The Amazing Spider-Man : y-a-t-il quelque chose à sauver de ces deux films détestés ?

La Rédaction | 16 décembre 2021
La Rédaction | 16 décembre 2021

The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un héros, ce soir à 21h15 sur TMC.

Les films The Amazing Spider-Man sont-ils si mauvais ? Andrew Garfield est-il le pire Spider-Man ? Retour sur ces adaptations Marvel si détestées.

Entre le Spider-Man réalisé par Sam Raimi avec Tobey Maguire, et le Spider-Man relancé en collaboration avec Marvel Studios et Disney, avec Tom Holland, il y a le cas The Amazing Spider-Man. Lancé à la place du Spider-Man 4 de Sam Raimi, lequel avait été annulé suite au très compliqué Spider-Man 3, ce reboot porté par Andrew Garfield et Emma Stone a largement divisé le public et les fans.

The Amazing Spider-Man et sa suite The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un héros ont beau avoir récolté de gros dollars (plus de 700 millions au box-office chacun), les films réalisés par Marc Webb continuent à hanter certains esprits malheureux ou maudits. Andrew Garfield est-il un meilleur Spider-Man que Tobey Maguire et Tom Holland ? The Amazing Spider-Man 2 est-il l'un des pires films de super-héros récent ? Peut-on pardonner cette version d'Electro ?

Avant de se battre autour de Spider-Man : No Way Home, l'équipe a désigné deux combattants pour un duel : pour ou contre The Amazing Spider-Man ? Il ne peut en rester qu'un, et on espère que ce sera le bon goût.

 

The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un héros : photo, Andrew Garfield Floor is l'aval de mes pairs

 

THE AMAZING SPIDER-MAN

ERREUR DE CASTING

VRAI : Si son physique fin et longiligne est parfait pour le costume de Spider-Man, Andrew Garfield n’est absolument pas crédible en Peter Parker. L’acteur est non seulement trop vieux pour incarner un lycéen, mais aussi (et surtout) trop beau et trop cool pour être un loser dont les autres se moquent. L'interprétation de Tobey Maguire est peut-être discutable, mais certainement pas son Peter Parker dans le premier film.

D’ailleurs, le personnage n’est plus un garçon à lunettes timide et introverti, mais un adulescent confiant et rebelle qui fait du skate dans les couloirs du lycée et qui porte des lentilles. Plus tard, Peter défend un élève martyrisé par Flash en agitant les bras comme s'il voulait se battre alors qu'il devrait être celui qui finit la tête à l'envers dans un plateau.

Et s'il avait déjà prouvé qu'il est un grand acteur dans The Social Network, Andrew Garfield ne peut pas faire de miracles lorsque son personnage se résume à prendre un air triste ou hébété en balbutiant des phrases aléatoires et faire des pincements de lèvres sensuels quand il croise Emma Stone. La jeune actrice, qui fait une bien meilleure Gwen Stacy que Bryce Dallas Howard (ce qui n’était pas difficile vu la pauvreté du personnage dans Spider-Man 3), se débrouille comme elle peut avec sa partition d'adolescente follement amoureuse. Néanmoins, en version française, Andrew Garfield peut au moins profiter du doublage de Donald Reignoux, qui est la meilleure voix possible pour Spider-Man.

 

The Amazing Spider-Man : photo, Andrew Garfield, Emma StoneJe t'ai déjà dit que t'étais choupi trognonne ?

 

FAUX : Une remontrance qu’on voit si souvent, et pourtant si injuste. Andrew Garfield a le physique à la fois fin et athlétique correspondant parfaitement au personnage. On tient l’équilibre le plus parcimonieux entre le savant et le combattant qu’il est voué à devenir. Se mettant un peu plus en avant que son prédécesseur, il campe tout de même ce gamin timide et marginal, qui finit éclaté au sol par Flash, mais qui accuse le coup. Que demander de plus ? 

Alors certes, la façon de jouer de Garfield est un peu maladroite, mais elle sert en contrepartie son Spider-Man. Extraverti, audacieux, à la limite de l’insolence, c’est bien là toute la catharsis d’un Peter complexé qui se vit, quand il enfile le masque. Et cette ligne de démarcation, elle est primordiale dans l’identité du personnage (Raimi avait malheureusement beaucoup effacé cet aspect-là dans l’alter-ego de Spider-Man).

Quant à Emma Stone, elle capte parfaitement la douceur mêlée à la pointe d’insolence inhérente à Gwen. Son casting semble d’autant plus providentiel qu’il est en accord avec la juvénilité présupposée du personnage, là où les comics lui prêtaient des traits presque trop mûrs pour une femme de son âge.

 

Spider-Man : photo, Tobey MaguireParce qu'en attendant, beaucoup adhèrent à Maguire et sa tête de singe savant de 35 ans

 

CE TYPE EN COLLANTS N'EST PAS SPIDER-MAN

VRAI : Peter Parker et les origines du personnage dévoilaient déjà quelques failles, mais le film prouve définitivement qu'il n'a rien compris à Spider-Man lorsque Peter Parker décide d'utiliser ses pouvoirs pour retrouver celui qui a tué l'oncle et confirmer qu'il n'est qu'un sale type, un vrai.

Au lieu d’être motivé par un discours sur les pouvoirs et les responsabilités, le héros se sert égoïstement de ses capacités pour tabasser des voyous (et pas pour les arrêter et les livrer à la police ensuite). Il ne fabrique pas son costume pour faire en sorte que ses proches ne soient pas impliqués, mais pour éviter d’être identifié pendant qu’il commet ses crimes. Quand il constate que l’un des criminels sur lequel il tombe n’est pas l’homme qu’il cherche, il le laisse repartir, tranquillement, puis plus tard, il confesse carrément à un autre qu’il l’aurait tué s’il avait bien été l’assassin d’oncle Ben.

