Lost, Alias, Buffy... 10 séries cultes à (re)voir sur Disney+ et Star

La Rédaction | 23 février 2021 - MAJ : 23/02/2021 16:13
La Rédaction | 23 février 2021 - MAJ : 23/02/2021 16:13

Buffy, Alias, 24 heures chrono, X-Files... Sélection de 10 séries plus ou moins cultes, à (re)voir sur Disney+/Star.

Ce 23 février, Mickey ajoute une nouvelle corde à l'arc Disney+ : Star. Derrière ce nom de star porno, il y a une section, qui comprend un fond de catalogue de 250 films et 42 séries, dont quatre originales. Une nouveauté qui permet de constater l'étendue du domaine du studio, notamment avec le rachat du studio Fox.

Pour s'y retrouver, sélection de 10 séries à (re)voir. Eh oui, plusieurs étaient/sont disponibles chez la concurrence, preuve que la guerre du streaming est encore bien complexe pour chaque camp.

 

photoToi, tu peux te brosser par contre

 

24 heures chrono

C'est quoi déjà ? L'histoire de Jack Bauer, expert du "au mauvais endroit au mauvais moment", qui a sauvé sa famille (enfin presque), ses collègues (aussi), la démocratie (idem), l'Amérique, le monde, face aux terroristes divers et variés.

C'est vraiment culte ? 100% oui. Fin 2001, la série créée par Robert Cochran et Joel Surnow a eu l'effet d'une petite bombe dans le paysage TV, avec son concept en temps réel et ses intrigues survitaminées. 24 heures chrono a été un phénomène instantané, et une petite révolution dans le genre. Saison après saison, la série a mis en scène tous les traumas de l'Amérique (les attentats, les complots, la torture, la corruption, la paranoïa), autour d'un Jack Bauer incarnant le meilleur et le pire de ce patriotisme vital dans le post-11 septembre.

 

photo, Kiefer SutherlandPub ultime pour le téléphone mobile

 

Deux décennies après, 24 heures chrono reste d'une puissance folle. La mise en scène et le procédé n'ont pas pris une ride, les intrigues tordues et absurdes sont des modèles du genre, et la série reste un bulldozer d'efficacité. Kiefer Sutherland, lui, s'impose toujours comme un superbe archétype de héros américain torturé, avec un très solide casting saison après saison (Dennis Haysbert, Reiko Aylesworth, Gregory Itzin, Jean Smart, Sarah Clarke, Annie Wersching, Penny Johnson, Cherry Jones, et bien sûr l'incontournable Mary Lynn Rajskub).

S'il fallait retenir une saison ? La saison 5. Celle de tous les dangers, où les curseurs sont poussés au maximum, pour offrir un ride absolument dingue. Et le couple président des Logan est inoubliable.

PS : il y a aussi 24 : Legacy, mais on n'a pas envie d'être méchant donc on n'en dira rien.

Notre classement des saisons de la pire à la meilleure

 

Photo saison 5"Make American Shit Again"

 

Alias

C'est quoi déjà ? L'histoire de Sidney Bristow, mi-espionne mi-mannequin qui s'ignore, qui tente de concilier une vie entre Dawson et Mission : Impossible. Un jour, elle découvre qu'elle travaille sans le savoir pour les méchants, lesquels se font passer pour les gentils. Elle va donc se faire passer pour une méchante, afin d'aider les gentils.

C'est vraiment culte ? Sous ses airs de sous-Nikita, Alias s'est vite imposée comme un modèle du genre, et l'équivalent d'un grand huit en termes de narration. La série reprend toutes les ficelles classiques du genre (une agence d'espions avec tous les archétypes, la double vie avec tout ce que ça implique côté privé, une histoire d'amour contrarié, les missions à travers le monde, les gadgets et déguisements dans tous les sens), mais avec une approche explosive et décomplexée (les histoires de famille absurdes, les twists, et bien sûr le fameux Rambaldi et sa foutue prophétie).

