Hollywood vs Netflix : le coronavirus va tout changer, selon Jason Blum

La Rédaction | 25 mars 2020
La Rédaction | 25 mars 2020

Pour Jason Blum, le nouveau maître du cinéma d’horreur avec Blumhousele coronavirus a changer à jamais la face du cinéma. 

Fondateur de Blumhouse, Jason Blum est un producteur écouté, reconnu pour son flair. Capable de créer la surprise avec une structure dédiée en premier lieu au cinéma de genre, il a pris l’industrie hollywoodienne par surprise, ne jouant pas la carte de l’inflation budgétaire, préférant produire massivement des longs-métrages aux budgets resserrés au maximum, pour privilégier leur rentabilité. Des principes qui ont présidé à la fabrication des Paranormal Activity ou encore d'American Nightmare. Et une politique qui a porté des fruits mirifiques, et fait de Jason Blum un homme écouté. 

Forcément, face à l’épreuve d’une pandémie et d’un confinement américain qui semble de plus en plus inexorable, Hollywood tend l’oreille, le producteur ayant toujours abordé la distribution en salles de ses œuvres de manière dépassionnée. C'est pour cette raison que The Hunt et Invisible Man ont été lâchés en VOD plus vite que prévu, vu la situation.

Et pour le patron de Blumhouse, il ne fait nul doute que le secteur devrait être bouleversé en profondeur par la crise actuelle, comme il l’a expliqué dans une interview accordée à The Daily Wire. 

 

photo, Betty Gilpin, Hilary SwankSalle contre SVOD ?

 

“Imaginer que les studios vont patienter quatre mois avant de rendre disponible un film en vidéo, ce n’est pas réaliste. Ils ne seraient pas compétitifs, or ils ont besoin d’entrer en concurrence avec Amazon et Netflix et Apple, à leur manière. Il y aura des bascules. 

Le consommateur sera habitué à plus rester chez lui, ça ne fait pas de doute, les usages vont évoluer après le coronavirus. L’industrie du cinéma va changer de visage.” 

Jusque-là, il s’agit plutôt de bon sens. C’est au sujet des transformations qui pourraient s’abattre sur les salles que les propos de Blum se font plus précis. 

“L’expérience collective du cinéma, le fait de se retrouver pour voir un film, je ne crois pas qu’on en aura fini avant longtemps. Je pense qu’il y aura moins de films en salles, une sélection moins large, ou plutôt, je devrais dire : beaucoup moins de films choisiront le cinéma comme fenêtre d’exploitation privilégiée, mais il y aura bien plus de films dans les salles, sans doute pour des durées très limitées, une semaine ou deux.” 

 

photo, Elisabeth MossVers une situation stable et apaisée

 

Rappelons que ces déclarations désignent tout particulièrement l’industrie américaine, qu’on imagine plus susceptible de se transformer, notamment en raison d’une appréhension assez souple de la question de la chronologie du média (l’organisation des différentes fenêtres d’exploitation d’un film, entre salle, VOD, SVOD, vidéo physique, etc). En choisissant de proposer très rapidement Invisible Man et The Hunt à la demande sur le territoire américain, le producteur a illustré très concrètement ses propos.

Les gros studios ont fait de même en avançant les sorties VOD de gros films : Warner Bros. avec Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn, Sony avec Bloodshot, ou encore Paramount avec Sonic le film.

Pour autant, gageons que la situation actuelle aura des conséquences palpables en Europe et en France. En effet, les grands risques économiques encourus par de nombreuses structures indépendantes, à tous les niveaux du secteur, ont déjà montré que beaucoup d’opinions et de pratiques étaient prêtes à évoluer sur ce sujet, ne serait-ce que dans un but de sauvegarde de l’industrie. 

 

Photo Justin Hartley, Sylvia Grace CrimAller chercher le public, c'est tout un art

 

commentaires

MystereK
27/03/2020 à 12:41

Voilà, SIMON, c'est exactement ce que je voulais dire, vous l'avez dit en mieux parce que moi,. mon métier, n'est pas d'écrire (notez que j'aurai bien aimé, mais je n'ai pas le talent que vous avez à la ràdaction).

Simon Riaux - Rédaction
26/03/2020 à 20:48

@MystereK

Nope, ce n'est pas du tout le cas, et échanger avec vous est toujours très agréable.

Mais par définition, on répond vite, entre deux articles, entre deux tâches, entre la poire et le fromage, d'où parfois cette impression de réponse lapidaire, parce que rédigée très/trop vite.

Ce que j'essayais de dire, c'est juste que si certains films peuvent bien sûr réussir en VOD, pour le moment ils constituent une marge, et correspondent à des schémas économiques plutôt minoritaires. Par conséquent, la VOD, avec son faible volume global, est, en général, plutôt une voie secondaire. Mais ça n'interdit ni les exceptions, ni les chemins différents, bien sûr.

MystereK
26/03/2020 à 20:31

OPINAISE non :) mais bon, vu ses réponses,, soit je m'exprime mal, soit il ne comprends pas ce que je veux dire. et ce n'est pas la premières fois qu'il veut avoir le dernier mot avec moi, mais ce n'est pas grave, c'est lui le pro même s'il mélange une peu les trucs dans ses réponses. Mais il fait de bons articles, j'aime bine le voir sur Canal+ et j'aime souvent les films qu'il aime.

