Resident Evil : notre classement de tous les jeux de la saga culte, du pire au meilleur

Mise à jour : 26/01/2019 20:17 - Créé : 26 janvier 2019 - La Rédaction
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On a classé tous les jeux majeurs de la saga Resident Evil.

Plus de 20 ans, onze épisodes principaux, une ribambelle de jeux dérivés plus ou moins mémorables, une saga au cinéma avec Milla Jovovich qui a rapporté plus d'un milliard : Resident Evil est plus qu'incontournable.

Arrivée au stade où elle semble plus avancer dans le recyclage que la nouveauté, avec la sortie d'un Resident Evil 2 repensé et remasterisé, la franchise continue d'être une référence pour tous les gamers.

La parfaite occaison pour la rédaction de classer tous les épisodes principaux, du pire au meilleur.

 

  

11. RESIDENT EVIL 6

Il se passe quoi : Vous pensiez qu’à force de suites, spin-offs ou quasi-reboots, la saga n’avait aucun sens ? Et bien vous aviez raison, comme le prouve ce chapitre aux airs de tumeur maline métastasée. Curieux mélange de Plus belle la vie et de Planète Terreur sous acides, le jeu se découpe en divers chapitres autour de Leon Kennedy et Helena Harper (aux USA), Chris Redfield et Piers Nivans (en Chine), ou Sherry Birkin et Jake Muller (en Europe de l'est).

Leon est accusé d'avoir tué le président qui a en réalité été transformé en zombie, Jake se révèle être le fils d'Albert Wesker avec un sang aux propriétés uniques, et Ada a un clone, tout ça sur fond de Neo Umbrella. L’occasion de suivre une histoire de complot terroriste mondial avec des mutants, des zombies et du kung-fu post-Matrix, qui essaie de faire copuler sauvagement horreur gothique intense, film de John Woo sous acide et rom-com zombies avec un soupçon de MMA.

C’est incroyablement stupide, ça n’a scénaristiquement aucun sens, mais si vous avec toujours rêvé de voir Michael Bay et Uwe Boll enfanter d’un monstre, alors votre fantasme est sur le point de devenir réalité. D'autant que tout finit bien pour tous les gentils.

 

photo Power ninja zombie apocalypse

 

Le pire : Du scénario aux fraises à une technique totalement dépassée, ce chapitre marque clairement la mort artistique et thématique de la saga Resident Evil, dès lors obligée de renaître et se réinventer. Reprenant la recette de Resident Evil 5, qui lui reprenait celle de Resident Evil 4Resident Evil 6 devient un mauvais blockbuster où tout explose, où tout semble être recyclé, et où le mauvais goût n'a plus de limite (ce dino-boss). 

Le pire, c’est que plutôt d’assumer une verve gonzo totalement délirante, le jeu nous impose un esprit de sérieux, qui souligne cruellement son aspect anachronique. Anachronisme qui malheureusement se retrouve dans le gameplay. Qu’il est triste de voir une saga qui fut le fer de lance de l’horreur matinée d’action incapable d’appréhender un gameplay nerveux.

Le moins pire : Les premières 90 minutes du jeu sont assez satisfaisantes et prometteuses, alors que Leon se retrouve au milieu d’un campus ténébreux plongé en pleine épidémie zombie. Et la coop, calquée sur Resident Evil 5, est certainement le meilleur moyen d'affronter cet épisode. Ah sinon, les apparitions d’Ada Wong dignes d’un mauvais porno sont parfois rigolotes.

 

 

10. RESIDENT EVIL : REVELATIONS 2 

Il se passe quoi : La mythologie de la saga est tellement claire que l'équipe a la brillante idée d'un épisode qui se déroule entre Resident Evil 5 et Resident Evil 6, étalé sur deux timelines et découpé en épisodes, comme une série.

Tout commence donc avec Claire Redfield, encore au mauvais endroit au mauvais moment puisque sa soirée caritative est prise d'assaut par un commando, qui l'enlève avec sa copine Moira Burton, fille de Barry. Claire se réveille ENCORE dans une prison, ENCORE sur une île, ENCORE infestée de monstres. Papa Barry sera à la recherche de sa fille sur l'île, six mois après.

Le jeu va ainsi jongler entre le duo féminin, et le paternel Burton accompagné d'une gamine louche type film d'horreur, nommée Natalia. Ils affrontent Alex Wesker, sorte de sœur d'adoption d'Albert, tout aussi ridicule et tarée que lui, et qui a décidé de mener une expérience avec des bracelets colorés et le virus Uroboros. Elle a aussi envie d'être immortelle, mais elle se suicide puis ressuscite et re-meurt.

A la fin, Claire mentionne son frère et Piers, histoire de justifier pourquoi tout ça se passe avant RE6. Et Alex n'est peut-être pas si morte que ça, apparemment, mais on s'en tape royalement.

 

photoGirls vs zombies : volume 14 

 

Le pire : A ce stade, plus personne ne sera étonné de voir un nouveau scénario proprement stupide, qui oublie vite cette amusante histoire de virus qui réagit à la peur pour transformer ses victimes en monstres, et rejoue l'île perdue avec sa prison et son manoir comme Code Veronica. Toutefois, Revelations 2 s'entête à creuser toujours plus profondément dans le gouffre du grotesque avec une mythologie de plus en plus confuse et ridicule. Sans cesse en quête d'une nouvelle porte de secours, d'un nouveau cadavre dans le placard, d'une nouvelle extension artificielle d'Umbrella et compagnie, la saga sort ici la carte d'une nouvelle Wesker, aux motivations et méthodes particulièrement lourdingues et banales.

Le gameplay n'est pas en reste puisque le bonheur régressif de la coop de RE5 et RE6 s'efface pour devenir une vaste blague, avec une Moira capable d'éclairer les choses et taper avec un pied de biche, tandis que Natalia devra se contenter de flairer les ennemis à travers les murs. De quoi grandement réduire le plaisir. Quant à la construction en épisodes, sortis sur plusieurs semaines pour tenter de créer l'attente, elle se révèle parfaitement ratée, la faute à un scénario si nul que personne n'a vraiment eu hâte de quoi que ce soit.

Le moins pire : Il y a heureusement quelques moments moins mauvais que le reste, qui ressortent sans mal dans l'océan de nullité sans saveur. Le chapitre 3 avec Claire offre ainsi quelques moments amusants à base d'énigmes-clins d'œil, autour de statues et plafond meurtrier. Tomber sur un vieux manoir au fin fond d'une mine redonne également le sourire, mais ce petit plaisir est désormais purement automatique, et joue bien trop la carte de la nostalgie pour être véritablement satisfaisant.

Retrouvez notre test par ici.

 

 

9. RESIDENT EVIL : REVELATIONS 

Il se passe quoi : Après les événements de Resident Evil 4 et avant d'être transformée en poupée tueuse dans Resident Evil 5 avec son scarabée magique, Jill Valentine a intégré le BSAA, un groupe spécialisé dans les attaques bioterroristes. Après qu'une ville entière ait été rasée pour stopper des monstres créés par le groupe terroriste Veltro, elle part à la recherche de Chris Redfield, ENCORE porté disparu, mais cette fois sur un paquebot avec sa collègue Jessica.

