Superman Returns : le dernier dinosaure, échec cuisant avant la révolution Marvel

Geoffrey Crété | 29 avril 2020
Geoffrey Crété | 29 avril 2020

Superman Returns est sur Netflix, et le revoir 15 ans après est une expérience amusante et intéressante.

Si le futur de Superman est toujours inconnu, avec Henry Cavill officiellement attaché à la cape mais sans projet à l'horizon depuis son retour désastreux dans Justice League, le passé de Clark Kent reste une source inépuisable de discussion et réflexion.

De l'iconique Christopher Reeve apparu à la fin des années 70 dans Superman de Richard Donner, aux films d'animation comme le récent Superman: Red Son (notre critique par ici), le plus héroïque des super-héros a ouvert la voie au genre du côté des blockbusters.

C'est aussi pour ça que Superman Returns de Bryan Singer est un cas si intéressant, vu ses ambitions de concilier passé et futur, et son échec spectaculaire en 2006.

 

 

L'AN AUX 2000 HÉROS

Que Superman Returns se place en suite directe de Superman II est le signe d'une grande ambition, aussi intéressante que dangereuse, puisque le pont entre les deux époques est vertigineux. Car entre Superman IV sorti en 1987 et son grand retour en 2006, le monde super-héroïque hollywoodien a bien changé. Batman s'était engouffré dans la brèche créée par Superman avec deux films réalisés par Tim Burton, puis deux autres par Joel Schumacher, mais rien de comparable à la vague qui se soulève à l'aube du nouveau millénaire.

X-Men est le premier signal transmis et bien reçu, pionnier de cette renaissance, et déjà réalisé par Bryan Singer. D'un coup, le grand public semble découvrir et accepter que les super-héros peuvent être sobres, sérieux, et solennels. Mais c'est véritablement Spider-Man en 2002, qui va paver la voie dorée : après plus de 820 millions (X-Men en a encaissé moins de 300 au box-office), le film de Sam Raimi est un moment charnière. Plus de doute : le film de super-héros a un avenir plus radieux que jamais, et tout le monde se lance. Daredevil, Hulk, X-Men 2, Catwoman, Les Indestructibles, Batman Begins, Elektra, Les 4 Fantastiques...

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commentaires

Geoffrey Crété - Rédaction
01/05/2020 à 00:01

@Ben

En 2008, Jeff Robinov, de Warner, a dit au Wall Street Journal : "Superman Returns n'a pas été à la hauteur de ce qu'on voulait. Il n'a pas replacé le personnage de la manière dont il fallait. Si ce Superman avait marché en 2006, on aurait eu un film pour Noël 2008 ou 2009. Maintenant, notre plan est de réintroduire le personnage, sans prendre en compte les films Batman et Superman."

Le film a bien été un échec, et sa rentabilité n'a clairement pas été à la hauteur vu le budget, le marketing (je le détaille dans l'article mais il a été très, très cher à l'époque), le box-office domestique (majeur pour les studios, qui y récupèrent plus qu'ailleurs), et le box-office final. Bref, les enjeux.

Rien de bizarre à parler d'échec cuisant donc, puisque financièrement il n'a pas été à la hauteur et que les plans annoncés en grande pompe ont été annulés. C'est ça, un échec, point. Et je dis cuisant, car les ambitions étaient grandes, Superman est un personnage majeur, le studio a allongé un gros budget pour le film et le marketing, avaient laissé une certaine liberté à Singer (assez grande dans ce contexte), parlait de suite officiellement avant la sortie...
Les exécutifs n'ont rien "décidé" de manière arbitraire et contre le film, ils ont constaté. Simple calcul, que font tous les studios sur ces films. Ils n'ont pas décidé que 500 millions c'était bien : c'était simplement un seuil mathématique, pour que le film soit à la hauteur des enjeux. Pour faire très simple (car ça mérite des détails, on fait des articles entiers sur le sujet) : un film devient un réel succès quand il encaisse trois fois son budget. C'est très grossier, mais ça donne un ordre d'idée, et Superman Returns en est loin.
Que Bryan Singer soit surpris, blessé, blasé face aux chiffres, ça n'est en rien la preuve que le film était rentable ou suffisamment fort au box-office : c'est d'abord un réalisateur naturellement agacé par cette facette business, et par le fait que le studio, quelques semaines après la sortie, commençait déjà à assumer publiquement un non-succès vu les enjeux. Il le reconnaît lui-même : il ne sait pas. Il était étonné, et de toute évidence pas très heureux du commentaire du monsieur du studio.