Pour des raisons encore obscures (peut-être pour s'éloigner de la trilogie de Sam Raimi ou pour s'inspirer de Batman), le film a essayé d'apporter une certaine noirceur au personnage, mais cette version de Spider-Man ne fait que donner raison à J. Jonah Jameson quand il le traite de menace masquée. Peter Parker n'est pas un adolescent qui veut exercer sa vengeance après avoir vu ses parents se faire tuer sous ses yeux dans une ruelle sombre, mais l'araignée sympa du quartier, un super-héros qui a peut-être perdu son oncle, mais qui reste fondamentalement bon. Et ce n’est qu’après plus d’une heure de film et une malheureuse scène sur le pont que Spider-Man utilise enfin ses pouvoirs pour faire le bien et devient un héros après avoir sauvé un gamin. Un seul gamin.

 

The Amazing Spider-Man : Photo Andrew GarfieldDis-moi où le meurtrier de l'oncle Ben ou je te pète les genoux

 

FAUX : On reproche souvent à ce Spider-Man son insolence constante et son manque de compassion jugé hors-personnage, mais c’est oublier le traitement du deuil, qui est au centre de la genèse de ce héros. Webb prend le parti d’explorer - avec parcimonie, qui plus est – la rage qui découle de la perte de Ben Parker. Car il ne faut pas oublier que Spider-Man, c’est au départ le fruit de la culpabilisation de Peter, impuissant face à la mort de son oncle, craignant de ne jamais être à la hauteur de ses enseignements.

Il est donc normal de voir un Spider-Man aux débuts balbutiants, où il a encore du mal à faire la différence entre justice et vendetta personnelle. On ne tombe pas dans le piège « Batman ». Il ne met que quelques mandales contrôlées, fait quelques acrobaties et menace vaguement un voleur de voiture, lui qui n’a quasiment rien pris à part un jeu de jambes et des toiles pour le coller au mur.

Quand les circonstances s’alignent pour faire briller le héros qui sommeille en Peter, la transition n’en est que plus marquante. On tient d’ailleurs une scène symboliquement marquante, quand Spider-Man inspire l’enfant à enfiler son masque pour sortir de la voiture en flammes (sauver une personne, c’est plus que la tirer des flammes, mais aussi lui donner le courage de surmonter l’obstacle).

 

The Amazing Spider-Man : photoPas de panique, il ne fait que mettre un coup de pression

 

PAPA ET MAMAN PARKER, PORTÉS DISPARUS

MAUVAISE IDÉE : Introduits dès l'ouverture, les parents de Peter Parker n'apportent strictement rien et n'ont aucune incidence sur le scénario (comme sur l'éducation de leur enfant). Le film demande de s'attacher immédiatement à eux alors qu'il ne s'y intéresse pas du tout. Leur disparition n'est jamais traitée au cours du film et les personnages ne sont présentés que pour revenir dans le deuxième opus, qui essaiera de tisser une intrigue délirante autour d'eux et de leur fils.

Encore une fois, le film a probablement voulu prendre de la distance avec la trilogie de Sam Raimi en rappelant que Peter Parker a des parents (surprenant), sauf qu'ils n'ont aucune importance dans la mythologie, y compris dans les comics, où ils ne sont apparus que rarement. Tout le monde sait que Peter Parker a été élevé par oncle Ben et tante May et personne n'a demandé à savoir pourquoi.

 

The Amazing Spider-Man : photo, Campbell ScottEt le prix du plus mauvais père de l'année est décerné à... Richard Parker!

 

BONNE IDÉE : Une bonne intention, mais maladroitement exécutée. Ce qui est toutefois intéressant avec ce parti pris, c’est de créer une mythologie d’arrière-plan pour le personnage principal de la saga. La noblesse d’âme des Parker montre que l’héroïsme de Spider-Man précède la morsure de l’araignée radioactive, et qu’il s’agit avant tout d’être motivé des meilleures intentions.

Ainsi, le devoir de Spider-Man n’est pas qu’un concours de circonstances un peu hasardeux qui fait de lui un élu par défaut, mais devient le fruit d’une transmission générationnelle, d’un héritage à honorer. L’intérêt d’une telle démarche est de donner un souffle épique, une épopée à cette itération de Spider-Man. C’est un aspect qui se devait d’être représenté, car l'Araignée c’est un délicat équilibre entre le héros sympa du quartier et le chevalier en croisade.

 

The Amazing Spider-Man : Photo Campbell Scott, Embeth DavidtSpider-Man, une affaire de famille

 

IL Y A COMME UN LÉZARD, TRÈS GROS ET TRÈS MOCHE

VRAI : Alors qu'il essaie (vainement) de faire preuve d'originalité dans chacun de ses choix, le film se contente pourtant de recycler l'intrigue du scientifique qui devient cinglé (le troisième après Norman Osborn et le Dr Octopus), puis force la relation entre le Dr Connors et Peter Parker avec des petites scènes où un lycéen aide un généticien à mettre au point une formule permettant de faire repousser des membres (qu'il a accessoirement passé presque toute sa vie à élaborer). Encore une fois, la crédibilité n'est pas la préoccupation majeure.

Une fois qu'il s'est injecté son sérum, le Dr Connors n'existe plus que pour être un gros vilain méchant parce qu'il le doit et prend la forme d'un des Goombas du film Mario Bros. Le super-vilain n'a strictement rien à faire pour retrouver Spider-Man étant donné que Peter Parker a inscrit son nom sur un des appareils photo qu'il a installé dans le repère du Lézard.

