Black Mirror : c'est quoi cette anthologie de science-fiction devenue incontournable ?

Mise à jour : 24/04/2017 07:39 - Créé : 19 octobre 2016 - Geoffrey Crété
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Alors que la saison 3 arrive sur Netflix le 21 octobre, retour sur Black Mirror, l'anthologie de science-fiction de Charlie Brooker.

Il y a eu La Quatrième Dimension, Au-delà du réel : l'aventure continue, Les Contes de la crypte, Masters of Horror, American Horror Story dans une certaine mesure. Et il y aura indéniablement Black Mirror dans cette courte mais précieuse liste d'anthologies d'histoires tordues, entre horreur, fantastique et science-fiction.

Charlie Brooker, l'homme derrière la série, est connu des amateurs de genre : en 2008, il était derrière l'amusante mini-série Dead Set où il s'amusait déjà des dérives modernes, puisqu'il suivait les participants d'un Loft Story qui réalisaient un peu trop tard qu'une invasion de zombies avait commencé à l'extérieur.

 

Affiche

 

La série était diffusée sur E4, chaîne parente de Channel 4 où il développera Black Mirror, autour d'une question aussi simple qu'inquiétante : "Si la technologie est une drogue, quelles en sont les effets secondaires ?". Le miroir du titre, c'est celui des écrans de téléphone, d'ordinateur, qui reflètent le visage et l'esprit déformés de son utilisateur.

En décembre 2011, Black Mirror commence avec une courte saison 1 de trois épisodes : The National Anthem, Fifteen Million Merits, et The Entire History of You. Le premier raconte un affreux chantage fait au premier ministre suite à l'enlèvement de la princesse ; le deuxième se déroule dans un monde où les citoyens rêvent d'échapper à leur condition en participant à un télécrochet ; le troisième, lui, montre comment une technologie capable d'enregistrer et stocker chaque moment d'une vie va faire imploser un couple.

 

saison 1

 

En quelques semaines, la série attire l'attention. The Entire History of You, considéré comme l'un des meilleurs épisodes de la série (écrit par Jesse Asmtrong, scénariste de In the Loop et We Are Four Lions), arrive jusqu'à Robert Downey Jr., qui optionne le projet d'adaptation en film avec sa société de production, en collaboration avec la Warner.

C'est aussi dans cet épisode mémorable que Black Mirror prouve sa capacité à manier le genre pour offrir une terrifiante fenêtre sur le comportement humain. Non pas pour simplement offrir quelques frissons, mais pour véritablement devenir ce miroir sombre qui n'a nul besoin d'aller loin pour mettre en lumière les défauts inquiétants de la société actuelle.

 

The Entire History of You

 

La saison 2 arrivera en février 2013, avec là encore trois épisodes. Réalisé par Owen Harris, avec les visages connus de Hayley Atwell et Domhnall GleesonBe Right Back raconte comment une jeune femme dévastée par la mort de celui qu'elle aime se laisse tenter par un service de "remplacement", qui reconstruit l'être aimé à partir de toutes les données disponibles en ligne. A l'image de The Entire History of You, Be Right Back joue sur la corde sensible avec une histoire d'amour abîmée par la technologie, plus attendue mais parfaitement troussée.

Plus nerveux, construit comme un film d'horreur, White Bear suit une femme qui se réveille, amnésique, avant d'être pourchassée par des inconnus masqués sous le regard impassible d'étrangers qui filment son cauchemar. Simple, efficace, l'épisode de Carl Tibbets repose entièrement sur son twist, dans la plus pure tradition des anthologies de genre.

Enfin, The Waldo Moment de Bryn Higgins fait écho au National Anthem de la première saison avec une histoire sur fond de politique, qui tourne autour d'un personnage de cartoon qui humilie les politiciens, et dont la popularité pousse les producteurs à le présenter aux élections. Plus bancal, l'épisode souffre d'une narration moins solide et d'un discours parfois confus.

 

Photo

 

Mais après six épisodes, Black Mirror est définitivement devenu un phénomène. En décembre 2014, l'épisode spécial White Christmas, de 75 minutes, est un succès. Fan de la série, Jon Hamm a accepté d'y tenir un rôle face à Rafe Spall et Oona Chaplin. La série rayonne outre-Atlantique, et séduit le public comme la critique.

Le phénomène devient suffisamment grand pour que Netflix, qui dévore tout sur son passage, récupère Black Mirror en septembre 2015 afin de produire une troisième saison de 12 épisodes, divisée en deux parties. La première fournée arrive le 21 octobre, avec un casting de luxe qui prouve définitivement sa place : Bryce Dallas Howard, Mackenzie Davis, Alice Eve, Gugu Mbatha-Raw et Kelly Macdonald devant la caméra, et Joe Wright (Reviens-moi, Pan), James Watkins (Eden LakeLa Dame en noir) et Dan Trachtenberg (10 Cloverfield Lane) derrière.

 

Photo Bryce Dallas Howard

 

Black Mirror s'envole donc avec sa saison 3, prête à toucher un plus grand nombre, sans forcément l'accent anglais mais toujours avec autant d'inventivité et de brutalité. Car dans ces six épisodes, l'anthologie de Charlie Brooker ne déçoit pas et offre à nouveau une brochette de doux cauchemars, tour à tour drôles et effrayants.

Rendez-vous prochainement pour la critique de cette troisième saison très attendue.

 

Photo Playtest

 

commentaires

servallou 30/10/2016 à 22:41

C'est amusant de constater que la société qui produit cette série est la société ENDEMOL, cette même société a qui l'on doit l'invention et m'essor de la télé (poubelle) réalité, avec notament le show LOFT STORY.

C'est ce qui s'appelle "l’hôpital qui se moque de la charité"

Dieu que les gens ont la mémoire courte !!! bon mis à part cela la série est très bonne.

R90 20/10/2016 à 10:55

@Harry

Black Mirror est loin d'être la seule bonne série en cours, donc cet "ennui si confortable"...

Dirty Harry 20/10/2016 à 10:48

Dire qu'il y en a qui mate d'autres séries avec leur ennui si confortable...Grand fan de la 4e Dimension, pour moi cette série est la digne héritière de Rod Serling.

StarLord 20/10/2016 à 07:54

Merci! Dire que j'ai failli passer à côté de cette série...

Pseudo 19/10/2016 à 14:58

+1 pour écran large. Black mirror ça déchire!!!

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