Stephen King : apocalypse, pandémie, vampire, croque-mitaine... 10 adaptations du maître dont on rêve

La Rédaction | 21 septembre 2017 - MAJ : 09/03/2021 15:58
La Rédaction | 21 septembre 2017 - MAJ : 09/03/2021 15:58

La sortie de Ça rappelle que l'oeuvre de l'écrivain regorge de bijoux qui feraient de fantastiques films.

Carrie au bal du diable, Shining, Creepshow, Cujo, Dead Zone, Stand by Me, La Ligne verte, Running Man, SimetierreLes Evadés, Dolores ClaiborneLes Démons du maïs, Un élève doué, Dreamcatcher, Fenêtre secrète, Chambre 1408La Tour Sombre, Mr. MercedesGerald's Game... Stephen King a inspiré de nombreux films, téléfilms et séries depuis maintenant 40 ans, ses textes ayant été portés par des noms prestigieux, devant et derrière la caméra.

 

Photo Sissy SpacekSissy Spacek dans Carrie, de Brian de Palma

 

Alors que le succès phénoménal de Ça (plus de 380 millions au box-office et une carrière loin d'être terminée) devrait sans surprise relancer la machine à adaptation, avec notamment celle de En ce lieu des tigres, Ecran Large s'est penché sur l'œuvre colossale de Stephen King pour choisir quelques-uns de ses écrits qui feraient de bons, voire d'excellents films.

Petit tour d'horizon de 10 adaptations qu'on aimerait voir au plus vite.

 

Jeremy Ray Taylor, Chosen Jacobs, Finn Wolfhard, Jack Dylan Grazer, Jaeden LieberherLes losers de Ça version 2017

 

CELUI QUI GARDE LE VER 

Cette nouvelle est un cas particulièrement intéressant dans la carrière de Stephen King. On le sait, le Maître a façonné avec les années un univers riche et complexe avec quelques points d'ancrage comme Boulder, Bangor, le Maine ou encore ses villes fictives de Castle Rock et Jerusalem's Lot. Salem's Lot dans laquelle se déroule d'ailleurs cette histoire, sorte de prequel à son roman Salem et gros hommage à l'univers du romancier H.P. Lovecraft.
 
Dans la forme déjà : une correspondance, un témoignage hallucinant et halluciné d'événements étranges qui se déroulent dans une maison. Des références aussi aux Grands Anciens, à Chtulhu et au pendant du Necronomicon inventé par un contemporain de Lovecraft, Robert Bloch : De Vermis Mysteriis. Un récit bien loin des codes habituels de King, situé au 19e siècle, et terrifiant dans son propos comme dans sa rédaction ; une véritable descente dans la folie où le vrai et le faux se mélangent pour finalement ne plus se quitter. Une expérience assez traumatisante en très peu de pages, qui ferait assurément un très grand film d'épouvante à l'ancienne. 

Réalisateur suggéré par la rédaction : Stuart Gordon.


PhotoDagon de Stuart Gordon

 

UN DERNIER POUR LA ROUTE 

Nous restons dans les environs de Jerusalem's Lot avec cette autre nouvelle qui peut servir d'épilogue au roman Salem, avec un concept simple mais redoutable : un lieu unique, le Tookey's Bar, durant une nuit frappée par un gros blizzard. Un dernier client s'apprête à partir quand soudain, un homme, frigorifié, entre et appelle à l'aide.
 
Le point de départ d'une plongée dans l'horreur qui sert avant tout à montrer que les vampires de la ville maudite n'ont pas tous disparus et qu'ils peuvent encore faire du mal. Un récit tendu, simpliste en apparence et qui mise avant tout sur l'efficacité de son enchainement d'événements. L'horreur pure, l'angoisse, le mystère, tout y est pour faire une superbe petite série B enragée et terrifiante. Bien sûr, il faudrait broder un peu autour pour donner un film entier, mais le suspense est là et parfaitement adapté à une transposition sur grand écran. 

Réalisateur suggéré par la rédaction : David Slade (30 jours de nuit) ou Mike Flanagan (OculusOuija 2 : Les Origines).

 

Photo30 jours de nuit de David Slade

 

UNE SALE GRIPPE

10 pages ! Il ne faut que 10 pages à Stephen King pour nous faire croire à la fin du monde. En cause, un virus terrible venu d'Asie qui décime les Hommes sans aucun moyen d'arrêter la pandémie. Six jeunes gens se retrouvent à la plage en pensant être immunisés parce qu'ils ont survécu à la grippe A.2, alors que la grippe A.6 a presque emporté toute l'Humanité. Jusqu'à ce que l'un d'eux n'apprenne au narrateur qu'il est contaminé.
 