Encore une fois, quand je parle d'échec cuisant (ou de révolution Marvel, cf notre précédente longue discussion), je ne parle pas artistique, je ne prends pas mon petit avis pour parole d'évangile. Là, je parle toujours des faits d'un point de vue business, puisque le business est majeur pour un tel film, conçu, écrit, tourné, vendu comme tel. Tout ça est justifié dans l'article.
Sans compter que, je répète, le titre n'est qu'une porte d'entrée : l'article explicite, comme je l'évoquais juste avant, que l'échec est aussi dans l'ambition de ce film, qui cherchait un cap entre passé et futur, avec un positionnement assez spécial sur le genre.

Je rappelle que nulle part cet article n'est à charge contre Superman Returns. Au contraire, j'en salue et décrypte des idées, des ambitions, des envies très intéressantes, et assez radicales. Notons juste que justifier mon article réduit à un titre n'est pas chose aisée pour moi (encore une fois, toutes ces infos que vous me sortez, sont données, contextualisées, détaillées, dans l'article).

Enfin, je ne vois aucun troll, seulement des débats et des réactions. Chacun a bien le droit de réagir avec sa passion et son avis, et au fond, on pourra toujours sembler être le troll de quelqu'un ;)

Ben
30/04/2020 à 23:36

Aux trolls :

N'étant pas dans le secret des dieux et ne connaisant personnellement personne à la Warner et à Legendary pictures, je prends l'information là où je peux la trouver, c'est-à-dire sur une encyclopédie en ligne qui sert de référence au monde entier. Si quelqu'un a une autre source digne de confiance qui contredit Wikipedia, je veux bien en prendre connaissance.

@ Geoffré
Il ne s'agit pas d'un combat d'ego, ni de fan. J'ai 50 balais, j'ai dépassé le stade du cinéphile passionné depuis belle lurettes.

J'ai revu le film aujourd'hui justement parce que ça fait bien 10 ans que je ne l'avais pas vu en entier depuis la première vision au cinéma et que votre article a piqué ma curiosité. Et bien le film tient largement la route par rapport aux productions actuelles à tous les niveaux. Les effets spéciaux restent étonnamment trés bons. Certes, on est loin du niveau de violence et de destruction d'un Man of steel mais on est par contre dans une fidélité au personnage qui frise le 100%.

Et la Warner a eu tort de ne pas lancer son DCUE à partir du film de Singer et de se vautrer dans la fange viriliste et révisionniste de Snyder avec son Super Sayan aux couleurs de Superman. C'est du moins ce que je pense. Non seulement la suite de Superman returns aurait permis de prendre de l'avance sur la concurrence mais le cinéma mondial aurait certainement une autre gueule. Une gueule qui ne ressemble pas à une tête de gondole permanente où tous les produits filmiques sont interchangeables.

Quand vous écrivez : "Ce n'est pas moi qui l'affirme, sorti de nulle part : c'est le studio lui-même qui a publiquement parlé d'une déception (en parlant d'un seuil respectable néanmoins... que le film n'aura pas atteint au final !)"

Je cite Wikipedia - la page en Anglais, parce que la page en Français ne contient rien ou presque :

Le président de Warner Bros, Alan F. Horn, a expliqué que Superman Returns était un film très réussi, mais qu'il "aurait dû faire 500 millions de dollars dans le monde entier". Nous aurions peut-être dû y mettre un peu plus d'action pour satisfaire le jeune public masculin".

Donc vous et moi disons la même chose. Les financeurs ont décidé que le film était en dessous de leurs attentes financière, point.
Vous en déduisez qu'il s'agit d'un échec cuisant, c'est quand même étonnant.

