Peninsula, The Walking Dead... le zombie est-il mort et enterré ?

La Rédaction | 11 octobre 2020 - MAJ : 11/10/2020 13:49
La Rédaction | 11 octobre 2020 - MAJ : 11/10/2020 13:49

Les zombles de Peninsula arrivent le 21 octobre en salles, alors que The Walking Dead se fend d’un double évènement : la fin de sa saison 10 (déjà !) et le début de son deuxième spin-off, World Beyond. Pas de doute : le zombie est toujours (mort) vivant. Et ce n’est pas fini, puisque la série d’AMC devrait en théorie elle aussi se décliner au cinéma, peut-être même sous la forme d’une trilogie !

Et pourtant, nos précieux infectés se suivent sans se ressembler. Si les « rôdeurs » de The Walking Dead tendent de plus en plus à la léthargie, les bestiaux de l’univers de Dernier train pour Busan font preuve d’une férocité extrême. En 2020, le zombie est pluriel, et tout le monde ne le regarde pas pour les mêmes raisons, du casanier pour qui l’adage « Netflix and chill » est un mantra au passionné de séries B bourrines, en passant par les arpenteurs de salles classées art et essai.

Lui-même particulièrement nécrophile, Ecran Large se lance dans une cartographie du genre depuis les années 2000, et par la même, une classification bio-scientifique des différents types de morts-vivants grignotant nos écrans.

Bien sûr, il est impossible d'être exhaustif. Nous nous contenterons donc de dégager une tendance.

 

photo Le zombie, plus de 50 ans après La Nuit des morts-vivants

 

Les restes du zombie politique

Identité : Un cadavre en putréfaction qui accueille en lui, comme une myriade de germes, les maux d’une société si dégénérée qu’elle a des airs de charniers. 

Première apparition notable : La Nuit des morts-vivants (1969) George A. Romero 

Dernière apparition notable : Cargo (2018) de Ben Howling et Yolanda Ramke

Degré de dangerosité : Totale car non seulement ce spécimen jouit de la même agressivité que ses petits copains, mais il s’attaque en plus à la symbolique et menace donc de réduire notre perception du monde à néant. Rien que ça. 

On considère généralement que le zomblard se fait politique à l’occasion de la symbolique année 1968, lorsque George A. Romero réalise La Nuit des Morts-Vivants. Et si l’artiste est incontestablement le père du pendant politique du genre, on peut se demander si c’est vraiment à ce moment-là que le concept prend son envol. En effet son premier film de zombies renouvelle totalement le genre et adresse brutalement quantité de questions sociétales, mais elles sont prioritairement portées par ses personnages humains. 

C’est avec sa suite, Zombie, que Romero fait du mort-vivant une icône, et pas n’importe laquelle, celle de la société occidentale de consommation. Une civilisation dont les membres agissent de la même manière, qu’ils soient morts, ou vivants, se rendant tous au supermarché, temple de la consommation. Le zombie politique a cela de puissant qu’il nous contamine bien avant de nous mordre, par son sens, par son attitude, il indifférencie vivants et cadavres, nous renvoyant tous à la perte de nos sens qui préside nos existences. 

 

Photo ZombiePolitique et dermatologie, même combat

 

Le concept est monstrueusement puissant, ravageur, et assoie le réalisateur comme un auteur politique de premier plan, un peu trop sans doute, au point d’effacer parfois ses grandes qualités de conteur et son art de la narration, comme si l’horreur n’était noble que maquillée en tract militant. D’ailleurs, derrière cette vision puissante se cache une faille, ou plutôt un problème : il n’a pas forcément beaucoup d’espace pour un autre auteur usant de cette approche, et une fois le zombie transformé en cadavre politique, personne ne saura vraiment comment reprendre le flambeau. 

