Tout Hayao Miyazaki

Par Jean-Noël Nicolau
29 août 2007
MAJ : 21 mai 2024
0 commentaire
default_large

Depuis la sortie événementielle de Princesse Mononoké dans les salles françaises, Hayao Miyazaki n'a cessé d'incarner l'animation japonaise auprès de tous les publics. De l'amateur occasionnel au cinéphile fanatique, tout le monde reconnaît la suprématie artistique et surtout populaire de celui qui s'est longtemps offert comme l'unique alternative crédible à la domination du tandem Disney/Pixar. « Triomphateur de Titanic », battant records sur records, le maître parvient à allier reconnaissance critique et succès financiers (Le Voyage de Chihiro, Ours d'or à Berlin, Oscar du meilleur film d'animation 2003 (devant L'Age de glace, Spirit, Lilo & Stitch et La Planète au trésor) et premier film d'un pays non anglophone à dépasser les 200 millions de dollars de recette en dehors des États-Unis). Si d'autres auteurs obtiennent peu à peu une petite place sous les projecteurs, ni Otomo, ni Oshii, ni même le compagnon de longue date Isao Takahata ne peuvent pour l'instant prétendre rivaliser avec l'aura du réalisateur de Porco Rosso.

 

C'est à Tokyo, le 5 janvier 1941 que naît Hayao Miyazaki, et c'est en 1958, devant le premier film d'animation japonais en couleur, Le Serpent Blanc, qu'il décide de se consacrer au dessin. Il entre à la Toei en 1963 comme assistant animateur pour des séries télévisées, et fait la connaissance de Takahata, qui deviendra son collaborateur. C'est en effet le futur réalisateur de Pompoko qui permettra à Miyazaki de faire ses débuts sur le long-métrage Horus, prince du soleil en 1968. L'échec commercial de l'œuvre entraînera une décennie difficile pour Miyazaki et ses collègues. Travaillant toujours pour la télévision (en particulier sur Conan, fils du futur) et dans le domaine du manga, le réalisateur obtiendra finalement son premier long-métrage en 1979 avec le Château de Cagliostro. Après le bon accueil de cette aventure de Lupin III, Miyazaki participera à la version animée de Sherlock Holmes, tout en commençant la publication de son oeuvre phare sous forme de manga : Nausicaä, qui lui prendra presque 10 ans à rédiger en intégralité.

 

En 1983, il entreprend la mise en images des premiers volumes de La Vallée du Vent qui deviendra l'un de ses plus grand succès l'année suivante, permettant à Miyazaki et Takahata de fonder dans la foulée le studio Ghibli. Enfin libre de choisir ses projets et de déployer toutes ses ambitions, Miyazaki fait du Château dans le ciel son film d'aventures idéal, avant d'offrir en 1988 avec Mon voisin Totoro un phénomène de société, emblème du studio Ghibli et véritable coeur de l'oeuvre du réalisateur. Suivront Kiki la petite sorcière en 1989 (numéro un au box-office japonais de l'année, ce qui deviendra une habitude) puis Porco Rosso en 1992. Avec ce dernier, l'Occident ouvre timidement mais sûrement les portes de ses salles et c'est en 1997 avec le mythique Princesse Mononoké que le metteur en scène obtient le triomphe international. Débute alors l'exploitation aléatoire et parfois rocambolesque des films précédents sous l'égide de Disney/Buena Vista qui rachète le catalogue de Miyazaki pour sa distribution aux États-Unis et en Europe.

 

Annonçant à présent à chaque nouvelle oeuvre qu'il s'agit de la dernière, l'auteur nous aura néanmoins offert Le Voyage de Chihiro et Le Château ambulant, et les rumeurs le disent bien loin d'avoir définitivement posé le crayon. En France, la découverte des merveilles du studio Ghibli se sera effectuée dans un ordre n'obéissant à aucune logique mais qui nous permet paradoxalement de garder le meilleur pour la fin, avec les sorties quasi simultanées de Mon voisin Totoro en DVD et de Nausicaä de la vallée du vent au cinéma. La boucle est bouclée, il est enfin possible pour tous les spectateurs d'avoir une vue d'ensemble de l'oeuvre de Hayao Miyazaki.

 

En avril 2009, et un peu moins un an après sa sortie triomphale au Japon, Ponyo sur la falaise arrive dans les salles françaises. Ce retour à des thèmes et à un style plus simples est aussi un bain de jouvence pour Miyazaki. Après avoir sans cesse annoncé sa retraite, l'artiste n'a jamais semblé aussi jeune. 

 

 

 

Pour accéder directement à un article, cliquez sur la jaquette (ou l'affiche) correspondante

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 

 

Rédacteurs :
Tout savoir sur Nausicaä de la vallée du vent
Rejoignez la communauté pngwing.com
Pictogramme étoile pour les abonnés aux contenus premium de EcranLarge Vous n'êtes pas d'accord avec nous ? Raison de plus pour vous abonner !
Soutenir la liberté critique
Vous aimerez aussi
Commentaires
guest
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires