive au cinéma dans 5 ans, vous saurez d'où ça vient

  

LES JEUX VIDÉO

Les jeux sont d'abord calqués sur les films. Le premier Predator en 1987, reprend la formule du premier film : un soldat dans la jungle, qui affronte d'autres soldats mais surtout un Predator. En 1990, un jeu Predator 2 confronte le lieutenant Mike Harrigan au gang des Jamaïcains, aux Colombiens, et bien sûr aux Predators.

Puis, en 1993 : le tournant avec Alien vs Predator sur Super Nintendo. Le joueur incarne des Predators, qui captent un signal de détresse envoyé par des humains sur la planète Vega 4. Venu chasser de l'humain, il vont affronter encore mieux, avec des hordes de xénomorphes. Sur Gameboy sort la même année Alien vs Predator: The Last of His Clan, avec quasiment la même idée, sauf qu'ici ce sont les Predators qui ont intentionnellement posé des œufs pour créer un terrain de chasse. L'opération tourne mal et le dernier survivant Predator a pour mission de venger son clan. 

Dans tous les cas, le Predator est la star, qui écrase de l'Alien en masse.

  

photo jeu vidéo 93 Alien vs Predator, Super Nintendo, 1993

 

Les choses deviennent sérieuses en 1994, avec Alien vs Predator le jeu d'arcade par Capcom, et Alien vs Predator par Atari. Le premier, avec ses airs de Streets of Rage, remet notamment en scène Dutch Schaefer, le personnage de Schwarzenegger dans Predator, sauvé in extremis par des Predators alors qu'il affronte des Aliens. Le joueur peut alors incarner un humain ou un Predator, et castagner de l'Alien, mais aussi du Predator et de l'humain. Une idée développée à la base pour un film Alien vs Predator, qui a donné au final l'un des jeux les plus appréciés de la franchise.

La version Atari en FPS a elle aussi marqué les esprits, en proposant pour la première fois d'incarner un Alien, un Predator ou un soldat. Le principe sera réutilisé dans Alien versus Predator en 1999, qui rattache les wagons avec la planète LV-426 des films Alien, et même Fiorina 161, celle d'Alien 3. Il y a aussi un hybride Alien/Predator, créé par les humains. Avec en plus les bruitages directement repris des films, puisque la Fox est derrière, les ponts sont nombreux.

 

photo jeu vidéoVersion arcade par Capcom 

 

La suite, Alien versus Predator 2, arrive en 2001, et crée un nouveau lien avec la saga puisque la compagnie Weyland-Yutani a été fouillé sur LV-426 après la mort de Ripley, pour dénicher un nouveau monde cauchemardesque : LV-1201, où une base est installée. Après le prequel sous forme d'extension Primal Hunt en 2002, il y a le jeu de stratégie en temps réel Aliens versus Predator : Extinction en 2003.

Passons sur les jeux sortis sur mobile pour arriver à Predator : Concrete Jungle en 2005 (qui reprend le titre des comics, mais rien de plus). Le jeu est centré sur un Predator déshonoré nommé Scarface qui doit regagner sa place en massacrant des humains, dans une métropole des années 30 où sa technologie extraterrestre a été volée partout. Le résultat ne convainc pas beaucoup. En 2007, Aliens vs. Predator: Requiem colle à la sortie du film du même nom, et ressemble en gros à la version vidéoludique du film - un Predator chasse des aliens dans une ville, jusqu'à l'hôpital. Là encore, le rendu en laisse beaucoup perplexes.

Après de multiples autres essais, retour aux sources avec le reboot Aliens vs Predator en 2010, sur Playstation 3 et XBox 360. Même formule, nouvelle technologie : la nouveauté est maigre, mais suffisante pour en faire un succès. Il y aussi un jeu sur mobile la même année, et AVP: Evolution en 2013. Et le Predator sera bien sûr dans Mortal Kombat X. Il est devenu une icône, clairement.

