Marvel : Loki, WandaVision... on a classé les séries Disney+ du pire au meilleur

La Rédaction | 14 mai 2022
La Rédaction | 14 mai 2022

WandaVision, Loki, Falcon et le Soldat de l'Hiver, What If...?, Hawkeye, Moon Knight... quelles sont les meilleures et les pires séries Marvel sur Disney+ ?

Personne n'aurait imaginé il y a encore quelques années qu'il faudrait passer par la case série pour suivre et comprendre le MCU. Mais la guerre du streaming est passée par là, et désormais Disney+ est un rendez-vous quasi obligatoire dans l'univers étendu des Avengers et compagnie. Pour preuve : Doctor Strange 2, bien plus intéressant avec WandaVision en tête.

 

 

En un an, Marvel a ainsi diffusé six séries, plus ou moins liées aux films. WandaVision et What If... ? servent d'introduction à Doctor Strange in the Multiverse of Madness, Falcon et le Soldat de l'Hiver annonçait Captain America 4, et Hawkeye et Moon Knight préparent la suite avec de nouveaux personnages. Et ce n'est que le début puisque Miss Marvel sera liée à Captain Marvel 2 alias The Marvels, Secret Invasion adaptera un arc bien connu et teasé dans Spider-Man : Far from Home, sans parler d'Echo, Ironheart, Armor Wars, Agatha : House of Harkness, et bien d'autres.

De quoi se noyer dans un nouvel océan de programmes. Mais en attendant, on a classé les premières séries Marvel de Disney+, de la pire à la meilleure.

 

Miss Marvel : Photo Iman VellaniMiss Marvel dans les starting-blocks

 

6. FALCON ET LE SOLDAT DE L'HIVER

Sortie : mars-avril 2021 - Durée : 6 épisodes

 

 

Ça parle de quoi déjà ? Si Captain America a demandé à Sam Wilson (Anthony Mackie) de prendre la relève, celui-ci n'assume pas le symbole que représente le fameux bouclier étoilé. Le militaire John Walker est donc choisi pour être le nouveau Captain, tandis que Sam et Bucky Barnes (Sebastian Stan) se lancent à l'assaut des Flag-Smashers, des terroristes dotés d'une force surhumaine permise par le super-sérum du Captain. Tout ce petit monde se met sur la margoulette, Sam finit par devenir le nouveau Captain America et John Walker l'US Agent. Suite au prochain numéro.

Pourquoi c'est la pire série Marvel ? En retrouvant le style techno-thriller chiant et grisâtre des Captain America des frères Russo, Falcon et le Soldat de l'Hiver part avec un sacré handicap. Mais le vrai problème réside dans le fait que la mini-série de six épisodes a en réalité été pensée comme un long-métrage étendu sur six heures. Uniquement motivée par ses caméos obligés (Sharon Carter, le Baron Zemo) et ses détours pour raccrocher les wagons, la série piétine en disséminant ses péripéties en ne nous donnant que des miettes de pain.

 

Falcon et le Soldat de l'Hiver : photo, Anthony MackiePas digne de l'Excalibur américain

 

Dès lors, les rares arcs narratifs pertinents de la série se perdent dans ce fatras, dont le budget maousse ne peut cacher les nombreux hangars et autres couloirs vides servant à déverser de l'exposition. Falcon et le Soldat de l'hiver ne réussit jamais à s'attarder sur ses deux protagonistes, sur leurs traumatismes et leurs peurs face à l'absence de Steve Rogers.

Si l'idée d'interroger la nécessité d'un Captain America afro-américain est forcément intéressante, la démarche du scénariste Malcolm Spellman est sacrifiée sur l'autel de sous-intrigues pachydermiques, à commencer par une escale terriblement triste à Madripoor (bonjour l'exotisme d'un parc à containers).

 

Falcon et le Soldat de l'Hiver : photo, Wyatt RussellAmerica, f**k yeah !

 

En tout cas, l'absence de showrunner réel dans la fabrication des séries Marvel montre déjà ses limites avec cette proposition aussi inutile que laborieuse, ne servant qu'à combler le vide sur les étagères de Disney+ et à amorcer un futur Captain America 4. La réalisation des six épisodes, confiée intégralement à Kari Skogland, parvient à n'offrir aucun coup d'éclat, pas même une image iconique, alors que tout son concept repose autour de ses mythes et de leur signification. Pathétique !

