Le mal-aimé : Spider-Man 3, ou le meilleur Venom ?

Prescilia Correnti | 23 octobre 2021
Prescilia Correnti | 23 octobre 2021

Alors que le personnage de Marvel revient dans Venom 2 : Let There Be Carnage, pour repousser les limites de la nullité, retour sur la première version de Sam Raimi dans Spider-Man 3. Vivement critiqué à sa sortie, le film ne mérite-t-il pas plus d'amour ?

 

Affiche officielle

 

« Les fans de la série réalisée par un poids lourd de Hollywood ne seront pas déçus par cet (ultime) épisode qui redouble d'effets spéciaux très spectaculaires (...) De plus, on découvre enfin le côté noir de Spiderman, finalement beaucoup plus intéressant et sexy » - Le Figaroscope

« Spider-Man 3 confirme sa capacité à faire vibrer à l'écran le mythe du super-héros sans renoncer à une mise en images bourrée de personnalité, et gonflée au sous-texte intelligent. » - Rolling Stone

« Raimi commet un contresens quand il fait de son héros solitaire un symbole de l'Amérique triomphante. Quant aux scènes d'action, totalement irréelles, elles sont à bâiller d’ennui. » - TéléCinéObs

 

 

LE RÉSUMÉ EXPRESS

Peter Parker a la pleine possession de ses pouvoirs et se sent de plus en plus à l’aise dans la peau de Spider-Man. Alors qu’il s’apprête à demander la main de sa bien-aimée Mary Jane depuis deux films, des menaces rôdent dans l’ombre et cherchent à le nuire.

Parmi elles, Harry Osborn (James Franco) veut toujours venger la mort de son père. Sandman (Thomas Haden Church), ou l’homme sable en français, veut trouver de l’argent pour guérir sa fille. Et Venom, un étrange symbiote venu de l’espace, a décidé de coller Peter Parker jusqu’à ne faire qu’un avec lui.

En fait, Spider-Man (Tobey Maguire) va devoir jongler entre la menace de l’homme-sable, jouer avec la double nature qu’il y a en lui, se débarrasser de son némésis Venom qui viendra s’unir à Eddie Brock et essayer de renouer les liens avec son ancien meilleur ami.

Côté amour, il va devoir reconquérir Mary Jane (Kirsten Dunst), et ça ce n’est pas gagné. La vie des fois, cette chienne. Au final, tout se finit bien. Venom et Sandman sont détruits, Harry meurt comme une pauvre loque à l'instar de son paternel (Willem Dafoe) dans Spider-Man, et Mary Jane retombe dans les bras de Peter Parker. Et Gwen Stacy (Bryce Dallas Howard) ? Inutile.

FIN.

 

Photo VenomQuand tu te tapes le petit orteil sur le coin de la table

 

LES COULISSES de spider-man 3

Spider-Man 3 est resté dans les mémoires comme un parfait exemple des limites du blockbuster super-héroïque, et a marqué la fin d'une petite parenthèse enchantée. Car si Sam Raimi reviendra finalement aux super-héros Marvel avec Doctor Strange in the Multiverse of Madness, il a bel et bien été traumatisé par le troisième épisode de l'homme-araignée.

Raimi est le premier à voir les problèmes de Spider-Man 3, voire à le regretter. Dans un podcast de Nerdist, il revenait avec beaucoup d’amertume sur l'expérience, qualifiant son film "d’horrible" et "manquant terriblement d’entrain" :

"C’est un film qui ne fonctionne pas très bien. J’ai essayé  pourtant, mais je ne croyais pas en tous les personnages. Lorsqu’un réalisateur n’aime pas une histoire, c’est mal de sa part de la mettre en scène alors que tant de gens l’apprécient. Je pense que vouloir monter la barre après Spider-Man 2 était la chose à faire, mais cela nous a voués à l’échec. J’aurais dû rester aux personnages et à leurs relations au lieu d’essayer de surenchérir."

 

photo, Tobey MaguireGrands pouvoirs, grosses emmerdes

 

L'explication est simple : le business. Spider-Man et Sam Raimi ont été victimes de leur succès. Spider-Man 2 n'était même pas encore en salles que Spider-Man 3 était commandé, avec une date de sortie fixée d'office, sans scénario. Devant la montagne de fric amassée par le premier film, le studio ne pouvait plus s'arrêter, et le train était lancé à toute vitesse.

