Valerian et la Cité des mille planètes : le désastre qui a mis à terre Luc Besson et EuropaCorp

Geoffrey Crété | 25 avril 2021 - MAJ : 29/04/2021 10:14
Geoffrey Crété | 25 avril 2021 - MAJ : 29/04/2021 10:14

Valerian et la Cité des mille planètes de Luc Besson a été un désastre financier. À quel point et avec quelles conséquences ?

Le 12 mai 2015, Luc Besson annonce en fanfare qu'il va adapter Valérian et Laureline, bande-dessinée française de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières, pour en tirer une superproduction. Christophe Lambert, alors directeur général d’EuropaCorp, parle sans détour des ambitions : « Ce sera notre Star Wars à nous. Cette franchise a le potentiel pour dix films ».

Un peu plus de deux ans plus tard, Valerian et la Cité des mille planètes, avec Dane DeHaan et Cara Delevingne, sortait en salles. D'abord aux États-Unis, où c'était un petit désastre au box-office. Puis dans le reste du monde, où l'espoir d'un succès était encore possible. Du moins jusqu'à ce que la réalité ne rattrape les agents spatio-temporels. 

Depuis, tous les espoirs de Star Wars français ont été oubliés, malgré l'envie du cinéaste de lancer une suite, un jour. Retour sur ce cas d'école passionnant, et petit bilan financier de ce (gros) raté.
 
 

Photo Cara Delevingne, Dane DeHaanLes Bronzés + hipsters

 

GROS BUDGET FRANÇAIS

Valerian et la Cité des mille planètes a officiellement coûté 197 millions d'euros, selon le chiffre communiqué au CNC, soit plus de 230 millions de dollars. Un budget massif, supérieur à Spider-Man : Homecoming (175 millions de dollars), Thor : Ragnarok (180 millions), ou encore Wonder Woman (149 millions), selon les chiffres officiels. Plus aussi que Mad Max : Fury Road (150 millions).

À ce budget officiel s'ajoutent des frais marketing divers et variés pour assurer la promo du film, des spots publicitaires aux tournées des acteurs à travers le monde. Ce chiffre est précieusement gardé par les producteurs, mais peut vite grimper jusqu'à 100 millions pour des blockbusters. Voire largement plus, pour des monstres comme Avengers : Endgame ou Jurassic World : Fallen Kingdom.

Dans le cas de Valerian et la Cité des mille planètes, financé hors du circuit des studios hollywoodiens, mais présenté sur la place publique comme un blockbuster classique, c'est encore moins clair. À l'époque, Deadline écrivait que ce budget promo était d'environ 60 millions, et reposait sur un accord obscur entre EuropaCorp (France) et STX (distributeur aux USA).

Bilan : budget total proche d'environ 290 millions pour Valerian.

 

Photo Cara Delevingne, Dane DeHaan Valerian et Laureline version Luc Besson

 

Néanmoins, avant même que le film ne sorte, Luc Besson assurait publiquement que les risques financiers étaient moindres. Le cinéaste déclarait ainsi à Screen Daily en juin :

« Comme toutes les sociétés de production, nous donnons le feu vert à un projet uniquement si au moins 80% de son budget est couvert. Pour Valérian, nous en avons couvert 96% avec les préventes. (...) Le risque pour EuropaCorp est donc de 4% sur le budget alors il n’y a aucun risque en fait. Il s’agit davantage d’un risque lié à la notoriété. Si le film est un gros flop, on ne nous fera plus confiance pour mettre en œuvre ce type de projet. Ce n’est donc pas tant un risque financier qu’un risque humain. »

Au cours de la même interview, lorsqu'il est interrogé sur ses acteurs, il précise : « Cara a 20 millions de personnes qui la suivent sur Twitter et Rihanna, 50 millions. » Un angle marketing non négligeable et de toute évidence intégré dans la machine : les contrats avec les acteurs et actrices incluent désormais très souvent une clause sur ce type de communication "personnalisée", laquelle pèse potentiellement lourd dans la machine promo.

 

Photo Cara DelevingneCara Delevingne, ou la preuve des limites de Twitter, donc

 

GROS BIDE MONDIAL

Valerian et la Cité des mille planètes a terminé sa carrière aux alentours de 226 millions de dollars dans le monde. C'est peu pour un blockbuster de cette envergure, d'autant plus pour les ambitions de franchise clairement annoncées.