 

photo Mortal Kombat XScorpion vs Predator : une certaine idée du WTF actuel

  

PREDATOR 2

Si le refus d'Arnold Schwarzenegger de revenir a calmé le studio, le succès des comics leur donne une raison de chercher à lancer une suite, à tout prix. Suite au succès de Piège de cristalJohn McTiernan est devenu trop cher, et Schwarzy refuse même d'apparaître dans le film (le personnage de Gary Busey devait être Dutch), donc toute l'équipe est changée. Et finalement, même le retour d'Elpidia Carrillo (Anna dans le premier film) sera coupé au montage : elle est créditée, mais sa scène d'interrogatoire est à peine visible en arrière-plan, sur un écran, dans le QG de Keyes.

L'idée d'un Predator en ville, dans une vague de chaleur, vient directement des comics Concrete Jungle. Tout comme celle de caser un crâne d'Alien dans le vaisseau du chasseur, proposée par le réalisateur Stephen Hopkins. Et puisque les deux franchises étaient possédées par la Fox, ça n'a pas été très dur à concrétiser. Un détail de taille qui a gonflé la popularité des comics et des babioles merchandising, et nourrit encore plus de fantasmes déviants.

Le film rend également hommage aux comics Dark Horse avec le pistolet offert par le Predator au personnage de Danny Glover, à la fin. Il s'agit de l'arme de Raphael Adolini, un pirate espagnol du XVIIIe siècle qui a combattu un Predator. Adolini a été tué par un coéquipier, mais avant de mourir, il a remis son arme au Predator, qui l'a acceptée.

 

photoDans la jungle de LA

 

ALIEN VS PREDATOR

Le film Alien vs. Predator arrive en 2004, mais est dans les cartons depuis le début des années 90. Le succès des comics donne très vite des idées, et Peter Briggs livre ce qui est le tout premier scénario sur le sujet en septembre 1991, quelques mois après le début de tournage d'Alien 3, et après la sortie de Predator 2.

Le scénariste apprendra que ce projet était discuté pour la première fois au même moment à la Fox, probablement pour tenter de trouver une issue aux sagas - la suite de Predator a moins marché, et Alien 3 était truffé de problèmes dès sa pré-production, sans parler de la mort de Ripley qui emportait la franchise avec elle a priori. Mais l'idée sera vite repoussée puis écartée au profit d'Alien, la résurrection.

 

photoEcraser la mythologie Alien : check

 

Quelques années après, ce AvP reviendra dans la tête des producteurs. Au point de torpiller un Alien 5 alors dans l'esprit de James Cameron, en collaboration avec Ridley Scott - qui deviendra finalement la base de Prometheus dix ans après. En 2002, le studio cherche activement à avancer. James DeMonaco et Kevin Fox rendent un scénario très proche des comics Dark Horse, mais le producteur John Davis (qui a commencé sa carrière sur Predator) le rejette. Il veut que le film se déroule sur Terre, pas dans l'espace.

Avec plusieurs producteurs liés aux deux franchises, les discussions et négociations sont plus que compliquées. Jusqu'à ce que Paul W.S. Anderson arrive. Avec en poche Mortal KombatEvent Horizon et le succès tout frais de Resident Evil, le réalisateur détaille sa version, dont il rêve depuis des années. C'est ce projet qui sera choisi. 

 

 

 

Sans trop de surprise, le succès est au rendez-vous (plus de 172 millions au box-office, pour un budget d'environ 60), en grande partie grâce à la curiosité de voir une telle rencontre. Sans être une abomination absolue, puisque le film est même sympathique dans le genre décérébré, il se place dans la lignée des comics, et s'éloigne grandement des films, surtout ceux des xénomorphes.