Ainsi, le libéralisme triomphant de par le monde, les studios ne goûtant plus forcément les lointains échos du Nouvel Hollywood, cette figure va progressivement s’estomper, ses ambassadeurs se raréfier, mais surtout leur inspiration s’assécher. Preuve en est avec deux productions récentes, Cargo et The Dead Don't Die, de Jim Jarmusch. Le premier voudrait raconter quelque chose du lien inter-communautaire dans l’Australie contemporaine, quand le deuxième est incapable de reprendre le geste Romerien, sans l’affubler d’un mauvais goût parodique et d’un humour bas de plafonds. Le discours est en mode automatique, la vision du monde attendue, la pensée réduite à sa propre caricature.

Tous deux nous le disent, le zomblard n’est plus vraiment d’humeur à voter et trop écouter Manu Chao à achever de lui griller le cerveau. 

 

PhotoQuand le zombie politique se meurt

 

Le zombie parodique

Identité : Un mort-vivant souvent ridiculisé, et profondément débile, puisqu'il n'est même pas capable de gober des héros eux-mêmes très stupides.

Première apparition notable : Shaun of the Dead (2004) d'Edgar Wright

Dernière apparition notable : Retour à Zombieland (30 octobre 2019) de Ruben Fleischer / Little Monsters (31 octobre 2019) de Abe Forsythe

Degré de dangerosité : Très peu élevé

Ainsi, si quelques artisans continuent de se revendiquer du zombie lent et persévérant, cette esthétique nécrologique apparait pour beaucoup comme gentiment désuète. En d’autres termes, le zombie ne fait plus peur. Il peut alors faire rire.

Ça tombe bien : les comédies super référencées sont à la mode. Ce n’est pas un hasard si les scénaristes ayant braqué le box-office avec un Deadpool qui passe son temps à se moquer du passé ont connu leur premier succès avec le Bienvenue à Zombieland de Ruben Fleischer. Et preuve que cette tendance est loin d'être usée jusqu'à la corde, ils sont revenus avec une suite en 2019, Retour à Zombieland, qui a elle aussi plutôt bien fonctionné.

 

Photo Abigail Breslin, Emma Stone, Woody Harrelson, Jesse EisenbergRetour aux sources

 

Même si la comédie zombiesque assumée est présente depuis longtemps sur nos écrans, c’est forcément Shaun of the Dead qui a ouvert la voie à la nouvelle génération, grâce à un sens du tempo comique remarquable et un duo d’acteurs hilarant. Depuis sa sortie en 2004, le film d’Edgar Wright est devenu un morceau de pop-culture à lui tout seul. Son titre annonce la couleur : il parodie ouvertement les codes des chefs-d’œuvre de Romero, allant jusqu’à reconduire de temps à autre son sens de la satire sociale.

Après ça, ils furent nombreux à s’engouffrer dans la brèche, parfois pour faire rire, parfois pour amasser le maximum de thune sur le dos des amateurs et parfois pour remplir les grilles de programmation de festivals spécialisés, de plus en plus plébiscités. Face à l’avalanche de pastiches, chacun se doit de faire preuve d’originalité. Le zombie parodique bouffe donc à tous les râteliers pour nous arracher un sourire.

On a donc vu des morts-vivants grimés en clowns dans Zombieland, en nazis dans Dead Snow, en femmes littéralement castratrices dans Doghouse, en Mexicains bourrés de tacos dans Planète terreur. On les a vus terrifier des enfants dans Little Monsters, des personnes âgées dans Cockneys vs Zombies, des scouts dans Manuel de survie à l'Apocalypse zombie et même des personnages de littérature dans Orgueil et Préjugés et Zombies

 

Lily jamesJane Austen se retourne dans sa tombe... et se relève

 

Cette quête inespérée de la palme du WTF (le seul moyen de se démarquer sur un marché sans répit) prend des proportions délirantes quand les protagonistes sont eux-mêmes des zombies (Dead heads, la rom-zom-com Warm Bodies) ou que les productions sombrent dans un n’importe quoi putassier où seul le titre compte (Les Zombies font du Ski, Zombies vs. Strippers et le sommet de bon goût Big Tits Zombie).

