Valerian et la Cité des mille planètes : au final, le film de Luc Besson a t-il vraiment été un désastre ?

Créé : 25 novembre 2017 - Geoffrey Crété
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Valerian et la Cité des mille planètes a t-il été un désastre financier ?

Le 12 mai 2015, Luc Besson annonce en fanfare qu'il va adapter Valérian et Laureline, bande-dessinée française de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières, pour en tirer une superproduction. Christophe Lambert, alors directeur général d’EuropaCorp, parle sans détour des ambitions : « Ce sera notre Star Wars à nous. Cette franchise a le potentiel pour dix films ».

Un peu plus de deux ans plus tard, Valerian et la Cité des mille planètes, avec Dane DeHaan et Cara Delevingne, sort en salles. D'abord aux Etats-Unis, où c'est un petit désastre au box-office. Puis dans le reste du monde, où l'espoir d'un succès est encore possible. Depuis, la réalité a rattrapé les agents spatio-temporels. 

Quelques mois après, alors que l'exploitation en salles est terminée, retour sur le blockbuster de Luc Besson, afin de dresser un petit bilan financier du blockbuster.
 
 

Photo Cara Delevingne, Dane DeHaan

 

LE BUDGET

Valerian et la Cité des mille planètes a officiellement coûté 197 millions d'euros, selon le chiffre communiqué au CNC, soit plus de 230 millions de dollars. Un budget massif, supérieur à Spider-Man : Homecoming (175 millions de dollars), Thor : Ragnarok (180 millions), ou encore Wonder Woman (149 millions), selon les chiffres officiels. Plus aussi que Mad Max : Fury Road (150 millions).

À ce budget officiel s'ajoutent des frais marketing divers et variés pour assurer la promo du film, des spots publicitaires aux tournées des acteurs à travers le monde. Ce chiffre est précieusement gardé par les producteurs, mais selon les experts, une superproduction dépense entre 50% et 150% de son budget pour assurer sa promo.

Dans le cas de Valerian et la Cité des mille planètes, financé hors du circuit des studios hollywoodiens mais présenté sur la place publique comme un blockbuster classique, ce serait donc entre 100 et 300 millions supplémentaires. Le film ayant suivi le chemin classique de la promo hollywoodienne, du Comic Con aux tapis rouges, difficile de ne pas imaginer un chiffre significatif, qui resterait imposant même dans la fourchette très basse.

 

Photo Dane DeHaan, Cara Delevingne

 Valerian et Laureline version Luc Besson

 

Néanmoins, avant même que le film ne sorte, Luc Besson assurait publiquement que les risques financiers étaient moindres. Le cinéaste déclarait ainsi à Screen Daily en juin :

« Comme toutes les sociétés de production, nous donnons le feu vert à un projet uniquement si au moins 80% de son budget est couvert. Pour Valérian, nous en avons couvert 96% avec les pré-ventes. (...) Le risque pour EuropaCorp est donc de 4% sur le budget alors il n’y a aucun risque en fait. Il s’agit davantage d’un risque lié à la notoriété. Si le film est un gros flop, on ne nous fera plus confiance pour mettre en œuvre ce type de projet. Ce n’est donc pas tant un risque financier qu’un risque humain. »

Au cours de la même interview, lorsqu'il est interrogé sur ses acteurs, il précise : « Cara a 20 millions de personnes qui la suivent sur Twitter et Rihanna, 50 millions. » Un angle marketing non négligeable et de toute évidence intégré dans la machine.

 

Photo Cara Delevingne

Cara Delevingne, ou la preuve des limites de Twitter, donc

 

LE BOX-OFFICE 

Valerian et la Cité des mille planètes a terminé sa carrière aux alentours de 225,1 millions de dollars dans le monde. C'est peu pour un blockbuster de cette envergure, d'autant plus pour les ambitions de franchise clairement annoncées.

Aux Etats-Unis, c'est un désastre : environ 40,5 millions de recettes. À titre de comparaison, les champions du box-office sont très loin : plus de 504 millions pour La Belle et la Bête, 412 pour Wonder Woman, ou encore 389 pour Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2. Valerian se situe donc plutôt vers Le Roi Arthur : La Légende d'Excalibur, qui a à peine dépassé les 39 millions.

Un chiffre redouté dès le démarrage puisque le 21 juillet dernier, Valerian et la Cité des mille planètes a engrangé tout juste 17 millions pour commencer en cinquième position, derrière Dunkerque de Christopher Nolan (environ 50 millions), la comédie Girls TripSpider-Man : Homecoming et La Planète des singes : Suprématie - les deux derniers n'étant même pas des nouveautés du week-end.