Paul W.S. Anderson ne rempile pas pour la suite, mais les frères Strause sont choisis. C'est finalement logique pour ces deux geeks qui avaient tenté d'être engagés sur le premier, sans succès. Fans de SF, venus à Los Angeles pour en découdre, ils ont vite créé leur boîte de post-production et travaillé sur des blockbusters, notamment avec la Fox. Leur goût pour l'action et le sang les mène à être choisis pour diriger cette suite résolument plus spectaculaire : le budget est réduit mais le studio opte pour plus de violence.

 

Alien vs. Predator Sanaa LathanUn petit air de Machiko Noguchi ?

 

Un choix qui restreint le public, mais permet de plonger plus franchement dans le potentiel des comics. Le Predalien, hybride des deux espèces teasé à la fin du premier film, né dans les comics, est donc au centre de l'action.

D'abord intitulé Alien vs. Predator : Survival of the Fittest, le film devient Aliens vs. Predator : Requiem. Les frères Strause tentent bien de ramener Adam Baldwin pour reprendre son rôle de Predator 2, sans succès. Ils essaient aussi d'avoir Bill Paxton (tué dans Predator 2) pour une apparition, mais échec là aussi. Aucun vrai pont avec les précédents, donc. 

Cette suite fera moins en salles (à peine 130 millions). Et si cette saga a depuis été mise de côté, Shane Black, réalisateur de The Predator, a laissé entendre que rien n'était impossible.

 

Image 241115 Predalien vs Predator

 

PREDATORS

Un peu comme The Thing de 2011 n'est pas un remake mais une suite de The Thing de Carpenter, Predators est censé se placer après Predator. Sauf qu'il a aussi des airs évidents de remake, allant jusqu'à rejouer plusieurs scènes.

Robert Rodriguez voulait se frotter à la saga depuis des années, et son scénario avait été rejeté en 1994. La rumeur dit que cette version avait environ 200 Predators, sur des motos et avec des bières, réunis dans des arènes pour regarder des matchs. Le gros sera réécrit 15 ans après (en gardant néanmoins l'idée d'une planète étrangère), quand la Fox lance un nouveau film. C'est d'ailleurs Rodriguez, via son studio Troublemaker, qui chapeaute le projet pour avoir une certaine liberté.

Après ses aventures avec les Aliens et en ville, le Predator revient ici aux sources : chasser des humains dans la jungle. Une scène de dialogue bien lourde est placée pour démontrer qu'il s'agit d'une suite, et qu'elle a un lointain lien avec le premier film.

 

Image 490663Gueule de porte-bonheur version 2010

 

Le vrai lien se situe du côté de la créature inconnue que le groupe croise au début. Surnommée River Ghost par rapport à une version modifiée par la suite de ses scènes, la bestiole est un hommage au design original du premier Predator, qui avait été abandonné car parfaitement ridicule. Evidemment amélioré ici, le monstre en garde quelques attributs, notamment au niveau de la tête.

Dutch du premier Predator et Harrigan de Predator 2 devaient apparaître dans une version du scénario, mais l'idée a été abandonnée.

Avec à peine 128 millions au box-office, Predators fait moins bien qu'Aliens vs. Predator : Requiem, au budget similaire. En promo, le réalisateur Nimród Antal parlait déjà de suite, et même d'un prequel autour du personnage de Laurence Fishburne (rires). Robert Rodriguez allait jusqu'à affirmer que le studio était partant pour d'autres films, et lui avait déjà demandé quelles idées il avait car le prochain serait plus spectaculaire encore.

Sauf que rien ne se fera. Et en 2014, la Fox annonce qu'un nouveau film se fera, oui, mais avec Shane Black. Et aucune mention de l'épisode de Rodriguez.

  

Image 490638Plus débile qu'Alien vs Predator : Yakuza vs Predator 

  

THE PREDATOR

Voir Shane Black revenir sur la saga a quelque chose d'amusant : il était acteur dans Predator de John McTiernan. Le producteur John Davis racontait à THR :

"J'ai rencontré Shane sur ce film. C'était un très bon scénariste qui venait d'écrire ce super scénario intitulé L'Arme fatale. Je voulais qu'il réécrive le scénario de Predator. Donc on l'a mis dans le film, parce qu'il est acteur. Et on lui a demandé de travailler dessus, et il a répondu qu'il était acteur sur ce film, et pas scénariste. Donc ça a été la première personne à mourir." 