Y a-t-il quelque chose à sauver ? Pas vraiment... mais peut-être est-ce dû à notre mauvaise foi légendaire. En réalité, on sauvera un épisode 4 qui suit (enfin) le tournant de John Walker vers le côté obscur, le tout jusqu'à une scène finale lourde de sens, où l'une des reliques les plus importantes du MCU se voit souillée. Marvel interroge enfin le poids de ses symboles, et la légitimité de ceux qui les portent.

5. WHAT IF...?

Sortie : août-septembre 2021 - Durée : 9 épisodes

 

What If...? : photoCaptain Brexit

 

Ça parle de quoi déjà ? La série pose la question « et si… ? » pour réécrire des points clés du MCU et observer comment l’histoire aurait pu différer. Ainsi, que serait-il advenu du MCU si Peggy Carter avait pris la place de Steve Rogers comme première super-soldate ? À quoi ressemblerait le monde de Marvel s’il était envahi par des zombies ? Ou si Thor n’avait jamais eu de frère et de sœur ?

Pourquoi c’est un rendez-vous manqué ? Le potentiel de revenir sur les grands moments du MCU et de leur donner une autre version est sans limites. Dans les comics, cela fait des dizaines d’années que l’idée est usée dans tous les sens. Pour ce projet, c'est Bryan Andrews qui est mis à la réalisation, un storyboarder qui a travaillé sur Clone Wars et presque tous les Marvel depuis Avengers. Un plus non-négligeable pour une série d'animation se déroulant dans l'univers des Avengers. Ce choix de ne pas être en live permet plus de folies visuelles impossibles au cinéma, tout en reproduisant des visages d’acteurs du MCU. Bref, What If...? avait des possibilités infinies... qui ne seront qu’effleurées.

 

What If...? : photoMarvel Studios observant


Car malheureusement la question qu’on se répète à chaque épisode est « Et si… on ne mourrait pas d’ennui ? ». Parmi toutes les histoires possibles et divergences de personnages imaginables, What If...? ose peu, et dans ses tentatives, se vautrent. Trop d'épisodes déçoivent avec des interrogations peu intéressantes ou des réponses ridicules. Qui voulait savoir ce que donnerait T’Challa en Star-Lord ? Et l’intérêt d’un Thor fêtard ? Certainement personne n’avait envie de découvrir un Thanos martyrisé.

Quand les idées ne sont pas risibles, elles sont mal développées, dans des épisodes beaucoup trop courts pour explorer des intrigues s’étalant normalement sur plusieurs heures. En témoignent les raccourcis grossiers faits dans l’épisode sur Killmonger prenant le pouvoir au Wakanda (ce qui monte à deux sur neuf les épisodes autour de Black Panther), ou le potentiel bâclé de l'adaptation de Marvel Zombies qui écarte toute émotion liée à la mort pour en faire un Bienvenue à Zombieland de seconde zone. La sauce Marvel de bons sentiments et de personnages lisses n’a jamais été aussi criante alors que le studio possède un coffre à jouets inégalable.

 

What If...? : photoThanos, le bro

 

Ce qui lui épargne le label « nul » ? Certains épisodes proposent des théories passionnantes. L’histoire sur Doctor Strange au coeur brisé représente tout ce qui rend fascinant un super-héros, constamment tiraillé par ses émotions qui peuvent le faire basculer du mauvais côté. Le destin a un rôle dans la vie d’un personnage Marvel et c’est ce que montre trop rarement la série. Le personnage du Gardien Uatu (doublé par l’excellent Jeffrey Wright) incarne le mieux l’intention sous exploitée de What If...? en faisant de lui un observateur enchaîné à son serment et contraint de le briser, s'opposant à la fatalité.

Enfin, What If...? s’apprécie principalement pour son animation composée de 3D imitant le style comics. Alors que la rigidité dans les vêtements et les cheveux peut donner l’image de Playmobil gesticulant sous nos yeux, les personnages bénéficient d’une souplesse de mouvements et de visages expressifs plus que réussis. Et surtout la série peut se vanter d’avoir des cadres et poses qui sont un écho direct aux dessins des comics, choses que l'on a trop rarement dans les films du MCU.