Jusque là, Sam Raimi avait eu une liberté réelle - du moins autant que possible pour un blockbuster en bonne et due forme. Pour Spider-Man 3, le réalisateur voulait plusieurs menaces : le retour de Harry pour clore l'arc Obsorn ; Sandman, qu'il trouvait visuellement excitant ; et Vautour. Et c'est là que la machine a commencé à dérailler. Le producteur Avi Arad avait une idée fixe : il voulait que Venom apparaisse, et soit un grand méchant. Les premières versions du scénario ont vite inclus Eddie Brock, et donc Venom, et le Vautour a rapidement été mis de côté au profit du symbiote.

 

photo, Topher GraceVFX Venom en 2007

 

Sam Raimi a fini par céder, mais pendant la promo, son opinion était claire. Au Comic-Con en 2006, il déclarait : "J'avais un problème avec le manque d'humanité de Venom. En l'étudiant de près, j'ai fini par mieux le comprendre. Venom est un personnage que les fans adorent. C'est pour ça qu'il est dans le film".

Quelques mois plus tard, il expliquait à Sci Fire Wire : "Avi Arad, mon partenaire et président de Marvel à l'époque, m'a dit : 'Sam, tu ne prêtes pas assez attention aux fans. Tu dois penser à eux. Tu as fait deux films avec tes méchants préférés, mais maintenant tu vas en faire un troisième avec tes méchants préférés. Les fans adorent Venom. C'est leur préféré. Tous les lecteurs de Spider-Man aiment Venom, et même si toi tu viens des Spider-Man des années 70, c'est à Venom que les gamins pensent. S'il te plaît, mets Venom dans le film. Écoute les fans'. Et c'est là que je me suis dit, 'Ok, peut-être que je n'ai pas tout l'univers Spider-Man dans ma tête. Je dois en apprendre un peu plus et peut-être inclure des méchants pour enfin satisfaire certains gros fans de Spider-Man'".

À noter que Tobey Maguire, lui, était ravi de Venom. À Entertainment Weekly, il expliquait : "Je les ai incités à aller encore plus loin. Je pense que c'est là qu'ils voulaient aller, mais je voulais y aller encore plus. Je leur ai dit que j'adorerais que ce soit un peu plus sombre".

 

photoLa mauvaise idée qui te colle

 

Et la bataille et les compromis ont continué. Ainsi, en plus de trois méchants, les producteurs ont voulu ajouter un triangle amoureux. Raimi racontait à Sci Fi Wire :

"Mon frère et moi avions écrit une scène où une femme reconnaît Peter dans un dîner, et Mary-Jane est jalouse. Mais Laura Ziski, ma productrice, m'a dit que ça devrait être Gwen. J'ai répondu, 'Je ne pense pas qu'on devrait... parce que Gwen était là avant Mary Jane dans les comics, et maintenant elle arriverait, après. Elle n'est même plus au lycée, mais à l'université. J'ai peur que si je présente Gwen, les fans vont attendre quelque chose, et on ne pourra pas les satisfaire dans ce film'. Elle m'a répondu, 'Les fans préfèreront sûrement avoir Gwen maintenant, et toi ou quelqu'un d'autre pourrez continuer avec elle dans un quatrième film, mais au moins tu l'auras présenté, et ils apprécieront ça'".

Sam Raimi a longuement hésité, puis a cédé, là encore. "Je me suis dit, peut-être qu'elle a raison. J'ai déjà pris des libertés, j'ai déjà commencé par Mary-Jane. Peu importe quand elle arrivera, Gwen arrivera après. Donc j'ai appelé ce personnage Gwen Stacy, et créé une connexion avec un policier qui était présent en marge. Renforcer leur relation, un peu, mais pas trop, juste assez pour que ça crée une relation père-fille. Et voilà, c'est tout."

Est-ce que ça faisait beaucoup pour un seul film ? Oui. À tel point que les scénaristes ont cherché à diviser l'histoire en deux films, avant d'abandonner, notamment car personne ne trouvait de véritable climax à mi-parcours.

