À y est, c'est la quille ! Le 66ème Festival de Cannes va bientôt refermer ses portes et livrer son palmarès. La Team EL va pouvoir prendre un repos bien mérité de… quelques heures, le temps de prendre une douche, bouffer un pain bagnat rassis retrouvé dans la valise et se prendre le choux entre nous pour désigner la Palme d'or. Du coup on a décidé de livrer deux pronos. Celui de la raison (l'officiel donc) et celui du cœur détaillé par chacun des cinq heureux mais fourbus rédacteurs.
Si dissensions, schismes et autres baffes dans la gueule il y a donc eu, on est quand même tous d'accord pour dire que cette 66ème fournée restera dans les annales par sa densité et le constat souvent renouvelé de ne pas s'être levé aux aurores les paupières collées avançant au radar en direction du « Grand Théâtre Lumière » pour rien. Un consensus qui s'arrête toutefois aux portes de la compétition officielle tant celle-ci semble avoir trustée toutes les attentions reléguant les autres sélections quasi aux oubliettes. On retiendra ainsi tout juste L'Inconnu du lac de Guiraudie à Un Certain regard certainement pour ses images de sexe en érection et de baises entre couilles. Les garçons et Guillaume, à table ! de Guillaume Gallienne à la Quinzaine déjà auréolé du Prix SACD et du Art Cinéma Award qui peut encore recevoir la prestigieuse Caméra d'or. Et rien de très notable à la Semaine de la critique en termes de gros buzz façon La guerre est déclarée mais quelques belles découvertes et confirmations comme Les Amants du Texas de David Lowery ou Suzanne de Katell Quillévéré. Dans l'absolu c'est La Semaine qui tire de toute façon le mieux son épingle du jeu cette année.
Pour revenir à la compétition officielle où vingt films ont été présentés, sept peuvent sans forcer prétendre à la récompense suprême : Le Passé de l'iranien Asghar Farhadi déjà dans les salles, Tel père, tel fils du japonais Kore-Eda, Inside Llwyn Davis des frères Coen, Ma vie avec Liberace de Steven Soderbergh, Nebraska d'Alexandre Payne, La Grande Bellezza de Paolo Sorrentino (lui aussi déjà en salles, courez-y) et La Vie d'Adèle d'Abdellatif Kechiche. La plupart des autres films ne déméritent pas et auraient pu même figurer au palmarès de l'année dernière. On pense au Jeune & Jolie d'Ozon, au Château en Italie de Valéria Bruni Tedeschi, au Immigrant de James Gray, au Jimmy P. de Desplechin, voire à La Vénus à la fourrure de Polanski. Toutefois quelques films font littéralement tâches. Le contraire ne serait pas digne de Cannes. Dans cette catégorie on mettra Only God forgives de NWR que notre Lolo national, dans sa très grande bonté, pardonne aussi et Michael Kohlhaas pour le coup impardonnable et imbitable. Reste un ventre mou très « exotique » entre le Takashi Miike (Shield of straw) et Jia Zhangke (A touch of sin). Le mexicain Escalante avec Heli. Le néerlandais Alex van Warmerdam avec Borgman ou encore Grigris du tchadien Mahamat-Salem Haroun.
Mais bon trêve de blabla, y a le correcteur qui a besoin d'aller se coucher, voici donc dans un premier le temps le Palmarès officiel tel que celui qui sera détaillé lors de la cérémonie de clôture (c'est un pronostique hein !) et ceux fantasmés par nos cinq journaleux pissant de la Red Bull par tous les pores.
Le Palmarès de la rédaction
Palme d'or : Tel père, tel fils (parce que Spielberg et l'enfance quoi !)
Grand Prix : La Vie d'Adèle – Chap 1 et 2
Prix d'interprétation féminine : Adèle Exarchopoulos (La Vie d'Adèle)
Prix d'interprétation masculine : Michael Douglas (Ma vie avec Liberace) et/ou Oscar Isaac (Inside Llewyn Davis)
Prix du scénario : Le Passé
Prix de la mise en scène : La grande Bellezza
Prix du jury : A touch of sin
Caméra d'or : Les garçons et Guillaume, à table !
Le Palmarès fantasmé des rédacteurs
Sandy Gillet
Palme d'or : La Vie d'Adèle – Chap 1 et 2
Grand Prix : La grande Bellezza
Prix d'interprétation féminine : Adèle Exarchopoulos (La Vie d'Adèle) même si depuis la jurisprudence Barton Fink, le film ayant obtenu la palme d'or ne peut recevoir un autre Prix. Elle est trop belle Adèle.
Prix d'interprétation masculine : Michael Douglas (Ma vie avec Liberace)
Prix du scénario : Le passé
Prix de la mise en scène : Nebraska
Prix du jury : Tel père, tel fils
Caméra d'or : Les garçons et Guillaume, à table !
Stéphane Argentin
Palme d'or : La Vie d'Adèle – Chap 1 et 2
Grand Prix : Le Passé
Prix d'interprétation féminine : Adèle Exarchopoulos (La Vie d'Adèle). Adèle, je t'aime !!!
Prix d'interprétation masculine : Michael Douglas (Ma vie avec Liberace)
Prix du scénario : La Vénus à la fourrure
Prix de la mise en scène : Nebraska
Prix du jury : Jeune & Jolie
Caméra d'or : Les garçons et Guillaume, à table !
Chris Huby
Palme d'or : La grande Bellezza
Grand Prix : La Vie d'Adèle
Prix d'interprétation féminine : Adèle Exarchopoulos & Léa Seydoux (La Vie d'Adèle)
Prix d'interprétation masculine : Michael Douglas (Ma vie avec Liberace)
Prix du scénario : Tel père, tel fils
Prix de la mise en scène : La grande Bellezza
Prix du jury : Nebraska
Laurent Pécha
Palme d'or : La Vénus à la fourrure
Grand Prix : Nebraska
Prix d'interprétation féminine : Emmanuelle Seigner (La Vénus à la fourrure)
Prix d'interprétation masculine : Michael Douglas (Ma vie avec Liberace)
Prix du scénario : La Vie d'Adèle
Prix de la mise en scène : Ma vie avec Liberace
Prix du jury : La Vie d'Adèle
Contribution artistique : Nebraska
Vincent Julé
Palme d'or : La Vie d'Adèle
Grand Prix : Ma vie avec Liberace
Prix d'interprétation féminine : Adèle Exarchopoulos, voire un double prix avec Léa Seydoux (La Vie d'Adèle)
Prix d'interprétation masculine : Matt Damon, voire un double prix avec Michael Douglas (Ma vie avec Liberace)
Prix du scénario : Inside Llewyn Davis
Prix de la mise en scène : Only God Forgives
Prix du jury : Tel père, tel fils
Caméra d'or : For those in peril