Quelques décennies plus tard, Black a réalisé Kiss Kiss, Bang BangIron Man 3 et The Nice Guys, et dirige donc le retour du chasseur. L'équipe parle d'une réinvention de la franchise, d'une envie de la relancerJake Busey est casté pour jouer Sean Keyes, fils de Peter Keyes, joué par son père Gary Busey. Un caméo de Schwarzenegger est un temps évoqué, mais l'acteur refuse : comme le studio n'a pas envie d'en faire un véhicule pour la star, la star décline. Shane Black comprend parfaitement.

 

photo The PredatorObjet d'expérimentation d'un studio dingo

 

Mais The Predator est surtout un chaos absolu jusqu'à sa sortie. Reparti comme beaucoup de superproductions en reshoots, plusieurs fois, le film est surtout entouré de sales rumeurs : suite à des projections-test pas bien rassurantes, le studio aurait changé le ton de l'histoire, demandé à modifier de nombreux éléments. Le troisième acte aurait été entièrement repensé. Et peu de temps avant la sortie du film, la promo vire au désastre quand Olivia Munn découvre qu'un ami du réalisateur, délinquant sexuel sur mineur, a eu un petit rôle face à elle. L'affaire prend vite de grosses proportions, la scène est coupée mais l'actrice est quasi rejetée par l'équipe, et finalement tout le monde la soutient en public.

Mais surtout, le film est plus que douteux. Impossible de ne pas sentir qu'il a été charcuté, qu'il est composé de morceaux assemblés parfois très maladroitement, et que plusieurs dynamiques tentent de cohabiter. Avec un budget officiel d'environ 90 millions (sûrement bien plus avec les reshoots, et sans parler de la promo), The Predator semble condamné à être un échec en salles. Il a péniblement passé la barre des 120 millions, mais ira difficilement beaucoup plus haut. Premier vrai gros flop pour la saga de l'alien ?

 

photoCobayes des comptables

 

Il y a quelques mois, le producteur John Davis, sur la saga depuis le début, disait qu'une trilogie était prévue, mais que tout dépendait comme toujours du box-office. Nul doute donc que ces suites seront oubliées. Tout comme celle de Predators. Tout comme celle d'Aliens vs. Predator : Requiem (avec sa scène de fin sur Weyland). Tout comme un Predator 3 forcément dans la tête des producteurs de l'époque.

Revoilà donc le Predator dans l'embarras, dans une impasse, pour quelques temps. A moins d'un miracle, The Predator ne (re)lancera pas la franchise, et n'aidera pas à savoir quelle forme prendra le futur de la bête. 

Seule certitude : le Predator est dans le package des licences que Disney rachète à la Fox. C'est donc le studio de Mickey qui pourra réfléchir, un jour prochain, à l'avenir de la créature. Et si tout reste à écrire, rappelons que le studio n'est pas stupide, et est parfaitement capable de créer une branche réservée aux films moins familiaux, pour profiter des marques Predator et Alien, notamment. Le contraire serait aussi étonnant que stupide, justement.

 

Affiche

affiche

Alien vs. Predator Poster

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Affiche française

commentaires

Chambéry 29/10/2018 à 10:52

Bravo pour l'article!

