César : pourquoi ça reste un échec, année après année

La Rédaction | 24 février 2019
La Rédaction | 24 février 2019

Quel est le problème avec les César, édition 44.

Un an après la publication de notre dossier, la cérémonie des César alimente encore les débats, entre exaspération et moqueries. Sans parler des audiences de plus en plus mauvaises. Flashback vers des problématiques toujours d'actualité.

120 battements par minuteAu revoir là-hautPetit PaysanLe Sens de la fêteBarbara, Grave : les films remarqués par les César 2018 sont très loin d'être problématiques, tant ils sont divers et satisfaisants dans leurs ambitions et réussites. Même chose en 2019 avec Jusqu'à la gardeLes ChatouillesGuyLa Douleur, ou encore Les Frères Sisters.

Et le César du public, remis en 2019 à Les Tuche 3 un an après Raid dingue, répondra à la petite attaque courante contre cette cérémonie supposée intello.

La grande messe du cinéma français reste pourtant un rendez-vous loin de faire l'unanimité. Ennuyeux, ringards, déconnectés de la réalité du public et du milieu, reniés par les personnalités : les César, en tant que cérémonie et événement du septième art, exaspère beaucoup.

La rédaction s'est penchée sur la question, pour chercher quelques causes et explications à ce phénomène.

 

Photo Au revoir là-haut

 

LE RISQUE DE L'ENTRE-SOI

S’il n’est pas question de fantasmer un copinage malfaisant, étant donné que le vote « au doigt mouillé » représente une menace bien plus concrète que toute forme de consanguinité diabolique, le système de vote des Césars (comme celui de beaucoup d'autres cérémonies) pose un problème.

On l’oublie souvent, mais les Césars sont remis par des votants : la fameuse académie des Césars. Elle se compose de 4680 membres répartis en 9 collèges (acteurs, réalisateurs, producteurs, auteurs, techniciens, producteurs, distributeurs, industries techniques, agents artistiques et attachés de presse, exploitants de salle, membres associés).

Ce sont donc pour l’essentiel les professionnels du milieu qui décernent collectivement les fameuses compressions. Sauf que la cérémonie n’a pas pour prétention d’élire les films ou membres les plus sympathiques, les plus appréciés, mais bien les meilleurs, d’un point de vue technique et/ou artistique.

Par exemple, sur le papier, Abdellatif Kechiche et La Vie d'Adèle étaient logiquement parmi les favoris de l’année 2014. C’était ignorer combien le réalisateur a mauvaise réputation auprès de nombreux techniciens (la mauvaise presse et les déclarations suite à la sortie du film avec Léa Seydoux l'ont confirmé), et logiquement peu de chances de remporter de votes. Ainsi, le système même d’attribution des Césars, peut difficilement échapper au corporatisme, ou au jeu cruel des réputations.

  

Image 666142La Vie d'Adèle : Palme d'or historique, petit snob aux César (hormis meilleur espoir pour Adèle Exarchopoulos)

 

KERMESSE AU PÂTÉ OU SHOW À L'AMÉRICAINE ?

On ne vous sortira pas franchement un scoop en affirmant que les comédiens ne suivent pas tout à fait la même formation en France qu’aux Etats-Unis, où leur métier est appréhendé avant tout comme une exigence de polyvalence physique. Les deux écoles ont leur force et leurs inconvénients et il ne s’agit pas de les départager ici ; mais il semble évident que la cérémonie des César tente depuis des décennies de dupliquer la méthode américaine.

De sketches en happenings, de présentateurs plus ou moins inspirés en tentatives de speechs métas, les César ont accueilli quantités de ratés, de bides et de séquences malaisantes qui seraient inoubliables si l’évènement n’était pas suivi de près par un énorme cocktail, où perdants et remettants peuvent se la coller comme des cochons.

Deux raisons à ces échecs successifs. Dans l’Hexagone, on a beaucoup moins la tradition du « riez, vous êtes filmés », et on ne compte plus les tentatives humoristiques tombant à plat pour cause de public suant à grosse goutte en attendant un ouvrage d’enveloppe. D’autre part, la tentation est grande de faire des César ET une cérémonie marrante ET une grande célébration française type « ors de la République ». Malheureusement, le côté kermesse honorifique du ministère de la culture s’accorde assez mal avec le délire lol-caca-prout. D’où un malaise souvent embarrassant.

