Apocalypse, monstres et super-héros : 7 films à rattraper pour la rentrée

La Rédaction | 3 octobre 2020 - MAJ : 03/11/2020 10:09
La Rédaction | 3 octobre 2020 - MAJ : 03/11/2020 10:09

Si les services de SVoD cartonnent en ce moment, beaucoup de très bons films sortent directement chez nous sans passer par la case salles ou plateforme de streaming. Chaque mois, plusieurs productions inédites et beaucoup de rééditions sortent en DVD, Blu-ray ou en VOD. Ecran Large a sélectionné le meilleur des programmes disponibles depuis septembre, dans une liste non exhaustive.

 

photo, Jung-woo HaBeaucoup de flingues en septembre

 

LES NOUVEAUTÉS DISPONIBLES

Waiting for the Barbarians

Ça raconte quoi ? Un magistrat gérant un fort au milieu d'un désert à la frontière d'un Empire sans nom reçoit la visite du colonel Joll, tortionnaire envoyé par l'Empire, très inquiet d'une possible invasion barbare. C'est le début d'un régime d'oppression envers les populations nomades.

Pourquoi il faut le regarder ? D'abord parce que le réalisateur colombien Ciro Guerra est un des cinéastes les plus intéressants de ces dernières années, lui qui est déjà derrière les très beaux L'étreinte du serpent et Les Oiseaux de passageAvec Waiting for the Barbarians , il met en scène son cinquième film, mais le premier avec des acteurs anglophones de renoms : Mark Rylance (oscarisé pour Le Pont des espions), Johnny Depp et Robert Pattinson.

Toutefois, c'est surtout le propos universel du film qui est sa grande force. Adaptation du livre éponyme de J.M. Coetzee (Prix Nobel de littérature), Waiting for the Barbarians dénonce avec ferveur et pertinence l'oppression tout en ne contextualisant jamais vraiment à quoi il fait référence dans l'Histoire. En résulte, une oeuvre hors du temps, capable de pointer du doigt à la fois le colonialisme d'antan, le conflit israélo-palestinien, l'apartheid ou l'agissement des gouvernements nationalistes actuels, et critiquer ardemment la barbarie de l'homme envers l'homme, du puissant face au faible.

La lenteur et le classicisme incontestable du long-métrage sont sûrement ses plus gros freins, la mollesse du récit et sa sobriété narrative en perdront plus d'un, mais le dessein du film est si percutant qu'il viendra largement compenser cet académisme un poil dommageable pour ceux qui tiendront jusqu'au bout.

C'est disponible où ? En DVD et Blu-ray chez M6 Interactions. En VOD sur Google Play, Orange, YouTube, Rakuten TV, Apple TV, Microsoft, Univers Ciné, Arte Boutique et Filmo TV.

 

Photo Johnny Depp, Mark RylanceJohnny Depp, second rôle de luxe

 

Blackout

Ça raconte quoi ? La Terre est frappée par un blackout sans précédent, l'électricité ne fonctionne plus nulle part. À l'exception d'une zone située en Europe centrale. Une escouade se constitue pour tenter de sauver la planète d'une menace dont personne ne connaît l'origine.

Pourquoi il faut le regarder ? Vous allez vite le comprendre à la lecture de cet article : en l'absence de mastodontes américains, les grosses productions internationales prennent le relai, malheureusement directement en vidéo. Difficile de voir Blackout sous un autre oeil. Ce (très) long-métrage russe n'avait pour autre ambition, et ce dès sa conception, que de s'imposer comme un blockbuster national de science-fiction.

Le pays d'Eisenstein est très loin d'être à son coup d'essai. De très gros films arrivent assez régulièrement dans leurs salles... et dans nos rayons DVD de supermarché, à l'instar du très récent Sputnik, dont on vous parle ici. Généralement pas avares en effets spéciaux, ces épopées reposent plus ou moins sur les mêmes mécaniques que leurs cousins yankees. Ici, la durée de presque 2h40 et le pitch ambitieux permettent un véritable spectacle, certes bourré de défauts, néanmoins plutôt divertissant pour un dimanche soir. Ça pète de partout, c'est très léché et ça se permet un patriotisme aux limites du risible. Tout ce qu'on aime, quoi.

C'est disponible où ? En DVD et Blu-ray chez Koba Films. En VOD sur Google Play, Orange, YouTube, Rakuten TV et Apple TV.

 

photo"Euh, votre masque s'il vous plait"

 

Inunaki, le Village oublié

Ça raconte quoi ? Une psychiatre, Kanade Morita, possède un sixième sens, qui la tourmente depuis l’enfance. Un jour, son frère Yuma et sa petite amie décident de jouer à se faire peur, lors d’une expédition nocturne dans un village mystérieux. Sans le savoir, ils vont réveiller une terrible malédiction…

Pourquoi il faut le regarder ? Parce que c'est le dernier essai de Takashi Shimizu, le cinéaste qui a lancé et fait prospérer sa carrière avec la saga Ju-On, aussi titrée The Grudge, et ce depuis les premiers courts-métrages.