Surprise, c'est un piège tendu par Veltro, qui cherche à relâcher un méchant virus dans les océans pour se venger. Revelations révèlera que certains gentils sont en réalité un peu méchants, et que même la gentille Jessica est une taupe. Au final, le virus T-Abyss survit entre les mains des méchants.

 

photo Bestiaire cool mais court

 

Le pire : Le jeu ne résiste pas bien longtemps à un nouveau délire shooter bas du front articulé autour d'une intrigue qui figure parmi les plus bêtasses de la saga. Calqué sur RE4, le gameplay reste rigide, avec quelques ajouts pas bien mémorables, tandis que le bestiaire semble très vite mince. Resident Evil : Revelations n'est finalement pas une horreur, il est simplement trop moyen, et manque de férocité.

Le moins pire : Revelations n'a peut-être pas le goût d'un bon Resident Evil, mais il en a l'apparence, dans ses meilleurs moments. Explorer un paquebot digne d'un décor parfait de film d'horreur est certainement du plus bel effet. Avec ses couloirs sombres et étroits éclairés par une lampe torche et les éclairs à l'extérieur, et des créatures modernisées, le titre met en place une jolie tension et intrigue dès son intro.

C'est d'autant plus frappant que le jeu est visuellement réussi, et parfois très beau, notamment grâce à une palette de couleurs plus réduite et maîtrisée. Il y a même parfois le vague sentiment d'un retour aux sources pour la franchise.

 

 

 

8. RESIDENT EVIL 5

Il se passe quoi : Onze ans après l’incident du manoir Spencer et près de cinq ans après la chute d’Umbrella, Chris Redfield repart en mission encore plus baraqué et énervé que la dernière fois. Après une grosse piqûre aux stéroïdes qui lui a permis de tripler ses biscotos veinés, il se rend dans un village africain afin d’empêcher la vente d’armes biologiques au marché noir.

Pour ce faire, il est épaulé par une femme évidemment, question d'égalité oblige : Sheva Alomar, une vraie badass au caractère bien trempé. Tout s’accélère lorsque le virus est relâché dans la nature et infecte comme par hasard les habitants. Néanmoins, ces nouveaux infectés sont différents. Façon [Rec] ou World War Z, ils sont plus rapides, plus forts, peuvent utiliser des armes et ressemblent à des locaux énervés au fond.

Et puis bon, que serait un Resident Evil avec Chris sans… Jill Valentine et Wesker ? ENCORE ? Et oui. Chris les pensait morts tous les deux, mais en fait non. Sa collègue est cachée sous une capuche et une combi en cuir parce qu'elle est devenue l'esclave warrior de Wesker, à cause d'un scarabée magiquee. Elle est sauvée, et Wesker finit dans un volcan parce que... pourquoi pas à ce stade.

 

Photo Chris Redfield, Sheva"Mon t-shirt est trop serré pour mes gros pecs"

 

Le pire : Le gros bémol de ce cinquième opus, c'est sa campagne solo, avec une IA très mal dosée capable de viser comme un sniper ou Gilbert Montagné, selon l'occasion. L’IA a aussi un énorme problème de gestion d’inventaire, car en plus de piocher copieusement dans vos sacs munitions et soins, elle ne sera même pas capable de s’en servir intelligemment. Bref, une perte de temps et d’énergie pour tout le monde, particulièrement rageante en solo.

Par ailleurs, la saga s'enlise pour de bon dans la série Z avec des personnages ridicules (Excella, sortie d'un mauvais porno slovaque), des scènes d'action tonitruantes et gratuites, des dialogues minables, et une grosse impression globale d'attraction bête et à peine méchante. Le traitement de Jill et Wesker, le pseudo-trauma de Chris, et les histoires de vengeance, trahison et scarabée, n'arrangent rien. Ce qui commence comme un cauchemar poussiéreux et nerveux se transforme vite en vaste plaisanterie old school et beauf.

La mise en scène s’avère très classique voire brouillonne, avec un gameplay très rigide qui rend certaines phases pas très agréables, et une paresseuse construction très, très répétitive.

Si un épisode devait justifier l'idée que les films avec Milla Jovovich ne sont pas si éloignés que ça des jeux, c'est bien Resident Evil 5.

 

photoC'est bien Resident Evil

 

Le moins pire : Contrairement aux pires Resident Evil qui avaient un scénario aussi dense qu’une intrigue chez Michael Bay, ce cinquième épisode a un embryon d'histoire un peu plus "mature", qui tente d'élargir l'univers avec des histoires de marché noir et des zombies qui ont de plus en plus un comportement humain, mettant en scène des moments particulièrement troublants dans la saga.

Un scénario plus mature dans une certaine mesure, puisque malgré le cadre exotique de l’aventure, des enjeux au premier abord très sérieux, et une conclusion qui marque obligatoirement de gros changements pour le reste de la saga, ce Resident Evil sacrifie tout sur l'autel de l'action.

Enfin, si Resident Evil 5 n’est peut-être pas le plus beau jeu de l’ère PS3 (coucou The Last of Us), il n’en reste pas moins pourvu de très belles textures, décors et de jeux de lumière. Sans compter que les développeurs se sont bien amusés, préférant le plaisir tout simple des décors absurdes (des tribus cannibales ! des tombeaux à la Tomb Raider ! un volcan !) à une quelconque logique.

 

Photo Chris Redfield, ShevaChris pas content 

 

7. RESIDENT EVIL ZERO 

Il se passe quoi : Vous ne vous étiez jamais demandé ce qui s'était passé quelques heures avant le premier Resident Evil et notamment le mystère irrésistible de l'infirmière Rebecca Chambers ? Zero est là pour vous répondre quand même. Envoyée avec une équipe de S.T.A.R.S. pour enquêter sur des meurtres sordides autour de Raccoon City, elle se crashe en hélico, et trouve un train rempli de monstres. Elle fait équipe avec encore un nouveau personnage : Billy Cohen, un soldat condamné à mort.

Le duo enquête tandis que le joueur découvre le cirque dans les coulisses d'Umbrella, entre ses fondateurs Oswell E. Spencer et James Marcus, et leurs padawans Albert Wesker et William Birkin. Grâce à des sangsues pas très catholiques, Marcus a créé le Virus-T et l'a testé sur différents cobayes, dont certains humains. Il a finalement été assassiné par ses collègues, déterminés à s'accaparer ses exploits. Sauf que non : Marcus a été ramené à la vie par ses amies sangsues, et a semé le chaos pour se venger d'Umbrella. 

Peu importe : Rebecca et Billy le tuent trois fois, et le centre de recherche explose. Elle libère son nouveau pote en le faisant passer pour mort puis se dirige vers ce fameux manoir où son équipe se trouverait. TA-DAM, c'est Resident Evil premier du nom.