En 2017, c'était à des années-lumière de La Belle et la Bête et Fast & Furious 8 (1,2 milliard chacun), Moi, moche et méchant 3 (1 milliard), Spider-Man : Homecoming (880 millions), ou des films comme Dunkerque (525 millions), La Momie (409 millions), et Resident Evil : Chapitre Final (312 millions). Plus drôle encore : Valerian a fait un score voisin de Baby Driver, qui avait coûté dans les 35 millions. Ça a donc bel et bien été un bide.

 

PhotoLe service compta à la sortie de Valerian

 

Aux États-Unis, c'est un désastre : environ 42 millions de dollars. À titre de comparaison, les champions du box-office sont très loin : plus de 504 millions pour La Belle et la Bête, 412 pour Wonder Woman, ou encore 389 pour Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2. Valerian se situe donc plutôt vers Le Roi Arthur : La Légende d'Excalibur, qui a à peine dépassé les 39 millions (et a lui aussi été un désastre total).

Un chiffre redouté dès le démarrage puisque Valerian et la Cité des mille planètes a engrangé tout juste 17 millions pour commencer en cinquième position, derrière Dunkerque de Christopher Nolan (environ 50 millions), la comédie Girls TripSpider-Man : Homecoming et La Planète des singes : Suprématie - les deux derniers n'étant même pas des nouveautés du week-end.

La fréquentation a chuté de plus de 62 % dès la deuxième semaine. À partir de la quatrième, le film n'encaisse même plus un million de dollars. Le nombre d'écran chute donc très vite, passant de plus de 3500 salles à sa sortie (environ 500 de moins que la plupart des superproductions) à moins de 1800 dès sa troisième semaine. Malgré un regain de fréquentation lors des vacances en septembre, le film s'éteint après neuf semaines. 

À titre de comparaison, Le Cinquième Elément était resté à l'affiche quinze semaines en 1997 aux États-Unis.

 

Photo Dane DeHaan Je répare mon machin et je me casse

 

DÉSAMOUR FRANÇAIS

Le public français a-t-il répondu à l'appel de Luc Besson ? Oui et non. Environ 4 millions de spectateurs ont vu les aventures de Valerian et Laureline sur grand écran. Le blockbuster de Luc Besson se place ainsi comme le 5e plus gros succès de 2017 derrière Star Wars : Les Derniers Jedi (7 millions d'entrées), Moi, moche et méchant 3 (5,6 millions d'entrées), Raid dingue (4,5 millions) et Coco (4,4 millions). En terme de cinéma français, c'est même le deuxième plus gros succès, derrière la comédie de Dany Boon. 

Avec 1,6 millions d'entrées dès sa première semaine, c'est aussi l'un des meilleurs démarrages de 2017, derrière notamment Fast & Furious 8 (1,8 million) et Moi, moche et méchant 3 (1,7 million). Là, il remporte la médaille d'or en terme de film français.

 

Photo Luc BessonGros comment ce record ?

 

Néanmoins, Valerian et la Cité des mille planètes tient difficilement la comparaison avec les précédentes réalisations de Luc Besson en France : c'est seulement son cinquième plus gros succès, derrière Le Grand Bleu en 1988 (9,1 millions), Le Cinquième Elément en 1997 (7,7 millions), Arthur et les minimoys en 2006 (6,3 millions), et Lucy en 2014 (5,1 millions). Il se place juste devant Arthur et la vengeance de Maltazard (3,9 millions) et Nikita (3,7 millions). 

Côté démarrage en salles, presque la même chose : la superproduction fait moins bien que Le Cinquième Elément en 1997 (1,9 million), et Lucy en 2014 (1,9 million). Le plus gros budget de sa carrière à ce jour sera donc loin d'être son plus gros succès.

 

Photo Dane DeHaan, Cara Delevingne"Euh... c'est les bons chiffres qui sont affichés là ?"

 

DOUCHE FROIDE EN ASIE

Valerian et la Cité des mille planètes a été le plus chanceux en Chine (62 millions de dollars), en Russie (14,3 millions de dollars) et en Allemagne (13,5 millions de dollars).