 

Photo Cécile de FranceCécile de France : actrice talentueuse et maîtresse de cérémonie... oubliable

 

LE SYSTÈME DES NOMINATIONS

"Au premier (pour les nominations, NDLR) et au second tour de vote (pour l'attribution du prix, NDLR), l’ensemble des membres de l’Académie vote dans chaque catégorie". La règle de l'Académie des César : tout le monde vote pour tout et n'importe quoi. L'acteur aura donc son mot à dire sur le meilleur son, le monteur sur les meilleurs décors, et le compositeur sur le meilleur court-métrage.

Double problème : la notion d'expertise et précision s'évapore avec une masse de votants aux connaissances très larges, et la dynamique a tendance à naturellement charger de nominations les films importants, selon la tendance au "si le film est bien, tout est bien dedans". Sans parler du facteur copinage cité plus haut, qui pourra grandir lorsqu'un votant se retrouve face à une catégorie à laquelle il peut légitimement ne rien comprendre.

Or, pas sûr qu'un fantastique chef décorateur, même bon cinéphile, soit le mieux placé pour juger le travail d'un monteur, et en comprendre précisément les enjeux et détails. Mettre son vote, son expertise au même niveau qu'un technicien ou artiste de la branche en question, brouille les nominations. Difficile alors de voir émerger un film moins aimé ou réussi, même si la photographie, la musique, ou le montage y sont brillants.

C'est sûrement pour cette raison que quelques blagues récurrentes sont nées cette année, face aux nominations de 120 battements par minute pour Meilleurs costumes et Meilleurs décors ("Pour des jeans et des t-shirt ? Pour des salles d'amphi ?"). Le film de Robin Campillo a beau être très réussi, difficile d'accepter qu'aucun autre film français n'ait plus brillé de ce côté. Valerian et la Cité des mille planètesSanta & CieLa Promesse de l'aube, ou encore Dalida, plus ou moins clairement boudés, n'auraient-ils pas pu être salués pour leur travail en terme de décors et costumes ? 

 

Photo Dane DeHaanEt les costumes de Valerian et la Cité des mille planètes ?

 

La comparaison avec les Oscars est parlante : la phase des nominations se fait uniquement par branche. A l'exception du Meilleur film, ouvert à tous, les nommés de chaque catégorie sont choisis par les professionnels qui connaissent le métier, ce qui garantit un minimum d'expertise. Les meilleurs réalisateurs sont choisis par leurs collègues, tout comme les meilleurs mixeurs sons, les meilleurs directeurs de la photographie ou les meilleurs techniciens des effets spéciaux. Tout le monde pourra ensuite voter pour déterminer le vainqueur, mais dans une brochette sélectionnée par les connaisseurs.

C'est certainement pour cette raison que Baby Driver a pu décrocher plusieurs nominations techniques (meilleur montage, montage son et mixage son), malgré son absence notable dans les autres catégories. Ou que Mudbound se retrouve nommé uniquement pour le meilleur second rôle féminin, et la meilleure photographie. Ou que Wonder et Confident Royal sont nommés pour leurs maquillages, et rien d'autre.

 

PhotoEt les décors de Santa & Cie d'Alain Chabat ?

 

LES RÈGLES ABSURDES

Il y a quelque chose de profondément agaçant dans les César depuis la réécriture du règlement de l’Académie fin 2016 : cette volonté de vouloir contenter tout le monde. Une volonté qui remet en cause la logique même d’une remise de prix qui vise normalement à récompenser le(s) meilleur(s) et non à satisfaire tout le monde (sinon on appellerait ça L’école des fans). Au sein du chapitre II du règlement des César, on trouve ainsi nombre d’inepties visant à « éviter la concentration du palmarès autour des mêmes films ».

L’article 6 premièrement : « Nul ne peut faire l’objet de plus d’une nomination individuelle dans chaque catégorie. » Il empêche ainsi un acteur ou une actrice de cumuler plusieurs nominations dans des catégories différentes. D'un certain point de vue, c'est une amélioration car elle permet d'éviter à un acteur ou une actrice de remporter à la fois un César majeur et celui d'espoir (comme Tahar Rahim en 2010 pour Un prophète).

Cependant, cette année par exemple, elle empêche dans le même temps un Louis Garrel d'être nommé à la fois dans la catégorie meilleur acteur pour Le Redoutable et meilleur acteur dans un second rôle pour Les Fantômes d'Ismaël. S’il faut avouer que ce genre de situation est rare, c’est un frein à l’excellence dans chacune des catégories.