4. MOON KNIGHT

Sortie : mars-avril 2022 - Durée : 6 épisodes

 

 

 

Ça parle de quoi déjà ? Steven Grant est un employé de musée discret obsédé par l’antiquité égyptienne. Son seul problème est d’avoir des nuits agitées qui l’obligent à s’enchaîner au pied de son lit. Lui se croit somnambule, en réalité Steven a un trouble dissociatif de l’identité si avancé qu’une de ses identités, Marc Spector, est un ex-mercenaire devenu Moon Knight, le poing du dieu égyptien Khonshu. Bien malgré eux, les deux personnalités vont devoir empêcher un illuminé et sa secte de réveiller une déesse égyptienne désirant punir les humains avant qu’ils aient péché.

Pourquoi c'est presque la pire série Marvel ? Belle déception que ce Moon Knight avec Oscar Isaac, qui avait pourtant tout pour lui, en théorie. Le personnage est, dans les comics, un croisement entre Batman, Rorschach et le Punisher, qui utilise la violence pour mater des criminels des rues, tout en se perdant entre les réalités de ses alters. Loin des héros classiques, Moon Knight est bien plus complexe et noir. Après des séries comme WandaVision et Loki on pouvait donc espérer un traitement audacieux de cet anti-héros si particulier dans l'univers Marvel.

 Moon Knight : photoLe fond vert se reflète un peu

 

Au final, on se retrouve avec quelques poings ensanglantés d’un héros qui ne ressemble plus grandement à sa version des comics. Tout ce qui fait l’essence et l'originalité du justicier en blanc est détourné ou écarté. Le trouble de Steven Grant, un sujet fort pour une franchise grand public, est même moqué, transformant le personnage en un sous-Deadpool plus qu'un Daredevil psychotique. Tout aussi dommageable, la série ne profite pas des nombreux antagonistes tordus et dangereux de Moon Knight, préférant piocher un ennemi anecdotique des comics et le réécrire dans une bouillabaisse de clichés ennuyeux.

Pour se rattraper, la série de Disney+ ne peut même pas compter sur la réalisation de Mohamed Diab qui panique face aux scènes d’actions. Celles-ci sont cutées sous couvert d’un prétexte scénaristique aussi redondant que la blague annuelle « Noyeux Joël » de tonton. Le chevalier blanc est pourtant connu pour ses capacités au corps à corps hors-normes dont on ne profitera jamais, même dans le combat final. La réalisation trop rarement inspirée est en plus pénalisée par des incrustations et des effets spéciaux dignes des séries du Arrowverse de The CW.

 

Marvel's Moon Knight : photoDes combats qui se finissent en un clignement d'yeux

 

Ce qui sauve Moon Knight ? Au milieu de cette adaptation ratée, le jeu de Oscar Isaac est ce qui nous accroche. L'acteur fait preuve d’une passion certaine pour incarner les différentes personnalités de Moon Knight qu’il interprète avec suffisamment de subtilité pour ne pas tomber dans la facilité et la caricature. Une performance pleine de conviction et de sincérité qui aide énormément à rendre chaque scène et réplique moins exaspérantes. Oscar Isaac semble malheureusement abonné à rejoindre les franchises par la mauvaise porte d'entrée après X-Men : Apocalypse et la postlogie Star Wars.

L’ultime bouée de sauvetage de Moon Knight qui lui évite de sombrer plus bas dans ce classement est son épisode 5 dont la qualité dénote avec les précédents. En un épisode, la série a prouvé qu’elle pouvait être une très bonne adaptation des comics en exploitant (et réécrivant) avec pertinence le passé de son personnage. Incroyablement dramatique et sombre, l'épisode met de côté le costume de Moon Knight le temps d’explorer les traumatismes psychologiques du héros victime de lui-même. Si Disney+/Marvel avait fait une série entière de ce niveau, elle aurait pu s’approcher de la qualité du Daredevil de Netflix.

3. HAWKEYE

Sortie : novembre-décembre 2021 - Durée : 6 épisodes 

 

 

Ça parle de quoi déjà ? Clint Barton a retrouvé sa famille et veut passer Noël avec elle. Sauf qu’au même moment, Kate Bishop - son admiratrice n°1 (sur 5) et archère de génie - se retrouve un peu malgré elle avec son costume de Ronin. Forcément, tous ceux qui veulent se venger de l’alter ego d’Hawkeye lui courent après, en particulier la Mafia des Survêts. Cette bande d’abrutis est dirigée par Maya Lopez qui veut venger la mort de son père, tué par Ronin. 