La Chine a sans surprise été un territoire clé, à la fois parce que le pays est devenu une source certaine de revenus pour le cinéma à grand spectacle, mais également parce que la société chinoise Fundamental Films a participé au financement du film (environ 50 millions de dollars), en plus de logiquement le distribuer sur le territoire.

Une transaction qui s'inscrit dans un accord plus large avec EuropaCorp : en 2014, la boîte chinoise collaborait sur la distribution de quinze films, avant d'investir dans la société française en 2016, pour en acquérir 27,9%. Une association qui explique en partie la présence de la star chinoise Kris Wu au générique.

 

Photo Rihanna, Dane DeHaanRihanna, un évident levier commercial sur la scène internationale

 

La date de sortie calée fin août en Chine était donc un événement majeur, et Fundamental Films a boosté au maximum le blockbuster avec environ 6000 écrans (aux USA, il n'y en avait "que" 3553), et quelque chose comme 80 000 séances chaque jour. Valerian et la Cité des mille planètes a donc démarré de manière satisfaisante, encaissant 28,8 millions à sa sortie chinoise. Reste que Lucy, avec des moyens moindres, en était à une vingtaine dès son démarrage.

Valerian a chuté dès sa deuxième semaine face à Dunkerque, pour atterrir en quatrième position suite à une chute de fréquentation de 78%. Spider-Man : Homecoming a achevé sa carrière début septembre, l'homme-araignée ayant au final récolté plus de 116 millions.

Par la suite, Luc Besson continuait de croire en la perspective d'une suite (le deuxième film coûterait moins cher et le troisième, autant que le premier), citant l'enthousiasme spectaculaire des fans. Il comptait aussi sur le Japon, où le film est sorti bien plus tard, en mars 2018... sans faire d'étincelles.

Valerian et la Cité des mille planètes avait besoin de réellement cartonner pour rééquilibrer les comptes. Et ça n'est pas arrivé.

 

PhotoQui veut la peluche de la bestiole qui chie des perles pour Noël ?

 

TROUVER LES COUPABLES

Jamais simple de justifier un échec au box-office, qui dépend de mille facteurs. Parce que le film est mauvais ? Trop de bons films sont des flops, et trop de films moyens cartonnent, pour se contenter de ça. Parce que la concurrence en salles était rude ? Valerian s'est effectivement retrouvé dans la zone de Spider-Man : Homecoming, Dunkerque, et La Planète des singes : Suprématie, notamment.

Parce que ce n'était pas simple à vendre ? Les BD Valérian, agent spatio-temporel sont réputées, mais certainement pas assez pour exciter un très large public à travers le monde. C'était donc un défi : lancer une franchise originale, avec des personnages inconnus, dans un univers de SF classique certes, mais que le public devait accepter et adopter. D'autant que comme le blockbuster John Carter, comparé à Star Wars (alors que George Lucas s'est justement inspiré de John Carter) et donc naturellement perçu comme anti-moderne, Valerian et la Cité des mille planètes a certainement souffert de cette étiquette de Guerre des étoiles bis.

Dernier critère : le casting. Peu importe le talent (ou non) de Dane DeHaan et Cara Delevingne, le duo n'était pas forcément le plus identifié. La présence de Clive Owen et Rihanna n'a pas forcément aidé à exciter les esprits, et attirer le public potentiellement rebuté par le simple aspect science-fiction et action. Sans marque, ni franchise, ni visages à vendre sur la scène publique, le film avait donc des difficultés évidentes pour exister.

 

photoÀ l'origine

 

Luc Besson, lui, avait une autre explication. À Collider, il expliquait que la presse était responsable :

« En réalité, nous avons eu une très, très mauvaise campagne de presse aux États-Unis pour la sortie en salle, très mauvaise. C’est mon opinion. Une partie des critiques, environ 70%, étaient positives et 30% mauvaises, comme d’habitude. Une partie des avis négatifs s'est propagée dans le monde entier, certains articles ont de l’écho… (...) Ils se retrouvent sous les yeux de toute personne qui tient un journal entre ses mains, jusqu’en Chine. Ils lisent cet article qui arrive d’Hollywood (…) Toute l’entreprise a été flinguée par un ou deux papiers. Soudain, le reste du monde se demande " Woah, qu'est-ce qui se passe aux États-Unis avec ce film ?" Et après il est devenu très compliqué de s’adresser aux gens, de leur dire "Les gars, jugez par vous-mêmes, allez voir le film". »

Un refrain un peu trop familier, Luc Besson ayant souvent sorti le joker "victime de la presse", notamment en France... alors qu'il suffit de regarder sa carrière pour constater qu'il a très tôt été adoubé par le milieu, et que ses films ont globalement eu bonne presse.