Pulsion73 18/10/2018 à 17:37

Un film barré si je comprends bien qui aurait pu être nettement plus défendable si le studio ne l'avait pas charcuté quoi.

frodon 16/10/2018 à 16:56

Prof west

Le projet de shane black je le compare a celui tout aussi débile de John Carpenter pour Halloween, pourquoi faire une suite a un vieux film de 40 piges plutôt que de faire un univers partagé avec tout les Slashers (Freddy ect..)
Et ben Carpenter lui y préféré insister avec quelque chose qu'on a deja VU et FAIT 100 fois (c'est a dire un Michael myers TOUT SEUL dans un film) c'est lourd a la fin on veut voir Freddy et Michael ensemble comme on veut les xenomorphes affronter les predators, ceux qui veulent pas sont juste des feniasses.

frodon 16/10/2018 à 16:44

Prof west

Il me semble que tu comprends pas tellement ce que je dit, shane black est un traitre pour avoir osé refaire un film solo predator au lieu de faire un univers partagé alien et Predator !

Désunir Alien et predator, c'est juste débile et complètement abruti ! Les univers partagé ça cartonne, pourquoi la FOX ne bouge pas son derch et prefere insister a laissé Alien et predator dans leurs coin chacun ?!!!

prof west 16/10/2018 à 06:26

frodon

Shane na trahis personne c'est juste qu'on lui a laissé faire ce qu'il voulait cela devait ressembler a tout autre chose au départ mais ça été refusé et du etre revu c'est ça la différence l'ami

frodon 15/10/2018 à 17:37

Y pige pas les producteurs que ce que l'on veut voir c'est alien et predator qui s'affrontent !?!?

frodon 15/10/2018 à 17:34

La seule chose a faire c'est rebooter les franchises et faire un univers partagé, l'alien et le predator doivent être dans le meme monde, les prequelle de ce trouduculquipue de Ridley scott et les fausses promesses tenues de shane black c'est AU REVOIR !

prof west 15/10/2018 à 15:53

Le problème c'est pas que c'est a bout de souffle , mais quand tu as des scénaristes qui te donne une histoire béton avec de bons acteurs et que les boites de productions le refuse il y a plus rien a faire c'était le cas déja a l'époque et c'est encore 100 x pire de nos jours .
C'est trop violent , ou ya trop de sexe , ou ça c'est pas bien , revenez avec un autre scénario .....

Ceux qui connaissent le cinéma le savant très bien .

Dutch Schaefer 14/10/2018 à 17:05

Je suis comme le dit plus haut Flash: excellent article!
Je suis un ultra fan du Predator depuis sa première vision en salle en 1987 lors de la sortie du premier opus!
J'étais gamin et ce fut une claque énorme!
Puis, c'est avec une impatience non dissimulée et un désir incontrôlable que je me rendis dans une salle pour découvrir PREDATOR 2 à sa sortie!
Alors, oui nous étions à quelques encablures du film de Mc Tiernan, mais cependant cet opus 2 reste à mes yeux, une suite tout à fait digne et plus que correcte! Et surtout le seul film valable dans tout ce fatras de films, suite et reboots!
Cette semaine, je vais me rendre une fois de plus dans une salle de ciné (beh oui puisque je n'ai pas loupé un seul des PREDATORS en salle depuis 1987!), pour découvrir cette "nouvelle" version.
Mais je ne cache pas que mon enthousiasme est bien moins optimiste qu'en 1991 (en plus j'avais vu le film le jour des mes 18 ans... donc logique question optimisme!) et parce que je pense que le seul point positif de ce THE PREDATOR sera juste une nouvelle fois de voir cette créature emblématique et culte, sur un grand écran géant de cinoche comme lorsqu'à 14 ans je découvrais les yeux écarquillé ce chasseur de l'espace anéantir un groupe de militaires ultra badass!
En fait, je vais me faire mon petit RETOUR VERS LE FUTUR à moi! ;-)

Rorov94 14/10/2018 à 13:35

Une mini-série de luxe, 6/7 épisodes pas plus.un bon cast,une équipe technique au top...le tour est joué!
Voir les superbes suites de films en série:LES CHRONIQUES DE SARAH CONNORS,L'EXORCISTE,ASH VS EVIL DEAD,
Le concept même de PREDATOR se marie bien avec le format télévisuel actuel.

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