Même les grosses sagas s’y mettent avec un troisième [REC] qui juge bon d’ironiser sur le sort de la franchise au moment même où celle-ci s’essouffle sérieusement ou les Resident Evil qui… Attendez, ce n’est pas une parodie ?

Ne serait-ce pas là le véritable chant du cygne du zombie classique ? Si l’imaginaire du zomblard américain était déjà mal en point au tournant des années 1990, il se fait achever par cette ribambelle de péloches rigolardes, futiles en apparence, létales en pratique. Une figure horrifique que le public ne respecte plus peine forcément à lui arracher des cris d’effrois. Au début des années 2000, le mort-vivant semble condamner à faire rire ou à disparaitre. Et même les auteurs respectés comme Jim Jarmusch s'y mettent, pour un résultat franchement décevant. Mais heureusement, certains sauront contourner les règles pour redonner ses lettres de noblesse à l’infecté cannibale, las de faire le larron pour les trois nerds du fond.

 

photoLa mariée est en rouge dans [REC³] Génesis

 

Le zombie sous speeD

Identité : Un mort-vivant type Jeux Olympiques sous amphet'

Première apparition notable : 28 jours plus tard (2003) de Danny Boyle

Dernière apparition notable : La série Netflix Kingdom de Kim Eun-hee

Degré de dangerosité : Très élevé, car très rapide et infectieux

Certes, le tout premier zombie dans La Nuit des morts vivants piquait déjà un sprint pour essayer de grignoter Barbra, mais désormais, ils démarrent au quart de tour. L'arrivée de ce zombie amélioré (qui n'est même plus un zombie pour certains puristes) change la donne : c'est une petite révolution, dans le fond comme dans la forme, qui permet au genre de se réinventer, se redynamiser, et ouvrir ses horizons pour attirer un public nouveau. Pour ceux qui considéraient le zombie originel comme un vieux machin risible, maquillé en vert-bleu et moins effrayant que le générique d'American Horror Story, la version sprint était une mise à jour naturelle, voire indispensable.

Un zombie qui court sans relâche après ses victimes modifie toute l'approche du genre, et contamine inévitablement les idées de scénario et mise en scène. Hier, la force de l'esprit primait : les héros se barricadaient pour créer une bulle de sécurité, conscients que leur survie se jouait plus sur la durée, et la gestion de la panique et du désespoir, avec une menace susceptible de lentement les bouffer (à l'extérieur ou de l'intérieur). Désormais, c'est aussi et surtout le corps qui est mobilisé : les personnages sont embarqués dans un train à toute vitesse, et doivent fuir, courir, se cacher, s'armer. Cette énergie dévastatrice, qui anime les morts et consume les vivants, crée une tension nouvelle, proprement spectaculaire.

 

photoGood Morning England

 

Côté spectacle, c'est donc un cadeau. Le gouffre entre Zombie de Romero en 1978, et le remake L'Armée des morts de Zack Snyder en 2004, l'illustre à merveille : en quelques instants, il y a des poursuites, des attaques, des hurlements, du carambolage et de l'explosion. Bienvenue dans le nouveau millénaire, où plus personne n'a le temps de regarder un zombie-escargot. L'attaque est désormais rapide, répétée, et impitoyable, et le destin des personnages, scellé en quelques secondes, comme parfaitement illustré dans 28 semaines plus tard, The Last Girl ou encore La Horde.

En échange, l'identité de ce nouveau zombie se dilue, la bestiole empruntant à toutes les autres. Un coup, c'est un cousin du vampire auquel il emprunte les capacités surhumaines, comme dans Je suis une légende. Un autre, c'est une créature fantasmagorique, comme dans la mythologie [REC] où l'exorcisme est au coin du couloir.