Un récit prophétique de plus de 30 ans, qui rappelle évidemment le SRAS et les autres saloperies du genre, dans un récit désenchanté, gris et mélancolique où il faut accepter l'inévitable. Sa construction entre flashbacks et moments présents est un modèle du genre en si peu de pages, un gigantesque spleen parcourt le court récit et on en ressort ému et déprimé. De quoi assurément faire un très grand film catastrophe intimiste. 

Réalisateur suggéré par la rédaction : David Robert Mitchell (It Follows), John Hillcoat (La Route) ou, pourquoi pas, Terrence Malick.


La Route de John Hillcoat

 

LE CROQUE-MITAINE 

On triche un peu parce que la nouvelle Le Croque-mitaine existe déjà plus ou moins en film mais il est très difficile d'en trouver l'adaptation en bonne qualité. Il s'agissait d'un court-métrage réalisé en 1982 réalisé par Jeff Schiro, sorti en vidéocassette mais rapidement retiré de la vente pour des problèmes de droits. Le récit, lui, est terrifiant.
 
Un homme consulte un psychiatre pour lui expliquer que le boogeyman a tué son fils et nous assistons au récit en passant par toutes les étapes du bon, du vrai fantastique : le déni, le doute, l'horreur de la vérité. Une horreur psychologique qui, en 14 petites pages, parvient à nous coller une frousse de tous les diables. Pour l'exemple, l'auteur de ce texte n'a plus pu laisser son placard ouvert pendant la nuit à cause de cette histoire durant son enfance. Un récit qui contient tous les ingrédients d'un vrai grand film d'horreur avec un final tellement dingue qu'il retourne le cerveau et le coeur. Du grand Stephen King qui mérite, au minimum, une vraie bonne adaptation digne de ce nom.

Réalisateur suggéré par la rédaction : James Wan (Conjuring, InsidiousDead Silence).
 
 

PhotoDead Silence de James Wan

 

LE TALISMAN DES TERRITOIRES

Si La Tour Sombre a rayé le cristallin de beaucoup de lecteurs, ces derniers ne sont pas sans savoir qu’il existe un autre roman qui partage l’univers mutant de la saga. Il s’agit du Talisman des Territoires, co-écrit avec un autre génie du fantastique, le grand Peter Straub. On y suit Jack Sawyer, gamin qui va arpenter une dimension parallèle pour sauver un être aimé. Le texte a le potentiel de devenir un immense récit épique.

Réalisateur suggéré par la rédaction : il faut un metteur en scène rompu à l’émotion et capable de proposer une véritable odyssée. Depuis The Lost City of Z, on sait que James Gray, avide d’explorer de nouveaux genres, est tout désigné.

 

Talisman par Tony ShasteenL’adaptation en comics du Talisman par Tony Shasteen

 

CHANTIER 

Sans doute le drame le plus poignant de King, où nous suivons un homme au bord de la crise de nerfs, incapable d’abandonner sa maison, que la municipalité doit démolir pour laisser la place à une autoroute. Une intrigue simple, resserrée, où King rappelle qu’au-delà d’un brillant artisan de la peur, il a toujours fait preuve d’une conscience aiguë des réalités sociales subies par les classes ouvrières américaines.

Réalisateur suggéré par la rédaction : Sylvester Stallone pour écrire, réaliser et interpréter cette histoire, évidemment.

 

Chantier

 

ROADMASTER 

Roman désespéré pensé comme un Christine à l’envers, dont la terrifiante entité motorisée demeurerait immobile, contaminant progressivement l’espace mental de ceux qui en ont la garde. Roadmaster est à la fois le roman de l’exorcisme pour King (mutilé peu avant par un terrible accident), et aussi celui de la fin d’une époque, où le romancier acte la fin de certains des mythes qu’il a contribué à créer, désormais si intimement lié à la culture populaire qu’ils y demeurent figés, quoique toujours prêts à mordre.

Réalisateur suggéré par la rédaction : John Carpenter, qui reviendrait pour relire son adaptation de Christine à l’envers.