La fréquentation a chuté de plus de 62 % dès la deuxième semaine. A partir de la quatrième, le film n'encaisse même plus un million de dollars. Le nombre d'écrans chute donc très vite, passant de plus de 3500 salles à sa sortie (environ 500 de moins que la plupart des superproductions) à moins de 1800 dès sa troisième semaine. Malgré un regain de fréquentation lors des vacances en septembre, le film s'éteint après neuf semaines. 

A titre de comparaison, Le Cinquième Elément était resté à l'affiche quinze semaines en 1997 aux Etats-Unis.

 

Photo Dane DeHaan

 Dane DeHaan

 

LE BOX-OFFICE FRANÇAIS

Le public français a t-il répondu à l'appel de Luc Besson ? Oui et non. Environ 4 millions de spectateurs ont vu les aventures de Valerian et Laureline sur grand écran. Le blockbuster de Luc Besson se place ainsi comme le troisième plus gros succès de l'année derrière Moi, moche et méchant 3 (5,6 millions d'entrées) et Raid dingue (4,5 millions). En terme de cinéma français, c'est donc le deuxième plus gros succès derrière la comédie de Dany Boon. 

Avec 1,6 millions d'entrées dès sa première semaine, c'est aussi l'un des meilleurs démarrages de l'année, derrière Fast & Furious 8 (1,8 millions) et Moi, moche et méchant 3 (1,7 millions). Là, il remporte la médaille d'or en terme de film français.

 

Photo Luc Besson

Luc Besson sur le tournage

 

Néanmoins, Valerian et la Cité des mille planètes tient difficilement la comparaison avec les précédentes réalisations de Luc Besson en France. Le film de science-fiction est son cinquième plus gros succès, derrière Le Grand Bleu en 1988 (9,1 millions), Le Cinquième Elément en 1997 (7,7 millions), Arthur et les minimoys en 2006 (6,3 millions), et Lucy en 2014 (5,1 millions). Il se place juste devant Arthur et la vengeance de Maltazard (3,9 millions) et Nikita (3,7 millions). 

Côté démarrage en salles, presque la même chose : la superproduction fait moins bien que Le Cinquième Elément en 1997 (1,9 millions), et Lucy en 2014 (1,9 millions). Le plus gros budget de sa carrière à ce jour sera donc loin d'être son plus gros succès.

 

Photo Dane DeHaan, Cara Delevingne"Euh... c'est les bons chiffres qui sont affichés là ?"

 

LE BOX-OFFICE INTERNATIONAL

Valerian et la Cité des mille planètes a été le plus chanceux en Chine (62 millions de dollars), en Russie (14,3 millions de dollars) et en Allemagne (13,5 millions de dollars).

La Chine a sans surprise été un territoire clé, à la fois parce que le pays est devenu une source certaine de revenus pour le cinéma à grand spectacle, mais également parce que la société chinoise Fundamental Films a participé au financement du film (environ 50 millions de dollars), en plus d'être donc logiquement distributeur sur le territoire. Une transaction qui s'inscrit dans un accord plus large avec EuropaCorp, et qui explique en partie la présence de la star chinoise Kris Wu au générique.

 

Photo Rihanna, Dane DeHaanRihanna, un évident levier commercial sur la scène internationale

 

La date de sortie calée fin août était donc un événement majeur, et Fundamental Films a boosté au maximum le blockbuster avec environ 6000 écrans (aux USA, il n'y en avait "que" 3553), et quelque chose comme 80 000 séances chaque jour. Valerian et la Cité des mille planètes a donc démarré de manière satisfaisante, encaissant 28,8 millions à sa sortie chinoise. Reste que Lucy, avec des moyens moindres, en était à une vingtaine dès son démarrage.

Valerian a chuté dès sa deuxième semaine face à Dunkerque, pour atterrir en quatrième position suite à une chute de fréquentation de 78%. Spider-Man : Homecoming a achevé sa carrière début septembre, l'homme-araignée ayant au final récolté plus de 116 millions.

En septembre et encore récemment, Luc Besson continuait de croire en la perspective d'une suite (le deuxième film coûterait moins cher et le troisième, autant que le premier), citant l'enthousiasme spectaculaire des fans et le territoire du Japon où le film ne sortira pas avant début 2018. Mais Valerian et la Cité des mille planètes devrait rayonner de manière extraordinaire pour peser dans la balance, à la manière de La Belle et la Bête qui y a engrangé plus de 110 millions. Le Disney est néanmoins une exception réelle, des poids lourds comme Moi, moche et méchant 3 et Pirates des Caraïbes 5 : La Vengeance de Salazar ayant cumulé aux alentours de 60 millions, quand la plupart des superproductions sont encore plus loin (25 pour Spider-Man : Homecoming, 16 pour Doctor Strange, 12 pour Wonder Woman, 10 pour Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2). Sauf miracle, Laureline et Valerian auront bien du mal à créer un événement majeur au Japon donc.

 

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Qui veut la peluche de la bestiole qui chie des perles pour Noël ?

