Thor, Iron Man, Captain America : hors Avengers, les stars Marvel ont-elles des carrières réussies ?

Créé : 25 octobre 2017 - La Rédaction
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Y a t-il une belle vie artistique au-delà des super-héros Marvel ?

Depuis le lancement du MCU (Marvel Cinematic Universe) en 2008 avec Iron Man, le studio a enrôlé un certain nombre d'acteurs attachés par contrat à leurs productions. Certains ont vu leur carrière naître, renaître, ou gagner une dimension hollywoodienne reluisante.

Si Marvel est un atout en terme de visibilité qui a dû apporter gloire et bonheur aux acteurs et leurs banquiers, leurs carrières connaissent des hauts et des bas à côté des aventures super-héroïques. Choix de carrière douteux, bides plus ou moins mérités, folie des grandeurs : entre planning serrés et désirs artistiques à combler, retour sur les carrières des principaux membres des Avengers, hors Avengers.

 

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ROBERT DOWNEY JR.

Ex-super star promise à une carrière au firmament, puis bad boy ingérable, Robert Downey Jr. est sans doute le plus beau paradoxe engendré par l’écurie Marvel. Redevenu une figure surpuissante d’Hollywood grâce au sacre d’Iron Man, Robert Downey Jr. truste durablement les classements des comédiens les mieux payés d’Hollywood.

Son aura est indiscutable, sa popularité évidente. Malgré la volonté de Marvel de renouveler son cheptel et de trouver des alternatives à la suprématie (et au coût) de cet homme d’acier, force est de constater qu’il est encore l’emblème des Avengers. Rien n’indique pour autant que sa puissance puisse s’exercer en dehors du pré carré de Disney.

 

Photo , Robert Downey Jr.

 

En effet, depuis Tonnerre sous les Tropiques en 2008, Downey Jr. a échoué à imprimer sa marque auprès des spectateurs. Qu’il s’agisse du Soliste, de Date limite (censé recréer le succès de Very Bad Trip avec le même réalisateur et acteur), ou du Juge (pourtant pensé comme un potentiel véhicule à Oscars), aucun n’a secoué le box-office ni mobilisé ses fans.

Le succès des deux Sherlock Holmes (524 millions au box-office pour le premier, 545 pour le deuxième) pourrait laisser penser le contraire, mais à bien y regarder, les films de Guy Ritchie, dans leur traitement et jusque dans l’écriture du personnage de Holmes, témoigne de l’influence de Disney sur la conception du cinéma de divertissement grand public contemporain. Il est permis de penser que c’est un Tony Stark steampunk, plus que Sherlock Holmes, qu’est venu chercher le public. D’ailleurs, la suite Jeux d’ombres, aura réalisé un démarrage presque deux fois inférieur à l’opus original sur le sol américain, et aura été rééquilibré à l'international. Evidemment pas de quoi en faire un flop, mais une véritable déception, qui laisse croire que les spectateurs préfèrent le Tony Stark original à son clone british.

Disney a propulsé Robert Downey Jr. à nouveau  au sommet de la A-List, mais rien n’y indique qu’il puisse s’y maintenir si jamais Kevin Feige demandait gentiment à Thanos de lui régler son compte. D'autant que ses choix les plus forts et audacieux (Fur : Portrait imaginaire de Diane ArbusA Scanner DarklyZodiacKiss Kiss, Bang BangGood Night and Good Luck) sont pré-Iron Man.

 

Photo Robert Downey Jr.

 Robert Downey Jr. dans Le Juge

 

CHRIS EVANS

On aura souvent tancé l’acteur sur son supposé manque de charisme, lui qui fut mortellement transparent dans les deux premières adaptations des 4 Fantastiques et devait trouver le rôle de sa vie avec le personnage de Steve Rogers, un peu hâtivement perçu comme un gentil couillon patriote. Sentiment encore renforcé par le faible nombre de projets hors Marvel qu’il a enchaînés ces dernières années, projets qui ont le plus souvent manqué d’écho.

 

Photo Chris Evans

 

Il a réalisé Before We Go, sans que la planète s’arrête de tourner, et Mary est sorti cette année en toute discrétion. Pour brillant que soit Snowpiercer, le Transperceneige de Bong Joon-ho, sa sortie tardive et son charcutage idéologique (trop violent, trop à gauche) par Harvey Weinstein l’a condamné à l’anonymat aux Etats-Unis, où sa sortie a été sacrifiée. Signe que l’acteur a bien compris qu’actuellement, il avait les plus grandes difficultés à exister hors Marvel, il ne se répand plus pour annoncer son départ prochain de l’univers étendu.

