Mission : Impossible - nouveaux détails sur le bordel en coulisses de Protocole Fantôme

La Rédaction | 14 mai 2020 - MAJ : 14/05/2020 16:30
La Rédaction | 14 mai 2020 - MAJ : 14/05/2020 16:30

Christopher McQuarrie est revenu sur son rôle dans Mission : Impossible 4, qu'il a en partie réécrit en cours de tournage.

Christopher McQuarrie est officiellement arrivé sur la saga Ethan Hunt avec Mission : Impossible - Rogue Nation, pour la diriger depuis avec à l'horizon deux nouveaux épisodes conçus en un bloc, mais il était discrètement arrivé sur la franchise dès le quatrième opus. Alors que sa solide collaboration avec Tom Cruise commençait à se mettre en place (il avait écrit Walkyrie et avait retravaillé le scénario de The Tourist quand l'acteur voulait en être), McQuarrie a été appelé pour rafistoler Protocole Fantôme en plein tournage.

Le réalisateur de Way of the Gun et Jack Reacher, oscarisé pour le scénario d'Usual Suspects, avait déjà parlé du troisième acte largement repensé, et de plusieurs scènes retournées (notamment au début) afin de consolider l'intrigue. Il a donné de nouveaux détails sur plusieurs choix, qui ont notamment redonné de l'importance à Benji - au détriment de Brandt.

 

Photo Tom CruiseCapter un éclair de génie dans la tempête de la production

 

McQuarrie explique au podcast Light the Fuse (via The Playlist) qu'il est arrivé après 10 semaines de tournage pour tout foutre en l'air, comme il le dit avec humour. Il revient sur le grand final qui a visiblement été l'un des points les plus problématiques de Protocole fantôme. Dans l'intrigue, l'équipe est séparée lors du climax, avec d'un côté Ethan qui tente d'arrêter le bad guy (incarné par Michael Nyqvist) dans un parking moderne, et de l'autre, son équipe qui règle une histoire de serveurs à pirater.

McQuarrie mentionne un long gag avec Benji (Simon Pegg) et un masque, dont personne ne savait quoi faire dans le scénario, et qu'il a fini par éjecter pour le bien du film :

"Il y avait une scène de gag avec un masque et Simon, un gros gag dans le troisième acte. Et c'est une de ces choses avec lesquelles on arrive à la conclusion qu'il n'y a simplement pas la place dans le film. Elle devait être intercalée pendant la scène du parking mais personne n'avait trouvé le moyen de faire fonctionner ces deux choses ensemble. Mais ils avaient très précisément construit la scène du parking. Donc c'était mon travail de trouver des moments dans la prévisualisation de la scène, où on pourrait couper pendant 30 secondes par ci, 20 secondes par là. (...) L'un des sacrifices dans tout ça a été le gag du masque, qui a été coupé. Ce qui a fait économiser des millions de dollars de budget qu'ils n'avaient pas."

Des paroles qui rappellent que depuis plusieurs épisodes, les scènes d'action dictent tout le tempo de la saga, construite autour de grosses séquences de spectacles, encadrées par le scénario qui doit s'adapter ou être bricolé, si besoin, pour créer une intrigue qui tient debout.

 

photoLe fameux climax dans le parking-parc d'attraction

 

Conséquence indirecte de cette scène abandonnée : le personnage de Jeremy Renner, Brandt, a perdu un moment d'héroïsme. Simon Pegg ne souhaitait pas être simplement un second couteau accroché à un ordinateur, et voyait dans la scène du gag-masque une manière d'exister autrement. McQuarrie l'a compris, et a proposé de lui donner une scène de sauvetage dans le climax, à la place de Brandt. Ainsi, le geek a sauvé l'espion.

"Le studio était tellement excité d'avoir le personnage de Jeremy Renner qui évolue ainsi, et tue le méchant. (...) Je savais que c'est ce qu'ils voulaient, mais pour moi il n'y avait aucune action, aucune émotion dans ça. Il tue encore quelqu'un, c'est tout. (...) C'était un peu comme 12 hommes en colère. Je savais qu'une autre personne dans la pièce aimait les histoires de père-fils. Et j'ai commencé à parler de l'idée de Benji qui tue ce type pour sauver Brandt, comme une sorte de relation père-fils entre Benji et Ethan... J'ai présenté ça comme une évolution du personnage, que Benji grandit en commettant un meurtre."

 

Photo Simon PeggShaun oh you're dead

 

McQuarrie parle ici d'une évolution au contact d'Ethan, machine de guerre qui a donc permis à Benji de passer un cap d'héroïsme, en prenant à son tour une arme pour assurer la mission. De quoi donner une couleur plus dramatique à ce second rôle comique, qui avait dans ce quatrième opus une place centrale, après son passage moins mémorable dans Mission : Impossible 3. Simon Pegg est d'ailleurs resté majeur dans la saga, et sera de retour dans les deux prochains opus.

Mais le réalisateur-scénariste rappelle surtout à quel point cette grosse machine hollywoodienne a une part d'improvisation qui peut sembler suicidaire vu les enjeux. C'est même devenu un moteur pour Tom Cruise et lui, puisque le cinéaste avait affirmé que Mission : Impossible - Fallout était parti en tournage sans scénario terminé, simplement avec des séquences d'action et les grandes lignes de l'intrigue. Plusieurs scènes ont ainsi été écrites, réécrites ou décidées en cours de production. Et vu le score record de cet épisode, la formule ne risque pas de changer.