 

Photo Milla JovovichResident Debil

 

La saga Resident Evil avec Milla Jovovich, Le Labyrinthe : La Terre brûlée, Overlord... ce mort-vivant survitaminé est en plus servi à toutes les sauces, et devient un accessoire de mode. Même quand il n'y a pas à proprement parler de zombie, le concept d'infecté sert de poubelle à l'imaginaire du spectacle ordinaire, pour booster l'action. Non seulement le motif du mort-vivant est mélangé aux autres créatures du cinéma de genre, mais son cadre est élargi pour aller dans le cinéma d'action, quand il n'est pas mixé avec une dose de réécriture historique comme dans la série Kingdom.

Les règles du jeu ont changé, et la nature de ces nouveaux zombies aussi. Ils ne sont plus des miroirs pourrissants de l'homme, dont la terreur est insidieuse, mais des machines de guerre, qui dominent le récit. Vidé de sa substance politique si commentée, cet infecté/zombie/mort-vivant/peu importe est une page blanche, sur laquelle tout le monde dessine tout et n'importe quoi. L'étrangeté d'hier a laissé place à des croque-mitaines ultimes, mais potentiellement génériques, entre le monstre tapi dans l'ombre et l'animal surpuissant.

Au mieux, c'est un carburant à horreur sensationnel ; au pire, c'est un accessoire passe-partout qui pourrait quasiment être remplacé par n'importe quoi d'autre.

 

photoRECevez nos meilleurs voeux

 

La masse sous speed

Identité : Un mort-vivant transformé en essaim et en image de synthèse, qui bouffe plus de RAM sur un ordi que de chair humaine

Première apparition notable : World War Z de Marc Forster

Dernière apparition notable : Peninsula de Yeon Sang-Ho

Degré de dangerosité : Élevé dès que les acteurs maquillés en zombie sont remplacés par des CGI

Cette masse énervée était déjà là dans L'Armée des morts par exemple, lorsque les survivants tentent de s'enfuir dans leur camion en mode Mad Max, mais c'est notamment dans World War Z qu'elle a eu les moyens d'exploser, et attirer l'attention derrière les mèches bien coiffées de Brad Pitt. Cette évolution Pokemon du zombie sous speed était inévitable, pour des raisons hollywoodiennes évidentes : dans le crescendo du spectaculaire, la quantité est un axe d'évolution logique, tandis que la bascule sur des images de synthèse va de pair avec la (triste) fin des maquillages spéciaux, plus lourds.

Ici, il n'y a plus aucun individu, aucun visage, aucun reflet humain, seulement une vague presque abstraite qui forme un tas, avec un panneau géant "attention danger" dessus. Ce n'est plus une attaque à échelle humaine, mais un assaut comme sur un champ de guerre. La fameuse scène des zombies à Jérusalem dans WWZ en est la meilleure représentation : très vite, c'est une orgie numérique rocambolesque, où les zombies tombent, sautent, frétillent et mordent à tout va. Tout ça frôle régulièrement un comique type Benny Hill, avec des morts-vivants devenus des marionnettes sans poids ni réalité, comme une armée de gros rats sur ressort.

 

photoMûr pour les lamentations

 

Et cette montagne de zombies est une montagne de paradoxes. La marée réduit les morts-vivants à des fourmis, et la violence sanglante se perd dans un océan de bruits, mouvements et retouches numériques. Mille fois plus de zombies ne signifient pas mille fois plus d'horreur, et au lieu de faire monter la tension, c'est rapidement une saturation de tous les signaux. Ce n'est pas un hasard si les jambes ne suffisent plus, et qu'il faut désormais user d'engins motorisés (un avion, un train) pour fuir le danger : dans la course au bigger and louder, le zombie est largué.

Le zombie numérique qui arrive en masse peut toutefois être moins grossier. Dernier train pour Busan est l'une des récentes démonstrations en la matière, avec un savant mélange entre le réel et les CGI, et suffisamment de moments raccrochés à la réalité des corps (tordus, brisés, désarticulés) pour maintenir la notion de chair et pesanteur si importantes. Car c'est bien cet équilibre qui donne tout son sens aux zombies, qu'ils soient isolés ou regroupés.