Moi j'en déduis que la Warner et Legendary pictures ont décidé que si le film était rentable mais n'atteignant pas les 500 millions de dollars dans le monde, il n'y aurait pas de suite.

Quant à Singer himself il a réagit en disant :
"Ce film a rapporté 400 millions de dollars ! Je ne sais pas ce qui constitue une sous-performance de nos jours..."

C'est tout.

Sources : https://en.wikipedia.org/wiki/Superman_Returns

C'est ma dernière contribution parce que bien que le thème m'intéresse, je sens l'arrivée d'un wagon de trolls d'ici peu qui va rendre le débat très chiant.

Merci de m'avoir répondu, à vous lire dans d'autres articles.

Hektor
30/04/2020 à 22:52

@ben

Bien sur. Ça a été un gros succès, c'est pour ça que le studio a humblement décidé de ne pas faire de suite, pour l'amour de l'art.
C'est bien beau de copier coller Wikipedia mais ça suffit pas visiblement.

Geoffrey Crété - Rédaction
30/04/2020 à 22:44

Rebonjour Ben,

Ce n'est pas moi qui l'affirme, sorti de nulle part : c'est le studio lui-même qui a publiquement parlé d'une déception (en parlant d'un seuil respectable néanmoins... que le film n'aura pas atteint au final !), et l'a ensuite redit en déclarant quelques années après (alors que la suite était censée arriver), que si le film avait été à la hauteur, il y aurait eu des suites et qu'ils auraient continué avec l'équipe. Suite prévue, annoncée, programmée, datée... mais annulée. D'où un redémarrage avec Man of Steel.
Je me suis contenté de redire ce que le studio lui-même a donc assumé et acté, comme clairement expliqué dans l'article. A peu près tout ce que vous dîtes est dans l'article d'ailleurs.
J'y explique aussi en quoi l'ambition du film de proposer un point de vue sur le genre, n'a pas séduit le public, et a donc laissé place à une autre ère (celle dont on a déjà longuement débattu plus bas, pour rappel).

Libre à vous d'aimer le film, c'est encore une autre question. D'ailleurs je souligne quelques beaux aspects et idées intéressantes dans l'article. Mais le film a été un échec d'un point de vue business, c'est un fait.

Ben
30/04/2020 à 22:37

Superman returns n'est pas du tout un échec et encore moins cuisant comme l'affirme le titre de l'article de Geoffré Crété.

6ème film le plus rentable de l'année 2006 au USA il est le 9ème film le plus rentable au niveau mondial de la même année. C'est quand même un film très cher pour l'époque, un peu plus de 200 millions de dollars. Et contrairement aux prods Marvel studio, c'est un film qui n'est pas le résultat d'une étude marketing mais bien le fruit d'une vision d'auteur. Singer n'a pas fait de projections test, autrement dit, compte tenu de la somme investie, c'est un gros pari pour la Warner et Legendary pictures qui ont cofinancé le film.

///
Superman Returns est sorti le 28 juin 2006 aux États-Unis et au Canada dans 4 065 salles de cinéma. Le film s'est classé en tête lors de son week-end d'ouverture, avec un chiffre d'affaires de 52,5 millions de dollars.
La recette brute du film pour la deuxième semaine a rapidement diminué par rapport à la première semaine, en raison de la présence de Pirates des Caraïbe : Le Secret du coffre maudit et le diable s'habille en Prada.
Superman Returns a ensuite réalisé des recettes brutes de 200 081 192 dollars en Amérique du Nord et de 191 millions de dollars à l'étranger, pour un total de 391 081 192 dollars dans le monde.

Sur le plan critique, Sur Rotten Tomatoes, Superman Returns a une note d'approbation de 75% sur la base de 260 évaluations, avec une note moyenne de 7/10. Le consensus critique du site est le suivant : "L'adaptation révérencieuse et visuellement décadente de Bryan Singer donne à l'homme d'acier une complexité émotionnelle bienvenue. Le résultat : une adaptation satisfaisante qui colle à la peau"

Sur Metacritic, le film a obtenu une note de 72 sur 100, sur la base de 40 critiques, indiquant "des critiques généralement favorables". Les spectateurs interrogés par CinemaScore ont donné au film une note moyenne de "B+" sur une échelle de A+ à F.