 

Image 395122Tahar Rahim dans Un prophète

 

Cependant l’article 6, chapitre 2 n’est rien à côté du grotesque article 7 de ce même chapitre du règlement des César : « Si, à l’issue du second tour, un film arrive en tête des suffrages dans la catégorie "Meilleur Film" et également dans l’une des catégories "Meilleur Premier Film", ou "Meilleur Film Documentaire", ou "Meilleur Film d’Animation", ce film ne sera lauréat que dans la seule catégorie "Meilleur Film".

Si, à l’issue du second tour, le réalisateur ou la réalisatrice du film lauréat de la catégorie "Meilleur Film" arrive également en tête des suffrages dans la catégorie "Meilleure Réalisation", le "César de la Meilleure Réalisation" sera alors attribué à la personne arrivant en second dans les suffrages. »

Ce qu’on nous explique donc très clairement ici c’est que les César peuvent mener à des absurdités de palmarès incroyable. Un film nommé dans la catégorie meilleur film et meilleur premier film pourrait donc remporter le César du meilleur film mais par conséquent être battu (à la déloyale) par un autre pour le César du meilleur premier film. Ce qui on en conviendra, parait totalement logique…

Même aberration avec cette impossibilité de cumuler les César du meilleur film et meilleure réalisation alors même que les deux catégories sont profondément liées. C’est comme si Usain Bolt gagnait le 100 m puis le 200 m et qu’on lui disait : « Ah ben oui mais non. T’as fini premier au 200 m avec une avance de fou furieux mais la récompense elle est pour le deuxième quand même parce que tu as déjà gagné le 100 m». Bref c’est ridicule, grotesque, impertinent, anti-excellence… et surtout cela ne respecte pas le choix des votants.

Mais bon, de toute façon si vous n’êtes pas d’accord, c’est pareil puisqu’à la fin comme le dit l’article 9 : « Les questions relatives au présent chapitre qui ne seraient pas résolues par l’application du présent règlement seront arbitrées par le Bureau de l’Académie, dont les décisions en la matière seront souveraines et sans appel. » Allez, vive les César !

 

Photo Xavier Dolan, Juste la fin du monde Xavier Dolan vainqueur par défaut du César de meilleur réalisateur en 2017 ?

 

L'ABSENCE DE CÉSAR DES EFFETS SPECIAUX

Pendant que l'Académie des César se félicite de tendre la main vers les spectateurs avec un César du public tout neuf, discuté depuis des années et lancé cette année, beaucoup de monde s'interroge : où est le César des effets spéciaux ?

L'usine à spectacle française est certes loin de concurrencer Hollywood, mais ce n'est pas une raison : les Goya, équivalents des César en Espagne, remettent par exemple un prix pour les meilleurs effets visuels depuis 1988. Ne pas saluer le travail de ces techniciens français revient à nourrir leur invisibilité, voire le mépris supposé du cinéma hexagonal pour tout ce qui relève du cinéma de genre - notamment l'horreur et la science-fiction.

Difficile bien sûr de jouer dans la cour des Oscars, qui saluent cette année les effets visuels de La Planète des singes : SuprématieLes Gardiens de la Galaxie Vol. 2 ou encore Blade Runner 2049. Mais les César pourraient tout à fait limiter la catégorie à trois titres, comme pour les films d'animation. Des films comme Valerian et la Cité des mille planètes (dont une partie des effets spéciaux a été gérée en France par Mikros Image et Mac Guff), Santa & CieLa Promesse de l'aubeSeulsJeannette, l'enfance de Jeanne d'ArcLes Hommes du feuAu revoir là-haut ou encore Grave, pouraient y trouver leur place.

Il existe un trophée César et Techniques, remis chaque année depuis 2011 à une entreprise français saluée pour son travail en terme d'effets numériques, mais ce couronnement dans l'ombre (il a été décerné en janvier) contribue à laisser ce travail et sa valeur loin des yeux du public. Public qui pourra donc cette année fêter le sacre mathématique de Raid dingue, pourtant déjà célébré en salles (4,5 millions d'entrées).

 

Photo Cara Delevingne Valerian et la Cité des mille planètes 

 

LA MUSIQUE DE FILMS, UN MANQUE DE PRISE DE RISQUES ?