 

Photo Bryce Dallas Howard, Topher GraceHaha, super on va former un groupe de "personnages jamais voulus"

 

Spider-Man 3 a été écrit très vite - trop vite. La post-production avait plus de marge que sur les précédents films, mais la dose d'effets spéciaux était énorme, avec trois ennemis visuellement ambitieux (30% de budget VFX en plus par rapport à Spider-Man 2, selon Laura Ziskin). D'autant que le boss des effets visuels John Dykstra (oscarisé pour Spider-Man 2) n'a pas souhaité rempiler.

Même chose pour le compositeur Danny Elfman, qui a préféré ne pas revenir à cause de sa collaboration orageuse avec Sam Raimi. À l'époque, le musicien n'a pas mâché ses mots :

"Je ne fais pas Spider-Man 3. Ça ne va pas me manquer, Spider-Man 2 a été une horrible expérience". Elfman expliquait notamment que toute la liberté qu'il avait eue sur le premier film avait disparu, et que le réalisateur ne lui laissait absolument aucune marge de manoeuvre :

"Mon lien avec Sam a été complètement détruit. Pour moi, c'est comme s'il était partir dormir, et comme un profanateur de sépulture, il s'est réveillé et ce n'était plus le même homme que je connaissais depuis dix ans. (...) C'est la première fois que je quitte un réalisateur en 20 ans, mais c'était devenu intolérable. J'ai traversé des zones de guerre incroyables en 55 films, mais c'est la première fois que je me dis que ça ne vaut pas le coup, et que je préférais être serveur que de revivre Spider-Man 2".

 

photoElfman essayant de communiquer avec Raimi

 

LE BOX-OFFICE de spider-man 3

Peu importe ce que vous pensez de Spider-Man 3 : ça a été le plus gros succès de la trilogie. Avec plus de 894 millions au box-office mondial, le troisième film a dépassé Spider-Man (825 millions) et Spider-Man 2 (788 millions).

À titre de comparaison, et hors inflation, c'est mieux que The Amazing Spider-Man (757 millions) et The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un héros (708 millions). C'est également mieux que Spider-Man : Homecoming (880 millions). Mais moins que Spider-Man : Far from Home (1,1 milliard, merci Avengers). Et avec l'inflation, Spider-Man 3 reste bien en tête.

Néanmoins, Spider-Man 3 a coûté cher : officiellement dans les 260 millions, bien plus que le premier (140 millions) et le deuxième (200 millions). Et la rumeur parlait même d'un budget réel dépassant les 300 millions. Sans compter le budget marketing qui a forcément explosé vu les enjeux et ambitions du studio. Difficile de ne pas imaginer au moins 100 millions supplémentaires.

Le succès de Spider-Man 3 a donc été énorme, mais finalement à nuancer comparé au premier film, moins cher et quasi aussi glorieux côté business. Particulièrement si on regarde de près le box-office domestique, où le troisième épisode a fait moins que le deuxième, qui faisait déjà moins que le premier. Une baisse compensée par l'ascension à l'international, où Spider-Man s'est néanmoins imposé film après film.

 

photo, Tobey MaguirePeter Parker, un homme d'acier

 

LE MEILLEUR de spider-man 3

Venom était le grand argument de Spider-Man 3, avec la promesse d'un virage plus sombre, et d'une introspection pour Peter Parker ("Son pire ennemi est en lui" annonce l'affiche). Et ce fameux Venom a justement été considéré comme le problème du film, et le gros ratage de la trilogie de Sam Raimi. 

Pourtant, Sam Raimi est loin, mais alors très loin d’avoir tout raté. En l’espace de deux heures, et avec deux méchants supplémentaires à son actif, le cinéaste a réussi à mieux traiter et représenter le symbiote que l'intégralité du film Venom avec Tom Hardy - c’est ballot.

Autre réussite, qui là encore écrase les récents films Venom : Spider-Man 3 reste une sacrée réussite côté effets visuels. Le symbiote se déplace avec agilité, avec des mouvements fluides, visqueux et arachnéens, sublimés par des effets d'ombres et de lumières projetés sur les murs, et qui sont encore diablement effrayants. Et peu importe si Sam Raimi ne portait pas Venom dans son coeur : il l'a exploitée avec son savoir-faire habituel, offrant quelques scènes mémorables, comme ce plan circulaire lorsque le symbiote se lie à Eddie Brock dans l'église, et cette très belle manifestation à la toute fin du film, où le symbiote apparaît sous sa vraie forme. Nettement plus imposant que Venom.