 

Roadmaster, par Bernie WrightsonRoadmaster, illustration de Bernie Wrightson

 

COLORADO KID 

Une enquête irrésolue, un récit dont on ne sait jamais s’il est sur le point de basculer dans la mélancolie, le fantastique ou la folie douce, emmené par trois personnages attachants. Ce court texte offre une matière première souple, qu’un réalisateur pourra transformer, tordre, afin d’en proposer une véritable adaptation, à condition de ne pas trop appuyer l’évident hommage à Twin Peaks contenu dans l’ADN du projet.

Réalisateur suggéré par la rédaction : Bong Joon-ho, dans la veine de Memories of Murder, mêlant fantaisie funèbre, interrogations existentielles et investigations labyrinthiques.

 

Colorado Kid

 

LES RÉGULATEURS 

Comptant parmi les derniers textes écrits sous le pseudonyme Richard Bachman, Les Régulateurs souffre d’une construction maladroite, d’un rythme trop éclaté pour son propre bien. En revanche, cette histoire d’une extrême violence, à la brutalité sèche, souvent imprévisible, a des airs de néo-western retors, à la dernière partie totalement surréaliste et riche d’une mythologie qui fleure le cinéma à plein nez (ah les motoKops…).

Réalisateur suggéré par la rédaction : Quentin Tarantino pourrait bien transformer ce matériau brut en or massif (et nous agacer King au passage, d’ailleurs).

 

Les Régulateurs

 

ÇA VOUS POUSSE DESSUS

Peut-être un des textes les plus intrigants et dérangeants de King, soit la discussion en apparence banale entre deux vieux messieurs, au sujet de la curieuse demeure Newall, dont les propriétaires successifs construisent sans cesse de nouvelles extensions, au fur et à mesure que s’enchaînent des évènements particulièrement étranges.

Réalisateur suggéré par la rédaction : David Robert Mitchell (It Follows) trouverait dans cette histoire absurde, dissonante, traversée par une énergie sexuelle inquiétante, un terrain de jeu fascinant. Et si David Cronenberg n’avait pas déjà mis en scène Dead Zone, il serait évidemment le candidat idéal.

 

PhotoLe Festin nu de David Cronenberg 

Tout savoir sur Stephen King

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commentaires
Helene
06/09/2020 à 08:02

La part des ténèbres a déjà été adapté dans un téléfilm moyen...
Avec un bon real et de bons acteurs il y a la le potentiel d une sacré film

Le connaisseur
21/09/2017 à 23:40

J'ai dû lire Marche ou Crève une dizaine de fois et je dois dire qu'une adaptation me plairait énormément mais la raison me fait penser que je serais forcément déçu par un film. Il est tellement encré dans mon imaginaire que j'ai bien en tête le visage de Garraty, Stebbins, Abraham et les autres...
J'aimerais par contre revoir une nouvelle et surtout bonne adaptation de Simetierre...

Grohbeu
21/09/2017 à 21:51

J'avoue marche ou crève le ferait bien quand même

Cooper
21/09/2017 à 21:10

Oui mais " rage " Stephen king risque de ne pas accepter déja qu il l'a retiré de la vente...

Mx
21/09/2017 à 20:39

Exact, marche ou crève est THE projet qui fait immédiatement fantasmer!!

Et n'oublions pas non plus Rage, l'un de ses écrits les plus polémiques, une vision au vitriol des affres de l'adolescence et de ses tourments.

Cooper
21/09/2017 à 19:16

C est vrai que " chantier " ca serais vraiment top avec de bon acteurs

Maxibestof
21/09/2017 à 17:44

Et Duma Key? Pour moi l'un de ses meilleurs et plus terrifiant bouquin!

Geoffrey Crété - Rédaction
21/09/2017 à 17:42

@Kouak @riggs

Film qu'on cite dans l'intro d'ailleurs ;)

riggs74
21/09/2017 à 17:21

Kouak,
oui c'est "un élève doué" de Bryan Singer. Film moins dérangeant que la nouvelle d'ailleurs. je ne pense pas qu'il soit resté dans les mémoires.

Kouak
21/09/2017 à 17:05

Dans "différentes saisons" il y a une l'histoire d'un ado qui se lie d'amitié (plutôt chantage) avec un ancien nazi...il "s'amuse" à bruler des clochards, puis finit sur le bord d'une autoroute à flinguer les gens dans leur voiture...Je ne me souviens plus du titre...Ça été adapaté au cinoche, ou autre ?

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