10 films mal-aimés sur Netflix, qui méritent d'être (re)vus

La Rédaction | 25 avril 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58
La Rédaction | 25 avril 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58

La rédaction partage une petite sélection de films qui méritent d'être découverts ou réévalués.

Les meilleurs films-séries d'horreur, les meilleurs films de science-fiction, les meilleurs films d'action, les meilleures comédies... Netflix offre le choix dans les programmes, et a de quoi contenter tous les publics. Même ceux qui aiment les pires films et les pires séries.

Mais parce que le catalogue Netflix est énorme et nébuleux, Ecran Large a eu envie de revenir sur 10 films trop souvent oubliés, rejetés, méprisés. 10 petits coups de cœur qui méritent d'être (re)vus.

 

photoSans raison particulière, Telepolis

 

WOUNDS

De quoi ça parle : Un barman trouve un téléphone laissé par un client, et sa curiosité le pousse à lire d'étranges messages et photos reçus. Peu à peu, il sombre dans la paranoïa.

Comment ça a été accueilli à sa sortie : Très froidement à Sundance, puis Cannes, à la Quinzaine des réalisateurs. Malgré la présence d'Armie Hammer et Dakota Johnson, le film de Babak Anvari a été globalement ignoré ou descendu, si bien que sa sortie américaine a été annulée. Il sortira directement sur Hulu aux USA, et Netflix le sortira partout dans le monde dans la foulée. Là encore, le film a largement été rejeté, si l'on en croit les messages et avis croisés un peu partout.

Pourquoi on le conseille : Parce que Wounds est un cauchemar d'un genre étrange, susceptible de donner du carburant à l'imaginaire le plus noir pendant un moment. Le film a surtout été critiqué pour son refus de livrer des clés de compréhension, et ce choix radical de laisser le spectateur sombrer avec le héros dans un délire grossier, labyrinthique et sans fin. Nul doute que le film a ses défauts, dans l'écriture et le rythme, et qu'il a d'abord souffert de la difficulté de le classer véritablement en simple film d'horreur - quiconque cherche un film de fantôme ou d'enquête, sera indéniablement déçu voire exaspéré.

Mais Wounds brille aussi par sa mise en scène inspirée, cette atmosphère délicieusement perturbante, et des acteurs excellents dans cette lente plongée dans l'horreur abstraite. Livré sans mode d'emploi, ce film sous forte inspiration de Cronenberg demeure passionnant, notamment parce qu'il ne ressemble à rien d'autre.

Notre critique complète de Wounds est à retrouver par ici.

 

photo, Dakota Johnson, Armie Hammer50 nuances de grrr

 

VIRUNGA

De quoi ça parle : Le parc de Virunga, situé dans la République démocratique du Congo, est peuplé d'animaux sauvages et de plantes luxuriantes. Et les gardes forestiers se battent pour le protéger, face à une compagnie pétrolière britannique.

Comment ça a été accueilli à sa sortie : Très bien. Virunga a d'ailleurs été nommé à l'Oscar du meilleur documentaire en 2014. Mais comme Netflix en a acheté les droits, et que rares sont les documentaires à réellement exister dans la masse de leurs programmes, il n'a pas été énormément vu et discuté.

Pourquoi on le conseille : Parce que c'est un documentaire beau, important et vibrant sur l'état du monde, et la bataille silencieuse mais bien réelle pour les ressources, qui amène à la pure destruction de la planète pour le business. Rien de nouveau en théorie certes, mais voir la réalité à l'écran, c'est autre chose. C'est aussi le sujet passionnant de la survie des gorilles, malheureusement toujours d'actualité des décennies après la mort de Diann Fossey, qui a contribué à éveiller les consciences dans les années 80, avant d'être assassinée dans les montagnes des Virunga (le film Gorilles dans la brume avec Sigourney Weaver retrace sa vie passionnante).

Réalisé par Orlando von Einsiedel, Virunga suit quatre héros modernes (un expert en gorille, un garde forestier, le conservateur du parc, et une journaliste française), et montre à la fois les beautés et les horreurs de ce monde, dans le cadre incroyable des montagnes des Virunga, où se jouent des batailles économiques et politiques. Car il y a du pétrole dans ce parc, le plus grand d'Afrique, et classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Le cauchemar est réel puisque le conservateur, Emmanuel de Merode, est passé à deux doigts de la mort après une attaque armée, juste avant la projection du film aux Etats-Unis.