Sans rancune Simon, j'aime vraiment ce que vous faites, même si quelques fois on dirait dans vos réponses (et je ne parle pas de moi) on dirait que vous cherchez un sparring partner-.

Opinaise
26/03/2020 à 17:55

MystereK : Tu essayes d'avoir le dernier mot avec Simon Riaux???
Coche la case :
*Maso
*Noob
*Idiot
*Troll

Simon Riaux - Rédaction
26/03/2020 à 16:38

@MystereK

Plusieurs choses.

- Cloverfield Paradox n'a jamais été disponible en VOD mais en SVOD.
- Les deux supports sont très différents et ne sont pas régis par la même économie.
- Dire que le film a été un succès est une affirmation délicate. Pour la Paramount, qui a investi dedans, et l'a finalement vendu à Netflix, sûrement pas. Une limitation de dégâts, au mieux. Pour Netflix, c'est un succès, à n'en pas douter. Et pour ses auteurs, je ne saurais dire.
- Succès et visibilité ne sont pas la même chose. Qu'un film, devenu aisément visible grâce à la VOD apporte de la visibilité à son auteur, c'est une chose ,mais ça n'a rien à voir avec le succès.

"pour ces productions prévues et marketée pour la salle, l'accueil en straming de ces films sera très différent voire catastrpohique en terme de revenus attendus"
>>>> C'est bien pour ça que la VOD constitue aujourd'hui, pour la majorité des films, une vois de garage.

MystereK
26/03/2020 à 16:33

SIMON, Loin de moi l'intention de vous contredire, vous connaissez bien mieux ce milieu que moi mais je précise bien : cela dépends des pays et des types productions (pas forcément celles directment prévues pour distribution en VOD, et excluant bien sûr les films majeurs à gros budget). Pays parce que la France à une approche méfiante envers la VOD, ce qui n'est pas le cas dans beaucoup de pays que j'ai visité.

Quand j'ai parlé avec ces réalisateurs (et même petit distributeurs), on utilisait, en anglais, le terme de streaming, nous ne faisions pas la différence entre VOD et SVOD. En Suisse, je connais personnellement un réalisateur qui a connu plus de succès en streaming pour une production dédiée au cinéma, que pour l'exploitation en salle de son long métrage (vous imaginez une porduction de film de genre suisse ce que cela peut attirer comme foulle) et en DVD/Blu-Ray, Le film était produit en financement participatif. Dès la mise en ligne dans des dzaines de pays, il a commencé à recevoir des retours de professionel ou de spectateurs de partout dans le monde, alors qu'avant, très peu. Il n'en est pas devenu riche pour autant, mais on ne peut plus parler de la VOD comme d'un placard quand cela ouvre ainsi une oeuvre sur le mode, loin de là. Même chose pour certains amis italiens dont le films a surtout connu un grand succès sur le câble et le streaming (un film avec une star internationnale qui est seul dans le désert pendant persque tout le film)

Et bien sûr la situation actuelle est particulipre et ne rentre pas dans le contexte de mes commentaires, pour ces productions prévues et marketée pour la salle, l'accueil en straming de ces films sera très différent voire catastrpohique en terme de revenus attendus. Mais qui sait, peut-être que l'un d'eux, même de qualité moyenne, va obtenir un succès inatendu en streaming malgré tout, simplement par sa disponibilité (en VOD on a l'exemple de Cloverfield Paradox qui n'aurait probablement pas été vu autant s'il était sorti en salle).

Simon Riaux - Rédaction
26/03/2020 à 15:12

@MystereK

En SVOD, il peut y avoir un salut, la VOD pour le moment c'est beaucoup plus incertain.

De même il y a une différence fondamentale entre des productions qui ont été pensées pour la VOD (avec les budgets qui vont avec) et des oeuvres qui s'y retrouvent comme c'est le cas aujourd'hui, parce que les autres canaux sont indisponibles. A peu près aucune chance dans ce cas, de s'en sortir.

De même, le point de vue des réalisateurs en la matière n'est pas toujours le plus approprié. Celui qui a souvent le plus de visibilité et de hauteur de vue sur le sujet, c'est souvent le distributeur. Et rares sont ceux qui se félicitent des chiffres de la VOD.

MystereK
26/03/2020 à 15:08

SIMON cela dépend des pays et du type de production (et hors contexte COVID-19), comme je l'ai dit ci-dessous, j'ai parlé avec des réalisateurs dans des festivals qui m'ont confirmé que pour eux il gagnait de l'argent avec la VOD alors qu'ls en auraient perdu en salle et loin d'e^tre un palcard, pour eux c'était un moyen d'avoir de la visibilité (contrairement donc à une mise au placard).

MystereK
26/03/2020 à 15:03

SEBASTIEN ayant parlé directement à des réalisateurs de films modestes, ils m'ont confirmé que leur seul salut pour gagner à la fois de l'argent et de la visibilité, était dans la VOD.

Et non,. toutes les productions Blum ne sont pas des téléfilms.

Simon Riaux - Rédaction
26/03/2020 à 15:01

@MystereK

La VOD ne remporte pas de succès particulier et ne permet même pas aux distributeurs de compenser la disparition du marché physique.

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