 

Photo Cara DelevingneVous avez le droit de parler de Valerian, si vous aimez Valerian

 

Le réalisateur Julien Leclercq (L'Assaut, Braqueurs,) remettait une couche de son côté, sur Instagram. Citant des critiques assassines de Libération, Le Monde et Mad Movies, il écrivait :

"J'admire profondément les gens qui FONT les choses... Imaginer, fédérer, financer, raconter, construire, surmonter... Voilà le challenge d'un metteur en scène et de son équipe au quotidien... sur des mois, des années... De par son ambition visuelle & financière, Valerian se doit de fonctionner partout et surtout en France !! Chaque film est une PME qui emploie des centaines de personnes à chaque fois... et le succès de Valerian permettra de financer des films d'auteur moins évidents à produire...

Bravo à Luc Besson d'avoir réussi une telle prouesse!! D'avoir gardé ce tournage en France... c'est colossal ! Et tellement nécessaire. Le cinéma français en a besoin ! Alors les Isabelle, Didier et Alexandre qui sont payés à dire "ça, c'est bien... ça c'est pas bien", prenez conscience de votre "french bashing" et ce que c'est de réaliser une telle entreprise comme Valérian ! Arrêtez de casser du sucre sur un réalisateur qui travaille plus que vous tous réunis ! Nous devons tous soutenir ce film ! Vive la France ! Vive Valerian ! Vive Luc Besson !"

La promo n'a d'ailleurs pas manqué de mettre en avant tous ces soutiens du milieu, notamment Peter Jackson qui vantait la réussite du film... dont les effets visuels ont été gérés par sa boîte Weta. Soit l'équivalent de James Cameron qui affirme que oui, Terminator : Genisys est super (avant de revenir sur ces mots quelques années plus tard).

 

Photo Clive Owen"Ok, blâmons la presse, personne n'y a pensé avant nous"

 

À Screenrant, Luc Besson parlait aussi de ce nouveau monde, où un tel film a une vie très différente.

« Ce qui se passe aujourd’hui, vous savez, est un peu différent d’il y a cinq ou dix ans. Parce que la manière dont les gens consomment les films est différente. Les gens sont très occupés, alors ils vont au cinéma, mais votre film reste à l’écran trois semaines. Quand j’ai sorti Le Cinquième Elément, on était diffusés pendant 12, 15, 20 semaines au cinéma… Désormais vous restez à l’écran pendant deux, trois semaines, la VOD débarque très vite, puis la vidéo physique, la télévision, donc parfois, les gens veulent voir un film et le ratent, donc ils optent pour un autre mode de diffusion. Donc, attendons la fin de ce qu’on appelle le premier cycle, c’est-à-dire la salle, la VOD la vidéo, et on verra quelle est l’audience du film. »

En somme : impossible pour lui de jauger le succès de Valerian et la Cité des mille planètes sur le box-office des salles. Toutefois, rien n'a laissé entendre depuis que le film a eu droit à une seconde vie en vidéo.

 

PhotoMarée descendante de l'espoir

 

EUROPACORP DANS LA TOURMENTE

Côté business, Luc Besson aura répété que le risque était minime tant le coût de Valerian et la Cité des mille planètes était amorti avant même sa sortie. Néanmoins, l'impact sur EuropaCorp n'est pas à négliger. Après la désastreuse sortie américaine du film, la valeur de la société a chuté de manière significative à la bourse (-8,41% dès le lundi). Dans la foulée, la presse spécialisée dans la finance parlait d'une chute de l'action de plus de 40%.

Le Conseil d'Administration d'EuropaCorp a alors mis un terme au mandat social d'Edouard de Vésinne, Directeur Général Délégué depuis avril 2016. Officiellement, parce qu'il partait fonder sa propre compagnie. Dans le même mouvement, le directeur général Marc Shmuger annonçait qu'il quittait ses fonctions comme prévu à la fin de l'année, après trois renouvellements depuis son arrivée début 2016.