Palpitant, merveilleux, intense et captivant, montrant autant la folie des hommes que leur courage, s'arrêtant sur la violence mais aussi la beauté du monde, Virunga est assurément à voir et à conseiller. L'histoire a pris une dimension encore plus tragique le vendredi 24 avril 2020 avec l'assassinat de 17 personnes dans le parc parmi lesquelles se trouvent sans doute des visages aperçus dans le documentaire.

 

photoLes rires avant les pleurs

 

THE NIGHT COMES FOR US 

De quoi ça parle : Un assassin d'élite sauve la vie d'une jeune femme au cours d'un massacre. Un tel choix va lui attirer beaucoup beaucoup beaucoup d'ennuis.

Comment ça a été accueilli à sa sortie : Malheureusement, le film n'a pas fait tant parler de lui à sa sortie. Il faut dire qu'il accumule les signes de désintêret : de l'action bien bourrine, un scénario simple et une nationalité indonésienne. De plus, il a trop souvent pâtit de son statut de sous-The Raid, même chez les connaisseurs.

Pourquoi on le conseille : Difficile de se rassasier en films d’action maintenant que les tornades The Raid sont passées. Heureusement, le succès spectaculaire de la saga a permis aux productions du genre de se multiplier, et à certains auteurs indonésiens de s’exporter. Timo Tjahjanto, déjà derrière le très efficace Killers, s’est donc investi dans deux longs-métrages aux côtés d’une petite partie de l’équipe invincible révélée par Gareth Evans : Headshot et surtout The Night Comes For Us, produit par Netflix donc.

Le second est peut-être le seul vrai héritier de la folie furieuse de son modèle, en plus de probablement remporter la palme du programme le plus violent disponible sur la plateforme. Le cinéaste et son équipe de têtes brûlées se débarrassent progressivement d’une intrigue accessoire, support pour une dernière demi-heure où plus rien n’importe sinon le bruit des phalanges contre les arcades sourcilières, les jets de chair prélevée à coups de machette et les cris de douleurs des pauvres hères qui ont osé se dresser devant Iko Uwais. Les chorégraphies sont jouissives, les effets gores démentiels. Impossible de ne pas laisser échapper un petit « outch » toutes les 15 secondes environ. C’est la marque des grands films.

 

photoLa nuit vient pour lui

 

AUCUN HOMME NI DIEU 

De quoi ça parle : Un spécialiste des loups est dérangé dans sa retraite par une mère persuadée que son fils a été enlevé par des canidés. Il la rejoint donc dans un village perdu au fin fond de l'Alaska pour traquer des loups, et pire encore.

Comment ça a été accueilli à sa sortie : Lors de sa sortie, Aucun homme ni dieu avait beaucoup déçu et sa note Allociné témoigne d’un rejet populaire assez sidérant. On lui a très vite reproché d'être trop lent, pas assez clair, et par conséquent peu adapté à la plateforme. Il est de fait vite tombé dans l'oubli, malgré une sortie très relayée.

Pourquoi on le conseille : Voir dans ce thriller enneigé un remake du Territoire des loups était mal connaître la filmographie de Jeremy Saulnier, qui après le fiévreux Green Room et le puissant Blue Ruin offre une nouvelle démonstration de sa capacité à prélever la férocité brute et terrifiante de ses personnages, le tout grâce à une mise en scène anti-spectaculaire au possible, mais néanmoins visuellement très aboutie.

Nébuleux, le village présenté ici est le théâtre d’une violence aussi sourde qu’humaine. Très éloigné des loups qu’il suit pourtant à la trace, Russel Core sombre de fait dans une sorte de spirale tragique qu’aucun homme ni dieu ne peut arrêter. Culminant dans une scène de fusillade prenante, l’épopée est probablement aussi austère que ce petit patelin d’Alaska, mais vaut largement le coup d’œil. Le voyage est dur, froid et sans merci, et c’est justement sa qualité première, comme un rappel de ce qui peut arriver aux limites – géographiques et psychologiques – de l’humanité.

Notre critique est disponible ici.

 

photo, Jeffrey WrightJeffrey Wright a toujours raison

 

THE DISCOVERY

De quoi ça parle : Après la découverte de l’existence d’une vie après la mort, l’équilibre fragile du monde est bouleversé par une vague de suicides massifs. 

Comment ça a été accueilli à sa sortie : Prototype de film indépendant, acheté à Sundance avant qu’il ne puisse générer beaucoup d’excitation, il est arrivé sur la plateforme à un moment où elle était encore traitée avec une certaine désinvolture en matière de distribution cinéma. 