Et alors que presque l'intégralité du scénario est inspirée d'Ultimate Spider-Man, qui a marqué une ère plus moderne pour le héros et ses ennemis, le plan du Lézard est aussi ridicule et extravagant que dans les premiers récits de Stan Lee et Steve Ditko : transformer les habitants de New York en reptiles géants. Au final, le super-vilain ne sert qu'à affronter Spider-Man avant de tuer le capitaine Stacy et d'être vaincu au terme d'un combat moyen (et le plan où il voit le reflet de son bras dans la vitre ne réussit pas à compenser une écriture ou un design aussi affreux).

 

The Amazing Spider-Man : photoCoucou

 

FAUX : Alors oui, il manque un peu d’allongement à sa gueule reptilienne pour être respectueux des comics, mais dans l’ensemble on tient un design solide. D’ailleurs, cette modération « humaine » dans cette apparence du film apporte une touche de réalisme dérangeante, qui sied bien à la créature horrifique qu’il représente.

Quant aux motivations de l’homme, Curt Connors, on est pleinement dans ce qui fait un méchant de Spider-Man : un cas social, existentiellement complexé par quelque chose. Le handicap de Connors, couplé à ses échecs professionnels, le met en marge de la société. Dans un trop-plein de rage, et par facilité (dans la mesure où il devient un gros lézard plein de mauvaises pulsions plutôt que simplement régénérer les membres, comme voulu), il veut que le monde lui ressemble, pour anéantir cette marginalité. Simple, mégalo, mais efficient.

 

The Amazing Spider-Man : photoEt il en impose

 

Le MANQUE D'ÉMOTION, C'EST MA PASSION

C'EST RATÉ : Et si au moins le film était capable de susciter de l'émotion, du drame ou de la tendresse, mais non, la mise en scène reste désespérément plate, quelle que soit la situation. Les parents de Peter disparaissent trop vite pour ne plus jamais revenir ; la mort de l'oncle Ben est ridicule parce qu'il n'avait aucune raison de se jeter sur le flingue du voleur ; la transformation du Dr Connors n'a rien de tragique ; la relation entre Peter et Gwen ne repose que sur de la tension sexuelle et de la niaiserie et même la mort du capitaine Stacy est bâclée.

Pourtant, le film reproduit la fin du premier Spider-Man de Sam Raimi presque à l'identique, avec la mort du père d'un proche de Peter (dont il est plus ou moins responsable), l'enterrement et le couple de personnages principaux qui discutent. En revanche, quand le Peter de Tobey Maguire annonce à MJ qu'il ne peut pas être avec elle pour la protéger aussi et regrette dans le deuxième film, le Peter d'Andrew Garfield rejette Gwen après l'enterrement pour honorer la promesse qu'il a faite à George Stacy... puis la brise juste ensuite. Uniquement parce que tante May l'a gentiment réconforté et encouragé.

Jusqu'au bout, le film est pataud, illogique, morose et irrespectueux envers son matériau d'origine. L'inverse de ce qu'on attend d'un film consacré à Spider-Man.

 

The Amazing Spider-Man : photo, Emma Stone, Andrew GarfieldOk, j'ai promis à ton père, mais YOLO quoi

 

C'EST ÉMOUVANT : Un New York plus vivant et communautaire que jamais, un Peter multi-facettes, un Spider-Man aux lance-toiles et à l’allure ultra-arachnéenne, une bande-son qui sait alterner entre la simplicité et l’emphase super-héroïque : comment peut-on trouver le film dépourvu d’émotion ?

Évidemment, la romance adolescente de Peter-Gwen manque parfois d’équilibre dans les interactions, mais, pour une fois, on sent qu’elle n’a pas été écrite par un senior en négation de modernité et de jeunesse (est-ce qu’on peut reparler de la romance Peter-MJ de Raimi, qui faisait passer à chaque instant Kirsten Dunst comme la plus grande des cruches ?). On peut aussi penser à la mort du capitaine Stacy, qui est souvent jugée plate. Alors certes, elle n’est pas des plus marquantes, mais elle impose bien l’entrave devoir/désir qui fait tout le sel des dilemmes de Peter.

Il est l’autre face d’une même pièce : sans masque, contraint par un code moral bien plus strict et élitiste que Peter, psychorigide, il est déjà un antagoniste pour notre héros. Mais même lorsqu’il le voit en allié, sa dernière bonne action lui coûtera la vie, et l’obligera à poser la contrainte la plus insoutenable pour Peter : s’éloigner de Gwen pour mieux la protéger. Une tragédie qui fait son affaire, un peu enrayée par l'épilogue du premier volet, mais qui sera bien mieux rentabilisée dans le second opus.

 

The Amazing Spider-Man : photo "Sans émotion et sans couleur lol"

 

THE AMAZING SPIDER-MAN 2

PAPA ET MAMAN PARKER, TOUJOURS PORTÉS DISPARUS

TOUJOURS UNE IDÉE DE MERDE : Comme dans le premier volet, l'introduction se fait à nouveau sur les parents de Peter Parker. Et pendant que les spectateurs se demandent s'ils sont devant le bon film, un combat mal filmé dans un avion en chute libre se transforme en une scène insensée et interminable alors qu'elle se croit aussi intense et exaltante qu'un long-métrage de Christopher Nolan ou un James Bond. Cependant, cette fois, le scénario décide d'utiliser les parents Parker dans une enquête abracadabrantesque que mène Peter pour découvrir la vérité sur leur "accident" d'avion.

