Le Sens de la fête : critique bonne à marier

Simon Riaux | 24 janvier 2021 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Simon Riaux | 24 janvier 2021 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Si Eric Toledano et Olivier Nakache ont écrit leurs noms en lettre d’or au panthéon du box-office français avec Intouchables, on oublie parfois qu’ils ont débuté avec Nos jours heureux et Tellement proches, deux comédies chorales remarquablement conçues et écrites. Sur le papier, c’est de cette veine que semble se rapprocher leur dernier né, Le Sens de la fête.

POUR LE MEILLEUR

Loin des ambitions sociales de Samba, le duo de cinéma se penche une nouvelle fois sur une brochette de personnages hauts en couleurs et passablement mal assortis, ici une équipe d’organisateurs de mariage, rassemblée autour d’un chef charismatique mais usé (Jean-Pierre Bacri), à l’occasion de noces fastueuses, qui vont progressivement souligner les non-dits, tensions et désaccords au sein du groupe.

Depuis leurs débuts, Eric Toledano et Olivier Nakache sont parvenus avec une certaine réussite à se tenir à égale distance de la comédie populaire panzer et d’un rire perçu comme plus pointu, ou arty. Une nouvelle fois, ils font montre de leur capacité à jongler simultanément avec la dimension émotionnelle du récit, une écriture comique qui ne craint jamais de revisiter de grandes figures classiques et une curiosité formelle, un véritable désir de cinéma qui permet à leurs travaux de toujours se hisser au-dessus du tout-venant.

 

PhotoUne belle brochette

 

Aussi à l’aise avec Vincent Macaigne que Gilles Lellouche, capable de magnifier le jeu pas toujours fin d’Alban Ivanov tout en offrant une partition joliment remuante à Eye Haidara, le duo de metteurs en scène rappelle constamment qu’il a su tracer une ligne claire délicieuse entre humour « old school » et regard humaniste candide mais sincère. Le résultat comme toujours est pétri de charme et désarme souvent par l’infini tendresse qui s’en dégage, sans toutefois retrouver la grâce de Tellement proches.

 

Photo Gilles Lellouche

 

ET POUR LE MOINS MEILLEUR

Malheureusement le film a souvent le cul entre deux chaises. Si Jean-Pierre Bacri se révèle une nouvelle fois impeccable, son rôle de clown bougon ne surprend jamais et on voit mal pourquoi le récit se focalise à ce point sur lui. Non seulement il écope des gags les plus téléphonés ou attendus (les fameux SMS), mais il occupe un espace qui étouffe souvent les autres protagonistes et menace la dimension chorale du film. Un déséquilibre d’autant plus regrettable que l’ensemble du casting s’articule avec une remarquable harmonie.

 

Photo Jean-Pierre Bacri, Eye HaidaraDes caractères bien trempés...

 

Enfin, le choix du thème et du décor central (un mariage, au sein d’un splendide château), menace également le métrage, en en gommant partiellement la personnalité. Malgré le soin apporté par les cinéastes pour proposer un véritable moment de cinéma, le travail (discret, chaleureux et soigné) de la photographie, Le Sens de la fête peine souvent à se démarquer des innombrables "comédies de mariage" déjà passées par là.

Plus embêtant, le choix d’un décor unique extrêmement classique enferme encore un peu plus le récit dans les oripeaux d’une certaine école française, un peu bourgeoise, assez loin du monde, hors du temps, qui sied mal aux caractères que voudrait dépeindre le film.

 

Affiche Kévin Azaïs, Suzanne Clément

Résumé

Comédie maîtrisée de bout en bout, écrite et mise en scène avec plus de finesse et de cœur que nombre de ses concurrents, Le Sens de la fête ne manque finalement que du grain de folie douce qui fit notre bonheur lors des débuts de ses auteurs.

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commentaires
guizmo
25/01/2021 à 15:07

@fido
un air de famille
cuisines et dépendances
le gout des autres
kennedy et moi
si t'appelle ça du cinéma franchouille, hâte de voir ce que tu considères comme du bon cinéma

rientintinchti
25/01/2021 à 11:43

Nul. Idem pour le gout des autres que j'ai vu il y a bien longtemps. Des films qui se donnent un genre pour dissimuler le fait qu'ils n'ont absolument rien à raconter. C'est pas possible de voir le cinéma tomber si bas. Quand je pense qu'aujourd'hui on appelle des gens comme Guillaume Galienne et Pierre Niney "Acteurs" je me dis que c'est de pire en pire. Des trucs comme Guillaume et les garcons à table. Incroyable. Tout ça c'est du direct to nanarland.
Pour citer un superbe film qui a lui quelque chose à raconter "Le Premier Jour du reste de ta vie". Récemment j'ai lu un article très intéressant au sujet de l'homme qui voulait être roi de John Huston. Voilà du vrai cinéma.
Comparez les trucs plus haut avec du vrai ciné genre hicthcock, hawks, leone, spielberg, Bong Joon-ho, Par Chan Wook, Denis Villeneuve et vous verrez que ça ne tient pas la route.

jozezette
25/01/2021 à 10:49

Caricatural à outrance, dommage, c'est juste sympatoche comme ça, du Danyboon sans Danyboon.
Et heureusement Bacri!

Guéguette
25/01/2021 à 08:33

Entre meilleure comédie française de tous les temps et film consternant il y a peut-être un juste milieu...Mitigé sur Haidara effectivement, dans la droite lignée des acteurs sans classe qui ne font plus l'effort d'articuler, sans doute pas à la hauteur du rôle. A voir sur autre chose.
Le film a plusieurs réussites à son actif, mais il reste un peu côté arrangeant et artificiel dans la globalité.

Fido, j'imagine que tu as vu un air de famille, cuisine et dépendances, Le goût des autres et on connait la chanson...

Fido
25/01/2021 à 03:47

Consternant est le mot juste. Comme toute la production française et ses acteurs. Bacri faisait du Bacri dans de mauvaises comédies franchouilles. Qu'on me cite un seul film inoubliable avec lui.... Mes condoléances à ses proches.

Patrice
24/01/2021 à 23:22

Un bon moment de détente avec de magnifiques acteurs.un super monsieur bacri

Farod
15/09/2018 à 13:16

Une des meilleures comedies de ces 20 dernieres années si ce n'est la meilleure.

La plebe gavée au bon dieu et autre les profs plongera peut etre dans un ennui aussi consternant que son vide intellectuel mais pour ceux dotés d'un cerveau le bonheur sera total.

A+++

Raoul
15/09/2018 à 09:43

Pareil, j'ai trouvé ce truc consternant. Et j'ai bcp de mal avec Eye Haidara, Alban Ivanov.

...
15/09/2018 à 09:34

J’ai beaucoup de mal à comprendre l’engouement autour du film, perso j’ai vu un nanar écrit à la truelle, jamais drôle et effroyablement joué

jorgio69
14/09/2018 à 19:07

SEFARALAPASTAELcalzonneeEEEEE !!

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