Pour autant, si une partie de la presse et du public ont le sentiment que Chris Evans s’apparente à un baquet d’eau tiède trop longtemps oublié au fond d’un vestiaire de sportifs occasionnels, c’est très loin d’être le cas. On pourrait même dire que l’artiste a tout fait pour nuancer son image.

Révélé par le délirant Sex Academy, brutal et badass dans Sunshine, complètement tripé dans Scott Pilgrim ou camé dans Puncture, Chris Evans a plus d’une corde à son arc. Mais pour des raisons qui nous dépassent, c’est le gentil héros de Captain America qui cristallise presque totalement son image dans le cœur de la majorité des spectateurs.

 

Photo Octavia Spencer, Chris Evans

Chris Evans dans Mary, avec Octavia Spencer


CHRIS HEMSWORTH

Lorsque est initiée la première phase du Marvel Cinematic Universe, Chris Hemsworth est probablement le seul comédien à peu près inconnu au bataillon et celui qui hérite du film le plus embarrassant. En effet, le Thor de Kenneth Branagh est un festival de décors tous pétés, de plans décadrés inutilement, engoncé dans un scénario terriblement anodin, qui se paie pour climax un bras de fer contre un mauvais cosplay de micro-ondes.

Mais le charisme et le charme de Chris Hemsworth (et ses pectoraux aussi) exsudent littéralement de l’écran. Grosse montagne de charisme testostéroné, il rappelle une certaine idée du cinéma d’aventure, du divertissement positiviste et du héros classique. Mine de rien, on en manquerait presque en ces temps de geekerie décomplexée et de plaisirs méta.

 

Thor

 

Il ne faudra donc pas longtemps à Hollywood pour repérer que l’interprète de Thor est capable de nous ravir les rétines. On le retrouvera dans Rush et Au cœur de l'océan de Ron Howard, Le Chasseur et la reine des glaces où il décroche une place en première ligne, ou encore le Hacker de Michael Mann, jusqu’aux comédies Vive les vacances et S.O.S. Fantômes tant décrié sur les Internets. Problème : si Hemsworth est excellent dans chacun de ses rôles et s’impose comme un comédien d’une grande finesse – il faut plus qu’un abonnement à la salle de sport pour passer du spleen Mannien à la lobotomie joyeuse de Ghostbusters –, le box-office ne suit pas.

Il s’avère même catastrophique pour sa deuxième collaboration avec Ron Howard, repoussée plusieurs fois, qui n’amasse que 11 millions de dollars le week-end de sa sortie, quand le film en coûté 150. Et si Hacker n’en a coûté que 70, il n'en engrange même pas 20 au final, sans parler d'une critique très dure malgré l'aura du cinéaste. C’est clair comme de l’eau roche : pour le moment, le public ne veut pas des films « à l’ancienne » où excelle Chris Hemsworth. Il ne faut sans doute pas y voir l’ombre toute puissante de Marvel, ou de mauvais choix artistiques de la part du comédien, mais bien une question de momentum, de mode, clairement à son désavantage.

Et si on se ravit que Disney lui ait offert avec Thor : Ragnarok un terrain de jeu à l ahauteur de son talent ravageur, pas dit qu’il trouve aisément sa place dans le paysage cinématographique américain de sitôt.

 

Photo Chris Hemsworth

 Chris Hemswoth dans Au coeur de l'océan

 

SCARLETT JOHANSSON

Avant Iron Man 2 en 2010, le nom de Scarlett Johansson rimait avec Woody Allen et Sofia Coppola. Née dans L'Homme qui murmurait a l'oreille des chevaux de Robert Redford et les petits films cultes Ghost World et Arac Attack, elle a explosé avec Lost in Translation et Match Point pour devenir une figure de proue d'une ciné indé branché, apprécié par la critique et le public. Elle a vite cédé aux sirènes hollywoodiennes avec par exemple The Island de Michael Bay, mais avec un facteur auteur très fort avec Le Dahlia noir de Brian de Palma et Le Prestige de Christopher Nolan.

 

Photo Scarlett Johansson

Scarlett Johansson dans Captain America : Le Soldat de l'hiver

 

Elle avait été nommée 4 fois aux Golden Globes, et semblait destinée à briller aux Oscars avant d'être castée en Natasha Romanoff dans la suite d'Iron Man. Depuis, avec cinq apparitions importantes dans le MCU sans compter Avengers : Infinity War, Scarlett Johansson a perdu de son aura noble. Ses choix de carrière ont envoyé des signaux contradictoires, entre des machins très moyens (Nouveau départHitchcockDon Jon#Chef) et des choix très forts (Under the SkinHer).