 

photo,Mais oui, t'es si pas mal Venom allez

 

Au-delà de ça, Spider-Man 3 explore toujours plus la passionnante dualité entre Peter Parker et Spider-Man. Le symbiote n'est finalement qu'un prétexte pour révéler d'autres facettes de Peter, cet éternel ado et gendre idéal qui a lui aussi ses bas instincts et pulsions négatives. Sous l'influence de son costume (et symboliquement : parce qu'il est enivré par le pouvoir, qu'il gagne depuis le premier film), Peter devient trop sûr de lui, hargneux, grossier et violent, voire négligeant avec ceux qui l'entourent. Certes, il faut passer outre ses scènes de danses un peu ridicules (mais qu'on aime toujours regarder), sa démarche de coq et son petit look "émo" qui font encore tache dans le paysage. Mais la trajectoire de Peter Parker reste passionnante, dans le cadre de la trilogie.

Dans Spider-Man 3, la dualité entre le visage lumineux et la facette sombre du héros est mise à jour, grâce à Venom. Mais elle renvoie directement aux origines du personnage, confronté à ses limites, ses responsabilités et ses pulsions noires dès le premier film. En ça, ce troisième opus a du sens. Et voir Peter Parker frapper accidentellement Mary Jane, ou tenter de tuer Sandman (ce qui fait obligatoirement écho à l'accident fatal du cambrioleur lors de Spider-Man), donnent à Spider-Man 3 une force émotionnelle encore très claire.

 

photo, Spider-Man 3, Tobey MaguireEt si Spider-Man était un être abject ?

 

Côté émotion, impossible de ne pas s'attarder sur le personnage de Flint Marko alias L'homme-sable (Thomas Haden Church), qui semble clairement avoir les faveurs de Sam Raimi. Figure tragique de père qui cherche à tout prix à revoir sa fille, il porte quelques-unes des plus belles scènes du film, visuellement et thématiquement (rien que sa naissance, au rythme de la musique de Christopher Young, est fantastique).

C'est lui qui a tué l'oncle de Peter. C'est lui qui a brisé le héros dans le premier film. Mais Marko aussi a un coeur, et une histoire. Et en les reliant, Spider-Man 3 boucle magnifiquement la boucle, en plus de rappeler qu'il a toujours été question d'humains, avant les surhumains. Comme le docteur Octopus, L'homme-sable est un homme avant d'être un vilain, et Sam Raimi le filme ainsi.

"Je ne te demande pas de me pardonner. Je te demande de comprendre", lâche Flint à la fin, face à un Peter Parker en larmes. Et lorsque le pardon lui est finalement accordé, l'homme-sable s'envole, tout comme ce poids terrible porté par le héros. L'imagerie est candide, comme souvent chez Sam Raimi, mais elle est surtout terriblement belle et tendre.

 

photoGéant au coeur d'argile

 

Malgré ses défauts (et le fait qu'il est arrivé après deux films particulièrement flamboyants), Spider-Man 3 est une très belle lettre d'amour d'un cinéaste à un super-héros, et aux comics. Sam Raimi aime Peter Parker et son monde, et l'a démontré dans ses trois films, avec une obsession : ancrer ce héros dans le vrai monde, lui donner un corps, une âme, une existence cinématographique.

C'est parfois avec un souci du détail qui force le respect, quitte à aller dans un respect case par case / plan par plan, par rapport aux comics. Comme dans la scène de l'église Peter tente de s'arracher de son symbiote grâce aux vibrations sonores de la cloche, ou dans ce très beau plan où Peter raccroche son costume et le jette dans une benne à ordure, avant de s'éloigner dans le gouffre de la solitude dans Spider-Man 2. Ainsi, Spider-Man 3 apparaît comme la conclusion imparfaite, mais paradoxalement idéale, de cette saga brillante.

 

PhotoMême le costume est bien, franchement

 

LE PIRE de spider-man 3

Spider-Man 3 en a des défauts de taille. À commencer par la présence dénuée de tout intérêt de Gwen Stacy, personnage majeur qui méritait mieux que Bryce Dallas Howard en perruque blonde pour quelques miettes de scène inutiles. L'idée de triangle amoureux est non seulement superflue, mais en plus, elle ne donne rien à l'écran.