 

photo, Jennifer GarnerQuand tu essaies de retracer l'intrigue des saisons

 

Résultat : un super-divertissement sans limites, et un train lancé à toute vitesse avec dans le wagon de tête une Jennifer Garner qui enchaîne les perruques et les surprises. Sorti de la série Felicity et après avoir co-écrit Armageddon et Une virée en enferJ.J. Abrams réunissait là tous les ingrédients du spectacle hollywoodien, avec les modes des années 2000 pour booster la formule. Son art des twists vient de là ("Maman ?"), tout comme sa carrière (Tom Cruise l'a engagé pour Mission : Impossible 3 après avoir vu Alias, et il en reprendra toutes les ficelles).

Alias, c'est en plus des invités de luxe improbables : Tarantino, Faye Dunaway, Roger Moore, David Cronenberg, Isabella Rossellini, David Carradine, ou encore Rutger Hauer. Des cerises sur ce gâteau d'aventures extravagantes, qui flirtent (dangereusement) avec la science-fiction et le fantastique au fil des saisons.

S'il fallait retenir une saison ? La saison 3, la dernière saison véritablement solide, où Jennifer Garner affronte l'excellente Melissa George, et recroise même Quentin Tarantino, après son apparition mémorable dans la première saison.

 

photo, Ron Rifkin, Jennifer GarnerAttention à la blonde

 

American Dad!

C'est quoi déjà ? Tout d’abord, la preuve que Seth MacFarlane est parfois drôle, ce qui est une bonne nouvelle et une source d’espoir. Et puis c’est aussi le récit hallucinant de la vie professionnelle et familiale d’un agent du gouvernement américain, aussi bas du front que porté sur le meurtre préventif et les abus en tout genre. Rien de bien étonnant quand on vit avec un alien et un poisson rouge au curieux accent teuton.

C'est vraiment culte ? Les Simpson ont créé un genre à part entière, à savoir le récit familial acide, pensé comme une caricature sur pattes de l’Amérique, ses vieux démons, ou ses valeurs revendiquées. Depuis les années 90, on ne compte plus les descendants et succédanés, dont seule une poignée est parvenue à imposer une signature, une atmosphère propre. Aux côtés de South Park ou des Griffin, American Dad s’est progressivement imposé comme une référence.

Et c’est incontestablement à Seth MacFarlane qu’on doit cette réussite, tant son écriture distinctive s’accommode merveilleusement du format animé. Incisive, propice à des envolées rythmiques parfois ahurissantes, sa science des dialogues tourne ici à plein régime. Et quand ce tempo immédiatement reconnaissable fait corps avec un univers toujours prêt à épouser de formidables délires, l’ensemble se transforme en véritable turbine créative.

 

photoNotre belle famille

 

C’est que le quotidien de la famille Smith est particulièrement haut en couleur. Au-delà des dissentions politiques qui opposent les membres de la famille, la présence en son sein d’un extra-terrestre alcoolique et d’un skieur est-allemand au cerveau implanté dans le corps d’un poisson rouge sont pour beaucoup dans le chaos hystérique que le foyer répand autour de lui. Exercice d’équilibre assez remarquable entre pur cartoon, trip absurde et satyre politique, American Dad a déjà aligné quelque 17 saisons.

S'il fallait retenir une saison ? La saison 5 est peut-être celle qui s’approche le plus de la recette idéale telle que concoctée par Seth MacFarlane. Tous les membres de la famille trouvent une forme d’équilibre dans leurs chaotiques relations, et les différentes intrigues tirent harmonieusement toutes les ficelles du chaos entrevues jusqu’alors. Des segments tels que le téléthon de la CIA sont particulièrement savoureux, mais comme souvent, c’est Roger qui décroche la palme, au cours d’un épisode où il pastiche Bad Lieutenant et plonge la ville de Langley dans une sorte d’apocalypse policière sertie de gags visuels imparables.