 

LES CONSÉQUENCES 

Côté business, Luc Besson aura répété que le risque était minime tant le coût de Valerian et la Cité des mille planètes était amorti avant même sa sortie. Néanmoins, l'impact sur EuropaCorp n'est pas à négliger. Dès la désastreuse sortie américaine du film, la valeur de la société chute de manière significative à la bourse (-8,41% dès le lundi). En septembre, la presse spécialisée dans la finance parle d'une chute de l'action de plus de 40%.

Le Conseil d'Administration d'EuropaCorp met alors un terme au mandat social d'Edouard de Vésinne, Directeur Général Délégué depuis avril 2016. Officiellement, c'est pour fonder sa propre compagnie. Dans la foulée, le directeur général Marc Shmuger annonce qu'il quittera ses fonctions comme prévu à la fin de l'année, après trois renouvellements depuis son arrivée début 2016.

Déjà président du conseil d'administration, Besson prendra la place de Shmuger, ainsi que celle d'Edouard de Vésinne, pour une durée limitée encore floue. Difficile de ne pas y voir une manière de redresser la barre et marquer le coup suite aux résultats pour le moins décevants du blockbuster. 

 

Photo Luc Besson

Luc Besson sur le tournage de Valerian

 

Une situation d'autant plus compliquée que le 28 juin, quelques semaines avant la sortie du film, EuropaCorp avait annoncé des finances dans le rouge, avec un déficit historique d'environ 120 millions. Un bilan encore plus mauvais que celui redouté par le groupe en février, la faute à plusieurs déconvenues en salles (Miss Sloane avec Jessica Chastain, The Circle avec Emma Watson, ou encore Oppression avec Naomi Watts). 

Comme l'a expliqué Luc Besson : « Si le film est un gros flop, on ne nous fera plus confiance pour mettre en œuvre ce type de projet. Ce n’est donc pas tant un risque financier qu’un risque humain ». EuropaCorp se concentrera donc désormais sur des films d'action et de science-fiction, avec des budgets intermédiaires. Anna, le prochain film de Besson qu'il présente comme un mix entre Léon et Nikita, et qu'il assure avoir décidé de lancer avant la sortie de Valerian, se situerait ainsi dans la fourchette 25-35 millions. C'est très loin de Valerian et la Cité des mille planètes, et tout près de Lucy, qui reste un modèle de réussite économique.

 

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Si le planning d'EuropaCorp compte le drame Kursk avec Colin Firth, la comédie Je vais mieux avec Eric Elmosnino ou encore Renegades avec J.K. Simmons (qui a tout d'une sortie VOD), c'est sans nul doute Taxi 5 qui est le plus attendu. Prévu pour avril 2018, le retour de la franchise avec une toute nouvelle équipe est clairement conçu pour relancer la machine à succès face à un public nouveau - Franck Gastambide de Pattaya et Les Kaïra réalise et interprète le premier rôle.

Un film qui se pose donc en salut pour la société, laquelle prévoit encore des pertes lors des prochains exercices fiscaux, et chercherait diverses options pour limiter la casse, comme vendre le pôle de production audiovisuelle et le catalogue des 500 films issus du rachat de Roissy Films (EuropaCorp avait notamment mis un terme à son activité de multiplexes fin 2016). Encore beaucoup de points d'interrogations donc pour EuropaCorp, qui va sans nul doute devoir redescendre sur Terre après l'ambitieuse tentative spatiale de Valerian et Laureline.

 

Photo Cara Delevingne, Dane DeHaan

 

De son côté, Luc Besson continue à rejeter la faute sur la mauvaise presse notamment américaine, quitte à fermer les yeux sur le fait que le public du monde entier partage son mépris global pour la critique et est donc parfaitement capable d'aller contre elle. Ainsi, chaque année, des dizaines de films estampillés navets par la presse deviennent des succès monumentaux, quand des œuvres plébiscitées par la critique passent inaperçus.

Le cinéaste rêve maintenant d'un succès phénoménal en Blu-ray et DVD (pas du tout impossible : la saga Riddick de David Twohy en a bénéficié) pour lui permettre de clore ce qu'il présente comme une trilogie. Espérons pour lui et ses fans que le public avait simplement oublié que Valerian et la Cité des mille planètes existait cet été, et n'a pas choisi d'en faire un non-événement.

  

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commentaires

max 04/12/2017 à 14:15

Besson doit ouvrir les yeux !!!!

Echec de Valérian?
1) acteur pré-pubère dont tous les films (ou presque sont des échecs) ... rien à voir avec la BD. C'est une vraie quiche ce type.

2) actrice (façon de parler) qui a la charisme d'une moule ... Top modèle ne garantit pas le talent (il aurait pu prendre une chèvre et je pense que cela aurait été aussi bien). Elle joue comme un pied...très très surestimée.