Sam Raimi n'en voulait pas, c'est évident dans le film. Bryce Dallas Howard n'a à peu près rien à jouer, Gwen Stacy devient vite une demoiselle en détresse et tête à claques sans dimension, et les scénaristes ne savent absolument pas quoi faire de cette partie de l'histoire. Hormis un immeuble qui s'écroule, Gwen Stacy est donc passablement oubliable et négligeable. Soit une hérésie vu la valeur du personnage dans les comics.

 

photo, Bryce Dallas HowardMême la coupe de cheveux ça ne va pas. C'est un NON Bryce.

 

Même chose pour Harry Osborn, et sa bromance "je t'aime, moi non plus" avec Peter Parker. Sam Raimi avait là aussi l'ambition de boucler la boucle du Bouffon vert, mais c'est beaucoup trop pour Spider-Man 3. Cette menace passe au troisième plan après celles de Venom et L'homme-sable, et fait pâle figure à côté d'eux, visuellement.

D'autant que l'écriture grossière n'arrange rien. Entre le petit coup d'amnésie, le retour de la rivalité autour de Mary Jane, les visions du papa Osborn, l'union finale avec Peter et le sacrifice ultime pour le copain Peter, l'arc de Harry semble au mieux expédié, au pire raté.

 

photoVert de rage

 

Sans surprise, le plus gros problème de Spider-Man 3 reste donc le surplus de super-méchants, chose qui n'est pas uniquement la faute du producteur Avi Arad puisque Sam Raimi avait lui aussi cette envie. Parce qu'il avait les yeux plus gros que l'estomac ? Parce qu'il voulait exploiter au maximum les comics et savait qu'il n'allait pas réaliser 15 films Spider-Man ? Ou simplement parce que c'est une situation inévitable dans l'industrie du blockbuster super-héroïque, dès que le succès est là et que les studios s'excitent et perdent le sens des réalités ?

Dans tous les cas, Spider-Man 3 a évidemment souffert de la comparaison avec les deux précédents épisodes, et de leur succès monstrueux. C'était à l'époque un gros premier signal des limites d'un tel numéro d'équilibriste (un auteur sur un tel blockbuster, un super-héros avec une bande d'ennemis), et l'histoire a depuis prouvé que la leçon n'avait pas forcément été retenue, notamment dans The Amazin Spider-Man 2. Reste à voir Spider-Man : No Way Home, qui rejouera la carte des multiples méchants. Notamment Octopus, version Sam Raimi. Encore une boucle de bouclée, ou presque.

 

photoMiroir, miroir, dis-moi si Tom Hardy est pire

 

SPIDER-MAN 4 ANNULÉ

Spider-Man 3, c'est un film tellement pas si mal qu'il a rapporté 890 millions de dollars, à une époque où Marvel (et le cinéma de blockbuster tout entier) était loin de caresser le cap des milliards tous les quatre matins. Alors forcément, malgré les difficultés pour produire ce troisième film, sa qualité inégale, sa réception sulfureuse et la dépression précoce de Sam Raimi, un Spider-Man 4 était programmé pour mai 2011.

En fait, Raimi n'avait tellement pas conscience du monstre qu'il avait créé avec le succès de ses films que Sony avait engagé le scénariste James Vanderbilt (White House Down, Independence Day : Resurgence) pour non seulement travailler aux côtés du réalisateur sur ce quatrième opus, mais il aurait aussi été assigné à l'esquisse d'un cinquième et d'un sixième (selon un rapport de Variety). 

Le mot d'ordre était donné, tant pour Raimi que ses collaborateurs : il fallait rattraper l'échec critique de Spider-Man 3Jeffrey Henderson, qui était chargé des story-boards de la quatrième aventure du Tisseur, a confirmé après l'annulation du projet, le désir de rédemption qui motivait l'équipe artistique :

 

Photo Andrew GarfieldLa rédemption prendra une toute autre forme en 2012

 

« Cela aurait été un film absolument fou ! Sérieusement, nous avions travaillé sur des trucs incroyablement cool, parce que tout le monde a estimé que Spidey 3 était un peu une occasion manquée et nous avions tous voulu vraiment aider Sam à faire passer Spidey 4 à un niveau supérieur afin qu’il puisse terminer la série sur une note positive. »

