Ma vie avec Liberace : critique

Chris Huby | 22 mai 2013 - MAJ : 08/07/2018 14:44
Chris Huby | 22 mai 2013 - MAJ : 08/07/2018 14:44

Le film de Soderbergh démarre avec l'ancien logo de HBO, celui des années 1970. Au-delà de l'hommage sympathique, il faut y prêter attention. Car retrouver un tel téléfilm dans la compétition officielle cannoise n'est pas anodin. Cela ressemble un peu à une sonnette d'alarme. Tous les studios de films américains ont effectivement refusé de produire le film. Le réalisateur et son acteur principal, Michael Douglas, pointent aujourd'hui du doigt le formatage imposé par les financiers et de plus en plus dominant à Hollywood. Faut-il y voir un lien avec l'annonce de Soderbergh sur sa fin de carrière supposée ?

À l'écran, il n'y a guère de différences de traitement. La télévision américaine a rejoint depuis longtemps la qualité de ses anciens long-métrages. Seul le fond semble pouvoir s'y exprimer plus librement et ce n'est pas rien lorsque l'on a affaire à une œuvre aussi adulte et difficile que Ma vie avec Liberace.

 

 

Personnage haut en couleur, le héros du film dépeint un univers de show business rempli de strass et de paillettes kitchs. Pianiste de génie qui plait surtout aux riches mémés, Liberace est également un homosexuel qui a su contrôler son image médiatique pour en faire son outil de travail principal. Homme vieillissant, il passe en réalité d'un caractère sensible à la limite du paternalisme à celui d'un redoutable manipulateur sans foi ni loi. Scott (joué par Matt Damon) issu de la banlieue modeste, en fera les frais tout au long du métrage, découvrant ainsi le vrai visage de son supposé amoureux. Derrière la biographie se dessine en filigrane la critique somme toute classique de la superficialité obligatoire des gens de scène.

 

 

Les images de Soderbergh frappent heureusement juste et retranscrivent parfaitement l'ambiance de l'époque, complètement grandiloquente et narcissique, un écho à ce qu'il se passe aujourd'hui même dans les hauteurs d'Hollywood derrière les portes des grandes villas. Il en résulte un film à la fois drôle et pathétique, à l'image du sujet qu'il développe sans concession. La réflexion va même jusqu'à la logique de l'autodestruction propre aux années 1980, celles du SIDA. Les acteurs y sont remarquables, de Michael Douglas à Matt Damon jouant les deux amants sanguins, en passant par une galerie de seconds rôles qui se font visiblement plaisir (dont un Rob Lowe en chirurgien esthétique / coach, hilarant).

 

Résumé

D'une grande richesse narrative, Liberace est un vrai plaisir de la première à la dernière minute.

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