Clint vient donc en aide à Kate et tous les deux découvrent que c’est le criminel Wilson Fisk, l’ancien associé du père de Maya, qui a fait en sorte que Ronin le tue pour reprendre ses affaires. Après avoir été engagée par la mère de Kate - qui travaillait pour Fisk depuis le début -, Yelena Belova tente elle aussi de tuer Clint qu’elle tient responsable de la mort de sa soeur. Puis Kate et Clint viennent à bout de la Mafia des Survêts ; Clint bat Maya et se réconcilie avec Yelena ; Kate assomme Fisk ; Maya lui tire dessus (mais avec 0.01% de chance de véritablement le tuer) et Kate dénonce sa mère à la police. Tout le monde ou presque passe ensuite un joyeux Noël. 

 

Hawkeye : photoFinalement, Hawkeye ne serait-il pas un peu cool ?

Pourquoi Hawkeye est presque une bonne série Marvel ? C’est probablement parce qu’on n'en attendait pas grand-chose que le jugement est plus clément. Si Wanda, Vision, Loki et dans une moindre mesure Falcon et Le Soldat de l’Hiver étaient des personnages assez puissants et complexes pour susciter un quelconque intérêt, une série sur l’archer sacrifié de Marvel ne promettait rien de bien fou en comparaison, aussi bien sur le fond que la forme. Après Black Widow, la création de Jonathan Igla annonçait même un autre mea culpa et lot de consolation inutile pour pallier 10 ans d’indifférence. Et sans s’y tromper, la série a bien servi à combler certaines lacunes d’Endgame, notamment en étoffant l’arc anecdotique de Ronin ou en faisant en sorte que la mort de Natasha ait un réel impact émotionnel sur Clint. 

 

Hawkeye : photoDonner à Hawkeye le temps et la place pour exister 

 

Hawkeye porte des enjeux moins dramatiques que WandaVision, moins politiques que Falcon et moins « multiversels » que Loki, mais contrairement à Black Widow qui déroulait son histoire barbante avec beaucoup trop de sérieux, la série a contrebalancé le manque de palpitant de son intrigue en empruntant le ton léger et chaleureux des comédies familiales de Noël. Et étonnamment, ce jeu d'équilibriste fonctionne plutôt bien. Contrairement aux autres productions Marvel où les scénarios sont ponctués de vannes qui viennent souvent parasiter les séquences d’action ou désamorcer un moment de tension, les traits d’humour et comiques de situation de la série sont mieux amenés et assumés, tandis que le tempo comique est plus franc et travaillé.

En plus de donner au personnage l'aura et l'attention dont le MCU l'avait toujours privé, Hawkeye a aussi été l'occasion de prouver que Jeremy Renner pouvait réellement s'impliquer dans le rôle - ce qui n'était pas forcément une évidence dans les films - avec un  jeu moins figé, plus sensible. L'autre raison d'exister de la série est le personnage de Kate Bishop, solidement incarnée par une Hailee Steinfeld qui déborde d'enthousiasme. Il ne faut pas plus de quelques scènes pour que la série réussisse la caractérisation de cette nouvelle héroïne, honnête, énergique et délurée, en plus de lui donner un arc suffisamment consistant pour lui permettre ensuite d'avancer seule.

 

Hawkeye : photoL'esprit buddy movie que Marvel gère d'habitude assez mal...

 

Pourquoi Hawkeye aurait pu être encore mieux ? Si Hawkeye est moins ennuyant et plus divertissant qu'a priori, cela reste une série de fonction qui répond à un cahier des charges. L'histoire entre Kate, Clint et la Mafia était assez dense pour accaparer toute la narration, mais les épisodes ont été obligés de ramener Fisk en vue du caméo de Matt Murdock dans Spider-Man : No Way Home. La série ouvre des parenthèses pour les besoins du MCU quitte à torpiller son intrigue, notamment avec le retour forcé de Yelena Belova (dont l'écriture massacre le potentiel de Florence Pugh), ou le surplus d'attention portée sur Maya qui, sans surprise, aura bientôt droit à son spin-off, sobrement baptisé Echo

Hawkeye présente également une certaine ambition visuelle et créative, mais dont les essais ne sont jamais tenus jusqu'au bout. Les épisodes mettent en avant la surdité de Clint et de Maya, mais le travail sur le son - et notamment la gestion du silence - se contente de minimum syndical avec quelques effets d'assourdissement le temps d'une scène ou deux. Les combats, plus physiques et sans super-pouvoirs, sont correctement chorégraphiés, mais le découpage reste l'angle mort de Marvel, qui livre ici un autre produit calibré qui correspond à la vision industrielle du studio. Les tentatives de réalisation en plan séquence auraient également mérité d'être plus poussées, en particulier lors de la course poursuite en voiture qui choisit de briser la continuité de l'action au moment le plus mal choisi. 