On notera qu'Henderson voyait ce quatrième opus comme une fin (peut-être celle de Raimi à la réalisation ?), mais il n'en était rien. Le projet a traîné, le metteur en scène n'étant jamais satisfait du scénario. C'est d'ailleurs l'un des grands regrets qu'il a émis des années plus tard : avoir voulu "trop en faire" avec Spider-Man 3. Un état d'esprit qui l'a sans doute amené à penser qu'il avait franchi un point de non-retour, dans lequel il serait obligé de surenchérir sur ses enjeux et ses méchants pour proposer un spectacle plus réussi que le précédent.

Et ce point de non-retour, il l'a amené à cumuler le Vautour (éjecté de Spider-Man 3 donc), Electro et Mysterio dans les prémices de son scénario (au point de songer à former l'équipe des Sinister Six) ; à remettre un "love interest" au bon goût de Gwen Stacy en la présence de la Chatte Noire (Anne Hathaway avait même auditionné pour le rôle, mais deviendra plutôt Catwoman dans The Dark Knight Rises) ; et même une histoire de "Spider-Kid", l'enfant de Peter Parker et Mary Jane. Plein d'idées brouillonnes, constamment retravaillées, mais jamais claires.

 

photo VautourLe Vautour, avec John Malkovich dans le rôle et moins de métal sur le dos

 

Cerise sur le gâteau : Sony voulait lui imposer comme énième antagoniste le Lézard (que Raimi admettait apprécier, contrairement à Venom), qui était déjà présent dans la saga par le biais de Dylan Baker (sous forme humaine). Un surplus d'antagonistes, une romance chargée dans un lot déjà fouillis d'intrigues, un méchant forcé par la production : l'histoire de Spider-Man 3 se répétait dangereusement.

Pression supplémentaire s'il en est, le studio semblait déjà songer au reboot (sans doute en option de secours). Sam Raimi, en proie au doute face à ses capacités, aux appréhensions du studio et son intégrité artistique, finira par démissionner en janvier 2010, alors que la pré-production du film était lancée. Il s'est ouvertement exprimé sur son départ :

 

Photo Rhys IfansEt forcé dans un Spider-Man, le Lézard sera

 

« Nous avions une date limite que je ne pouvais pas faire coïncider avec mon histoire au niveau qui me convenait. J’étais très mécontent de Spider-Man 3 et je voulais que Spider-Man 4 soit le chapitre final qui clôt en beauté la saga. Je voulais qu’il soit le meilleur de tous. Mais je ne pouvais pas rassembler le scénario à temps à cause de mes propres échecs et alors j’ai dit à Sony : "Je ne veux pas faire un film qui ne soit pas au minimum génial. Lancez votre redémarrage, c’est ce que vous avez prévu de toute façon." »

L'interprète du Tisseur, Tobey Maguire, a immédiatement suivi le réalisateur dans sa démarche, et ainsi fut annulé Spider-Man 4. Le reboot a été annoncé dans la volée, avec James Vanderbilt pour reprendre son rôle de scénariste. Spider-Man était mort, vive The Amazing Spider-Man !

Tout savoir sur Spider-Man 3

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commentaires
Champi79
23/10/2021 à 20:54

Et je vous que sam connaît bien l'univers de l'araignée parce que au début il voulait pas Gwen sachant que c'était le premier amour de Peter, mais bon il a respecté c patron il aurait pas du eu il connaisse il vois juste l'argent dommage, a cause de ça sam et pas dans les vrai comics de the Amazing Spider Man il a fait du the Amazing et ultimate dommage

Champi79
23/10/2021 à 20:14

Mdr cette article on vois des personne qui critique tout le temps sans véritablement arguments, je suis dac avec sam Bryce aurait pas tu joué Gwen mais plutôt Felicia sachant que dans les comics elle est à l'université avec Peter travaillant dans la science tout les deux, après pour moi Venom il a compris avec le lien avec Peter mais moins avec Eddy mais si la création est respecté des comics et ça merci sam, parcontre Danny je pense que c a cause de avid que sam raimi était un peut parce que les deux vont retravailler ensemble docteur strange 2, pour avis Arad a pensé toute suite à l'argent et ils ont bien regretté vu les suite ils ont été même accepté de se lié Marvel disney

JaV
23/10/2021 à 14:25

Les venom de Hardy sont terriblement mauvais ça c'est un fait...