C’est bien connu, un film n’est pas complet sans une partition musicale. Certaines bandes originales ont même plus d’aura que le film qu’ils illustrent. Que l’on pense au Grand Bleu ou au Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, dont les mélopées se retrouvent un peu partout (qu’il s’agisse de reportages télévisés ou même de publicités) et nous aurons tous compris l’importance de certaines mélodies.

Et quand il s’agit de musiques de films, la France n’a pas à rougir face aux Etats-Unis par exemple. Qu’il s’agisse de Vladimir CosmaPhilippe Sarde pour les plus anciens, ou Alexandre Desplat et Bruno Coulais actuellement, nos compositeurs bénéficient d’un rayonnement international qui leur ouvre les portes d’Hollywood et leur permet même de gagner la récompense suprême des Oscar (Desplat pour The Grand Budapest Hotel en 2015).

Si les César récompensent toujours la meilleure musique de films, on pourrait trouver étrange que, depuis quelques années, il règne un manque de prise de risques certain dans les nominations. S’il ne s’agit pas de remettre en question le talent des compositeurs nommés, on peut logiquement se demander si cette catégorie est réellement en phase avec son époque. En effet, à l’heure où la culture populaire domine le divertissement français et occidental, où sont les artistes devenus les étendards de cette nouvelle génération ? Pourquoi ne sont-ils jamais représentés dans cette grande réunion annuelle d’auto-congratulation ?

 

Photo Alexandre Desplats Alexandre Desplat : trois Césars et huit nominations

 

On pourrait se dire que la décision appartient au comité de sélection mais lorsque l’on croise cette catégorie avec les différents problèmes évoqués dans cet article, une évidence nous frappe : cette apparente frilosité pourrait être le reflet d’un fossé énorme entre la profession et le public, donc la culture populaire. A l’heure où les comédies françaises cartonnent à un rythme industriel et que leurs bandes-originales sont plus fonctionnelles qu’autre chose (dans un héritage très télévisuel, ce qui n’est pas étonnant lorsque l’on sait le pouvoir énorme qu’ont les chaînes sur la création d’un film), il apparait que nous ne sommes plus en phase ; surtout à une époque riche en expérimentation musicale dans la scène underground, dans le rap et l’électro, qui ne sont clairement pas mis en avant pour le grand public. On pourrait également y voir là une catégorie fonctionnant en circuit fermé où, de manière quasi systématique, un compositeur comme Alexandre Desplat sera immanquablement nommé et parfois récompensé.

 

Photo Arnaud Valois120 battements par minute : nomination méritée pour meilleure musique, signée Arnaud Rebotini

 

Le problème qui se pose, au-delà de la répétition, est aussi dans la sélection d’artistes étrangers comme Cliff Martinez (en 2010 pour A l’origine) ou Warren Ellis en 2016 (pour Mustang). Bien sûr, il ne s’agit pas ici de faire preuve de chauvinisme un peu aveugle mais il est fort dommage que la cérémonie n’en profite pas pour encourager davantage d’artistes français, émergents ou plus discrets, surtout dans un pays où l’on met en avant l’exception culturelle à la moindre occasion.  

S’agit-il de méconnaissance, d’élitisme, de favoritisme ou de défense de son pré carré face aux changements de notre paysage artistique ? La question reste posée et nous ne prétendons pas avoir la réponse. Il faudrait davantage que les acteurs du milieu, artistes comme membres du comité, prennent la parole et entament une conversation qu’il faudra bien avoir un moment ou un autre. Même si certains artistes, considérés « de niche » commencent à accéder aux nominations (Myd pour Petit Paysan ou encore Jim Williams pour Grave et Arnaud Rebotini pour 120 battements par minute ainsi que l’absence de Desplat cette année malgré trois films) mais cela reste encore malheureusement trop frémissant pour être convaincu qu’un nouveau courant parcourt les César.  

 

Photo Garance MarillierGrave : nomination méritée pour la meilleure musique pour Jim Williams, notamment

 

LE CESAR DU PUBLIC

C’est LA grande nouveauté cette année : le César du public est un tout nouveau prix qui sera attribué automatiquement au film français qui aura fait le plus d’entrées en salles. Cela peut paraître anodin, mais en fait la simple existence soulève plusieurs questions.