Avec ses talents de détective (parce qu'il se prend pour Batman), le héros élabore un tableau avec plein d'articles, de photos et de petites ficelles comme dans les films policiers, pendant un joli montage du genre sur une musique pas du tout appropriée ("And I would do it for youuuuuuu, for youuuuuuuuu"). Il trouve ensuite le repère secret de son père dans une rame de métro abandonnée (parce qu'il se prenait lui aussi pour Batman) dans lequel il découvre ses travaux à Oscorp, pourquoi ses parents ont été tués, puis cette intrigue se termine d'un coup, sans ne jamais mener à quoi que ce soit à part une fin alternative dans laquelle Richard Parker réapparaît.

 

The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un héros : photoPapaoutai

 

TOUJOURS UNE BONNE IDÉE : Une introduction certes lourdingue, car trop longue pour pas grand-chose sur la totalité du récit, mais on revient à ce qui était dit : on tisse une mythologie au personnage, qui va lui inculquer le sens du devoir. Spider-Man est aussi la conséquence de gens qui ont pris soin de lui par le passé, et qui lui ont fait voir le monde pour ce qu'il avait de meilleur à apporter.

Voir les bonnes intentions de ses parents, capables de faire l’ultime sacrifice contre un mastodonte tel qu’Oscorp pour être en accord avec leurs valeurs et protéger leur enfant, ça permet de comprendre l'ampleur du bienfait qu'est Spider-Man. Quand Peter le voit dans le métro caché (une scène trop alambiquée dans la forme, on en conviendra), c’est un point d’accomplissement non négligeable pour le personnage.

 

The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un héros : photoDes plus petites choses naissent les grandes

 

LA BELLE ET LE BÊTE

VRAI : Si le premier film était déjà pénible concernant la relation entre Peter Parker et Gwen Stacy, leurs échanges dans la suite sont encore pires. Contrairement à la continuelle relation de "je t'aime moi non plus" dans laquelle s'enferment Peter et MJ dans la trilogie de Sam Raimi, le jeu de séduction insipide entre Peter et Gwen est inutile puisqu'il a déjà décidé de rester avec Gwen à la fin du précédent film et qu'elle est toujours follement amoureuse de lui.

Ainsi, pendant de (très) longues minutes, il faut subir des dialogues aussi niais que vides ("oh non, arrête de frotter ton petit nez tout mignon") et des scènes interminables où les deux personnages se tournent indéfiniment autour jusqu'à ce Spider-Man écrive une jolie déclaration d'amour avec sa toile pour qu'elle reste, mais lui demande ensuite de partir quand elle le rejoint lors de l'affrontement face à Électro. (Et l'idée que Peter Parker reste agrippé à un arbre, un lampadaire ou une barrière pendant qu'il parle à n'importe qui était sans doute destinée à faire un lien avec Spider-Man, mais ne le rend que plus idiot et gênant).

 

The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un héros : photo, Andrew GarfieldTu sais que je ne peux pas résister quand tu mets ta petite veste de tailleur rose saumon

  

FAUX : On retrouve certaines des maladresses du premier film, couplées à des allers-retours adolescents qui peuvent taper sur le système. Mais c’est justement là que ce serait une erreur de n'y voir qu’une romance. Ici, toute la mort du Capitaine Stacy prend sens, et sert de dilemme majeur pour Peter. Quand il suit Gwen du haut des toits de New York (dit comme ça, c'est effectivement bizarre), ce n'est pas pour simplement la suivre comme un ado en manque, mais pour méditer sur ce qu'il peut et ce qu'il doit faire.

Embrasser son amour pour Gwen ou totalement la délaisser, c'est plus qu’une affaire de cœur. C’est la synthèse même de l’équilibre désir/devoir inhérent au personnage, un rite initiatique pour tester les limites de Peter, et voir à quel point il est prêt à assumer les conséquences de son alter-ego. Et ça, The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un héros le prend à bras le corps et sur tous les fronts, plutôt que de faire errer Peter dans un bain de petites péripéties du quotidien, entre deux affrontements avec un gros méchant.

 

The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un héros : photoOn dirait pas, mais il réfléchit très fort

 

CE TYPE EN COLLANTS N'EST TOUJOURS PAS SPIDER-MAN

C'EST UNE ÉVIDENCE : Si son costume est beaucoup mieux que dans le premier film et qu'il utilise enfin ses pouvoirs pour combattre le crime plutôt que de le perpétrer, Spider-Man ne veut toujours pas agir comme un super-héros puisqu'au lieu de stopper Aleksei Sytsevich (futur Rhino), il fait le guignol avec des petites blagues et le laisse détruire des voitures, renverser des civils et causer encore plus de dégâts (alors qu'il pouvait tout à fait arrêter le camion avec ses toiles ou se mettant devant puisque les fioles "radioactives" tombent et rebondissent sans exploser).

Plus tard, pendant qu'il enquête sur ses parents, Peter découvre que l'araignée qui l'a mordu a été contaminée par son père pour empêcher Norman Osborn de les utiliser et que seul Richard Parker ou une personne de sa famille (autrement dit Peter) peuvent développer des pouvoirs après une morsure.

Dans le film, Peter était destiné à être Spider-Man alors que les comics et les autres adaptations racontent clairement que n'importe qui aurait pu être mordu et devenir Spider-Man (ce qui permettait justement aux jeunes lecteurs et aux fans de s'identifier au personnage caché derrière son masque). La devise de Spider-Man explique justement que n'importe qui peut être un super-héros, même s'il n'a pas de super-pouvoirs. Encore une fois, en voulant trop en faire et absolument intégrer les parents de Peter dans la mythologie, le film va à l'encontre même de ce que représente Spider-Man.

 

The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un héros : photoIL JOUE MÊME AVEC LES EXPLOSIFS RADIOACTIFS APRÈS !