Mais de la à dire sue le Venom de Spider-Man 3 est le meilleur venom faut arrêter les conneries, les 2 adaptations sont terribles, déjà Raimi n'avait absolument rien compris au personnage ni à son fonctionnement, un ratage totale dans les deux sens

Xbad
23/10/2021 à 14:08

Le moins bon de la trilogie de Sam raimi, j'ai préféré le premier d'Andrew Garfield aussi. Venom lui avait été imposé à priori, mais il n'aimait pas le personnage. Ça se ressent terriblement je trouve, l'ensemble de l'histoire fait très bancale. Il reste devant les far from home et cie pour moi par contre

Flo
23/10/2021 à 13:54

Moins bon que les derniers, lesquels ont une maîtrise absolue et équilibrée de ce qu'ils racontent, même avec l'inflation de moyens et de contexte (ça paraît par contre bien compliqué pour "No Way Home").
- Et Elfman s'était déjà séparé de Burton pour des questions de lourdeurs, faut pas l'oublier.

Ici, les bonnes idées et les très belles scènes que l'on connait bien, sont gâchées et parasitées (symbiotées?) par d'autres qui n'y ont pas leur place, pas si tôt. Ça donne un équilibre qui est brinquebalant, qui passe d'un extrême à l'autre, juste parce-qu'ils ne veulent même pas faire de teasing pour un autre épisode et préférent tout traiter d'un coup.
Avec ainsi des facilités scénaristiques encore plus naïves : Le symbiote est noir, donc il rend Peter bête et méchant... ce qui n'existe pas dans le comic.
Ou bien Marko nous ramène encore à Ben, mais en fait non puisqu'il ne l'a pas tué volontairement (encore un méchant absout de toutes responsabilités, calqué pour la troisième fois sur le modèle de Curt Connors). Ce qui suffit à Peter pour justifier de lui pardonner - là où dans les comics, Peter peut pardonner même à des "vrais" criminels, par bonté d'âme maladive.
Par contre, Harry est plutôt bien traité, de touches en touches, il est le centre (sacrificiel) de cet épisode là où c'était plus MJ pour le précédent.

À l'époque, ils apprenaient encore, ils essayaient de résoudre comment faire pour que tant d'intrigues cohabitent de manière plus fluide.
Kevin Feige observait ça de son côté, et l'idée d'une structure globale homogène a tout réglé.
Fallait juste hybrider Pur Cinéma et Série, en enlevant toute honte à avoir du second degré... pour des gus en costumes moulants.

Tom Ward
01/12/2020 à 22:19

Franchement, Sam Raimi s'est quand même super bien démerdé avec ce qu'on lui a donné. Si Arad (le vrai némésis de Spider-Man) ne s'en était pas mêlé, on aurait eu affaire à une bombe, c'est clair, mais cette trilogie reste aujourd'hui encore la meilleure trilogie de super-héros jamais réalisée. Sony s'est vraiment tiré une balle dans le pied en faisant tout capoter...

Marvelleux
01/03/2020 à 18:27

Bien mieux que les autres adaptations de spider-man qui sortiront après.

Jonathan
05/11/2018 à 10:14

La version 3.1 corrige pas mal de défaut scénaristique.

SP
29/10/2018 à 21:30

La première trilogie de l'homme araignée avec Tobey Maguire est de loin le meilleur spiderman que marvel est fait . avec des acteurs charismatique et avec une certaine moral , pas comme les merde qui on suivi derrière ... , donc les critiques sur ce film j'ai un peu du mal vu ce qui a suivi après ... donc Sam Raimi n'a rien a ce reproché .

Giagia16
29/10/2018 à 16:46

vraiment appart le scène ou peter danse dans le rue et dans le bar. ce film est super il faut arrêter de lui cracher dessus, vous s'avez quoi ce soir regarder le vraiment le film vous allez voir qu'il les pas si mal. même l'histoire et bien écrite. car il faut redonnez une chance a spider-man 3 ce film mérite d'autre critique et vous s'allez voir que même les méchant sont bien écrit.

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