 

photo Ce personnage hautement passionnant de Resident Evil premier du nom

 

Le meilleur : Pas entièrement réussi, le système de zapping entre les deux personnages reste un atout qui redynamise le gameplay et le level design. De quoi apporter un petit vent de fraîcheur à l'aventure, qui se contente sinon de recycler voire s'autoparodier.

Par ailleurs, Resident Evil Zero est beau, voire très beau. Il est en plus très fun côté bestiaire, avec du scorpion et autres bestioles géantes. De toute évidence, la saga tente de se renouveller, comme en témoigne une intro très plaisante et dépaysante dans un décor de vieux train.

Le moin bon : Zero creuse encore la mythologie pour les mauvaises raisons, à savoir créer le cadre d'une nouvelle aventure, quitte à rajouter une couche inutile qui finira en bas de page d'un obscur document ramassé sur une poubelle dans un autre jeu. Toute l'intrigue autour de Marcus, Spencer, Birkin et Wesker est donc un peu excessive, poussant la saga dans des impasses tortueuses pas bien nécessaires.

Ce Zero a du mal à imposer des personnages plus ou moins nouveaux, qui manquent de charisme comparés aux figures centrales. Ce n'est pas un hasard si Rebecca et Billy ne reviendront pas ailleurs dans la franchise, du moins jamais au premier plan. C'est à l'image d'un jeu sympathique, qui a ses bons moments, mais qui laisse la nette impression que la saga tourne en rond, incapable de se réinventer.

 

  

 

6. RESIDENT EVIL : CODE VERONICA 

Il se passe quoi : Devenue une warrior après Resident Evil 2, Claire Redfield cherche son frère Chris, et se retrouve sur une île pénitentiaire pas très catholique tenue par Umbrella. Bien sûr, ce foutu virus a transformé la population en sales zombies. Elle va rencontrer les Ashford, derrière Umbrella puisque Alfred a créé l'entreprise avec Oswell E. Spencer et James Marcus.

Cet Alfred est parfaitement timbré puisque skyzo : de temps à temps il est Alexia, sa soeur jumelle cryogénisée depuis qu'elle s'est incoulée le virus T-Veronica. Tout ça finit en Antarctique dans un autre labo d'Umbrella plein de monstres, avec Chris venu à son tour secourir sa sœur, tandis que ce foutu Wesker traîne pour récupérer le virus. Il y a aussi Steve, un mec rencontré sur l'île, qui tombe amoureux de Claire mais finit en monstre à la Hulk, qu'elle doit donc tuer.

 

photo Modernité qu'on vous dit

 

Le meilleur : Code Veronica est sans nul doute l'un des épisodes les moins estimés, en partie parce que le carton de Resident Evil 2 a donné le tournis aux équipes et créé une drôle de situation. Conçu à l'origine comme une suite directe, cet épisode avec Claire Redfield a été développé en parallèle à un jeu avec Jill Valentine, situé autour des événements de RE2. C'est lui qui deviendra Resident Evil 3 : Nemesis, pour garder les épisodes numérotés sur Playstation. Et donnant ainsi au retour de Claire un parfum d'épisode à part.

Code Veronica était avant Resident Evil 4 le premier pas d'un univers qui s'étend. Loin des Etats-Unis, le jeu ouvre de nouveaux horizons, avec une ambiance gothique et une partie dans les glaces de l'Antarctique. Le sortir directement sur Dreamcast était également un pari, qui permettait de moderniser la série (pour la première fois, un moteur graphique 3D qui sort des décors précalculés). Un choix qui a également condamné l'épisode, peu vendu.

 

photoMonsieur Nosferatu

 

Néanmoins, ce Resident Evil : Code Veronica reste le dernier épisode de l'âge d'or, dans la lignée directe des premiers. C'est un point d'équilibre fragile, avec la tentation de l'action bourrine omniprésente mais presque toujours rattrapée par une ambiance très soignée, qui lorgne clairement vers l'horreur old school. D'un manoir halluciné, décoré de cadavres et de velours, à un boss Nosferatu qui semble sorti de Silent Hill, l'épisode est riche en visions cauchemardesques. Et en plus, Claire peut porter deux armes et viser deux ennemis à la fois.

Le moin bon : Code Veronica porte en lui les marques d'une franchise en pleine mutation, qui glisse vers le grotesque sans retenue. Il n'y a qu'à voir ce que devient Wesker en pleine parodie de Matrix pour s'en assurer.

Le développement de Claire, excellent personnage dans RE2, devient un peu grossier, et la mythologie Umbrella commence à véritablement glisser vers le Z. C'est un point de non-retour, dont la saga ne se remettra jamais.

 

 

5. RESIDENT EVIL 7

Il se passe quoi : Quelques après après Resident Evil 6Ethan cherche sa femme Mia, disparue de longue date. Jusqu’à ce qu’il retrouve sa trace dans les fins fonds des bayous de Louisiane. Il lui faudra quelques minutes pour la sauver… et rencontrer sa belle-famille, soit une belle brochette de psychopathes consanguins.

Parce que le Sud profond ferait passer le dernier roman de Michel Houellebecq pour une grosse tartine de fun, tout ce petit monde semble branché kidnapping, meurtres en séries et mutations. C’est ce que découvre le joueur après que sa dulcinée l’ait en partie démembré, et que ses proches aient voulu le suicider un paquet de fois. Tous sont sous l’emprise d’Eveline, une mystérieuse gamine mutagène, qui fait rien que posséder les gens pour qu’ils se transforment les uns les autres en machins tous boueux et avides de chair fraîche. C’est ce qui arrive quand on regarde trop Massacre à la tronçonneuseRing et Koh-Lanta. 

Car Mia était un super agent secret chargé de protéger Eveline, arme biologique en puissance, sur un paquebot qui s'est échoué à cause de cette petite peste, laquelle cherche seulement à avoir une famille pour soigner sa solitude. Mia finit par secourir Ethan, qui va retrouver et mettre hors d'état de nuire Eveline. Qui en réalité n'est pas une môme flippante, mais la mamie flippante croisée pendant tout le jeu. 

Après avoir détruit cette vieille devenue un monstre à la Pacific Rim, Ethan est secouru par un bel homme musclé. Qui n'est autre que Chris Redfield, venu le cherche en hélico Umbrella.

 

photo Encore et en gore

 

Le meilleur : Jouable avec un casque de réalité virtuelle vissé sur la tête, ce chapitre est probablement une des plus terrifiantes expériences vidéoludiques depuis belle lurette. Son sens de la claustrophobie, ses jeux d’espace, le sentiment de vulnérabilité aiguë qui se dégage des premières heures, l’atmosphère de pure perversion, la violence physique sans limite, la direction artistique étouffante… tout inspire une peur organique et totale.

Arrivée au bout du rouleau, la saga se renouvelle ainsi dans cet épisode tout frais, déterminé à relancer la machine avec du sang à peu près neuf. D'où une vision type FPS, et un troublant démarrage qui n'a à peu près aucun lien avec Resident Evil, mais offre quantité de moments fantastiques.