 

COMPLÈTEMENT FAUX : Un élément qu’on juge révélateur du ratage de cette adaptation du Tisseur, c’est que Spider-Man fait des blagounettes, taille la bavette avec Max Dillon et réponde à un appel téléphonique de Gwen pendant la course-poursuite avec le criminel Aleksei, prétextant que cela laisse le criminel rouler comme un dingo en ville. Alors certes, le focus de la scène n’est pas très fin, mais les réactions de Spider-Man n’en sont pas moins justifiées. Il sait depuis son oreillette qu’il doit arrêter un camion plein d’explosifs radioactifs.

S’il stoppe n’importe comment le véhicule, il prend le risque de faire encore plus de morts, en centre-ville. D’ailleurs, dès qu’il sécurise le plutonium, il s’empresse d’en finir avec le ruskoffe. Aussi, parmi l’arc tant conchié des parents de Peter, il y a la révélation que l’araignée radioactive ne peut fonctionner qu’avec le sang des Parker. Une perspective qui a fait criser les fans de la première heure, car l’un des charmes apparents de Spider-Man est de constater que le super-héros l’est devenu par hasard, et que n’importe qui pouvait être mordu par l’araignée et se transformer en conséquence.

Mais Spider-Man, c’est avant tout une attitude, une façon d’être. Ce qui compte, c’est à quel point il usera ce pouvoir pour être digne. La morsure de l’araignée, c’est un adoubement, une façon d’inviter Peter à tenir la promesse : continuer l’œuvre bénéfique des Parker. L’araignée ne fait pas le super-héros, mais bien sa bonne foi et sa bonne volonté. L'araignée, c'est un passage de flambeau, une mission assignée, une quête d’identité délivrée par Richard Parker à son fils (qui était bel et bien voué à tomber sur l’araignée, dans sa quête de vérité du premier film).

 

The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un héros : photoDéconneur, mais il n'en oublie jamais son devoir et ses priorités

 

C'EST UN NÉON ? NON, C'EST ÉLECTRO !

C'EST L'HORREUR : Contrairement au Lézard, qui n'était qu'un méchant quelconque, Électro est un antagoniste tristement mémorable, en particulier pour son apparence atroce. Parmi tous les costumes de l'histoire du personnage, Sony a choisi de s'inspirer d'une des rares versions où il est bleu (parce que tout le monde associe cette couleur à l'électricité, c'est connu) et le film ne réussit même pas à le rendre impressionnant ou inquiétant malgré sa ridicule voix robotisée. Et même avant ça, Max Dillon n'est qu'une énième incarnation grotesque et insultante de l'intello à lunettes timide et mal dans sa peau (qui explique clairement le Peter Parker cool et sexy).

Comme pour les origines de Peter Parker dans le premier film, le scénario sacrifie la simplicité d'un homme frappé par la foudre ou d'un léger accident et le personnage est créé à partir d'une réaction en chaîne hilarante : une électrocution, puis une chute dans un bassin d'anguilles, une légère chirurgie dentaire et une colorisation turquoise éclatante. Le super-vilain déclenche ensuite le chaos simplement parce qu'il est jaloux que Spider-Man lui vole la vedette et n'a pas d'autres motivations jusqu'à ce qu'il soit vaincu en deux temps trois mouvements grâce à une astuce que Gwen donne à Peter (parce que l'intello qui découvre des formules avec le Dr Connors et qui invente des lance-toile ne pouvait pas y penser seul).

Le fait que Marvel ait changé le costume du personnage pour quelque chose de plus classique dans Spider-Man : No Way Home est peut-être la meilleure preuve qu'il ne ressemblait à rien.

 

The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un héros : photo, Jamie FoxxLe pire cauchemar de ton pire cauchemar

 

ÇA MARCHE BIEN : Oui, cette version de Max Dillon verse trop dans le foldingo, dans l’archétype du complexé en mal de reconnaissance. Néanmoins, cela nous amène à un Electro au design fidèle à l’esprit Ultimate, et peut-être même bien plus inspiré dans l’utilisation de ses pouvoirs (sa façon de réveiller Menken de la crise cardiaque ; la façon dont il referme l’interrupteur après s’y être glissé ; les formes d’éclairs qu’il prend en attirant Spider-Man à la centrale). Ce personnage d’abord trop « explosif » prend complètement son sens, à sa transformation.

Qui plus est, le personnage détient un avantage qu’on ne peut pas nier : son thème musical. Avec Hans Zimmer, Junkie XL, Pharrel Williams et quelques autres, la bande auto-proclamée « Magnificent Six » (rien que cette référence est géniale) délivre des orchestrations opposées et pourtant harmonieuses, un mélange de colère et fébrilité, la voix d’un personnage mentalement instable, et un crescendo à la fois explosif et grisant pour les neurones.

Une musique qui sied parfaitement à la rage de cet Electro, en perte totale de repères, se sentant trahi de tous bords et rongé par la jalousie. Mention spéciale à une utilisation méta absolument géniale du thème, à la centrale électrique.

 

The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un héros : photoQuel fan du Tisseur voit ça et dit tranquillement "m'ouais bof" ?

 

CE BOUFFON (PAS FORCÉMENT VERT)

C'EST L'HORREUR 2 : Alors qu'Électro a moins le droit à quelques scènes d'introduction, Harry Osborn est véritablement lâché au beau milieu du scénario comme le meilleur ami d'enfance de Peter Parker alors qu'il n'a jamais été mentionné une seule fois dans le premier film (dont tout le début se déroule à Oscorp). Norman Osborn et sa maladie héréditaire sont amenés en même temps, avec tout autant de subtilité, puis, pour nous convaincre qu'Harry est bien le meilleur ami de Peter, le film les montre en train de faire des ricochets avec des cailloux au bord du fleuve, comme de vrais meilleurs amis.