Ce raz-de-marée change là encore la dimension spectaculaire de la mise en scène, qui s'emballe souvent pour emprunter aux codes du film catastrophe, où l'évacuation est l'objectif, tandis que la dose de destruction et victimes est rangée au rang de figurants. Inutile de chercher les humains dans ce brouhaha : ils sont vite perdus, alors que l'action s'élargit pour inscrire plus que jamais tous ces pions dans le grand tableau de l'apocalypse. Là encore, le genre est hybridé.

 

PhotoL'Arrivée d'un train en gare de L'Apocalypse

 

Le zombie d'auteur

Identité : Un mort-vivant qui se regarde dans la glace et se dit : "Qui suis-je ? Où vais-je ? Mon cerveau en décomposition notable est-il l'apanage de ma profonde mélancolie baudelairienne ? Quel est le sens de la mort ?"

Première apparition notable : Les Revenants (2004), de Robin Campillo

Dernière apparition notable : Zombi Child (2019) de Bertrand Bonello

Degré de dangerosité : Pour le corps, faible. Pour l'esprit, élevé

Tandis que les blockbusters du genre se vautrent dans l'escalade avec des zombies toujours plus rapides, toujours plus nombreux, toujours plus physiques, certains cinéastes plus modestes ont profité d'un regain d'intérêt pour le cinéma d'horreur cérébral. Ils ont proposé leur vision du mort-vivant. Et ils ont choisi de s'éloigner du spectre de Romero en mettant en scène un mouvement fantastique tourné non pas vers l'extérieur, mais vers l'intérieur.

Plus concrètement, ces longs-métrages jurent complètement avec l'approche massive des grosses productions en s'attachant à l'individualité. Il s'agit de traiter du survivant bien sûr, mais surtout de la figure de l'infecté, et de ce qu'elle inspire autour d'elle. Dans le très sympathique La Nuit a dévoré le monde, le héros doit composer avec une solitude d'autant plus difficile à gérer que l'altérité présente autour de lui est vidée de toute humanité. Qu'est-ce qui est humain, ou pas : voilà les questionnements qui hantent les films d'auteurs zombiesques 2.0, souvent de complets OVNIs.

 

PhotoLa Nuit a dévoré le monde, un film qui a fait du bruit

 

Une singularité qui n'en fait pas pour autant d'obscures propositions, comme le pourtant super inventif (et très fauché) The Battery. Le succès d'estime de la série Les Revenants, inspirée par le déjà très introspectif Morseest déjà très révélateur, même si on peut difficilement la rattacher au genre du zombie classique. Ce n'est pas le problème d'In the flesh, qui reprend quasiment le même postulat, vrais zomblards en prime. Maggie, lui, entraine carrément le saint patron du divertissement bourrin Arnold Schwarzenegger dans une quête humaniste qui emprunte beaucoup à La Route, film et livre. Une fois de plus, la narration creuse le rapport de ce père à l'humanité de sa fille, atteinte du virus.

Il faut dire que ce revirement de perspective est assez fascinant : la menace auparavant purement fantastique et donc inexplicable devient un objet à appréhender. Un effort d'autant plus difficile que les spectateurs drogués aux séries B des années 1970 et 1980 que nous sommes doivent composer avec leur propre vision du phénomène. Le zombie n'est plus la cause, l'antagoniste ou un facteur de révélation : il est tout simplement le sujet, dans une logique intimiste forcément contemporaine.

 

photo, Abigail BreslinZombie child

 

Dans un monde où un jour ne se passe pas sans qu'on doive attester de notre propre humanité, le zombie est un monstre particulier, questionnant justement les limites de l'être humain. Dans The Cured, des anciens infectés vaccinés doivent vivre avec le poids de leurs exactions passées, alors qu'ils se font rejeter par le reste de la population. Plus actuel et auto-centré tu meurs... ou pas.