Ici, il ne se contente pas de recracher sa contribution considérable à l'horreur japonaise contemporaine : il s'emploie à mettre en scène toute une culture de l'épouvante, dans un melting pot délirant et parsemé de séquences visuellement uniques. La proposition est plus que généreuse, elle est rocambolesque. Pas dénué de défauts, le film est si imprévisible et parfois authentiquement flippant qu'on choisit très vite de les ignorer et d'embarquer dans ce train fantôme sans temps morts.

Il recommence à faire froid, et la nuit va bientôt tomber plus tôt. C'est donc le film parfait pour lancer la saison des frissons de série B sous la couette. Vous nous laissez une place ?

Notre critique est ici.

C'est disponible où ? En DVD et Blu-ray chez Lonesome Bear. En VOD sur Filmo TV, Apple TV, YouTube et Google Play.

 

photoFiez-vous aux bruits de couloir

 

I See You

Ça raconte quoi ? Le père d'une famille dysfonctionnelle enquête sur un meurtre rappelant une série de crimes passés. Et pour ne rien arranger, des choses très étranges se passent dans son foyer...

Pourquoi il faut le regarder ? Les amateurs de jeux de piste scénaristiques risquent bien de voir en I See You leur pépite de l'année. Construit avec une précision impressionnante, le premier essai en tant que scénariste de l'acteur Devon Graye mise tout sur ses rebondissements pour accoucher d'un divertissement très recommandable.

D'autant plus que cette construction en quasi-huis clos permet de saboter de l'intérieur une cellule familiale bien américaine. Bien sûr, les cinéphiles moins enclins à se réjouir d'un pur exercice de style narratif seront moins enthousiastes, puisque ce récit à tiroirs a tendance à tout engloutir et étouffer, occultant des thématiques qui auraient gagné à être plus développées. Reste, même pour eux, un petit tour de montagnes russes pas déplaisant, porté par Helen Hunt et mis sobrement en image par Adam Randall. C'est même l'occasion de découvrir certaines pratiques... inquiétantes.

Notre critique est ici.

C'est disponible où ? En DVD et Blu-ray chez L'Atelier d'Images, en association avec Program Store. En VOD sur Apple TV, Orange, Rakuten TV, Filmo TV, YouTube et Google Play.

 

photoLe film préféré de l'oeil de Sauron

 

Mortal

Ça raconte quoi ? Eric, un jeune américano-norvégien, s'est réfugié, seul, au cœur de la forêt, après avoir causé l'incendie d'une ferme, tuant 5 personnes, puis provoqué la mort accidentelle d’une sixième personne. Arrêté par la police, il rencontre une psychologue, Christine, qui semble pouvoir l'aider. Ensemble, ils découvrent vite qu’Eric a en réalité des pouvoirs surnaturels, qu'il ne maîtrise pas…

Pourquoi il faut le regarder ? Pour plein de raisons. Premièrement, si vous êtes un amateur de super-héros, la période actuelle doit vous paraitre bien longue. Et heureusement André Øvredal, le réalisateur de The Jane Doe Identity ou Scary Stories s'est amusé à inventer son propre surhomme, forcément très différent des canons hollywoodiens.

Deuxièmement, ce n’est pas tous les jours qu'on voit un blockbuster européen, et mieux, un blockbuster européen qui fonctionne. Très bien mis en scène, le film met à profit les décors locaux spectaculaires et propose quelques séquences de haut vol, puisant parfaitement dans un budget qu'on imagine bien inférieur aux sommes astronomiques qui circulent à Hollywood.

Troisièmement, il s'agit d'une quête d'identité mythologique passionnante faisant presque office de réponse aux superproductions américaines. Øvredal se réapproprie une culture dérivée et la replace en douceur et en violence dans son contexte. Le geste est intéressant, l'exécution l'est tout autant. 

Notre critique est ici.

C'est disponible où ? En DVD et Blu-ray chez Wild Side, en VOD sur Apple TV, Orange, Filmo TV et Rakuten TV.

 

photo, Nat WolffMortal explose le plafond de verre

 

3 from Hell

Ça raconte quoi ? Les rejetons du diable ont la peau dure. Après s'être fait cribler de balles dans The Devil's Rejects, ils survivent à leurs blessures. Des années plus tard, ils ne rêvent que d'une chose : s'évader, et continuer le carnage.

Pourquoi il faut le regarder ? Parce que c'est le dernier volet de la trilogie des Firefly, entamée avec La Maison des 1000 morts et conçue par Rob Zombie. Rien que pour assister aux ultimes péripéties de Baby et Otis, on ne pouvait s'empêcher de se jeter avec délectation sur ce film, annoncé depuis belle lurette et distribué très tardivement en France.

Et même si le résultat a déçu - à raison - une partie des fans des chefs-d'oeuvre passés, il faut reconnaitre à cette cavale misanthrope un esprit libertaire qui fait encore tache dans la production cinématographique. Zombie continue de tout dézinguer à vue, tout en sacralisant au maximum ses bad guys charismatiques. Toujours bien aidé par une ambiguïté morale à la fois jouissive et complexe, 3 From Hell dégueule son cynisme à grands coups de très gros plans cradingues en pellicule granuleuse.

Et quel plaisir, dans une époque où le divertissement dresse des autels à la gloire des années 1980, de voir une oeuvre inspirée par les démiurges punk des années 1970. Un vrai film de cinéphile, devant et derrière la caméra, devant et derrière l'écran.

Notre critique est ici.

Notre dossier sur la trilogie est ici.

C'est disponible où ? En DVD et Blu-ray chez Metropolitan. En VOD sur Orange, Google Play, YouTube, Apple TV et Cinéma(s) à la demande.

 

photo, Richard BrakeLa dernière recrue des 3 de l'enfer

 

Destruction Finale

Ça raconte quoi ? Lorsqu'un volcan entre en méga-éruption au beau milieu de la frontière sino-coréenne, ça pose quelques problèmes d'ordre physique pour les habitants anonymes des grandes villes du coin, d'ordre diplomatique pour les gouvernements, et d'ordre sentimental pour le pauvre soldat envoyé sauver le continent alors que sa femme est sur le point d'accoucher. Une seule solution : tout faire péter.

Pourquoi il faut le regarder ? Une fois de plus, alors que les méga-franchises hollywoodiennes restent à quai, c'est en vidéo qu'il faut aller chercher les destructions finales. Très très américain dans sa façon de gérer la catastrophe, les enjeux personnels des personnages et même les relations internationales, le gros machin de Kim Byung-seo et Lee Hae-jun compte bien verser dans l'efficacité pure. Et ça fonctionne !

Portée par un casting all-star attachant, l'intrigue déballe ses nombreux arcs narratifs, dont une bromance "je t'aime moi non plus" centrale amusante, pour couvrir la catastrophe sous tous les angles. Côté séquences de dévastation, le long-métrage remplit le contrat avec brio, surtout au début avec quelques scènes super énergiques qui nous font regretter de ne pas posséder un écran plus grand. Bien sûr, il faut avoir l'estomac prêt pour une friandise aussi sucrée, mais en ces temps de disette d'effets spéciaux disproportionnés, qui s'en passerait ?

Notre critique est ici.

C'est disponible où ? En DVD et Blu-ray chez Metropolitan. En VOD sur Google Play, Orange, Cinéma(s) à la demande, Apple TV et YouTube.

 

photo, Jung-woo HaLe cinéma coréen au milieu du chaos ambiant de 2020

 

Mais aussi...

Miss Fisher et le Tombeau des larmesEscape from Pretoria... 

 

RESSORTIES CULTES

Le mois de septembre fut chargé en ressorties 4K importantes de petits classiques du 7e art. Alfred Hitchcock y est d'ailleurs passé avec une compilation qui regroupe PsychoseSueurs froidesFenêtre sur cour et Les Oiseaux, soit peut-être les trois essais les plus connus du maître parus aux alentours des années 1960. Autre film culte de cette période : Spartacus connaît les honneurs de la 4K dans un coffret Steelbook de toute beauté. Les années 1980 sont également bien représentées, avec la ressortie d'une salve très appréciée des nostalgiques en tous genres : Les Goonies, qui se payent un méga-coffret impressionnant, Beetlejuice et Full Metal Jacket.

 

Photo Beetlejuice"On m'a appelé ?"

 

Côté Blu-ray, outre le retour d'une énorme intégrale James Bond, Carlotta régale avec notamment un steelbook de l'excellent Les Révoltés de l'an 2000 et un coffret étonnant regroupant 5 Pink Films, ces films érotiques japonais aux titres truculents. En parlant de séries B, on a également eu droit au culte L'Abominable docteur Phibes, à L'Ange de la vengeance et au mythique Le Corps et le fouet. Quant aux gars sûrs de Spectrum, ils se sont surpassés ce mois-ci. On conseille fortement d'aller jeter un oeil à leur catalogue récent, engorgé de pépites ou curiosités d'Asie.

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.

Vous aimerez aussi

commentaires

Aucun commentaire.

votre commentaire