Par hasard, Harry découvre ensuite que le sang de Spider-Man pourrait le guérir et demande à Peter d'essayer de le convaincre de l'aider, sauf que le héros refuse et va même jusqu'à lui annoncer de vive voix qu'il va le laisser mourir parce qu'il ne veut pas lui donner une goutte de son sang. Un sale type jusqu'au bout. Et finalement, toujours avec la même finesse, le fils Osborn découvre les secrets de son père, ses formules et le planeur et se transforme en un être vivant difficilement identifiable, qui est encore plus infâme qu'Électro (mais qui n'apparaît heureusement que pour tuer Gwen Stacy).

 

The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un héros : photoDéso, mais je n'aime trop les aiguilles en fait

 

ÇA A DU SENS : Harry Osborn a du mal à respirer dans les lignes d’un scénario bien chargé. Un peu inséré à la truelle (déjà meilleur ami de Peter alors que ce n’est jamais mentionné avant, et surtout dans le premier film où Peter s’infiltre à Oscorp), il est toutefois un revers tragique efficace à la révélation de l’araignée radioactive liée au sang des Parker. Étant persuadé qu’il peut guérir avec (ce qui est faux), Peter motive indirectement et involontairement le désespoir de son meilleur ami, pour qu’il devienne la némésis de Spider-Man qu’on connaît si bien.

On dit que Spidey est un enfoiré d’aller voir Harry juste pour lui refuser le don de sang, mais ce n’est pas ce qu’il fait. Il refuse de le donner tout de suite, sans recherche scientifique, car le jeune homme sous le masque craint que son ami ne finisse en Lézard bis, ou pire. À cela, Harry réagit comme un gigantesque camé qui n’a pas sa dose dans la seconde, et en veut mortellement à Spider-Man pour son égocentrisme. Qui est le plus cruel des deux, très franchement ?

Néanmoins, tout cela est au service d’une belle métaphore : Spider-Man ne peut pas sauver tout le monde. Le sang des Parker peut générer un méta-humain mais, aussi fort soit-il, il ne reste qu’un homme. C’est la tragédie qui affligera éternellement Peter, qui voudrait bien porter le poids du monde sur ses épaules.

 

The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un héros : photoFrères ennemis

 

LES SIX SINISTRÉS

FAUSSE BONNE IDÉE : Persuadé que le film serait un succès, Sony avait déjà imaginé un troisième opus autour des Sinister Six et prépare leur arrivée à plusieurs reprises. D'abord quand Harry descend dans le labo de son père en menaçant Donald Menken et en passant devant les costumes des super-vilains. Harry demande à Donald Menken ce que tous ces équipements signifient et l'employé d'Oscorp lui répond fièrement "l'avenir", puis Harry se transforme en Bouffon Vert et les costumes réapparaissent plus tard, quand "l'homme au chapeau" repasse dans la galerie pour donner la combinaison de Rhino à Aleksei Sytsevich.

Et comme si ça ne suffisait pas, ceux qui utilisaient l'application Shazam sur le morceau du générique interprété par Alicia Keys et Kendrick Lamar avaient accès à des images exclusives, dévoilant la composition et l'apparence des costumes. Les Sinister Six de Sony auraient donc été composés du Dr Octopus, du Vautour, de Rhino, de Kraven le Chasseur, de Mysterio et du Bouffon Vert (ce qui signifie qu'Électro aurait disparu après ce deuxième opus, confirmant qu'il était nul et inutile jusqu'au bout).

 

The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un héros : photoLe marché aux puces des super-vilains

 

C'ÉTAIT PROMETTEUR : Jugé lourdingue et inutile, ce teasing de la suite et du spin-off Sinister Six prend littéralement deux à trois minutes sur les 2h22 du film. Du reste, tout s’imbrique plutôt naturellement avec la quête de survie de Harry. C’était effectivement présomptueux d’agiter tous ces jouets qui serviront d’équipements pour les futurs super-vilains d’une franchise finalement mort-née, mais est-ce qu’on peut réellement en faire un reproche, quand on voit que toutes ces intrigues entrecroisées parviennent à délivrer un film cohérent (et même diablement agréable) ?

Alors oui, on pourra tout de même déplorer les deux apparitions sans aucune résolution de l’homme au chapeau, Gustav Fiers. De fait, ce personnage n’aura servi à rien, mais l’univers qui l’entoure, pour ce qui lui aura été donné de temps et d’espace, a été correctement exploité. En plus, les quelques designs visibles lors de la marche de Fiers présageaient plutôt du bon.

 

The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un héros : photoUne si belle guerre se profilait, pourtant

 

UNE FIN RATÉE AVEC RHINO-TRANSFORMER

VRAI : Alors qu'il avait l'opportunité de se finir sur un évènement dramatique avec la mort de Gwen Stacy et Peter qui renonce à son costume, le film se sent obligé de terminer sur une note d'espoir forcée avec une scène dans laquelle Rhino saccage les rues. Continuant la tradition des réinventions atroces, le criminel s'attaque à la ville, mais un petit garçon se dresse face à lui en costume de Spider-Man comme s'il était sur la Place Tian'anmen (alors qu'il devrait plutôt se mettre à l'abri avec sa mère et les autres habitants agglutinés autour d'un dangereux psychopathe en armure).

Heureusement, c'était sans compter sur ce bon vieux Peter Parker, qui écoute le discours de remise de diplômes de Gwen Stacy, oublie tous ces petits problèmes, finit son caprice et renfile aussitôt le costume pour arriver juste au bon moment et empêcher le petit d'affronter une mort certaine.