2. WANDAVISION

Sortie : janvier-mars 2021 - Durée : 9 épisodes

 

WandaVision : photo, Paul Bettany, Elizabeth OlsenPleasantville : Legacy

 

Ça parle de quoi déjà ? Quelques semaines après Endgame, Wanda vole le cadavre de Vision au S.H.I.E.L.D. pour l'enterrer. Mais dans un élan de douleur, elle libère des pouvoirs extraordinaires : elle ressuscite Vision, se crée deux enfants, et prend possession de la ville de Westview et ses habitants pour créer une gigantesque sitcom, afin d'oublier sa tristesse.

L'agence gouvernementale S.W.O.R.D. essaie de la stopper depuis l'extérieur, notamment avec l'agent Monica Rambeau qui a réussi à s'infiltrer dans Westview. Et Agatha Harkness, une puissante sorcière, s'est elle aussi incrustée pour essayer de lui voler ses pouvoirs.

À la fin, Wanda comprend sa puissance, liée à la Magie du Chaos. Elle libère Westview et ses habitants, piège Agatha dans son alter ego de sitcom, et accepte la mort de Vision. Mais en réalité, elle a mis la main sur le Darkhold, et veut retrouver ses enfants à tout prix. Ce sera Doctor Strange in the Multiverse of Madness.

 

WandaVision : photo, Elizabeth OlsenMa sorcière bien-vener

 

Pourquoi WandaVision est l'une des meilleures séries Marvel ? Grâce au chaos de la pandémie qui a retardé Falcon, WandaVision est devenue la première série Marvel de Disney+. Et c'était le plus beau et étrange des premiers chapitres, puisque jamais le MCU n'avait osé un tel pari : celui du vrai mystère, tenu sur quelques épisodes, quitte à perdre le public habitué au formatage des récits super-héroïques.

WandaVision s'ouvre comme une vraie fausse sitcom en noir et blanc, qui traverse les âges (les années 50 dans le premier épisode, les années 60 dans le deuxième, la couleur avec les années 70 dans le troisième...) pour poser d'entrée de jeu une énigme. À tous les niveaux, c'est un petit coup de génie : c'est le plus malicieux des débuts pour le versant série du MCU, c'est un exercice de style charmant et inattendu (qui tranche avec la direction artistique plate de quasi tous les films), et c'est une belle pirouette pour raconter le deuil de Wanda. Enfin, c'était aussi la belle promesse d'un MCU qui allait profiter des séries pour être plus audacieux (larmes).

Autre aubaine de WandaVision : le luxe du temps. En 9 épisodes allant de 30 à 50 minutes, le personnage de Wanda a enfin eu la place d'exister au-delà de ses boules magiques dans les scènes d'action. La série raconte l'humaine derrière la surhumaine, dans un beau récit sur le deuil où Elizabeth Olsen confirme (enfin) son talent à l'échelle d'une superproduction. Et elle est d'autant plus impressionnante qu'elle jongle parfaitement entre la légèreté d'une sitcom, les larmes de la douleur et la férocité de Scarlet Witch, tout ça avec quelques actrices excellentes pour l'aider (Kathryn Hahn, Teyonah Parris, ou encore Emma Caulfield Ford pour les fans de Buffy).

 

WandaVision : photoSupercopter

 

Pourquoi WandaVision aurait pu être encore mieux ? WandaVision reste un morceau de MCU, et tôt ou tard, la showrunneuse Jac Schaeffer doit raccrocher la série aux wagons de l'usine. Tandis que l'illusion de Westview se fissure, c'est la série entière qui s'effondre, engloutie par le cahier des charges. Tout revient alors sur les rails du spectacle classique (et légèrement paresseux) dans une dernière ligne droite où Wanda et Agatha s'affrontent dans les airs, et où le talent du réalisateur Matt Shakman est noyé dans les codes Marvel.