 

photoUn sacré numéro

 

Buffy contre les vampires

C'est quoi déjà ? À chaque génération, il y a une Élue. Seule elle devra affronter les vampires, les démons et les forces du Mal. Cette fois, elle s'appelle Buffy, et elle a autant de problèmes avec les monstres des enfers, que ceux de la vie réelle.

C'est vraiment culte ? À 1000%. Découverte par toute une génération dans la Trilogie du samedi, entre Le Caméléon, Roswell et Charmed, Buffy contre les vampires a été l'une des plus belles et importantes surprises de la fin des années 90. Adaptée du navet Buffy, tueuse de vampires avec Kristy Swanson (écrit et renié par Joss Whedon, mais dispo sur Star aussi), avec un pitch digne de série Z, la série a grandi et évolué avec son public, pour se métamorphoser avec une liberté et une intelligence étonnantes.

La série teen, où les monstres incarnaient les affres de l'adolescence (la puberté, l'identité, l'intimité, la solitude), est devenue l'histoire de jeunes adultes, confrontés aux horreurs ordinaires du monde (la mort des proches, les pulsions autodestructrices, les problèmes d'argent, la peur de l'engagement, les échecs professionnels et personnels). Tout ça sans jamais oublier le pur divertissement et l'humour, grâce à des dialogues malins et des personnages profondément attachants.

 

photo, James Marsters, David Boreanaz, Sarah Michelle Gellar"Lequel vous aimez le plus ?"

 

L'humour de Buffy, c'est aussi le recyclage massif et irrésistible de la (pop) culture, des fantômes aux sorcières, en passant par Frankenstein et Dracula. C'est une audace de plus en plus évidente au fil des années, avec notamment un épisode muet et un autre, musical. C'est le talent de Joss Whedon, comme scénariste et réalisateur, et de son pôle de scénaristes en or : Marti Noxon (Sharp Objects), Douglas Petrie (Daredevil), Rebecca Kirshner (Gilmore Girls), Jane Espenson (Battlestar Galactica), Dean Batali (That 70's Show) ou encore Steven S. DeKnight (Spartacus).

Et c'est le talent des acteurs, à commencer par Sarah Michelle Gellar, Alyson Hannigan, Nicholas Brendon, Emma Caulfield, Anthony Stewart Head, James Marsters, Charisma Carpenter, Amber Benson, ou encore Eliza Dushku.

Enfin, c'est une grande série féministe, passionnante à décrypter pour cette raison et plein d'autres.

S'il fallait retenir une saison ? La saison 5 où la série bascule pour de bon dans la réalité et ses terreurs. L'héroïne affronte Gloria, une déesse indestructible, et Dawn, une petite soeur sortie de nulle part ; et surtout ses propres limites, jusqu'à un final mémorable.

 

Buffy contre les vampires Saison 5, Sarah Michelle Gellar, James Marsters, Alyson Hannigan, Amber Benson, Emma Caulfield, Nicholas BrendonLe naturel des photos promo

 

Desperate Housewives

C'est quoi déjà ? Les mésaventures souvent caustiques (et parfois improbables) d’une bande de voisines dans le quartier tout beau tout propre de Wisteria Lane. Mais derrière le fantasme d’un rêve américain bien rangé, se cachent souvent de lourds secrets.  

C'est vraiment culte ? Si les noms de Gabrielle Solis, Susan Mayer, Bree Van de Kamp et Lynette Scavo ont marqué toute une génération de spectateurs, c’est tout simplement parce que Desperate Housewives a opéré un véritable hold-up télévisuel. Bien que dissimulée sous les atours et l’esthétique des soap-operas, la série de Marc Cherry a détourné la peinture d’une Amérique modèle pour s’ouvrir à des sujets de société très contemporains, voire des tabous.

En traitant son quartier résidentiel comme une toile d’araignée communicationnelle, Desperate Housewives a su utiliser son amour du ragot pour poser un regard pertinent sur une société aussi xénophobe que paranoïaque. L’ensemble n’a certes pas toujours brillé pour sa finesse, mais le showrunner a su construire un groupe de personnages à la fois imparfait et touchant, capable de piques sarcastiques absolument imparables. Un pur produit de son époque, dans lequel il est toujours fascinant de (re)plonger.  