Le moins meilleur : Passée la première moitié du jeu, tout devient trop simple et répétitif. La menace perd de sa force, le joueur prend la confiance, les environnements se répètent, le bestiaire tourne en rond, provoquant un ennui poli jusqu'à ce que l'intrigue se raccorde grossièrement au canon de Resident Evil - non sans que la mythologie se soit dégonflée comme une vilaine tourte réchauffée.

La durée de vie semble honteusement réduite, quand le challenge des boss, énigmes et autres épreuves semble tristement limité, surtout avec le recul. La dernière ligne droite est même digne des pires Resident Evil, le fun et l'action grandiloquente en moins.

 

 

4. RESIDENT EVIL 4

Il se passe quoi : Six ans après Resident Evil 2, Leon S. Kennedy est rappelé par le gouvernement américain afin d’aller sauver Ashley, la fille du président, kidnappée et retenue en otage par une mystérieuse secte en Espagne. Un scénario digne d’un gros blockbuster hollywoodien façon Lock Out (Sécurité maximale) ou mieux, New-York 1997.

Très vite, Leon croise des habitants légèrement siphonés et violents, prêts à le découper à la tronçonneuse. Ils sont sous l'emprise d'une secte qui utilise Las Plagas, un parasite qui prend possession de sa victime pour en faire un esclave. Cette secte des Illuminados a capturé Ashley pour l'infecter, afin qu'elle contamine son puissant papa, pour au final contrôler le monde (rire diabolique). Leon est en plus lui-même infecté.

Dans ce cirque moyenâgeux, Leon recroise la fatale Ada, qui l'aide à retrouver Ashley, capturée pour la douzième fois. Il affronte Krauser, un ancien collègue qui a enlevé la petite pour le compte de Wesker, qui emploie aussi Ada. Parce qu'Ada, elle est mystérieuse, mais sexy, mais gentille, mais méchante puisqu'elle se tire avec un échantillon de Las Plagas.

Leon et Ashley parviennent finalement à s'enfuir, avec comme d'habitude l'explosion du décor en fond.

 

Photo Leon KennedyUn bestiaire varié

 

Le meilleur : Resident Evil 4 est l’opus coup de coeur de bien des fans de la franchise. C’était pourtant pas très bien parti puisqu'il tranche complètement avec le côté survival de la saga, et redéfinit les règles : le gameplay fortement orienté action, la caméra scotchée au personnage, la dose d'ennemis, la nature même de la menace, et les montagnes russes pour les nerfs, très loin des précédents volets. En bref, c'est une révolution.

A mi-chemin entre un blockbuster hollywoodien basique et un opus horrifique, Resident Evil 4 a relancé la franchise en la modernisant. Il a marqué les esprits par sa difficulté, ses graphismes, sa durée de vie, ses phases d’action dantesques et le peu de répit qu'il offre ; par ses boss impressionnants, et les pics d'adrénaline d'une nature totalement inédite dans la série.

Bref, Resident Evil 4 est un ride phénoménal et a ce petit charme inégalable qui fait de lui l’un des meilleurs épisodes de la saga.

 

Photo Leon KennedyPas très accueillant

 

Le moins meilleur : Sans surprise, la construction du jeu et du scénario ne sont pas toujours satisfaisants et à la hauteur de cette réinvention. Hormis de vaste niveaux infestés de zombies et autres cloportes, il vous suffira simplement d’aller d’un point A à un point B en ramassant armes, munitions, herbes et trésors. Efficace certes, mais classique, comme une interminable valse avec les morts, qui se déroule dans de multiples décors et arènes.

Autre bémol : la quasi-inexistante Ada Wong qui n’apparaît qu’en deuxième voire troisième plan de l’histoire. Alors qu'évidemment, on aurait aimé la voir (beaucoup) plus. Et peut-être pas dans cette posture de femme fatale un brin grotesque, qui présage de la suite de sa carrière dans la saga.

 

 

3. RESIDENT EVIL 3 : NEMESIS 

Il se passe quoi : Depuis deux mois, Jill enquête sur les évènements tragiques et pas franchement catholiques qui ont décimé son unité d’élite dans le manoir Spencer aux environs de Raccoon City. Et pendant qu’elle se démène pour faire toute la lumière sur cette étrange affaire, les zombies grignotent littéralement Raccoon City.

Nous la retrouvons donc alors qu’elle vient de passer quinze jours en coma éthylique après une soirée au Macumba, à en croire combien elle est surprise de croiser tant de zomblards, et sa tenue, pas super adaptée à la survie en milieu urbain. Il n'empêche, elle va traverser cette ville au bord d'un chaos qui se place autour de Resident Evil 2, et avant que Umbrella et le gouvernement américain ne se décident à y lâcher une bombe atomique.

Et sur son chemin se dresse Nemesis, un super-soldat monstrueux, qui traque les rescapés des S.T.A.R.S. pour les étriper. Finalement, tout Raccoon pète sous une bombe atomique.

 

photoPasser de la tenue S.T.A.R.S. à la tenue du samedi soir en boîte : LE mystère du jeu

 

Le meilleur : Une pure série B à la fois organique, tendue, rythmée, qui se déploie dans une Raccoon City qu'on découvre sous toutes ses coutures. Peut-être un des plus beaux jeux de Playstation, dont l'antagoniste principal, Nemesis, demeure aujourd'hui encore synonyme de stress incommensurable.

En outre, il s'agit peut-être d'un des plus beaux moments de la série, en parfait équilibre entre l'oppression zombie empruntée à George A. Romero, l'action débridée et un suspense de chaque instant.

Le moins meilleur : Conçu pour faire patienter la communauté et ne pas se couper de celle qui n'émigrerait pas sur Dreamcast pour découvrir un Resident Evil : Code Veronica extrêmement long à développer, RE3 accuse par endroit sa nature de redite du chapitre précédent. Lieux identiques, direction artistique proche, et décors déjà connus soulignent également la vacuité du scénario, d'une simplicité particulièrement étonnante vu la manière dont la mythologie sera étirée à l'extrême.

 

 

 

2. RESIDENT EVIL 

Il se passe quoi : Quelque chose d'étrange se passe dans les montagnes d'Arklay, autour de Raccoon City, où les disparitions et cadavres se multiplient. Une équipe commando des forces S.T.A.R.S. est envoyée pour enquêter, et se réfugie après une attaque dans un manoir. Jill Valentine et Chris Redfield vont découvrir que d'horribles expériences y sont menées par Umbrella Corporation : créé comme une arme biologique, le Virus-T a transformé humains et animaux en créatures assoiffées de sang. Sans oublier qu'Albert Wesker, à la tête de l'équipe, est en réalité un agent double à la solde d'Umbrella. 

Wesker est finalement tué (pour la première des douze fois à venir), et le premier Tyrant aussi. Les héros s'envolent tandis que le laboratoire explose (sauf dans la mauvaise fin, où en plus, seul le héros choisi survit).

 

photoUn pixel-zombie dans le placard

 

Le meilleur : La naissance d'une saga culte. Capcom et Shinji Mikami se sont bien entendu inspirés du premier Alone in the Dark, monument du survival horror conçu par des français en 1992, mais la réussite de ce premier Resident Evil n'en demeure pas moins grande. Passé une intro qui ressemble à un court-métrage d'Uwe Boll ado, le cauchemar se révèle par couches successives au gré des décors et avancées, avec une foule de surprises derrière le décor a priori ordinaire du grand hall.