Déjà président du conseil d'administration, Besson a alors pris la place de Shmuger, ainsi que celle d'Edouard de Vésinne, pour une durée limitée non précisée. Difficile de ne pas y voir une manière de redresser la barre, et marquer le coup suite aux résultats pour le moins décevants du blockbuster.

 

Photo Luc BessonLuc Besson sur le tournage de Valerian

 

Une situation d'autant plus compliquée que le 28 juin, quelques semaines avant la sortie du film, EuropaCorp avait annoncé des finances dans le rouge, avec un déficit historique d'environ 120 millions. Un bilan encore plus mauvais que celui redouté par le groupe en février, la faute à plusieurs déconvenues en salles (Miss Sloane avec Jessica Chastain, The Circle avec Emma Watson, ou encore Oppression avec Naomi Watts). 

Luc Besson avait lui-même posé les vrais enjeux du projet : « Si le film est un gros flop, on ne nous fera plus confiance pour mettre en œuvre ce type de projet. Ce n’est donc pas tant un risque financier qu’un risque humain ».

Après ça, EuropaCorp s'est donc logiquement recentré sur ses formules de films d'action et science-fiction, avec des budgets intermédiaires. Anna, le film qu'a réalisé Besson juste après, était censé être une bonne opération : un mix facile entre Léon et Nikita, avec 30 millions de budget. Mauvaise pioche : le film a été un bide (environ 31 millions au box-office), avec un accueil glacial. Très loin du miracle Lucy (près de 460 millions).

L'empire Besson était fragile, et Valerian et la Cité des mille planètes a été le coup fatal.

 

Photo Puisque je vous dis qu'on va bien

 

PAYER LES POTS CASSÉS

Depuis, les choses ne se sont pas vraiment améliorées. En 2019, EuropaCorp était placée en procédure de sauvegarde par le tribunal de commerce de Bobigny : Valerian avait officiellement cassé la machine. La cotation du titre touchait un bas niveau historique, en chute de 95% comparé à 2007. Les actionnaires devaient absolument restructurer la dette de plus de 220 millions d'euros, et trouver des partenaires dans les six mois.

Conséquence directe : produire moins de films, réduire les équipes, et vendre des parts de son activité (notamment le côté distribution). Même Taxi 5, a priori malin vu la popularité de la franchise et des nouvelles maîtrises à bord, n'est pas été le carton prévu.

En 2019, une solution se profile à l'horizon, avec la rumeur : le groupe Pathé discute pour une potentielle reprise d'EuropaCorp. Ce serait une renaissance, et la création d'un très gros business en France. Mais les créanciers refusent l'offre de Jérôme Seydoux.

 

Photo Sasha LussVoir l'avenir sereinement

 

Début 2020, une issue se confirme, mais outre-Atlantique : la société américaine Vine Alternative Investments rachète EuropaCorp. C'est, en partie, la fin d'une grande ambition française, qui se sera écroulée par trop-plein d'ambition, peut-être.

Luc Besson quitte alors ses fonctions de gestionnaire pour rester directeur artistique jusqu'en 2025 - avec néanmoins un beau salaire à la clé. Axel Duroux (ex vice-président exécutif de Publicis Group, passé par RTL Radio et TF1) prend sa relève comme PDG, ce qui dissocie la partie business et gestion, de la partie artistique du groupe.

 

Photo Cara DelevingneLa galaxie théorique de ma carrière

 

L'histoire continue avec la vague pandémique, qui a remis une couche sur le business déjà fragile d'EuropaCorp. En mars 2021, la justice acceptait de prolonger de deux ans le plan de sauvegarde de l'entreprise, pour affronter la crise sanitaire, comme confirmée dans un communiqué : "EuropaCorp obtient la prolongation de son plan de sauvegarde jusqu'en 2029 et non plus 2027. La requête a été validée par le tribunal de commerce le 16 mars 2021."

De quoi planifier la reprise des productions internationales, retardées vu l'état du monde. Mais que prépare donc EuropaCorp pour revenir sur le devant de la scène ? Rien de très clair, si ce n'est quelques projets possibles, annoncés il y a des années et restés silencieux depuis. Parmi eux : des suites du Transporteur, saga très lucrative pour la boîte ; le mystérieux film d'aventure Sea at War ; et l'adaptation du jeu vidéo Ruiner.