 

photo, Teri Hatcher, Marcia Cross, Eva Longoria, Felicity HuffmanL'envie soudaine d'un verre de Chardonnay...

 

S'il fallait retenir une saison ? Il est indéniable que Desperate Housewives a perdu de sa verve au fur et à mesure de sa progression, et s'est mise à traiter plus sobrement des personnages auxquels les spectateurs ont pris le temps de s’attacher. C’est pourquoi il est encore plus fascinant de redécouvrir la première saison, qui a notamment introduit ses héroïnes et leurs familles dysfonctionnelles avec une acidité digne d’un sang de xénomorphe.

Au-delà de son génial humour noir et de la vivacité de son montage, la série de Marc Cherry a immédiatement touché du doigt une rythmique assez unique, pulsée par la voix off macabre de Mary Alice (dont le suicide n’est autre que l'élément perturbateur du récit) et un jeu très malin avec le hors-champ. De quoi asseoir cette première saison comme une expérience de laboratoire grinçante sur la classe moyenne américaine, déjà portée par l’équilibre de son casting.  

 

photo, Desperate Housewives, Felicity Huffman, Ricardo ChaviraWisteria Lane, le quartier préféré des facilités scénaristiques

 

Lost 

C'est quoi déjà ? Une galerie de personnages est la proie de scénaristes cruels, qui décident de les promener le long d’un récit émaillé de concepts géniaux, mais dont les auteurs ignorent manifestement comment les agencer.

C'est vraiment culte ? Pour toute une génération, Lost, les disparus a été un véritable choc, qui a profondément marqué de son empreinte le paysage télévisuel américain. À une époque où le grand public n’était pas toujours familier des purs récits fantastiques et où la production d’œuvres prestigieuses était essentiellement l’apanage de HBO, à destination de publics avertis, la diffusion par ABC de cette création originale, mystérieuse et techniquement très aboutie a dérouté et passionné.

Il faut dire qu’avec un double épisode pilote de 14 millions de dollars (un record absolu pour l’époque), une galerie de personnages variés, aux enjeux forts, quantités de mystères, mais surtout une collection d’énigmes aux potentialités vertigineuses, Lost a longtemps tenu en haleine ses fans. Malgré des ventres mous indéniables, des interrogations demeurées sans réponses, un épilogue qui en aura frustré plus d’un, l’ensemble a toujours su renouveler l’intérêt de ses intrigues, les concluant souvent avec de grandes séquences, aux ravages émotionnels imparables.

 

photoPerdus de recherche

 

Une des grandes forces de la série est d’avoir osé, quitte à abandonner quelques sous-intrigues en cours de route, développer sa mythologie sur quantité de niveaux. Si bien sûr l’île où se retrouvent nos disparus les concentre essentiellement, sa nature restera toujours partiellement un mystère. Entre la nature spirituelle et cosmogonique des forces qui l’animent, le sens des recherches qui y furent menées, le sens de son rôle ou le sens des allers-retours temporels, jusqu’aux implications religieuses des entités qui s’y affrontent, tout concourt à en faire un formidable terrain d’exploration.

S'il fallait retenir une saison ? Après une saison 3 très inégale, mais conclue par un twist resté légendaire, la saison 4 se permet des choix aussi radicaux qu’audacieux. Le scénario nous secoue en modifiant totalement ses perspectives narratives, l’horizon du récit n’étant plus de quitter l’île, ce qui modifie la temporalité de l’ensemble, mais aussi notre investissement dans la structure narrative, les séquences hors-l’île n’étant plus nécessairement des flashbacks.

Côté protagonistes, on assiste également à un renouvellement de nos héros, bienvenu, nécessaire, particulièrement bien écrit, qui permet à la série de trouver beaucoup d’oxygène, et de renouveler aussi bien les enjeux que les conflits qui les animent. Enfin, la saison 4 contient l’épisode le plus bouleversant de Lost, The Constant, qui offre à Desmond quelques-uns des passages les plus déchirants de tout le récit.

