Shane Black

Shane Black
Nom Shane Black
Pays -
Dates 16/12/1961 (62 ans)

Biographie Shane Black

Scénariste emblèmatique du cinéma d'action des 80's et 90's (à l'instar d'un Steven De Souza), Shane Black a signé la transcendance d'un genre (le buddy movie) grâce à L'Arme fatale de Richard Donner et à l'excellent Le Dernier samaritain de Tony Scott. Il a également participé à une géniale réflexion sur le cinéma d'action Last action hero de John Mc Tiernan et il est passé à la réalisation avec le très réussi Kiss kiss bang bang.

Né en 1961, Shane Black est diplômé de l'université de l'UCLA et son premier job n'aura rien à voir avec le cinéma car il sera standardiste dans une boite d'informatique (où il se fait royalement ch... mais qui lui permet de commencer à penser à des histoires pour ses futurs scripts). Un an plus tard, il décide de se consacrer entièrement à l'écriture de scénario et son premier script sera Shadow compagny (un histoire de fantômes issus de la guerre du Vietnam que John Carpenter a failli mettre en scène mais le projet ne sera fera pas).

A 22 ans, c'est la consécration lorsqu'il vend son script de L'Arme fatale à la Warner pour 250.000 dollars et sa carrière de scénariste débute véritablement grâce à l'énorme succés. Abordée depuis le point de vue du personnage de Martin Riggs (Mel Gibson), l'histoire de la saga suit un fil narratif distinct qui voit Riggs oublier la mort de sa femme au contact de son partenaire et de la famille de ce dernier. Sous-genre du polar, le buddy movie acquiert un de ses meilleurs films et Shane Black glisse ses obsessions, à savoir un héros hanté par son passé (Riggs est un ex-officier des Forces Spéciales en deuil), une intrigue comprenant le kidnapping de la fille du héros (ici, celle du personnage de Danny Glover) et l'inévitable scène de torture (à grands renforts de sel ou de chocs électriques). Ces récurrences thématiques ou narratives sont caractéristiques des récits de Shane Black et trouvent leur inspiration dans les lectures du scénariste (la littérature de gare comme Ed McBain).

Le producteur de L'Arme fatale, le mégalo Joel Silver, lui demande d'être consultant du script de Jim et John Thomas sur le film Predator de John Mc Tiernan où il joue également Hawkins, un des membres du commando (la première victime du Predator).

2eme scénario adapté sur grand écran avec Monster Squad de Fred Dekker (futur réalisateur de Robocop 3) où il est question que Dracula est en vie et veut dominer le monde. Pour cela, il demande l'aide d'autres monstres légendaires (la momie, le loup-garou, l'étrange créature du lac noir) mais un groupe d'adolescents fans de monstres et considérés comme des loosers, déjouent son plan. D'après Shane Black, ce gros échec au box-office ne contient que peu d'éléments de son script original car Dekker a changé énormément de choses.

Mais la véritable frustration viendra avec L'Arme fatale 2 de Richard Donner car le studio refusera la deuxième partie de son manuscrit où Riggs meurt (tuant ainsi la franchise). Le scénariste refuse de modifier son script original et il quitte le projet (Jeffrey Boam et Warren Murphy se chargeant de transformer le scénario en comédie avec le personnage de Leo Getz, qui n'apparaissait que dans une scène dans le script de Black !!!). Pour Shane Black, c'était la seule conclusion satisfaisante à son histoire, Riggs était un homme en sursis (déjà mort sur le plan moral) condamné à mourir aussi physiquement, et le fait d'avoir redécouvert la vie grâce à la famille de Murtaugh, le préparait à mourir en paix.