D’abord, qu’est-ce que les César sont censés récompenser ? C’est très bête dit comme ça, mais qu’attend-t-on exactement de la part d’une cérémonie qui récompense les artistes du cinéma ? A priori, qu’elle récompense un aboutissement esthétique, ou une performance artistique. Remettre un César du public devient alors hors-sujet, voire un poil obscène, puisqu’il s’agit alors de récompenser non plus l’art mais bien l’industrie. En poussant même un peu le bouchon, on pourrait même voir ça comme une simple prime au succès décernée au meilleur cheval de course. Déjà que tout le monde se plaint de voir toujours les mêmes films en haut du box-office, ce n’est pas ce genre d’initiative qui va endiguer la calibration des œuvres audio-visuelles françaises, et surtout des comédies.

 

Photo Jean-Paul Rouve, Isabelle NantyLes Tuche 3, César du public en 2019 

 

Car ne nous le cachons pas : si ce prix a été créé, c’est probablement pour que le monde de la comédie (acteurs, producteurs, réalisateurs etc) ne soit plus aussi sous-représenté et vexé (voir Dany Boon en 2009 avec Bienvenue chez les Ch'tis ou Chantal Lauby en 2015 avec Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ?), alors que ce sont leurs succès massifs qui font vivre (en partie hein) le cinéma français (et que Christian Clavier arrête de faire des cacas nerveux dans C à vous).

Seulement, si le problème soulevé est légitime, la solution proposée semble alors particulièrement bancale et même presque un peu hautaine. Plutôt que de jeter un prix en pâture au film le plus « populaire », pourquoi par exemple ne pas faire voter le public ? Ou encore, comme le font les Golden Globes, créer des catégories à part (ce que Dany Boon évoquait lui-même avec un prix consacré à la comédie) ? De l’autre côté du spectre, on pourrait également remettre en question les financements par la télé de comédies toujours plus nulles et insipides, bonnes simplement à endormir papy entre 21h et 23h après avoir dégusté son aligot du dimanche soir.

 

Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ?Christian Clavier et Chantal Lauby prient le bon dieu des César

 

Bref, ce César du public part probablement de l’intention (tout à fait honorable) de la part de l’Académie de sortir de l’image élitiste et snobinarde dans laquelle elle est engoncée et de convier le cinéma dans toute sa diversité à sa grande fête, mais pour le moment ce prix à des airs de pansement sur une jambe de bois. D’autant qu’on peut rétorquer que la comédie n'est absolument pas absente des César : neuf nominations pour Le Sens de la fête cette année, et avant ça, des films comme La famille Bélier9 mois fermeCamille redoubleLe Prénom, IntouchablesLe Nom des gens, L'Arnacoeur qui ont été nommés sinon couronnés.

Sans parler du fait que succès au box-office ne signifie pas forcément bonne appréciation du public : Les nouvelles aventures d'Aladin aurait ainsi dû recevoir le César du public, et il a une note inférieur à 2/5 sur Allociné, de même que Les Bronzés 3 : Amis pour la vie. Et la liste des vainqueurs de ce César, s'il existait depuis les années 2000, fait un peu peur.

 
 

Photo Dany Boon

commentaires

Raoul
26/02/2019 à 11:30

La cérémonie de cette année était terrible. Kad Mérad a donné l'impression de vouloir terminer la soirée au moment où elle a commencé. Complètement en panne d'inspiration niveaux vannes et compagnie. Elie Semoun en slip, je pense qu'on pouvait s'en passer. Eddy de Pretto qui chante à la Aznavour et finit par des "gros doigts" dégueulasses, mais quelle vulgarité!

Les Tuche 3, on a rarement vu un film aussi mauvais. Quel embarras de monter sur scène et être récompensé pour un OFNI pareil...

Il faut se rendre à l'évidence, le public Français va voir des bouses infames, ne doit-on pas l'éduquer à nouveau, pousser la nouvelle vague, et non se renfermer avec des films que 15 personnes ont vu comme Shéhérazade?

Gabriel Vetra
25/02/2019 à 12:49

Le vrai problème est que pour le grand public, les Césars récompensent des films qu’il ne connaît pas, et surtout qu’on ne lui donne pas envie de connaître.

A titre personnel, j’ai eu la chance de voir les 3/4 de la sélection parce que ça me motivait, et parce que j’ai cherché à voir les films avant leur sacre potentiel. Beaucoup m’ont plu, d’autres moins, dans tous les cas les surprises étaient nombreuses. Dans ces conditions-là, il y a du suspense, de l’intérêt à suivre la chose.

Évidemment que les gens ne vont pas regarder la cérémonie s’ils ne savent même pas de quoi elle parle. Et voir des gags qui véhiculent des clichés racistes là où les films s’échinent à les faire tomber, ou Elie Semoun montrer son derche pour aguicher le spectateur est juste consternant, ça en dit long sur la considération du public.