Pourquoi on le conseille : The Discovery souffre de quelques défauts, notamment un rythme parfois un peu atone, ainsi qu’une photo désaturée, qui en fait un trop dans le côté dépressif, déjà très en exergue étant donné le scénario du film. Néanmoins, son point de départ intrigant se voit prolongé par un scénario intelligent, une suite d’idées, de concepts, tous accrocheurs et uniques. 

Mélangeant spiritualité, psychologie, quête existentielle et paradoxes temporels, le film s’avère remarquablement fluide en dépit de ses problématiques complexes. Loin d’être un simple pensum de SF, The Discovery parvient, grâce à ses personnages forts, à donner chair à des idées qui pourraient paraître fumeuses, ou tristement théoriques. Et si la certitude de l’au-delà faisait perdre à l’existence toute seule, tout enjeu valable ? Partant de cette équation pas exactement réjouissante, les excellents Rooney Mara, Jason SegelRobert Redford et Jesse Plemons (excusez du peu !) nous embarquent avec mélancolie et grâce dans une quête de sens imparfaite, mais souvent passionnante. 

 

Photo The DiscoveryMultiprise de tête

 

I AM THE PRETTY THING THAT LIVES IN THE HOUSE

De quoi ça parle : Une infirmière à domicile accompagne les derniers mois de vie d’une autrice spécialisée dans les histoires horrifiques, et commence à s’identifier dangereusement à une de ses héroïnes. 

Comment ça a été accueilli à sa sortie : Le film a souffert d’échos extrêmement limités lors de sa sortie sur Netflix en 2016. Perçu comme froid et sophistiqué, il n’a pas titillé la curiosité d’un public jeune en quête de sursauts faciles, quand une partie de la critique avait été échaudée par le précédent film d’Oz Perkins, February. 

Pourquoi on le conseille : I am the pretty thing that lives in the house n’est sans doute pas le film d’horreur le plus accessible de Netflix, mais c’est un des tous meilleurs, et à bien des égards, une petite révélation. Épousant une situation de départ simple, pour ne pas dire aride, le réalisateur fait une série de choix aussi forts que radicaux, et nous offre une proposition tout à fait singulière. 

Ni film de maison hantée, ni rêve littéraire, ni cauchemar surréaliste, le métrage évolue entre tous ces genres, avec une économie d’effets et une maîtrise impressionnante. La pression demeure constante, alors que croissent l’inquiétude et la fascination littéraire de l’héroïne. Plus que la terreur, l’oeuvre cherche à créer un sentiment de malaise, une sorte de tremplin pour l’imagination, où sensations, angoisses et désirs se mélangent. 

Grâce à la performance de la trop rare Ruth Wilson (LutherThe Affair), l’ensemble ne vire jamais au trip arty, et conserve un sentiment de réalité viscérale proprement unique. Sans doute conscient qu’il joue avec la corde raide d’un film parfois très contemplatif, Perkins greffe ces ingrédients au sein d'un récit qu'on jurerait raconté au coin du feu, et dont la grande simplicité assure la puissance évocatrice, pour un résultat glaçant et inoubliable.

 

photo, Ruth WilsonMagnétique Ruth Wilson

 

FRANKENSTEIN'S MONSTER'S MONSTER, FRANKENSTEIN

De quoi ça parle : Du comédien David Harbour, qui pour rendre hommage à son père, tente de monter une pièce consacrée à Frankenstein, entraînant une série de découvertes rocambolesques. 

Comment ça a été accueilli à sa sortie : Les rares critiques consacrées au film, essentiellement aux Etats-Unis, ont été globalement positives. Malheureusement, les documenteurs demeurent un genre confidentiel, et si le visage de David Harbour est connu du grand public, il ne suffit pas (encore) pour drainer le public dans une expérience bizarroïde. 

Pourquoi on le conseille : Avec sa stature impressionnante, sa ganache de bucheron et sa voix douce, David Harbour est un “character actor” d’un genre particulier. Une de ces tronches dont on se dit qu’il devrait être condamné à un seul type de rôle, mais dont la sensibilité exacerbée l’autorise au contraire à remanier et reconfigurer tout type de partition. Et c’est exactement ce qu’il prouve ici. 

Loin de ses propositions de flics empêchés, de second couteau bourrin, ou de journaliste propre sur lui, il explore ici, avec énormément de malice et de second degré, les questions identitaires liées à la fonction de comédien. Riant de son statut de star d’un nouveau genre, dont l’avènement a été rendu possible par le succès délirant de la SVoD et de ses besoins accrus en programmes à succès, il propose de regarder comment un rôle et une passion peuvent grignoter un individu et des générations à travers lui. 