 

photo, Henry Ian CusickLe téléphone pleure...

 

Scrubs

C'est quoi déjà ? Des gens habillés de blouses nous prouvent avec brio que le rire est le meilleur remède connu contre toutes les pathologies du monde connu. Ou au moins contre l’ennui.

C'est vraiment culte ? Oui, parce que personne n’était préparé à la recette de Scrubs ni à son charme irrésistible. Les séries médicales sont légion. Les sitcoms sont légion. Les récits d’amitiés teintés d’initiation romantique également et les parodies en tout genre ne déméritent pas. Trouver une série qui parvient à marier équitablement tous ces ingrédients, en surfant sur les crètes de l’absurde, tient du miracle, et Scrubs en relève le plus souvent.

La vraie force de l’ensemble, c’est son immense tendresse. Y compris quand les scénaristes se penchent sur leurs protagonistes les plus gratinés, voire les plus toxiques, jamais le récit ne se dépare d’une forme de bienveillance aussi inattendue qu’apaisante. Qu’un vieux toubib victimise ses internes, qu’un agent d’entretien étale avec brutalité une collection de névroses hors du commun ou qu’un patient se montre insupportable, la chaleur avec laquelle est décrite cette comédie humaine saisit au cœur.

 

photoSouriez, vous êtes suturé

 

S'il fallait retenir une saison ? Maintenir à un semblable niveau d’exigence la folie douce et l’implication émotionnelle est le but avoué de tout narrateur, mais cet équilibre funambule est un des plus complexes à maintenir. Avec la saison 5, Scrubs accomplit un numéro d’équilibriste de très haute volée.

Le temps d’un chapitre hommage au Magicien d'Oz, puis de deux segments consécutifs, qui mettent la relation de JD et du Dr Cox au pied du mur, la série prouve que sous son vernis de pur délire, elle a su bâtir des personnalités complexes et des relations profondes. Dans les vertiges de blagues méta emboîtées, surgit soudain un sens aigu de la symbolique et une dramaturgie aiguisée qui amènent tous les personnages à évoluer, mais aussi à nous bouleverser. De quoi relancer notre investissement dans Scrubs pour encore quelques saisons.

 

photoUn trio de choc

 

Sons of Anarchy

C'est quoi déjà ? La preuve qu’une hygiène douteuse entraîne une pilosité envahissante, qu’une pilosité envahissante conditionne la passion pour la moto, et que tous les motards sont plus ou moins des trafiquants d’armes meurtriers, promis à un destin funestement shakespearien.

C'est vraiment culte ? Quand un des principaux auteurs de The Shield se penche sur un groupe de Hell’s Angels, forcément, on s’attend à un uppercut. Et on ne s’y trompe pas, tant, plusieurs saisons durant, Sons of Anarchy fut une des propositions les plus éreintantes de la télévision américaine. Loin de la complaisance facile offerte par une chaîne comme FX, où violence et sexe n’étaient à priori pas des problèmes, Kurt Sutter tient remarquablement bien son sujet et ses anti-héros.

Dès ses débuts, la série adopte une richesse thématique et une précision dramaturgique qui la font lorgner directement vers les motifs de Hamlet, tout en ingérant avec malice l’héritage des Soprano, œuvre culte de HBO. Une ampleur qui ne parasite jamais le premier plan de la narration, centré sur les mésaventures criminelles d’une troupe de motards dévorés par leurs appétits, leurs mésalliances et leurs trahisons.

 

photo, Charlie HunnamPrince des motards et futur roi Arthur

 

En alignant une série de trognes idéalement adaptées au sujet et provoquant la découverte du brillant Charlie Hunnam, la série a rapidement rassemblé de très nombreux fans, qui auront suivi cette épopée de bitume jusqu’à sa conclusion tragique, sans doute un peu tardive, mais au retentissement symbolique remarquable.