A l’ère de la VOD, des replays et de Netflix, serait-ce si difficile de proposer la sélection en accès libre, en tête de gondole, et gratuitement, juste la semaine qui précède les Césars ?
De mettre les différentes maisons de production d’accord pour donner une visibilité commune à leurs œuvres, surtout à l’époque du numérique ?
Redonner au public le goût aux alternatives cinéma pour contrer les monstres du box-office, aussi redoutés que décriés ?

Car il suffit de lire EcranLarge ou d’autres canards de cinéma ET de constater par soi-même, pour arriver à la conclusion suivante : dire du cinéma français qu’il n’a rien à proposer, c’est un préjugé bien trop répandu et une véritable erreur. Mais encore faudrait-il que les producteurs et les distributeurs donnent aux spectateurs les moyens de leur prouver qu’ils se trompent, redonner de la visibilité à un cinéma alternatif ;)

Mad
25/02/2019 à 10:46

Le seul et unique problème des Césars pour moi c'est le manque constant de classe. Qu'est-ce que c'est que cette cérémonie où Kad Merad et Ellie Semoun font des blagues de beaufs alors qu'il s'agit d'une remise de prix sur le cinéma ?! Un peu de classe bordel, nous sommes Français merde ! On devrait savoir être classes plutôt que de faire des blagues à la con.

(The) Aurelio
25/02/2019 à 10:12

La raison ? le cinéma français, tout simplement (à 2/3 exceptions près)

Du coup : faut être honnête cinq minutes : la cérémonie et tout le bordel autour est à l'avenant.

Rom
12/03/2018 à 08:26

Donner un prix au film qui a eu le plus d'entrées c'est donner de l'argent et de la notoriété à ceux qui en avaient déjà plus qu'assez pour faire une publicité géante, et imposer leur marketing-promo sur toutes les télés et radios, et dans tous les journaux. Alors que les films à petit budget - et qui peuvent être des œuvres artistiquement de premier plan- n'ont pas de quoi faire beaucoup d'entrées, car ils ne sortent que dans quelques salles.

tricoli
11/03/2018 à 21:39

Maintenant à 99% les acteurs ou actrices primées comme meilleur acteur ou actrice de l'année ce sont tous des fils ou fille de célébrité alors qui 'il y a en France des jeunes talents qui eux ne seront jamais reconnu faute de notoriété. Absurde.

Bebecar
11/03/2018 à 15:47

Je suis stupéfait de lire des gens écrivant des inepties comme c'est les spécialistes et non le public qui décident de l'art.
Définir l'art n'est pas évident mais si on considère que c'est un moyen d'expression la fréquentation des salles de cinéma est un bon indicateur de la compréhension du message et qu'on ne ramène pas ça à la simple publicité, des films comme la famille bélier ou le sens de la fête ont démontré que le public sait faire un choix.
L'art a aussi pour rôle de choquer et déranger et aujourd'hui il est privé de ce droit contraint de suivre le dogme politique sous peine d'étouffer sans financement.

Le financement public du cinéma, comme de la presse, démontre un détachement complet des prétendues élites avec la réalité. Il revient à faire financer par le plus grand nombre la médiocrité généralisée d'une production de propagande comme en Union Soviétique.

C'est de ça que le cinéma français meurt, comme une bonne partie des productions de l'esprit dans le pays.

Lohcavar
11/03/2018 à 00:57

Article aussi amphigourique et gluant que les pots de vaseline étalés dans le sens du poil pendant la cérémonie des César à qui voulait bien tendre le croupion pour y avoir droit. Un spectacle de médiocrité et de bassesse servile. Heureusement qu'il y à le buffet pour attirer tout ce beau monde qui s'emmerde à cent sous de l'heure et qui ne fait même pas semblant de trouver drôle les saillies de Manu Payet.

Lunatu
10/03/2018 à 23:40

La public décide ce qui lui plait par sa fréquentation. C'est suffisant.
Ce n'est pas au public de décider ce qui est bon ou ce qui est mauvais pour la culture.
La qualité et la culture se décide par les experts. Des prescripteurs de culture.
C'est à cause de ce pouvoir accordé au public que la culture se dégrade jour à jour.

cinephile
10/03/2018 à 19:27

j'ai oublié "le "moi non plus , je ne vous aime pas " était une phrase de Pialat ..;

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