Mais la preuve définitive que cette vision du zombie parle aussi à un grand public las des World War Zederies désincarnées, c'est bien le carton des deux The Last of Us, énormes jeux vidéo ancrant cette perspective dans la pop-culture. Le cinéma commence petit à petit à s'en inspirer, avec The Last Girl, par exemple, cristallisant idéalement le renouveau du genre : l'héroïne est une zombie, qui doit se débattre avec ses instincts humains, et finalement s'en émanciper. C'est noir, c'est beau, c'est pertinent. Bref, le mort-vivant a encore de beaux jours devant lui

 

Photo Sennia NanuaÀ porter dans le métro, et dans la rue

 

Le cap symbolique des années 2000 n’a certainement pas tué le zombie, mais il l’a forcé à se renouveler en profondeur. En effet, l’industrie a mis un temps extraordinaire à tourner la page Romero, tellement élevé en icône intouchable que tout le monde voulait s’en inspirer, lui rendre hommage ou le parodier… Romero y compris. Il a fallu que quelques cinéastes aux influences différentes s’emparent du genre, quitte à n’assumer qu’à moitié de s’y confronter.

28 Jours plus tard est le point de rupture établi, celui qui transforme les morts-vivants en infectés et l’errance en épreuve du 100 mètres haies. Si Boyle et ses successeurs ne parviennent pas à changer le zombie thématiquement, ils le changent physiquement, pour accoucher de péloches très rentre-dedans.

En parallèle, des cinéastes plus modestes en ont profité pour expérimenter de leur côté et s’éloigner des répercussions sociales du monstre pour migrer sur les terres de l’introspection. Aujourd’hui, donc, le zombie est soit super efficace, soit totalement auteuriste, et le genre peine de plus en plus à concilier les deux approches. Le zombie survit, mais le zombie divise.

commentaires

Qc
13/10/2020 à 15:07

Entièrement d'accord avec @FLASH !

Zontek
13/10/2020 à 04:01

Zombie parodique:
Première apparition notable: Braindead
S’il vous plaît

Colonel j Matrix
12/10/2020 à 07:23

Znation c nul et débile il faut ce réveillée

Kyle Reese
11/10/2020 à 23:21

En gros il y en a pour tout les gouts. A noter qu'il y a eu aussi des zombies d'origines Vaudou comme avec L'emprise des ténèbres de Wes Craven et d'autres films avec des zombise du même genre bien avant. Mais ces zombies là ont été largement dépassé par les nouvelles générations plus performantes et bien plus létales.

Je suis curieux de voir ce que Snyder nous a concocté pour son Army of the dead en espérant qu'il a trouvé un concept pour renouveler un peu le mythe.

PetitBlasphème
11/10/2020 à 20:22

Je pense que le message est clair non ? Avec des séries comme The Walking Dead le message est très clair "préparez vous à l'apocalypse", on a déjà le corona alors ne soyez pas étonné si vos vie ressemble à cette série mais bon peut-être qu'au moins sa vous réveilleras

La Classe Américaine
11/10/2020 à 20:12

Il s'est passé avec ce genre ce qu'il s'est exactement passé avec le western. A savoir, qu'à trop tirer sur la corde, le film de zombie a tué le film de zombie. Très vite enfermé dans des codes dont on fait vite le tour (virus/pandémie, courir ou mourir) et après qu'il ait renaquis de ses cendres, il s'est consumé lentement pour faire du sur-place. Il y a bien quelques exceptions que vous avez a juste titre citées ici mais force est de reconnaitre qu'il n'y a plus grand chose a renouveler...

Geoffrey Crété - Rédaction
11/10/2020 à 19:55

@Mono

Oh, il en manque des tonnes, malheureusement on a mis énormément de film de côté pour le bien de la lecture, et éviter un effet liste !

Mono
11/10/2020 à 19:51

Dommage, il n'y a pas ponty pool que je recommande ;)

zetagundam
11/10/2020 à 16:45

M'en fout !
Pour moi, c'est le toujours oublié Z Nation ou rien

Flash
11/10/2020 à 14:42

Ras le bol des zombies, je veux du loup garou et du bon.

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