Bien sûr, Frankenstein’s monster’s monster, Frankenstein n’échappe pas à certains défauts inhérents aux documenteurs, et ne parvient pas toujours à conserver un rythme ou une densité, digne de ses ambitions. Mais sa folie douce et sa singularité en font une des propositions les plus résolument à part de Netflix. 

 

photo, David HarbourDavid, à rebours

 

I DON'T FEEL AT HOME IN THIS WORLD ANYMORE

De quoi ça parle : Victime d’un cambriolage et du je-m'en-foutisme de la police, Kim fait appel à son voisin fan de heavy metal pour obtenir justice. 

Comment ça a été accueilli à sa sortie : Au-delà de sa politique de vidéo-club en ligne, Netflix a toujours été plutôt malin en matière d’acquisitions, comme en témoigne ce Grand Prix du jury de Sundance, tombé dans son escarcelle. Trop tôt peut-être, le film, assez attendu, ayant quasiment disparu des radars de la presse sitôt racheté par la plateforme, laquelle était alors beaucoup plus à l’aise sur la promotion de séries que de longs-métrages. 

Pourquoi on le conseille : Révélé par Blue Ruin de Jeremy Saulnier, l’acteur Macon Blair passe ici derrière la caméra et prouve qu’il a plus d’un tour dans son sac. Avec son pitch de petit malin amateurs de cinéma rednecko-white trash et son casting plutôt hype, on pouvait redouter que le film soit une énième relecture cynique du film de vengeance. 

Mais il n’en est rien, et si l’intrigue contient plus que sa part d’humour tordu, de gags à contretemps et autres joyeusetés, ce n’est jamais au détriment de son récit, car il s’en dégage une acidité, une mélancolie, qui surprennent, et emportent largement le morceau. Le long-métrage porte bien son titre, et décrit avec fantaisie mais sans excès inutiles, des hommes et des femmes laissés pour compte, qui très littéralement, n’habitent plus le monde, et ne peuvent plus le remplir que de larmes ou de violence. 

Beaucoup moins commenté que certaines productions comme Cold in Julydon’t feel at home in this world anymore est une étrange pépite, dont on ne doute pas qu’elle sera redécouverte, et donnera à son réalisateur l’occasion de repasser derrière la caméra. 

 

Photo Elijah WoodElijah Wood, comme toujours parfaitement bien dans sa peau

 

CREEP

De quoi ça parle : Vidéaste en mal de travail, Aaron est contacté par Josef, qui souhaite réaliser un documentaire à destination de son fils à naître, alors qu’un cancer du cerveau le condamne. Mais le comportement de Josef devient rapidement inquiétant. 

Comment ça a été accueilli à sa sortie : Le film ayant été vivement soutenu par la critique américaine, et chaleureusement reçu par le public nord-américain, difficile de le présenter comme un plantage ou un échec (il a d’ailleurs droit à une suite logiquement intitulée Creep 2). En revanche, le film est passé totalement inaperçu sous nos latitudes. Sans doute peu aidé par la quantité alors massive (et rarement qualitative) de found footage, l’image de son comédien principal plutôt perçu comme un artiste américain arty et le fait que Blumhouse ne jouissait pas de sa reconnaissance actuelle en France, rares sont ceux qui l’ont regardé. 

Pourquoi on le conseille : On le sait depuis Cannibal Holocaust, le found footage est un formidable moteur à ambiguités et à métaphore, plus encore qu’un véritable vecteur d’angoisse. C’est pour cela que Creep détonne autant, au milieu de tonnes de productions opportunistes, aux effets horrifiques dupliqués à l’infini. Car s’il est bien question de frissons ici, ils ne proviennent pas tant de l’horreur de la situation que du trouble provoqué chez le spectateur. 

Regarde-t-il une comédie de mœurs terriblement perverse ? Une parodie ? Un pastiche ? Un véritable film d’effroi ? Difficile à dire, car même quand Creep choisit franchement son camp, la mise en scène ainsi que l’écriture nous poussent à jouir du piège vicieux qui se déploie sous nos yeux. Par conséquent, appréhension et plaisir se mêlent avec une rare intelligence, encore rehaussée par deux excellents comédiens. 

Enfin, loin d’utiliser son dispositif pour cacher un manque d’inventivité, le métrage fait preuve de beaucoup de créativité et d’efficacité dans l'agencement d’émotions très variées, rappelant (à la manière de The Visit) que quand un cinéaste s’empare du concept, il peut le métamorphoser à l’infini. 