 

The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un héros : photoUn ultime crachat au visage des fans

 

FAUX : Un Rhino Ultimate là encore réussi au niveau du design (qui a osé rire en voyant la charge à quatre pattes contre Spider-Man alors que c’est visuellement superbe ?). Certes, Aleksei est toujours aussi grotesque (en même temps, c’est dans la personnalité du Rhino que de fanfaronner) et on se demande ce que les New-Yorkais de ce deuxième film ont à vouloir s’amasser autour des super-vilains plutôt que d’évacuer les quartiers environnants, mais cela donne à Spider-Man une dernière occasion de briller.

Dans cette toute dernière séquence, on ressent l’euphorie d’un Spider-Man revigoré par les réminiscences de Gwen Stacy, un personnage qui l’affectera autant en mal qu’en bien. Cette note d’espoir et de joie qu’il y a dans la charge de Spidey, c’est exactement pour ces moments qu'on vient voir l'Araignée au cinéma, et ce même s'ils peuvent frôler la niaiserie. Peter est loin d’être un subtil poète, mais c’est bien l’entrain du personnage qui nous donne du baume au cœur.

 

The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un héros : photoLe seul reproche autorisé, c'est de dire que cette scène s'arrête trop tôt 

 

CONCLUSION

Arnold Petit : Tellement préoccupés à bâtir un univers étendu avec les parents de Peter Parker, les introductions d'Alistair Smythe (B.J. Novak) et de Felicia Hardy (Felicity Jones) au second plan ou les costumes des Sinister Six, les deux films se contentent de cocher le plus de cases possibles, mais ne passionnent jamais.

En essayant de réinventer la mythologie de Spider-Man en se différenciant de la trilogie de Sam Raimi avec Gwen Stacy au lieu de Mary Jane ou en reprenant des concepts comme les lance-toiles, The Amazing Spider-Man et The Amazing Spider-Man : le destin d'un héros finissent par massacrer le héros, ses ennemis, son histoire et tous les autres personnages de l'univers de Spider-Man.

Mathieu Lapon : La duologie The Amazing Spider-Man est indéniablement parsemée çà et là de maladresses dans son exécution, mais le cœur y est. À sa manière, c'est une lettre d'amour aux comics (pas les mêmes qui ont inspiré Sam Raimi, c'est certain). Les acteurs principaux tenaient à merveille leur rôle, les costumes de Spider-Man étaient superbes, New York organique et interactif, et on tenait un savant mélange de simplicité et de solennité dans le traitement du personnage. Un plaisir même pas coupable.

« Spider-Garfield » étant attendu par beaucoup suite aux rumeurs de No Way Home, c’est sans doute parce que les aficionados ont trop vite condamné cette version du personnage, qui plaisait plus que ce qu’ils voulaient bien admettre. Peut-être que le seul véritable crime de cette saga, c’est d’être arrivé trop tôt après la trilogie de Raimi, et d’avoir souffert d’une comparaison directe avec celle-ci.

Dossier écrit par Arnold Petit et Mathieu Lapon (et merci et respect à ceux qui nous ont lu jusqu'au bout)

Tout savoir sur The Amazing Spider-Man

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commentaires
real2real
21/12/2021 à 18:32

@Kyle Reese "J'adore comment Spider-man interagit avec le décor et se meut dans l'espace."

Un point fort parfaitement raccord avec les décors et leur exploitation: Que ce soit Times Square (la mise en abîme avec les écrans, la rampe de l'escalier), la centrale électrique (les slaloms autour des colonnes) ou l'horloge (le combat sur les engrenages), l'effort d'optimisation des lieux est plaisant et inventif.

Kyle Reese
21/12/2021 à 01:06

Vu la suite, donc. Un cran en dessous du premier avec un scénario un peu trop fourre tout.
Mais la direction artistique, l’énergie de la mise en scène, Garfield et Stone l'emporte sur les défauts. J'adore comment Spider-man interagit avec le décor et se meut dans l'espace. Là dessus il surnage par rapport aux 2 autres. Spider-man a la classe. Garfield est surement le meilleur Peter Parker car meilleur acteur, je n'aurai jamais cru dire ça avant. Bien sur les Raimi sont un cran au dessus niveau profondeur des persos (voir 2 crans pour les méchants), niveau scénario et progression dramatique. Mais j'ai beaucoup aimé la relation du couple, la responsabilité/culpabilité de Parker vis à vis du père de la fille, et la fin tragique de Gwen est vraiment déchirante (Emma Stone est superbe, bordel j'aurai aimé qu'elle s'en sorte). La mise en scène est vraiment très solide, hyper fluide et dynamique avec de très belles séquences. La photo est toujours très réussi. Donc content du rattrapage. Marc Web et ses équipes ont plutôt bien fait leur boulot et ont tenté une nouvelle approche du perso bien différente. Ca change des Raimi, c'est un peu perturbant au début mais on s'y fait très bien. En tout cas, y a pas photo, les plus faibles pour moi sont ceux avec Thom Holland avec la mise en scène, la direction artistique très impersonnelle voir fadasse. Et ce Spider-man plus gamin ne me parle pas, alors que c'est le plus bavard de tous.
Bref ...

Kyle Reese
19/12/2021 à 17:04

Tient un truc que je rajoute, j'ai vraiment apprécié les petits moment dans l'action ou on est carrément en vue subjective de Spider-Man. Ça le fait grave, j'imagine que sur écran géant ça devait marcher encore mieux.