S'il fallait retenir une saison ? On pourrait maintenir que les quatre premières saisons de Sons of Anarchy composent un arc remarquable, à la montée en puissance continue et assez admirable de précision. Mais s’il fallait en retenir une tout particulièrement, il s’agirait sans doute de la première. Rarement une poignée d’épisodes auront-ils réussi à installer autant de protagonistes, avec autant de justesse, en démultipliant les sous-intrigues, et en installant des lignes de tension capables de nourrir l’intrigue des années durant.

Un prodige d’autant plus remarquable que Sutter sortait alors à peine de The Shield et que beaucoup craignaient que l’artiste n’est pas le temps ou la capacité de proposer une création aboutie, tant celle-ci s’annonçait dans la continuité de ses précédents travaux, fabriquée dans la foulée. Mais force est de constater que dès son ouverture, Sons of Anarchy avait trouvé sa voix et un écho rugissant.

 

photoC'est que de l'amour

 

The Strain

C'est quoi déjà ? Avant qu'un virus ne sévisse dans le monde entier et crée la pandémie qu'on connait, il y a eu celui encore plus étrange de The Strain. À moins que la mort de milliers de personnes ne soit finalement due à une vieille souche vampirique qui transforme peu à peu la race humaine en les contaminant.

C'est vraiment culte ? Pas franchement non, la série n'ayant jamais trusté le haut de l'écran ou les cérémonies de récompenses (hormis pour sa première saison). Toutefois, elle a connu une certaine popularité entre 2014 et 2017 et les quatre saisons dont elle a bénéficié, notamment grâce à l'identité de son créateur : Guillermo del Toro. Le Mexicain est en effet l'instigateur de cette série fantastico-horrifique à base de vampires avec Chuck Hogan, et quoi de vraiment étonnant à vrai dire.

 

Photo Mía MaestroUn pilote captivant

 

De quoi largement porter la série pendant quelque temps puisqu'il avait réalisé le pilote de 90 minutes palpitant, captant avec force le potentiel du récit et instiguant un mystère plus qu'alléchant avec cet avion en quarantaine rempli de cadavres aux portes de New York. Et puis c'est lui qui a infusé l'atmosphère si particulière et une identité visuelle vraiment marquée. Toutefois, ça n'a pas vraiment suffi à enlever les stries de la série, qui a fini par s'embourber dans un trop-plein de sous-intrigues et a carrément intégré des nazis dans le récit (et avec Richard Sammel en plus).

Résultat : la série est franchement partie en sucette avec sa mythologie. Pas de quoi l'empêcher, malgré tout, d'offrir une belle dose de surnaturel et de sang, et un propos politique pas inintéressant ici ou là.

S'il fallait retenir une saison ? Difficile de ne pas avoir envie de mettre en avant la première saison qui est sûrement la plus efficace, la plus mystérieuse et donc la plus captivante. Mais ça se discute, parce que si la première suit surtout l'enquête du duo Mía Maestro-Corey Stoll, la deuxième lance durablement l'épidémie qui va grandir à New York (puis dans le monde) avec plus d'action et de moments gorasses.

 

photoThe Walking Vampire

 

X-Files

C'est quoi déjà ? Les aventures de Fox Mulder et Dana Scully, qui enquêtent épisode après épisode sur des mystères paranormaux aux quatre coins des États-Unis, et jonglent entre les monstres tapis dans l'ombre et ceux cachés à Washington.

C'est vraiment culte ? Qui oserait dire le contraire ? La création de Chris Carter a été majeure dans l'avènement des séries, aux côtés notamment de Twin Peaks au début des années 90. Avec son programme divisé entre les "monster of the week" (intrigues indépendantes, centrées sur une enquête précise) et la mythologie plus large (l'homme à la cigarette, Gorge profonde, Krycek), X-Files a offert l'un des meilleurs équilibres dans le genre, offrant à la fois une dose de petits frissons et une ration de feuilleton étalé sur des années.