Du sous-sol de la peur au corps de garde, du serpent aux requins, en passant par les égouts et les laboratoires qui deviendront incontournables dans la série, Resident Evil premier du nom est un modèle à l'efficacité indéniable, d'où rien ne semble dépasser tant il est maîtrisé et pensé avec intelligence. La musique d'Akari Kaida est absolument fantastique, et infuse une angoisse tour à tour douce et épique.

 

photoJill version remasterisée

 

Ce chef d'œuvre aura droit à une version remasterisée elle aussi de très haut vol, qui ne se contente pas de mettre à jour les graphismes : ce Resident Evil sorti en 2002 est une réinvention, qui repasse une couche de peur et terreur sur le titre, réécrit certains éléments pour prendre le joueur par la gorge (ces zombies qui, s'ils n'ont pas été réduits en cendre, se réveillent plus coriaces), et repense profondément plusieurs moments (Lisa Trevor). Avec une ambiance particulièrement soignée, notamment des effets de lumière fantastiques, ce remake est un plaisir de tous les instants.

Le moins meilleur : Que dire ? En tant que premier épisode, il n'a aucun problème de redite. Parce qu'il a eu droit à un vrai remake, il échappe même à l'inévitable barrière des pixels susceptible de gêner les joueurs plus jeunes. Rien à jeter.

 

  

1. RESIDENT EVIL 2

Il se passe quoi : Deux mois après le premier jeu, Jill Valentine et Chris Redfield laissent place à un nouveau duo : Leon S. Kennedy et Claire Redfield. Lui est un yankee des forces de l’ordre qui se dirige vers son premier jour de travail à Raccoon City. Elle, est justement à la recherche de son frère Chris, suite au premier Resident Evil.

A première vue, tout a l’air de bien se passer dans cette petite bourgade du Midwest des Etats-Unis, excepté quelques habitants de la ville qui parlent de créatures mi-homme mi-bête qui rôderaient dans les environs, quand d’autres parlent d’une horrible catastrophe dans les sous-sols du laboratoire d’Umbrella.

 

photoAux portes de l'enfer

 

Pour ce second opus, Capcom propose encore une grosse nouveauté : un jeu divisé en deux scénario pour chaque personnage, avec des connexions et points de rencontre entre les deux, et le choix de commencer avec Leon pour finir avec Claire, ou l'inverse. Séparés dès le début, ils se réfugient dans le commissariat et découvrent peu à peu l'horreur Umbrella, remontant jusqu'à leur laboratoire où le Virus-G (successeur du Virus-T) a été développé.

Leon rencontre Ada Wong, un agent secret qui se joue de lui, puisqu'elle est venue récupérer le Virus-G. Elle meurt pour le sauver, et lui déclare son amour (mais elle n'est pas morte). De son côté, Claire croise Sherry Birkin, fille d'un des fous derrière Umbrella, devenu un monstre qui la traque depuis. Le trio parvient à s'enfuir d'un nouveau labo qui explose. Leon jure de combattre Umbrella tandis que Claire, elle, cherche toujours son frère.

 

photo Claire, Resident Evil 2 Remake"Claire 2.0"

 

Le meilleur : C'est simple, Resident Evil 2 est une excellente suite au premier opus. Avec habileté, le studio arrive à renouveler efficacement l’expérience vidéoludique avec quelques innovations, sans pour autant négliger l’ambiance et l’exploration, et surtout trahir l'esprit. Plus grand, plus romanesque, plus angoissant et horrifique que le premier, Resident Evil 2 est une réussite. Il marche dans les pas de l'original et se place comme un prolongement parfait, sans jamais souffrir de la comparaison, ou chercher la facilité de manière trop évidente.

D'un point de vue scénaristique, il tire avantage de son duo, impose deux nouveaux personnages forts qui deviendront une grosse partie de l'identité de la saga, et leur donne à chacun une vraie trajectoire personnelle et émotionnelle. L'ambition de ce côté est évidente, et l'équipe s'approprie avec brio les codes du genre.

La réussite est également éclatante du côté du son et de la musique. Les effets sonores sont un élément primordial dans la manière d’évoluer dans la ville : chaque bruitage, intonation peut révéler un obstacle ou un zombie caché derrière une porte. Les thèmes de Masami Ueda, Shusaku Uchiyama et Syun Nishigaki sont fabuleux. Le tout contribue à rendre une impression de désolation et apocalypse particulièrement réussie.

Rappelons aussi que pour l’époque, les graphismes de Resident Evil 2 étaient particulièrement impressionnants, ce qui saute aux yeux vu la variété des décors. 

 

Photo Claire Redfield, Leon Kennedy, Resident Evil 2 RemakeSouvenir souvenir

 

Le moins meilleur : Pas grand chose à redire tant Resident Evil 2 a marqué les esprits. Seule ombre au tableau, et pas des moindres : la faible durée de vie de l’opus, commentée à l'époque, et particulièrement évidente pour ceux qui auront rechigné à traverser les mêmes décors pour le deuxième scénario. La construction en deux scénario (eux-mêmes divisés en deux parties) amène toutefois une certaine fraîcheur, mais certains ont eu la sensation d'une durée de vie augmentée de manière artificielle.

Le remake a d'ailleurs rectifié le tir et repensé ce système.

Rendez-vous très vite pour le test.

 

 

 

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commentaires

BlackNico 20/02/2019 à 15:13

@ Geoffroy

Entièrement d'accord avec toi y'a un avant Re4 et un après pour moi c'est un bon jeu d'action mais en aucun cas un resident evil je le classerai a la fin avec Re 5 et Re 6 c'est a cause de lui que la série est devenue aussi mauvaise.

Le 7 est un reboot pas exceptionel pas mauvais non plus, le remake du 2 est quand même un déception avec la disparition des 2 histoires et des scénarions A et B qui avaient une influence l'un sur l'autre et des interactions entre les 2 persos, la a ca disparu quelque soit le perso qu'on décide d'incarner on fait les mêms choses, on affronte quasi les mêmes boss aux mêmes endroits, on visite presque les même lieux bref ils se sont complétement loupés.

Ragnaruss 13/02/2019 à 18:41

Quoi comment ça vous mettez pas RE1, et surtout l'excellent remake Rebirth, à la 1ere place ?! Hérétiques !

Pour moi le top 3 : RE1, RE4 et RE7, en gros chaque RE qui fut une refonte/relance de la série, les suites ayant été des déclinaisons plus ou moins réussit mais toujours moins bonne que sa référence.
RE3 fut une grosse déception c'est qu'un RE2 bis, RE0 n'avait pas lieu d'être, CV est sympa mais trop le cul entre 2 génération (il aurait du être le vrai RE3 en fait), RE5 moyen forcément aprés l’excellent RE4, puis RE6 une bouse sans nom. Les Révélations des spinn off timide mais qui ont un petit parfum old shool plaisant, du RE2R avant l'heure.