Mais en réalité, WandaVision était condamnée dès le départ, la faute à un numéro d'équilibriste visiblement impossible entre les ambitions artistiques un peu folles (la bulle Westview) et les obligations de l'usine Marvel (symbolisées par les tristes bureaux S.W.O.R.D., plantés à l'extérieur avec une armée de figurants et seconds rôles encombrants). Peu à peu, les autorités prennent le dessus, le rêve s'écroule, et la fête est finie. La magie ne pouvait pas durer, et la réalité l'a emporté. Mais peu importe : l'illusion valait bien le détour.

1. LOKI

Sortie : juin-juillet 2021 - Durée : 6 épisodes

 

 

Ça parle de quoi déjà ? Loki a été tué par Thanos dans Avengers : Infinity War, mais quand les Avengers sont retournés en 2012 dans Avengers : Endgame pour aller chercher le Tesseract, le Loki de l'époque s'en est emparé et l'a utilisé pour se téléporter ailleurs. Loki raconte ce qui est arrivé à cette version du Dieu de la Malice : il a été arrêté par le Tribunal des Variations Anachroniques, une mystérieuse organisation qui corrige les paradoxes spatio-temporels et qui fait régner l'ordre dans l'Éternel Flux Temporel.

Engagé comme agent aux côtés d'un certain Mobius, Loki va devoir réparer les dégâts qu'il a causés et fera la rencontre de Sylvie, une version féminine de lui-même, avec laquelle il va tenter de découvrir qui a essayé de les faire disparaître. Leurs péripéties les conduiront jusque dans la réalité alternative où se trouve Celui Qui Demeure, le créateur de la TVA qui est en fait un des variants du prochain grand méchant de l'univers de Marvel après Thanos : Kang le Conquérant, annoncé dans Ant-Man et la Guêpe : Quantumania.

 

Loki : photoMadame, un Dieu ne plaide pas

 

Pourquoi Loki est la meilleure série Marvel ? Parce que c'est une des créations les plus excitantes de Marvel Studios et qu'elle a su conserver son identité jusqu'au bout, contrairement à WandaVision qui a sacrifié son originalité des débuts pour retourner à la formule traditionnelle du MCU et à Falcon et le Soldat de l'Hiver qui n'a jamais trouvé la sienne.

Dès le premier épisode, Loki a fait preuve de la créativité, de l'ambition et de l'audace attendues dans un tel projet avec un tel budget, que ce soit au niveau de la réalisation, de la direction artistique ou de l'évolution de son héros. Comme son dieu maître des métamorphoses et des illusions, la série est apparue comme une anomalie dans le déroulé des événements de Marvel, variant les genres, les styles, et les couleurs, du fantastique au buddy movie en passant par la comédie romantique ou le film catastropheen allant toujours un peu plus loin à chaque fois.

 

Loki : photo, Sophia Di Martino, Tom HiddlestonDuo divin

 

Avec autant de malice que son héros, Loki a su jouer avec le temps, le tordre, le briser et le mélanger pour livrer une aventure riche, tragique et passionnante, qui se regardait sans savoir ce que Loki allait bien pouvoir vivre et en espérant enfin découvrir l'identité de celui qui a créé le TVA. Alors que la réalisatrice Kate Herron proposait de jolis plans-séquences et une mise en scène plus soignée et travaillée que d'habitude, Michael Waldron et les scénaristes développaient un pan de l'univers de Marvel foisonnant et farfelu, où le duo passe des décors kitchs de la TVA à une planète en pleine apocalypse jusqu'à une réalité alternative remplie de Loki.

Une bouffée d'étrangeté et d'absurde qui apportait de la fraîcheur aux codes déjà bien usés de l'univers de Marvel, tout en prenant le temps d'étudier, d'explorer Loki et de le faire basculer dans le camp des gentils en le confrontant à ses actions et en l'envoyant dans une quête entre rédemption et introspection.

Tom Hiddleston avait encore un plus l'occasion d'exceller dans son rôle tandis que Sophia Di Martino et Owen Wilson sont naturellement rentrés dans la danse, chacun en apportant leur sensibilité à leurs personnages qui découvrent au fil des épisodes qu'ils ne sont que des pions sur un immense échiquier temporel.

 

Loki : photo, Tom HiddlestonÀ la fin, c'est toujours Loki qui gagne

 

Pourquoi Loki aurait pu être encore mieux ? Parce que Loki reste imparfait malgré toutes ses qualités. Parce que le scénario s'étire parfois un peu trop pour son propre bien, quitte à oublier certains personnages comme la juge Ravonna Renslayer, parce que la série souffre des mêmes artifices que les autres productions du studio, avec le même montage calamiteux dans les scènes d'action, mais surtout parce qu'elle servait essentiellement à poser les premières pièces du puzzle que Spider-Man : No Way Home et Doctor Strange in the Multiverse of Madnesse finiraient d'assembler.