 

photoToujours le loup pour rire

 

CAM  

De quoi ça parle : De la descente aux enfers d’un cam girl, qui découvre qu’un sosie s’est emparée de son identité pour monnayer ses charmes de bien étrange manière. 

Comment ça a été accueilli à sa sortie : Malgré l’enthousiasme de la presse américaine, Cam n’a quasiment pas été promu en France, d’où une sortie dans une grande indifférence. Débarquant après la courte vague des thrillers d’écrans (UnfriendedSearching - Portée disparue), le film a donc clairement souffert d’un énorme déficit de visibilité... et d’identité. 

Pourquoi on le conseille : Comme tous ces récits surfant sur les réseaux sociaux, la technologie et le sexe pour mettre leurs personnages en difficulté, Cam prend le risque de se transformer en brûlot simpliste et un peu réac sur les dangers de la virtualité. Bien sûr, il n’échappe pas totalement à cet écueil, mais en se refusant à justifier tous les éléments de son intrigue, et en ne tranchant pas vraiment entre thriller et fantastique, il s’ouvre de très belles perspectives. 

Embrassant totalement l’esthétique néoneuse et volontairement vulgaire de l’érotisme soft des travailleurs du sexe 2.0, il engendre une atmosphère franchement trouble, tout en ayant l’intelligence de manipuler l’empathie du spectateur. Ne versant jamais dans le prétexte à étaler bêtement de la cuisse, ni la moralisation bébête, il nous immerge dans un espace sans cesse reconfigurer, qui ose plonger lors de son dernier tiers dans une métaphore malaisante. 

Souvent maladroit, Cam marque grâce aux frontières morales et humaines changeantes de ses protagonistes, mais aussi à leurs motivations, discutables ou parfois malaisantes, qui lui assure de distiller une forme de malaise rare, qui vient gratter le spectateur là où il ne le souhaite pas forcément, le questionnant sur les raisons pour lesquelles il suit les mésaventures de cet cam-girl ambitieuse. Enfin, s’ils ne révolutionnent pas le genre, les jeux de miroir et de dissociation ne sont pas sans évoquer les belles heures de Cronenberg et le venin du grand Vidéodrome, ce qui assure à l’ensemble de demeurer en mémoire. 

 

photo, Madeline BrewerDe l'autre côté du miroir ?

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commentaires
M1pats
27/04/2020 à 23:54

Mefiez vous, creep, c est un vrai film et une vraie histoire vraie !
L homme est vraiment tue a la fin.
Je l ai lu sur internet.
C est incroyable que netflix laisse une video de meurtre reel sur son site

Cklda
26/04/2020 à 19:05

Très bon article, merci ! J’avais oublié le très bon aucun homme ni dieu, une de mes meilleures surprises (enfin surprise, maté sur vos conseils) de la plateforme.

Arf
26/04/2020 à 14:52

@pifpaf :
Bien déçu par Creep 2. Je n’ai retrouvé aucun des qualités du premier. Terriblement ennuyeux et vain.

Orcman
26/04/2020 à 10:31

Bright aussi c'est bad boys avec des orcs les mecs et puis ça s'inspire du jdr shadowrun.

Numberz
25/04/2020 à 23:01

The Discovery n'aurait-elle pas un pitch qui rappellerait les thanatonautes de Weber ?

Pseudo
25/04/2020 à 22:52

Creep est censé être mal-aimé?

darkpopsoundz
25/04/2020 à 22:17

Sinon que des bonnes trouvailles dans votre liste, de ceux que j'ai vus mon préféré est "I am the pretty thing that lives in the house", cette ambiance, cette histoire, et gros coup de cœur pour Ruth Wilson, absolument incroyable. ;-)

Nicotine46
25/04/2020 à 22:09

Perso j'avais beaucoup aimé Aucun homme ni Dieu.

J'ai pas compris le bashing.

darkpopsoundz
25/04/2020 à 21:49

@Simon Riaux @Je pinaille
Pour le coup en effet "caractère" en français et "character" en anglais n'ont pas du tout le même sens, "character" = "personnage" (un faux-ami donc, comme on dit). Donc même "acteur de genre" n'est pas la bonne traduction, "character actor" = +/- "acteur à personnage". Très moche en français tel quel, et en effet sans réelle équivalence dans notre langue. ;-)

alulu
25/04/2020 à 20:08

Aucun homme ni dieu, une merveille de film.

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