Maintenant faut avouer que le remake RE2 claque bien, même si pas parfait, et que je verrais bien RE7, CV ou même RE1 refait avec ce moteur et caméra vu d''épaule.

Resident evil original 07/02/2019 à 18:56

@Geoffrey Crété
"Oui donc, d'un côté : le succès énorme de RE2 aurait logiquement du avoir un effet automatique sur les ventes de RE3, comme RE1 sur les ventes de RE2."
Je suis d'accord et je pense que c'est la même chose pour Code Veronica qui a bénéficié, il me semble du succès de Re2.

Sinon, je suis d'accord que les formules Tomb raider et Résident evil se sont usées très vite. Mais pour Résident evil, il me semble qu'il y a eu un autre facteur: La fuite des talents: Tokuro Fujiwara (producteur de Re1, directeur de Sweet home et mentor de Shinji Mikami) a quitté Capcom en 1996, Kenichi Iwao (scénariste de Re1) a fait de même juste après que Re1 soit complété, je crois également que certains développeurs de Capcom ont quitté Re2 en plein milieu de son développement pour aller travailler pour la série Parasite Eve. Donc cela explique également l'usure rapide à mon avis. (Et finalement en 2007, c'est Mikami qui a quitté Capcom.)

Pour Re7: Je n'ai pas fait non plus une analyse profonde et précise, c'était juste des suppositions (peut-être erronées) de ma part. Un détail par contre: les trois premiers résident evil ne sont justement pas des jeux d'horreur. Il y a très peu de gore et d'horreur dans Re1 et Re3, dans Re2 il y en a plus, mais Re2 m'a fait plus penser à Alien qu'à un film d'horreur classique. Donc peut-être que là aussi, Cacpom s'est trompé en voulant donner à Re7 une ambiance de pure horreur. L'ambiance de Re1 m'a fait penser d'ailleurs un peu à celle de Super Metroid (Je ne sais pas si vous connaissez).

Pour Re Révélations: J'ai joué à ce jeu et je pense que le problème de ce jeu est qu'il a bien les fesses entre deux chaises: D'une part, l'action et explosion et d'autre part l'angoisse et le survival, ce qui pourrait expliquer ses résultats mitigés, selon moi.

Enfin, pour Re2 remake, merci pour vos informations. C'est intéressant de savoir qu'ils ont changé les énigmes, voilà quelque chose de positif chez Capcom (On ne peut pas dire que les énigmes de Re Révélations aient été au top par exemple.). De même pour la modification de certaines pièces et décors. Je crois que je vais peut-être acheter Re2 remake, quand il sera moins cher.

Geoffrey Crété - Rédaction 06/02/2019 à 18:24

@Resident evil original

Oui donc, d'un côté : le succès énorme de RE2 aurait logiquement du avoir un effet automatique sur les ventes de RE3, comme RE1 sur les ventes de RE2.
Et de l'autre : ce que vous racontez de la déception et frustration de RE2 rentre exactement dans ce que je raconte de la formule qui s'est usée très vite, et a donc eu un impact sur les ventes, et a donc incité les équipes à chercher comment renouveler la saga. C'était présent dans RE2, encore plus dans RE4, et probablement plus encore dans Code Veronica pour certains.

Je ne me suis pas lancé dans une analyse précise avec des chiffres et des taux de rentabilité. Je tente simplement de chercher, comme vous, des facteurs éventuels, avec un peu de recul et des données qui restent opaques.

Ma comparaison avec Tomb Raider, comme dit plus haut, n'a jamais été basée sur les ressemblances des jeux... Pour avoir écrit plusieurs fois sur les deux sagas (que j'aime depuis des années, et connais à peu près par coeur) sur Ecran Large, j'ai bien conscience des différences évidentes.
Je trouve simplement que l'évolution des deux sagas, leur orientation action progressive, leurs réinventions multiples, et leur course après le succès au fil des décennies (quitte à dénaturer la série), est proche. Mais je l'expliquais clairement dans un précédent commentaire.

Pour RE7 : se plaindre après avoir joué au jeu est encore une autre question (parce que sinon, comptons le nombre de vidéos et critiques qui racontent en quoi RE4, RE5 et RE6 n'ont RIEN de Resident Evil, alors que les ventes ont été énormes). Je parlais de l'engouement et la curiosité autour d'un retour au survival, au jeu d'horreur et d'angoisse, vs les épisodes plus orientés action. Là encore, c'était tout sauf une analyse profonde et précise, c'était simplement un indicateur intéressant selon moi, qui confirme que le public achèterait plus facilement un jeu qui vend action et explosion, qu'un jeu qui vend de l'angoisse et du survival. La promo de RE7 a largement vendu un jeu de pure horreur, et les ventes ont été il me semble un peu décevantes, surtout après les cartons de RE5 et RE6.

Et pour RE2 le remake... étant donné que oui, c'est un remake, je ne suis pas sûr de voir où on va là sur ce point. Puisque le principe reste bien de suivre un chemin similaire, parfois identique, à l'original.
Je n'ai jamais dit que tout était nouveau et étonnant et refaçonné, j'ai simplement répondu à vos impressions, puisque j'ai joué au jeu. Je me suis permis de nuancer vos craintes, puisque vous sembliez vous interroger.
J'ai donc parlé du réel potentiel surprenant de ce remake, qui ne se contente absolument pas de refaire chaque pièce avec un moteur graphique moderne. Si vous avez joué au remake du premier, vous devez avoir une idée de ce que je raconte.
Comme en plus j'ai écrit plus tôt que j'avais de vraies réserves sur cette entreprise de recylage, il n'y a pas de désaccord profond là encore.

Je crois qu'à ce stade, nous tournons en rond pour échanger sur des points de détails, une partie étant déjà développée dans l'article par l'équipe. Comme je commence à me répéter, je vais donc vous souhaiter une bonne soirée.

Resident evil original 06/02/2019 à 18:01

@Geoffrey Crété
"Et comme je le disais : c'est aussi une tentative de trouver l'équilibre entre ça, et l'action tant aimée depuis RE4. Donc oui, il y a de l'action."
Oui, c'est que j'avais cru comprendre, c'est surtout un jeu d'action plutôt linéaire: On avance tout droit et on tire sur les monstres, même si il y a quelques pièges et énigmes. Ce jeu me semble plus proche de Re4 que des anciens jeux.