Au passage, tout le monde se rappellera que Jeremy Renner était un temps présenté comme le futur leader de la saga. Ce qui semble désormais bien loin, comme confirmé par son apparition dans Rogue Nation, la dernière en date.

Mission : Impossible 7 sortira en novembre 2021 et Mission : Impossible 8, en novembre 2022. Rebecca Ferguson, Hayley Atwell, Pom Klementieff, Vanessa Kirby, Nicholas Hoult, Ving Rhames et Henry Czerny sont au casting.

 

Photo Simon Pegg, Paula Patton, Jeremy RennerEt ainsi, Jeremy n'a pas Regnner

Tout savoir sur Mission : Impossible - Protocole Fantôme

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commentaires

Ethan
16/05/2020 à 10:08

En regardant les derniers missions impossible je trouve que la saga ne se renouvelle pas

Ethan
16/05/2020 à 09:53

Le 1, le 2 et le 4 sont les meilleurs car ils sont très différents de ce qu'on connaît. Le fait que le 4 est meilleur c'est parce qu'il a été réalisé par Brad Bird. C'est son style qui fait surtout la différence : scénario simple, humour, cohésion d'équipe comme on a rarement vu. Pareil pour les scènes d'action

Numberz
14/05/2020 à 20:52

@ zanta

Bien que aimant toute la saga, oui même le 2, je suis assez d'accord sur le 3e opus, que je place en 2nd position de la saga, après le 1er. Même si jj abrams impose encore un mystère dont il a le secret (la patte de lapin), je trouve le scénario intelligent. Et Hoffman offre un protagoniste excellent, en retenu. J'ai trouvé ce film très étouffant et pesant. J'adore l'atmosphère. Et jamais je ne rapprocherais au film son côté fleur bleue, car je trouve que cela renforce le côté espionnage et vie privée. Un true lies sérieux en somme

zanta
14/05/2020 à 20:43

"depuis plusieurs épisodes, les scènes d'action dictent tout le tempo de la saga, construite autour de grosses séquences de spectacles, encadrées par le scénario qui doit s'adapter ou être bricolé, si besoin, pour créer une intrigue qui tient debout."

Tout à fait d'accord. En fait, le troisième épisode, malgré ses défauts (dont un dernier acte bien raté), est le dernier film à avoir essayé de raconter une histoire. Donc pourquoi de si excellentes critiques pour les épisodes suivants ? Notamment, pour le dernier, un sous-De Palma sous vide ?

Lecteur depuis l’origine
14/05/2020 à 20:18

On retenté et si cela ne passe pas, c’est de la censure déguisée.
Malgré tout le talent de McQuarrie, les limites de l’impôt sont visibles dans le dernier, avec son scénario.
J’avais donc bien raison de pointer ce scénario. Les raisons de production en explique donc les limites.

tenia54
14/05/2020 à 19:24

Il est assez intéressant, d'ailleurs, de voir l'évolution des persos de Pegg dans Star Trek 3 et les MI depuis le 4 (et surtout le 5 et le 6). Non seulement cela se fait parfois franchement au chausse-pied (le final du 6e film MI, mais une bonne partie du 5e aussi), et quand il est carrément à l'écriture de ST 3, c'est dur de ne pas avoir l'impression d'un acteur qui en a clairement profité pour se gonfler les alter egos de manière injustifiée. Je l'aime beaucoup mais soyons honnêtes : dans l'une comme l'autre franchise, ses 2 persos et ses interprétations sont loin d'être passionnants.

J'aurais largement préféré, dans MI, conserver l'humour cynico-pince sans rire de Brandt, d'ailleurs.

saiyuk
14/05/2020 à 19:22

en même temps les informaticiens dans les films M.I ont toujours été le contrepoint rigolo au sérieux du reste des films.
Dans le 1 même si il part vite le personnage d'Emilio Estevez est clairement le rigolo, ensuite remplacé par Ving Rhames qui si il n'a pas de gag amène un coté un poil plus léger au scénario.
Dans le 2 Ving Rhames et le pilote d'helico amène l'humour.
Dans le 3 Benji amène un peu d'humour.
Donc simon pegg n'est pas la cause de l'humour dans les films, il y en avait déjà un peu avant son arrivé. Et franchement en perso secondaire censé amener de la légèreté il me fait bien plus rire que d'autres dans d'autres films, parce que le role est bien écrit (pas d'humour gras).
Et ce type de film a besoin de ce petit air frais pour faire souffler le spectateur pendant 2h d'action/suspense/serieux.
La franchise ne c'est jamais vendu comme etant aussi serieuse et sombre que les Bourne.
Donc moi aucun soucis avec ca

Numberz
14/05/2020 à 18:30

@ Geoffrey. C'est pour ça que je trouve le site plus qualificatif. L'esclavage a du bon ^^

Sinon d'accord avec Jayjay. Simon Pegg, je l'adore dans ces cornetto ou autres comédies British. Mais dans star trek et mission impossible, au départ ça va, mais il m'horripile également maintenant.

Jayjay
14/05/2020 à 18:07

Simon Pegg= mort de la saga au profit de la comédie, je déteste ce mec désormais;)

Sharko
14/05/2020 à 17:43

Cette saga a toujours été un foutoir.

"Et ainsi, Jeremy n'a pas Regnner"
Jérémie Renier a décidé de porter plainte.

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