 

X-Files, Projet ArctiqueLe ver est dans le froid

 

X-Files est d'autant plus intéressante à revoir qu'elle a souffert de tous les maux ordinaires des séries : départ de David Duchovny après la saison 7, tentative d'installer de nouveaux personnages (Robert Patrick et Annabeth Gish), retour de Mulder par la petite porte, départ progressif de Scully, adaptation en film (The X-Files, le film en 1998, The X-Files : Régénération en 2008 : tous deux dispos sur Star), création d'un spin-off (The Lone Gunmen), retour inespéré voire désespéré de la série (saisons 10 et 11 en 2016). De quoi établir la feuille de route chaotique de bien de séries depuis.

Dans tous les cas, en 9 + 2 saisons, X-Files a révolutionné le genre, imposé un duo d'enquêteurs parmi les plus mémorables, et nourri l'imaginaire et les cauchemars de bien des gens au fil des années.

S'il fallait retenir une saison ? X-Files se discute plus en termes d'épisodes que de saisons, avec une pelletée d'histoires inoubliables : l'hommage à The Thing de Projet Arctique, le terrifiant Tooms, les rednecks de La Meute, l'horrible Hôte, la mélancolie de Le Pré où je suis mort, les secrets de la forêt dans Quand vient la nuit et Détour, l'étrangeté de Folie à deux, ou encore Prométhée post-moderne.

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commentaires
Kaalhel
24/02/2021 à 19:40

Dommage .. il.ya de nombreuses autres series que jaurai bien aimer voir ici... stargate Sg1 , charmed , Supernatural , Kyle Xy et dautres

Den the gun
24/02/2021 à 11:03

geoffrey crété
Et Vlan.

Bristo
23/02/2021 à 22:51

@Zanta

Je dirais même que la saison deux d’Alias pulvérise tout ce qui a été produit depuis l’invention du cinématographe par les frères Lumière.

Ethan
23/02/2021 à 20:23

@Geoffrey Crété
Oui peut-être, je n'ai pas tout regardé :)

Tawney
23/02/2021 à 19:45

Lost avec Chumlee est formidable... Ainsi que The Strain.

Brady
23/02/2021 à 19:22

"Sons of anarchy", une série éprouvante psychologiquement et physiquement, mais aussi ponctuée d'humour burlesque. On a l'impression que Sutter pouvait tout se permettre, d'ailleurs il joue dans la série un personnage : Otto qui se fait crever un œil au bout de quelques épisodes, se coupe la langue plus tard et se fait violer à plusieurs reprises quelques saisons plus tard;
Tout le casting est excellent : Charlie Hunnam bien sur, de plus en plus fascinant au fur et à mesure des saisons, Kim Coates est génial en incarnant Tig (mon perso préféré), type bien barré mais aussi humain et ayant un côté enfantin, etc....
Et puis il y a de superbes bandes-originales, au moins une par épisode.

Geoffrey Crété - Rédaction
23/02/2021 à 19:15

@Ethan

Hmm pas sûr que ça s'applique à Buffy, Six Feet Under, Les Soprano, The Wire, Parks and Recreation, The Office, Breaking Bad, Mad Men, Veep, BoJack Horseman... et beaucoup d'autres séries américaines :)

Ethan
23/02/2021 à 18:49

Il y avait mieux dans les années 90 que Buffy et x files : Sliders les mondes parallèles !

Lost super série de nos été dans les années 2000.

Le problème des séries américaines c'est qu'en avançant dans les saisons ça devient nul

Marvelleux
23/02/2021 à 17:11

@Geoffrey Crété
En effet, les derniers à l'avoir diffusé est AB1, c'est peut-être eux qui ont encore les droits. Cependant, aucune remasterisation de la serie, même à l'international. Bizarre.

Madolic
23/02/2021 à 16:00

"Quand tu essaies de retracer l'intrigue des six saisons"
Il n'y a que 5 saisons pour Alias ;)

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