"
"Mais ça ne peut pas être le seul facteur pour expliquer les ventes et le désintérêt assez clair après le carton RE2. Si la marque avait été forte, et vu comme Capcom a négocié pour apposer le "3" sur cet épisode pour surfer sur l'idée de saga, il aurait dû plus intéresser.
La vérité selon moi : ce RE3 se reposait trop sur ses lauriers, se contentait de refaire les précédents, et montrait déjà l'essoufflement. Voilà ce qui a calmé l'excitation. Comme pour Tomb Raider, où le succès a accéléré le développement pour courir après le succès établi."
Déjà le "carton" de Re2 est en partie du au carton de Re1, il me semble. Il est tout relatif. A l'époque, beaucoup de fans de Re1 (comme moi) avaient acheté Re2 simplement parceque Capcom l'avait vendu comme une suite de Re1. J'avais pensé en l'achetant que ce serait une suite de Re1, or cela n'a pas vraiement été le cas et j'ai été un peu déçu par Re2: La visée était devenue automatique (rendant le jeu plus facile), l'ambiance n'était plus la meme (Il y avait beaucoup de gore). Cet épisode était (déjà) plus orienté action que dans Re1. Quand à l'exploration, cela ressemblait globalement au 1: On commence dans un manoir (=le commissariat qui ressemble beaucoup à un manoir), on continue dans les égouts (Tiens cela ne vous rappelle pas les souterrains du 1?) et on termine dans un laboratoire (comme dans Re1.). En plus, on était obligé de parcourir beaucoup d'endroits communs dans les parties A et B. On combat le meme (avec un imperméable) Tyran que dans le 1 et on le tue de la meme manière. Quand aux énigmes, certaines (les caisses et les statues par exemple), étaient les memes que Re1 et on vous obligeait à faire deux fois les memes énigmes avec claire et Léon. Donc, oui j'ai été un peu déçu par Re2, qui se reposait trop sur ses lauriers tout en étant déjà trop orienté action, (avec trop d'explosions, de mutations et de gore) et je suis sur que je n'ai pas été le seul.

En ce qui concerne Re3 (et ReVeronica également), je suis d'accord que la qualité de ces deux jeux est inférieure à celle de Re1. Re3 et Re Veronica ont effet pas mal copié sur les épisodes précédents. Cela explique effectivement les ventes en baisse de Re3. En meme temps, il y a aussi d'autres raisons il me semble: Certains fans (c'est mon cas) n'ont probablement pas acheté Re3 car ils avaient été déçus par Re2 et pensaient que Re3 (qui est sensé se passer au meme endroit) serait pareil. Donc il me semble que Re2 a peut-etre une part de responsabilité dans les résultats moyens du 3. De plus, il faut voir les coups de développement: Re3 étant au départ un spinoff doté des ressources d'un spinoff, il a de toute évidence couté moins cher que Re2 qui lui a toujours un épisode canonique et qui a du etre complètelement recommencé en cours de route (D'où nette augmentation des coups). Donc ce serait intéressant de savoir combien ont rapporté réellement Re2 et Re3 (Recettes-dépenses). Dans ces conditions, il est difficile de comparer Re2 et Re3 comme vous le faites car les moyens investis n'ont pas été les memes...

En ce qui concerne Re3, il y avait quelques nouveautés quand meme: De l'exploration (enfin) en terrain urbain (pas dans un manoir), l'esquive (enfin le personnage n'était plus cloué quand il tirait). Les zombies qui étaient enfin différents... Mais bon Re3 reste pour moi un jeu incomplet et clairement inférieur à Re1. Et je ne vois pas le rapport avec Tomb raider, qui était avant tout un jeu de plateformes alors que Re1, Re2 et Re3 sont plutot des actions-survival.

"D'autant que le succès très relatif de RE7 (qui, encore une fois, peu importe ce qu'on en pense, renoue avec le moteur d'angoisse des débuts, ou du moins essaie), prouve que l'action est bien ce qui intéresse les joueurs."
Je suis en partie d'accord avec cela mais je crois pas que cela soit le seul problème. Beaucoup de gens sur youtube en anglais se plaignent que Re7 n'est pas encore assez proche des premiers résident evil (Selon eux, Re7 n'est pas assez action survival). Du coup, il me semble que Re7 a les fesses entre deux chaises (Les jeux avant Re4 et ceux post-Re4) et que c'est pour cela qu'il ne s'est pas assez vendu.

"Pour le remake du 2 : non, ce n'est vraiment pas "explorer les mêmes pièces et les mêmes énigmes". Comme pour le remake du premier, le jeu a été profondément repensé, quantité de décors et pièces et énigmes ont été ou refaits ou simplement retirés, et remplacés. "
Je veux bien vous croire qu'il y a eu du remaniement dans les énigmes et les pièces, je ne connais pas toutes celles du remake de Re2, mais on commence toujours dans un commissariat/manoir avec le meme hall avec la fontaine. On termine également dans le laboratoire en fuyant en train, non? Et puis les scènes de combat de Mister X et de Birkin semble beaucoup ressembler à celle de Re2 original. Claire sauve toujours Sherry et Léon court après Ada. Donc, i me semble qu'il n'y a pas vraiment de surprises en fait...

Geoffrey Crété - Rédaction 06/02/2019 à 11:04

@Resident evil original

Mon test de RE : Revelations 2 est en lien dans l'article au-dessus. J'y explique en quoi j'y vois une tentative de revenir maladroitement à l'esprit des origines (il y a quand même un nouveau manoir, des énigmes avec des statues et des yeux en pierres précieuses, un plafond meurtrier etc). Et comme je le disais : c'est aussi une tentative de trouver l'équilibre entre ça, et l'action tant aimée depuis RE4. Donc oui, il y a de l'action.

Dino Crisis peut éventuellement expliquer le succès moindre de RE3 (encore que j'y crois moyen). Mais ça ne peut pas être le seul facteur pour expliquer les ventes et le désintérêt assez clair après le carton RE2. Si la marque avait été forte, et vu comme Capcom a négocié pour apposer le "3" sur cet épisode pour surfer sur l'idée de saga, il aurait dû plus intéresser.
La vérité selon moi : ce RE3 se reposait trop sur ses lauriers, se contentait de refaire les précédents, et montrait déjà l'essoufflement. Voilà ce qui a calmé l'excitation. Comme pour Tomb Raider, où le succès a accéléré le développement pour courir après le succès établi.

D'autant que le succès très relatif de RE7 (qui, encore une fois, peu importe ce qu'on en pense, renoue avec le moteur d'angoisse des débuts, ou du moins essaie), prouve que l'action est bien ce qui intéresse les joueurs.

Pour le remake du 2 : non, ce n'est vraiment pas "explorer les mêmes pièces et les mêmes énigmes". Comme pour le remake du premier, le jeu a été profondément repensé, quantité de décors et pièces et énigmes ont été ou refaits ou simplement retirés, et remplacés. Comme je disais, je connais très bien l'original et ce remake m'a régulièrement surpris et pris de court.

Resident evil original 06/02/2019 à 10:50

@ Geoffrey Crété

Autant pour moi pour votre prénom.

"Le succès de RE4 n'a pas été un accident, et RE5 et RE6 (pourtant largement pires je dirais) l'ont prouvé. Revelations et Revelations 2, et RE7, sont relativement plus proches de l'âme d'origine."
Globalement nous sommes d'accord, j'ai d'ailleurs joué à Révélations 1. Par contre Révélations 2 s'éloigne de l'esprit d'origine et même si je n'y ai pas joué, d'après ce que j'en sais, il s'agit essentiellement d'un jeu d'action pure.

"Comment s'étonner que Capcom ait donc répondu à l'enthousiasme des joueurs ?"
Non bien sur, je suis d'accord à ce sujet.