Et le fait aussi comme dit dans l'article que c'est un Spider-man en devenir, il n'est pas lisse, il fait des erreurs, il est aussi moins plombant que celui parfois de Tobey . Pas le film de super du siècle mais à réhabiliter.

real2real
19/12/2021 à 16:22

@Kyle Reese: Cool d'avoir pu donner sa chance au film et de l'avoir apprécié!

Malgré les concessions, je trouve aussi que Marc Webb a réussi à proposer sa vision et ses thématiques dans les deux TASM (encore plus évidentes après découverte de ses autres films) en faisant preuve d'une certaine naïveté quant au fonctionnement des superproductions. Pour citer quelques exemples:

-Le casting: Stone, Garfield, Ifans, Khan, Zylka... En 2012, aucun d'eux n'avait déjà joué dans un blockbuster, la priorité n'était pas à une éventuelle recherche de la star la plus bankable.

-La version de Peter Parker qui a parfois davantage la caractérisation d'un héros A24 que d'un film de super. A peu de choses près, il pourrait s'agir du même personnage dans Under the Silver Lake et Tick Tick... Boom!

-La manière de jouer avec les clichés: Dans le premier TASM niveau romance, jamais Gwen et Peter ne se disent directement qu'ils s'aiment, et niveau action, il n'y a aucune explosion de véhicule ou de bâtiments.

De quoi témoigner d'une volonté de livrer un blockbuster plus perso que la moyenne.

Neji
19/12/2021 à 03:42

Déjà il faut sauver le soldat Garfield, qui est pour moi le meilleur des 3 .
Déjà sur le papier c'est le meilleur des 3 acteurs, physiquement c'est celui qui représentent mieux l'homme araignée.
Personnellement pas fan de la trilogie de Sam raimi Spider-Man continuellement en introspection a se poser des questions existentielles,breff.
Si on se met à analyser les films de Tom Holland c'est du Spider-Man pour les adolescents prépubère c'est aussi stupide qu'un sitcom de sortie de collège avec des tenant et les aboutissants digne de Melrose place.
Alors comment juger des films réalisé par des yES man des réal interchangeable sans réellement d'ambition cinématographique juste là pour remplir un cahier des charges.

La preuve en est sur le dernier Spider-Man , Tobey il est creux comme une huître.
Breff si Tobey était un bonne acteurs Hollywood ne l'aurait peut-être pas abandonné cette dernière décennie.
Tom Holland fait le job également mais pour moi c'est le Spider-Man des enfants.

Kyle Reese
19/12/2021 à 02:22

@real2real

Y-a pas de raisons en effet.

Du coup j'ai pris le temps de regarder The Amazing Spider-man correctement alors que je l''avais jugé nul et non avenu au travers de simples extraits vu lors de zapping lors de ses diffusions TV. Voilà tout l'intérêt de ce genre d'article car à ma grande surprise j'ai plutôt bien aimé. Pourquoi ? D'abord Garfield qui apporte un vent de fraicheur, j'aime bien cet acteur, il a de nombreuse facette de jeu. Il est cool et vraiment différent de Tobey Maguire, La relation avec Gwen est aussi fraiche, et Emma Stone parfaite. La mise en scène est franchement bien fichue, Marc Web s'est filmer, c'est dynamique, lisible, Spider-man virevolte de tout coté et est comme monté sur ressort. Encore plus véloce qu'avant avec parfois un coté pantin désarticulé. Certaines de ses positions très particulières sont totalement iconiques des planches de BD. Il y a de très beaux plans et la musique fonctionne bien.
La photo est aussi très soigné. J'aime énormément ceux de Sam Raimi mais finalement ce reboot (en effet j'ai bloqué là-dessus à l'époque) est assez bien fichu, il tente de nouvelle chose, je le trouve bien mieux réalisé que Home Coming et surtout Far From Home avec en tout cas un style propre à Web, les Marvel me semblent totalement impersonnel. Et je préfère largement Garfield à Holland. Spider-man/Parker est bcq moins gamin et bavard.
Le scénario lorgne du coté de Batman Begins et le tout premier Spider-man. Le lézard est un quasi Bouffon vert, dommage, et son design au niveau du visage est en effet assez gênant, dingue qu'ils ne s'en sont pas rendu compte, tout ça pour qu'il puisse parler.
Donc changement d'avis sur ce film. Je comprend que Garfield soit un peu dégouté d'avoir été écarté. Reste à me faire la suite et voir ce que ça donne.

Magnitude
18/12/2021 à 10:37

"Moi je pense la question elle est vite répondue" et en 2 mots :

ABSOLUMENT RIEN

Loupiot
18/12/2021 à 01:40

Ces films ne passionnent jamais. Vraiment nuls comme ça devrait pas permis : une fanfic.

SebSeb
17/12/2021 à 15:36

Un truc génial : le "snap" du 2. Magnifique et crève coeur. Si seulement Sony avait su respecter le perso, Garfield aurait pu être un Parker inoubliable et le plus proche de ce qu'il est dans la BD.

FredFromKrypton
17/12/2021 à 11:10

J'aime ces articles remplis de passion.

Je reste pour ma part l'un des plus grands fans de la trilogie de Sam Raimi. Je suis extrêmement fan des épisodes de Garfield. J'ai bien aimé les Spider-Man de Holland (même si j'admet avoir beaucoup de mal avec les facilités scénaristiques et la bouillie visuelle de Far From Home et No Way Home).

L'amour des réalisateurs, auteurs et acteurs pour ce personnage et pour ce qu'il représente, permet à mon sens, d'y voir de grandes œuvres du 7e art.

Tous les films ont leurs défauts (surtout la trilogie Home) mais y'a énormément de cœur à l'ouvrage et POUR MOI, c'est ce que je retiendrai de chaque film que je reverrai probablement encore des centaines de fois.

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