Star Wars : J.J. Abrams a dû tourner et monter L'ascension de Skywalker en même temps pour tenir les délais

La Rédaction | 13 juin 2019 - MAJ : 13/06/2019 10:52
La Rédaction | 13 juin 2019 - MAJ : 13/06/2019 10:52

Fabriquer un Star Wars a beau être une entreprise de grande ampleur, l’agenda mis en place par Disney condamne à travailler dans une grande urgence. À tel point que la monteuse a dû commencer à assembler le film sur le plateau de tournage de L'ascension de Skywalker !

Maryann Brandon collabore avec J.J. Abrams depuis un sacré bout de temps. Pour dire, elle montait déjà les épisodes d’Alias, la série d’espionnage qui a consacré l’artiste comme un divertisseur de premier ordre à Hollywood. Les deux font donc la paire et savent travailler de concert. Une situation qui n’a pas été un luxe durant la fabrication de Star Wars : L'ascension de Skywalker.

Ainsi qu’elle l’a expliqué au média Express, pour pouvoir tenir les délais, la monteuse a dû commencer à articuler les éléments du long-métrage pendant le tournage, en complicité avec J.J. Abrams et le chef opérateur Dan Mindel.

 

Star WarsJ.J. Abrams sur le tournage avec Daisy Ridley

 

« Je voyais ce qu’ils tournaient pendant que j’étais en train de monter ce qu’ils avaient tourné la veille… J’avais le chef opérateur à proximité en cas de question. Si j’estimais que nous avions besoin d’un plan supplémentaire, ou si J.J. estimait qu’il fallait en ajouter un, on se retrouvait dans un coin pour filmer un insert devant un fond vert. »

Bien sûr, ces déclarations témoignent de l’urgence absolue dans laquelle il a fallu produire et assembler le film, mais les considérer comme le signe d’une panique générale serait plus que hâtif, voire contradictoire.

 

Photo Daisy Ridley et J.J. Abrams

 

En effet, si la monteuse a abordé aussi simplement cette question, c’est sans doute parce que cette méthode de travail n’est pas fondamentalement nouvelle entre elle et J.J. Abrams. Elle est même assez courante dans l’industrie cinématographique contemporaine.

Non seulement certains metteurs en scène sont heureux de pouvoir concocter un premier montage parallèlement au tournage (afin d’aboutir à un assemblage de base, souvent appelé ours, avant d’enchaîner sur la post-production). Enfin, plusieurs grosses productions ont recours à ce type d’organisation sur des tournages massifs.

Pour savoir si ce 9e volet séduit plus de fans que Star Wars : Les Derniers Jedi, il vous faudra patienter jusqu'au 18 décembre 2019.

 

Star Wars J.J. Abrams

commentaires

Simon Riaux - Rédaction
14/06/2019 à 12:57

@Dae-Soo

Oui alors, c'est un pré-montage hein, évidemment, un film ne se monte pas en direct. C'est impossible, ne serait-ce que pour des questions de tempo.

Du reste, il faut relativiser, dans le sens où avant l'avènement du tout numérique, on envoyait les bobines de pellicule avec les rapports de scripts (indiquant quelles prises étaient bonnes, à priori) à un monteur qui les développait, et presque systématiquement, se livrait à un assemblage primaire, un "ours", afin de débroussailler le boulot pour la post-production et le retour du réal après le tournage.
Il y avait bien sûr des exceptions, mais c'était la procédure standard. Et ce n'est pas franchement différent de ce qui est évoqué ici.

Dae-Soo
14/06/2019 à 12:44

J'aimerais bien connaître quelques titres de films qui étaient montés en parallèle du tournage. Ainsi on pourrait peut-être établir une corrélation entre cette façon de faire et la qualité du métrage...
En tout cas cela me semble rédhibitoire sur un film aussi attendu. Il aurait fallu plus de temps pour peaufiner le tout. Une prise de risque au nom du sacro saint agenda, quel dommage.

Plissken
14/06/2019 à 03:18

Je ne regarderai pas ce film en France. La faune qui grouille dans les salles françaises est répugnante. J'ai passé d'horribles scéances avec le bruit et l'odeur non merci.

Sébastien
13/06/2019 à 20:43

C'est la norme: on réchauffe le petit pain déjà cuit pendant que les frites et le steack cuisent. Le client a déjà payé, c'est pré-maché et prêt-à-chier.
Allez, hop, hop, hop! On n'a pas que ça à faire!

Un nostalgique
13/06/2019 à 18:29

Quand un film se justifie avant d'être sortie...

Lougnar
13/06/2019 à 15:38

Après un SW VII pas mal, un VIII vraiment pas top, le IX sera sans moi au ciné mais chez moi tranquillou. C'est pas plus mal avec tous ces lourds qui te casses les bonbons avec leur pop corn, soda ect... On est au ciné pour voir un film, pas pour manger !!!! Ça devrait être interdit !

Hasgzarn
13/06/2019 à 12:10

@ Starfox :
Il y a autant de méthode que de réalisateurs + monteurs + producteurs etc.

Pour ce qui est de Scorsese, c'est une méthode complètement différente. Je ne sais pas à quel stade commence le travail de Thelma Schoonmaker mais elle dit elle-même que son travail est rendu simple par la réalisation de Scorsese.

Simon Riaux - Rédaction
13/06/2019 à 12:05

@Starfox

Disons qu'il y a montage et montage. Procéder en simultané à un assemblage, c'est très loin du boulot de chirurgie et de précision qui préside à cette phase de la post-prod.

Quant à réinventer le film au montage ou faire preuve de créativité, là aussi, dans le principe, c'est très intéressant, mais quand il manque une connexion, ou un plan, ou tout simplement que les éléments en place ne fonctionnent pas, il n'y a pas franchement de magie à déployer.

ce type de fonctionnement fait notamment sens dans des prods techniquement très exigeantes, qui laissent peu de place à l'improvisation, où le dispositif de fabrication est tellement lourd, que repérer un problème le plus tôt possible est fondamental.

Tout est ensuite question de mesure, et de philosophie du projet. C'est une méthode qu'affectionne énormément Soderbergh par exemple, estimant qu'elle lui donne un autre espace de collaboration avec ses comédiens.

Starfox
13/06/2019 à 12:00

Mouais... Le procédé est sans doute intéressant quand on veut un produit bien fini, bien propre sans raccord hasardeux. Et en terme de budget, c'est sûrement très avantageux. Mais cela doit être assez limité en terme de créativité.

Par exemple, j'imagine qu'à l'étape du montage, quand ils se rendent compte qu'un plan est manquant ou raté ou je ne sais quoi, l'imagination prend le relais pour inventer de nouvelles choses auxquelles personne n'avait pensé au tournage.

Je ne sais pas si c'est très clair, mais les erreurs sont parfois des erreurs bénéfiques.

Et on a souvent entendu dire des réalisateurs que le film prenait vie au moment du montage...

J'imagine très mal un Scorsese faire ce genre de choses, mais je me trompe peut-être...

Rygar
13/06/2019 à 11:43

Je confirme que commencer le montage pdt le tournage est la norme dans le cinéma et la fiction TV.
C'est presque indispensable pour des questions de temps évidement mais surtout pour l'artistique afin d'anticiper d’éventuels défauts au tournage. Il est courant, par exemple, que dans l'animation ou dans des séquences à base de VFX, le montage soit fait avant la mise en image avec des maquettes animées ou des images de storyboard.

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