3) l'histoire, l'histoire et l'histoire... débile de A à Z ... non sans blague, elle a été écrite par un gamin de 3 ans? c'est bâteau, convenu, déjà vu, culcul concon, bref on s'ennuie du début à la fin et en plus on devine parfaitement ce qui va se passer.

Bref, qu'il fasse un 2 et un 3 et on aura la même chose que Arthur et les minimachins.

mikegyver 28/11/2017 à 10:38

comment plaindre Besson ?

sa societe est en mega deficit, mais lui roule sur l'or, vit tranquillement dans de grandes villas, donc techniquement il s'en fout (sacrée paradoxe que ces societes endettés mais avec un patron milliardaire et heureux)

apres vous dites entre 100 et 300 millions de budget promos ? vous vous rendez compte du truc ou pas ? c'est completement irrationnel !!!

ca ressemble a des vacances tout frais payés sur le dos de la societe, donc c'est bien fait pour leur gueule

corleone 27/11/2017 à 11:06

Que Disney rachète les droits pour nous pondre un bon vieux reboot et qu'on en parle plus!!!

jango56700 26/11/2017 à 17:57

RiffRaff 26/11/2017 à 11:44 @jango56700: Les usa ne dézinguent pas les films de Besson et europacorp, sinon Lucy ou le 5eme élément qui sont autant français quezValérian n'auraient pas été d'immenses succès.

Ce n'est absolument pas le même budget

40 million usd pour lucy
5eme element 90 millions usd

Valerian c est 177 USD c est pas le même budget !!!

lemon 26/11/2017 à 16:33

Dès le départ, Valérian ne me va pas de toute façon. Celui de la BD est un gars buriné, mal rasé, charismatique, alors que là, on a un mannequin éphèbe pour défilés de mode.

Pierro 26/11/2017 à 11:48

Je viens de visionner le film: c'est vraiment une boite vide.
Problèmes:
1) Les accessoiristes sont à virer: rien de high-tech ne respire du décor on dirait des jouets dorés munis de LED pour faire joli (les casques sapin de Noel par ex.)
2)Les costumes sont ridiculement dessinés,ostentatoires et chargés à l'excès ex: des pistes électroniques sur un képis,le paroxysme du too much...
3)Les gamins imberbes représentants les héros sont végétatifs et leurs voix bizarres...
4)Trop d'effets spéciaux tuent les effets spéciaux...
5)Le scénario tient probablement sur un timbre poste
Je tiens à rassurer les amateurs de science-fiction: il n'y aura jamais de deuxième épisode.
Les sponsors ayant à la grande majorité financé le premier Opus ne feront jamais la même erreur deux fois (surtout lorsqu'il s'agit de Banques...)
Besson répète à longueur de Films les mêmes erreurs, il n'est pas capable de changer de style. Dommage. J'espère que la relève se prépare.

RiffRaff 26/11/2017 à 11:44

@jango56700: Les usa ne dézinguent pas les films de Besson et europacorp, sinon Lucy ou le 5eme élément qui sont autant français quezValérian n'auraient pas été d'immenses succès, et on peut parler des taken qui seposent là niveau succès populaires. Le problème du film de Besson c'est qu'il est très moyen, et avec une franchise inconnu du public US(et non franco-belge en général), il faut du solide pour imposer un blockbuster. Là le scénario n'est pas dingue et les acteurs pas assez connus pour attirer du monde en salle, c'est trop peu pour installer une franchise cinématographique. Dommage, s'il y avait quelqu'un pour encourager le cinéma de SF français c'était bien Besson....

Zanta 26/11/2017 à 11:20

Bon... si on a eu des Minimoys 2 et 3, on pourrait quand même avoir un Valerian 2. Surtout que Besson a déclaré que les exigences budgétaires seraient inférieures.

jango56700 26/11/2017 à 08:48

vu hier soir en Bluray, j'ai rien contre Besson, j'ai vu du très bon et du très mauvais.
Avec Valerian pour moi le problème à la base c'était la bande annonce qui était affreuse, aucune visibilité de l'histoire, un grand n importe quoi, ça ne m a pas donné envie de me déplacer en salle.
Après je le regarde hier soir, connaissant le ratage au box office et la critique plutot mauvaise.
Je dois dire que je l'ai trouvé ça pas trop mal, il est pas génial ça c'est sur, mais bien mieux que certains films américains que l'on a vu cet été (en même temps c'était pas dur cette année).
Je suis d'accord avec Besson, de passer par la case américaine avant la france n'a pas été stratégique. Pour une fois qu'on sort un gros film français, c'était à prévoir que les américains l'aurait démonté encore plus, protectionnisme !!

west666 26/11/2017 à 06:59

au final pas trouvé si mauvais mais restera pas dans les tetes comme un chef d'oeuvre

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