EuropaCorp est encore en vie, mais bouge à peine. Et les accusations d'agressions sexuelles et viols contre Luc Besson n'ont certainement pas aidé. Début 2020, le bilan financier était dans le positif, mais uniquement grâce à deux augmentations de capital. Il y a donc encore des business men pour y croire. Reste à savoir si le public, lui, a encore la foi.

Tout savoir sur Valerian et la Cité des mille planètes

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commentaires
badlieutenant
28/04/2021 à 12:20

vu sur TFI, pour être honnête c'est pas mal du tout.
IL ya du rythme et le ssénario est simple à comprendre.
par contre, je n'aurais pas miser un sou sur les têtes d'affiche !!!!!

Pam
27/04/2021 à 15:55

Valerian n est pas credible mais pas du tout

Valerian, une suite?
27/04/2021 à 14:22

Vu a la TV, j'ai bien aimé. Un peu surpris au départ par l'acteur qui représente Valerian. Mais pourquoi pas. Jeune il pourrait enchaîner dans une suite et prendre le temps de vieillir et de s'affirmer sérieusement . J'ai aimé aussi la complicité avec Laurinette. Scénario limpide et pas alambiqué à ne plus rien comprendre. Peut-être qu'un scénario plus sombre aurait d'avantage plu aux spectateurs ?

Michie89
27/04/2021 à 13:13

Couple d'acteurs pas crédible. Ils sont payés à tirer la gueule non stop ou bien ?

Prince Vaillant
26/04/2021 à 19:18

Vu sur TF hier, quelle daube ! Pas étonnant de la part de Besson qui n'est pas un cinéaste mais un faiseur répugnant sachant magouiller, sauf que ses magouilles ici lui sont retombées sur le mufle malgré ses soutiens poilticards successifs qu'il va mendier sans vergogne en fonction des revirements électoraux, tout en crachant sur l'Etat et les services publics. Casting grotesque, cameos à chier, comme ,le rase-motte les perles, vulgaire et niais, prévisible et mal foutu et lent, gnian gnian et fla fla, la honte pour le cinéma français et pour la BD originelle ! Il n'est que temps d'arrêter les frais avec ce gros porc.

Koru
26/04/2021 à 17:43

Scénario au ras des pâquerettes
Jeux des acteurs dépasser
Effets spéciaux loin d'être réaliste
En effet il y avait tous les éléments pour que ce soit 1 bide

Miglou et le film sans étoile
26/04/2021 à 14:01

Le problème c’est qu’Europacorp repose sur un seul homme qui a utilisé une formule maintenant usée jusqu’à la corde avec des facilités de scénario et de mise en scène qui ne se sont pas renouvelées.
Du coup la prise de risque a été démesurée par rapport au produit livré.
En soi le film n’est pas plus mauvais que Anna, Solo, Les gardiens de la galaxie 2 etc. C’est juste le film de trop
Maintenant si on se place côté fan de la bd c’est un ratage à la hauteur de celui de l’adaptation du Phenix noir chez les X Men :un potentiel fabuleux totalement massacre ! Clairement le scénario n’est pas à la hauteur et les dialogues non plus dans le style Besson très éloigné de la bande dessiné. Si Besson avait les épaules pour le réaliser techniquement, il n’aurait pas dû le faire seul. Ego quand tu nous tiens !

Mr Bifle
26/04/2021 à 12:54

J'ai zappé dessus hier soir, je connais Valérian de loin et jamais De Haan ne devait jouer ce personnage, mais jamais de la vie quoi! Cara a un très joli minois mais son son air antipathique dessert également le film clairement destiné aux enfants franchement.
Comment tu peux valider ce truc avec un tel budget? Y a eu prise d'otage?

Eddie Felson
26/04/2021 à 12:48

Une des plus magnifique daube que j’ai pu voir en salle...et j’en ai vu! ;)

Y Boy
26/04/2021 à 09:15

Entre les mains d'un réalisateur compétent, il y aurait eu en effet un potentiel pour 10 films.
Encore que... ça me fait penser à Jupiter Ascending, autre potentiel monstrueux, terriblement gâché (pour d'autres raisons par contre).

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