"D'ailleurs, ces mêmes joueurs avaient fait de RE3 et Code Veronica des succès beaucoup plus tièdes que les deux premiers. Ce qui a donc joué dans la décision/nécessité de repenser la série."
Ce n'est pas que pour cela que ces deux jeux ont été des succès plus tièdes. Capcom a sorti le jeu Dino Crisis (qui n'est rien d'autre qu'un resident evil avec des dinosaures selon les critiques de l'époque.), la meme année que RE3 (en 1999). Sans parler de la série Gun survivor (4 jeux de 2000 à 2003) qui a commencé en 2000 avec Gun surivor 1. Il me semble que Capcom a privilégié à cette époque la quantité à la qualité et il ne peut donc en partie s'en prendre qu'à lui-meme si Re3 et Re Veronica ont été des succès plus tièdes. On peut donc comprendre la lassitude de certains fans (dont j'ai fait partie) quand à la multiplication des jeux et tout n'a donc pas été la faute des fans à l'époque!

Quant aux remake du 2, je me suis peut-etre mal expliqué. D'après ce que j'en sais, on explore les memes pièces que dans l'original et on résoud les memes énigmes. Par contre, oui, les cotés action et ambiance du jeu ont été retravaillés (pas toujours en bien, quand il faut 8 balles dans la tete pour tuer un zombie.) et maintenant le point de vue est celui de la caméra à l'épaule.

Geoffrey Crété - Rédaction 05/02/2019 à 15:53

@Resident evil original

Déjà, je signale que je m'appelle Geoffrey, pas Geoffroy :)

Ensuite, impossible de polémique puisque comme je le disais, je n'aime pas particulièrement RE4 et suis le premier à regretter ce virage trop orienté action dans la saga. Il n'y a donc aucun désaccord ici.

L'impact sur les fans : oui, comme je le disais, est évident. Mais en terme de solidité de la marque, de business, de stratégie, il est plus nuancé. La saga s'est ouverte à un nouveau public, et c'est carton plein.
Le succès de RE4 n'a pas été un accident, et RE5 et RE6 (pourtant largement pires je dirais) l'ont prouvé. Revelations et Revelations 2, et RE7, sont relativement plus proches de l'âme d'origine. On ne répétera pas les détails vu qu'on le développe plus haut, mais même si on est loin des premiers jeux, on sent le désir de trouver un équilibre entre l'ambiance d'origine et l'action période RE4. Et ces jeux ont bien moins marché. RE7 était un coup de poker plus tourné vers la survie et l'angoisse, quoi qu'on pense du résultat, et les ventes ont été moyennes.
Comment s'étonner que Capcom ait donc répondu à l'enthousiasme des joueurs ?
D'ailleurs, ces mêmes joueurs avaient fait de RE3 et Code Veronica des succès beaucoup plus tièdes que les deux premiers. Ce qui a donc joué dans la décision/nécessité de repenser la série.

Quant aux remakes, au-delà de mes interrogations sur l'aveu d'échec et d'impuissance, je dirais que ces jeux ont bel et bien été réinventés. J'ai beau connaître à peu près par coeur RE2 l'original, le remake est une toute autre vision de l'aventure, dans son ambiance, son gameplay, mais aussi les nombreux éléments modifiés.
Et oui, ce n'est pas nouveau ces remasters. On en parle dans le dossier en détail.

Resident evil original 05/02/2019 à 15:28

@ Geoffroy Crété
"Mais difficile de ne pas se dire que sans ce RE4, la saga serait à peu près morte"
Je n'ai pas envie de polémiquer à ce sujet, mais ce que je voulais juste dire c'est qu'ils auraient pu créer à la place de Re4 quelque chose dont le gameplay aurait été plus proche des premiers épisodes de la série, sans pour autant que leur rentabilité en patisse, au contraire.

"Quant à la réputation... sur qui a t-elle un impact ? Ca alimente les débats oui, et on est les premiers à y participer, mais toujours est-il que Resident Evil est encore là, et c'est une puissante marque."
Il me semble qu'elle a un impact sur les fans des premiers jeux qui pour beaucoup ont quitté la série après Re4. Ce groupe de fans (dont je fais partie) se méfie maintenant quand Capcom annonce vouloir "revenir aux sources de la série" depuis Re Revelations et Re7. Et puis il me semble que les fans des jeux post-Re4 doivent se sentir trahis par RE7 qui n'est pas un jeu d'action. Sinon, Resident evil est encore là, mais sous quelle forme? Comme vous le reconnaissez vous-meme, Cacpom n'a pas créé grand chose depuis 8 ans: Un épisode canonique Re7 (qui n'a pas été un gros succès) un spin-off Re Revelations 2, et le remaster du 2. cela ne fait pas beaucoup, non?

"On peut d'ailleurs se demander si le pire est de refondre la saga avec RE4 et ses suites, ou ressortir les premiers épisodes remasterisés. Resident Evil 2 version 2019 est une belle réussite, difficile d'y résister, mais c'est quand même un sacré aveu d'échec de devoir créer l'actu et entretenir la franchise avec des remasters, plutôt que de nouveaux épisodes"
Je suis plutot d'accord avec vous à ce sujet. D'après ce que je sais de Re2 Remake (je n'y ai pas joué), il ressemble beaucoup (trop) à l'original. Quel est l'interet pour moi d'acheter ce jeu, dans ces conditions? En ce qui concerne les remasters, Cacpom a adopté cette stratégie depuis longtemps déjà, il me semble, puisqu'ils ont déjà remastérisé Re1 en 2002, ainsi que Re0. Et de toute façon les remasters, cela ne m'intéresse pas plus que RE4,Re5 et Re6.

Geoffrey Crété - Rédaction 05/02/2019 à 12:23

@Resident evil original

Ce n'est pas à moi qu'il faudra le dire, puisque perso je n'ai pas d'attachement particulier à RE4, et je préfère largement la première époque de la saga.

Mais difficile de ne pas se dire que sans ce RE4, la saga serait à peu près morte, ou clairement pas aussi populaire. La comparaison avec Tomb Raider est à ce titre vraiment pertinente pour moi. C'est une franchise qui a vite usé sa formule, cherché à se réinventer pour s'adapter au public différent, a perdu son âme et suivi le succès pour survivre. Si bien qu'on peut aimer les premiers comme les plus récents, mais pour des raisons profondément différentes.

Quant à la réputation... sur qui a t-elle un impact ? Ca alimente les débats oui, et on est les premiers à y participer, mais toujours est-il que Resident Evil est encore là, et c'est une puissante marque.

On peut d'ailleurs se demander si le pire est de refondre la saga avec RE4 et ses suites, ou ressortir les premiers épisodes remasterisés. Resident Evil 2 version 2019 est une belle réussite, difficile d'y résister, mais c'est quand même un sacré aveu d'échec de devoir créer l'actu et entretenir la franchise avec des remasters, plutôt que de nouveaux épisodes. Dans tous les cas, il est évident que la stratégie de Capcom, entre business et créativité, est un sujet passionnant.

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