Shane Black connait ensuite une période de grosse déprime (il rompt avec la femme qui partage sa vie) et s'isole pour écrire le scénario d'un film où l'on reconnait vraiment la prédominance de son style, Le Dernier samaritain de Tony Scott. Vendu pour la somme record de l'époque de 1.75 million de dollars au producteur Joel Silver, le film est une oeuvre noire, teintée de cynisme, qui marque le tournant du film d'action.
Ce nouveau buddy movie (dont Shane Black est assez fier) connaitra néanmoins des changements par rapport à l'histoire originale. Joe Hallenbeck est un homme amoureux de sa femme et, pétri de honte, il se punit en se laissant constamment écraser car il croit qu'il ne mérite aucun bonheur (ce que le studio modifiera au milieu du script en conflit père-fille car selon eux, Bruce Willis connaissait le même problème dans Piège de cristal). Autre changement, le final original était beaucoup plus noir et violent car il se passait dans une petite pièce où Bruce Willis se retrouvait face à face avec son ennemi et lui écrabouillait les os !!!.
Tarantino ne manquera pas de louer les qualités du film, et on peut penser qu'il s'inspire un peu de Shane Black, avec l'aspect de premier et second degré étroitement liés, l'amour du cinéma de genre avec une certaine distance par rapport à ses codes...
Sinon, on peut noter que le personnage de Joe Hallenbeck est tellement réussi que l'autre personnage culte de Willis, John McLane, en deviendra une sorte de clone dans Die Hard 3.

 En 1993, Last Action hero de John McTiernan, avec Arnold Schwarzenegger, est un gros échec financier mais on reconnait la patte de Shane Black dans un script dont il n'est pourtant pas l'initiateur (Zak Penn et Adam Leff en sont en effet les auteurs). Œuvre iconoclaste par excellente, Last Action Hero affiche un à un tous les stéréotypes du genre - beaucoup clins d'oeil bienvenus, de caméos amusants (Jean-Claude Van Damme, Robert Patrick, Sharon Stone, Melvin Van Peebles...) - pour mieux les retourner: Que devient un personnage de films d'action lorsqu'il est balancé dans notre réalité? Il se blesse, doit recharger son pistolet, ne peut plus éviter les balles... Tout passe dans le collimateur du scénariste, y compris la star autrichienne dont il moque le nom imprononçable. Même si le scénariste est une nouvelle fois déçu que le studio modifie ses dialogues et qu'il avoue n'aimer que 20% du film de McTiernan.

En 1996, il reçoit 4 millions de dollars pour avoir écrit le film de Renny Harlin, Au revoir à jamais, bon film d'action avec un duo qui fonctionne bien entre Geena Davis et Samuel L. Jackson. Mais, une nouvelle fois, son script à la Hitchcock est modifié dans sa dernière partie en gros blockbuster à la Joel Silver.

Passage à la réalisation, en 2005, avec  Kiss kiss bang bang, un film noir où l'on trouve un écho plus mûr et réfléchi à ses scénarios précédents. Avec une inspiration dans les romans de gare et autre littérature bas de gamme peuplée de flics, de détectives privés, d'agents secrets et de gangsters à laquelle le film rend ouvertement hommage. Et on retrouve toutes les qualités d'écritures de Shane Black (des dialogues brillants), un nouveau duo de buddy movie (Robert Downey Jr et Val Kilmer) et ses récurrences thématiques ou narratives.

Shane Black prépare son nouveau film, Cool Warrior, où il est question d'un espion à la retraite, qui a officé durant la guerre froide, qui va devoir faire équipe avec un jeune pour faire face à une menace venant de Russie. Un film dont Shane Black...n'est pas le scénariste ! (le script est signé Chuck Mondry).


Pour rendre hommage à un des rois de la réplique culte, voici notre sélection  :

"J'pourrais vous lire vos droits, mais rien qu'à voir vos gueules, je sais que vous les connaissez déjà !".

"Bien-sûr, tu te baladais la bite à l'air, t'as glissé et t'es tombé en plein dans ma femme : oups! désolé ! ce que je peux être maladroit"

"Si tu me touches encore, je te tue"

"Leo le Prout a rendu son dernier gaz..."

Et beaucoup d'autres !!!

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