Le 3 mai 2009, près de trois ans après le lancement de Superman Returns, le cinéaste et scénariste Quentin Tarantino, lauréat d'un Academy Award, a déclaré qu'il appréciait le travail de Bryan Singer sur Superman Returns et qu'il écrirait une critique de 20 pages sur Superman Returns.

En février 2006, quatre mois avant la sortie de Superman Returns, la Warner Bros a annoncé une date de sortie en salle mi-2009 pour une suite, Bryan Singer reprenant ses fonctions de metteur en scène.

Brandon Routh, Kate Bosworth, Kevin Spacey, Sam Huntington, Frank Langella, et Tristan Lake Leabu devaient reprendre leurs rôles.

En raison de son engagement, Bryan Singer a abandonné la réalisation d'un remake de Logan's Run. Le scénariste Michael Dougherty voulait que la suite soit "pleine d'action", avec "d'autres Kryptoniens", Brainiac et Bizarro également considérés comme les principaux méchants. La masse terrestre de la "Nouvelle Krypton" flottant dans l'espace à la fin de Superman Returns aurait servi de dispositif d'intrigue.

Bien que Superman Returns ait reçu des critiques essentiellement positives, Warner Bros et Legendary Pictures ont été déçus par le retour du film au box-office.

Le président de Warner Bros, Alan F. Horn, a expliqué que Superman Returns était un film très réussi, mais qu'il "aurait dû faire 500 millions de dollars dans le monde entier". Nous aurions peut-être dû y mettre un peu plus d'action pour satisfaire le jeune public masculin".

Singer a réagi de façon incrédule aux plaintes du studio, en disant : "Ce film a rapporté 400 millions de dollars ! Je ne sais pas ce qui constitue une sous-performance de nos jours..."

175 millions de dollars était le budget maximum que Warner Bros prévoyait pour la suite, puisque Superman Returns a coûté 204 millions de dollars.

( source Wikipedia sur la fiche du film en Anglais )

Marvelleux
30/04/2020 à 20:24

Pas mauvais. Mais c'est d'une autre époque. Après le MCU, tout à changé.

RobinsDesBois
30/04/2020 à 04:44

Un petit bijou. Hommage aux Superman de Donner mais existant également par lui même, le thème du retour est superbement exploité. Brandon Routh est troublant de ressemblance avec Christopher Reeve, le Luthor de Kevin Spacey est excellent. Le scénario et la réalisation sont excellents. Je n'ai pas compris pourquoi il n'avait pas remporté de succès au moins critique, je suis ressorti de la salle les étoiles pleins les yeux.

Seule petite ombre au tableau Kate Bosworth qui n'est pas très convaincante en Lois Lane.

Nico1
29/04/2020 à 23:09

Il faut bien être conscient d'une chose essentielle concernant Marvel: ils se sont décidés à appliquer au cinéma une formule qui existait déjà dans les comics. Quand il y avait des crossovers la logique marketing était déjà bien présente, il fallait acheter de multiples et différentes publications pour avoir l'histoire complète. On ne peut pas nier le travail colossal qu'il y a derrière le MCU et le génie qu'il fallait pour rendre tout ça cohérent. Superman returns est certainement le dernier film à "l'ancienne " en matière de super héros. Il y a bien un avant/après MCU.

Numberz
29/04/2020 à 22:28

Un magnifique film. Je le trouve même meilleur qu'avant. Parce que j'aime beaucoup depuis quelques années les films lents, parfois contemplatifs. Et ce film a ces caractéristiques, en plus d'une lettre d'amour à Donner. Le vrai superman III.

Return of The Madman
29/04/2020 à 21:55

Singer+Spacey, des types dans le réseau pizzagate et Epstein ou des similaires, fascinant que des sites sur le cinoche nous parle pas du vrai PE dhollywood!

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