Tout le suspense maintenu pendant les six épisodes, l'arc narratif de Loki, sa relation avec Mobius, l'histoire de Sylvie et leur enquête à travers le temps ne menait en fait qu'à l'introduction de Celui Qui Demeure, incarné par un Jonathan Majors théâtral et peu convaincant, et à la naissance du Multivers. Une conclusion bien frustrante après ce surprenant voyage.

Comme WandaVision, Falcon et le Soldat de l'Hiver, What If...? ou Hawkeye, Loki s'est retrouvée écrasé par le tout-puissant MCU et n'est donc qu'une étape de plus, un chapitre supplémentaire dans la vaste histoire de l'univers de Marvel avant le prochain et la deuxième saison, annoncée à la fin du dernier épisode, évidemment.

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commentaires
rientintinchti
16/05/2022 à 21:50

zetes magnifiques les ptits zozios à classer de la daube en débattant sur toute cette mélasse. Vais m'amuser à classer vos commentaires.
La concurrence est rude

Miami81
16/05/2022 à 12:24

Je n'ai pas encore fini moon knight, mais pour le moment je n'accroche pas du tout et les effets spéciaux de la course automobile du 1er épisode sont effectivement juste abominable. Mais bon, dans les commentaires, j'ai l'impression que pas mal de monde le place vers les 1ères positions.
Pour le reste, point positif du soldat de l'hiver : le budget avec des scènes pour le coup vraiment impressionnantes. on est loin de Moon knight justement pourtant réalisé 2 ans après. Et le fait qu'Hawkeye se passe à noël a un petit côté sympa avec certaines scènes, là aussi impressionnantes, notamment l'épisode final.
Au final, je suis à peu de chose près d'accord avec le classement.

Guéguette
16/05/2022 à 11:17

A quand un classement des meilleurs épisodes d'Hélène et les garçons?

jedi1973
16/05/2022 à 09:30

Globalement d'accord avec ce classement, sauf pour Moon Knight que j'ai adoré car pas avare sur le coté Egyptien..
J'ai kiffé:
1 Loki
2 Wanda
3 moon knight

ce que j'ai detesté:
4 what if
5 Soldat de l'hiver
6 Hawkey que j'ai pas vu mais au vu de la BA, ca ma pas interessé, j'ai comparé a l'ennui mortel du Soldat de l'hiver.

RobinDesBois
16/05/2022 à 01:55

Impossible de poster un message, c'est considéré comme du spam alors que j'écrit rien de particulier. Votre système de modération auto est perfectible c'est pas la première que j'ai ça alors que pour le coup je dis juste que Loki est excellent et Falcon tout pourrI.

Leo
15/05/2022 à 21:41

Je suis plutôt d accord sauf avec Moon Knight que je mettrai en 1 car j ai vraiment trouvé le scénario bien fait et les 3 personnalité bien exploité


15/05/2022 à 16:13

Je n'en ai vu que deux (F &WS) et Moon Knight et ça m'a gonflé! Sebastian Stan décevant et Anthony Mackie, transparent, outre le fait qu'on assiste à un buddies movie. Le seul perso qui aurait pu être intéressant est Isaiah Bradley, pas assez exploité... et MN qui était pénible et molle! Bref pas de quoi fouetter un chat! j'ai nettement préféré les séries Netflix Daredevil, Punisher et Jessica Jones S01...

Davico
15/05/2022 à 13:11

1 loki 2 moon knight 3 wanda 4 hawkeye 5 what if 6 flacon...

Mon classement a moi .

Nosgoth
15/05/2022 à 12:35

Vraiment un très bonne article. Je suis assez d accord avec l analyse faite ;).

Gun Topear
15/05/2022 à 11:20

1 - Loki (univers NeoRetro) , 2- Wanda (Psychose) ; 3- Le Falcon et le soldat de l'hiver (le monde à bouger durant le claquement doigt) ; 4- Moon Knight (Divinité Egyptienne et avec une fin à la Mafia) ; 5- Hawk eye (pas vu le dennier épisode).et pour terminer 6- What If .

En dehors du MCU juste The Punisher .

Voilà , Chao !

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