Lars Von Trier dit qu'il aurait fait un grand tueur en série, et n'a pas digéré le scandale cannois

Créé : 16 mai 2018 - Christophe Foltzer
Photo Matt Dillon, Sofie Gråbøl
11 réactions

Si on aime Lars Von Trier, c'est aussi pour la place qu'il occupe. En effet, LVT est un emmerdeur et c'est un ingrédient nécessaire dans le cinéma.

Et il faut dire que lorsqu'il s'y met, Lars Von Trier n'y va pas avec le dos de la cuillière. On se rappelle encore ses propos sur les Nazis en 2011 en conférence de presse de Melancholia, en plein Festival de Cannes, qui lui avaient valu un bannissement de 7 ans. Et puis vinrent les accusations de harcèlement par Björk. Alors forcément, lorsqu'il revient sur la Croisette avec The House that Jack Built, les choses ne peuvent pas bien se passer.

 

Photo Lars Von Trier

Lars Von Trier

 

Des spectateurs outrés, scandalisés par la violence du film, une centaine de personnes qui quitte la salle durant la projection : il n'en faut pas plus pour entretenir la légende du réalisateur sulfureux. Si nous mettons personnellement un bémol à l'aspect ultra-violent et scandaleux du film dans notre critique, le réalisateur de Dancer in the Dark, Dogville et Breaking the Waves n'en avait pas encore assez puisqu'il a décidé de s'expliquer au micro de Lapresse.ca :

"J'essaie toujours d'aller plus loin. Ce serait malhonnête de ne pas le faire. Les choses qui arrivent dans la vraie vie, qui est pire, devraient et pourraient être filmées."

 

 

Jusque là, nous sommes d'accord. Mais, fidèle à lui-même, Lars von Trier ne peut s'empêcher de jeter de nouveau de l'huile sur le feu.

"J'aurai fait un grand tueur en série. J'avais assez de contrôle sur moi pour ne pas prendre cette direction. Je n'ai jamais tué personne mais, si je devais le faire, ce serait un journaliste. Je mets de moi dans tous mes personnages. Mais pour Jack c'est évident. Il se voit comme un artiste. Moi aussi."

 

Photo Matt DillonMatt Dillon

 

On peut y voir là évidemment une bonne grosse provocation comme il en a le secret et qui sera, à n'en point douter, reprise au premier degré par ses plus vifs opposants. Profitant de l'opportunité, LVT s'est également exprimé sur cette histoire de harcèlement et plus particulièrement au mouvement #metoo, qu'il ne considère pas d'un très bon oeil.

"Le problème de ce mouvement, c'est que les gens sont condamnés sans le moindre juge."

Et, sur le fond, il n'a pas tort, c'est même l'effet le plus déplorable de ce qui se passe actuellement. Enfin, comme il fallait bien en parler un moment, LVT est revenu sur l'incident nazi de 2011 qui lui a valu autant de problèmes, mettant en lumière, selon lui, que le problème ne se situe pas dans ses propos mais dans les gens qui les ont entendus.

"Je suis très blessé d'avoir été déclaré persona non grata pour une blague. J'ai été très naïf, parce que la France a un gros problème avec son passé, vous savez, le gouvernement de Vichy qui a livré les juifs. Cela aurait été mieux si j'avais blagué sur Hitler en Allemagne. Même Harvey Weinstein n'a pas été persona non grata, malgré les accusations d'une centaine de femmes."

On vous laisse méditer sur cette dernière phrase.

The House That Jack Built n'a pas encore de date de sortie en France.

 

Affiche

commentaires

Cuttyflam 17/05/2018 à 14:07

Il a pas du tout l'air de blaguer quand il parle de hitler, si de tel choses sont dites avec un grand sérieux et pendant plusieurs minutes, c'est pas que tu n'as pas le sens de l'humour, pour toi y a pas d'humour la dedans.

.... 17/05/2018 à 10:48

@ Dirty Harry

Donc les journalistes ayant levé le voile sur moults et moults scandales ( Spotlight ? ), permis à la vérité d'éclater sont à mettre dans le sac de la pire engeance humaine ? Franchement, fais quelque chose, disparait, saute d'un pont, gobe des cachetons et ferme ta gueule une bonne fois pour toute...

Porter 16/05/2018 à 18:39

Emmerde les tous

ash30 16/05/2018 à 15:06

il se plaint d'avoir été personna non grata mais il revient car la soupe est trop bonne. Et ça se donne l'impression d'être un révolutionnaire, mais non t'es juste comme les autres, comme la prod de Solo.

Quand a es films ils sont juste irregardable et d'un mysogine. J'aimerai pas être dans ta tête.

Zombiekush 16/05/2018 à 14:35

Il a pas tort la France a un gros problème avec son passé en même temps vu ses agissements à cette époque il ne peut en être autrement

Shagon 16/05/2018 à 14:08

Lars, je t'aime ! Continue de sonder l'âme humaine et les maux qui la torture dans tes films, on ne s'en lasse pas !

José 16/05/2018 à 13:21

Vite à l'asile et qu'on ne le revoit jamais !

F4RR4LL 16/05/2018 à 13:11

J'adore ce mec. Il sait exactement quoi dire pour provoquer la réaction pavlovienne souhaitée de nos chers journalistes cannois.
Il énonce également beaucoup de vérités pas faciles à entendre (METOO, peut-on rire de tout ? C'est vrai que sa blague sur Hitler aurait fait fureur en Allemagne).

Dirty Harry 16/05/2018 à 13:00

Tiens je partage avec lui l'envie de meurtre de journaliste : c'est à peu près la pire engeance humaine sur terre mais je fais comme Lars, je trouve consolation dans mon métier !

Okay 16/05/2018 à 12:53

Dans le mille, j'aime bien ce gars tout comme ses films.

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