Le succès phénoménal de Lucy en 2014 (plus de 463 millions au box-office pour un budget de 40) semblait annoncer une nouvelle phase où le nom de l'actrice, qui n'a pas eu droit à son film Marvel solo, serait bankable. Mais depuis, l'échec de la franchise en devenir Ghost in the Shell (environ 110 millions de budget et moins de 170 au box-office) et l'accueil glacial de sa comédie Pire soirée, censée surfer sur la mode des comédies R Rated, ont démontré le contraire. Johansson seule n'est donc toujours pas une valeur sûre d'un point de vue business, ce qui peut sembler étonnant vu sa place dans le MCU et sa popularité certaine.

 

Photo Scarlett Johansson

Scarlett Johansson dans Ghost in the Shell

 

MARK RUFFALO

Avant de devenir le docteur Bruce Banner alias Hulk en 2012 dans Avengers, Mark Ruffalo s'était déjà forgé une carrière reluisante. De ses petites participations dans Eternal sunshine of the spotless mind ou Collatéralà ses rôles plus soutenus d'inspecteurs dans le Zodiac de David Fincher et le Shutter Island de Martin Scorsese, et en passant surtout par Tout va bien ! The Kids are all right  qui lui vaut une nomination à l'Oscar du meilleur second rôle en 2010, Mark Ruffalo est déjà bien connu de la sphère hollywoodienne lorsqu'il intègre la famille Marvel en 2012.

 

Photo Mark Ruffalo

 

Pour certains, cette entrée dans le monde des super-héros a eu un impact plutôt négatif sur leur carrière hors-Marvel. Pour Mark Ruffalo, elle a surtout été le moyen connaître une consécration publique. Alors oui cette confirmation publique va le mener dans les entrailles d'Insaisissables et Insaisissables 2, les deux gentils navets magiques. Cependant, elle va avant tout lui permettre de distiller son talent. Alors qu'il enchaîne les tournages Marvel avec Iron Man 3Avengers : l'Ère d'UltronThor : Ragnarok et Avengers : Infinity War, il multiplie les sublimes performances dans des oeuvres dramatiques : Foxcatcher, Daddy Cool, Spotlight ou encore la mini-série The Normal Heart. 

Des trois films, seul Spotlight est un large succès au box-office mondial (80 millions de recettes pour 20 de budget) puisque Foxcatcher ne touchera que 17,5 millions de dollars (budget de 24) et Daddy Cool 1,6 millions pour 6,5 millions de budget. Malgré cela, les films marquent la critique : Spotlight remporte trois oscars dont celui du meilleur film quand Foxcatcher s'octroie le prix de la mise en scène à Cannes en 2014. Des succès notamment aidés par les prestations de Ruffalo. Il est nommé deux fois d'affilée aux Oscars avec Foxcatcher et Spotlight mais aussi au Golden Globes pour Daddy Cool. Il remporte un SAG Awards pour sa prestation dans The Normal Heart.

Loin d'être un poids, Marvel a finalement été un booster de luxe pour Mark Ruffalo. Ses obligations de super-héros n'ont pas influé sur ses choix cinéphiles et sa carrière indépendante n'a jamais été aussi florissante que depuis Avengers. Reste maintenant à gravir la plus haute marche : interpréter un rôle principal à la hauteur de son talent pour la consécration de toute une vie.

 

Insaisissables 2

 Dans Insaisissables 2

TOM HIDDLESTON

En 2011, lorsqu'il rejoint le casting de Thor dans le rôle de Loki, le frère du dieu nordique, Tom Hiddleston est un parfait inconnu. Cela ne l'empêche pas de se faire rapidement un nom auprès des fans de Marvel et de devenir une figure essentielle du MCU. Remarqué par le public et plutôt charismatique, le Britannique jouit alors rapidement d'une petite popularité. Alors qu'il décroche un petit rôle dans Minuit à Paris, il finit par interpréter une des rôles principaux du Cheval de guerre de Steven Spielberg.

Avec des recettes importantes et des succès critiques raisonnables, ses deux rôles lancent la carrière de Tom Hiddleston vers un cinéma plus indépendant et auteuriste. Ainsi à côté d'Avengers et Thor : Le monde des ténèbres  dont les succès au box-office mondial sont impressionnants, le comédien est à l'affiche successivement d'Only Lovers Left AliveCrimson Peak, I Saw the Light et High-RiseMalheureusement pour lui, les quatre longs-métrages sont plus ou moins des fours au box-office.

 

Loki Thor

 

A l'exception du film de Guillermo Del Toro qui évite le cataclysme avec 75 millions de dollars dans le monde (pour un budget de 55 millions), les trois autres films sont des énormes flops (moins de 2 millions de recettes sur le sol américain). A croire qu'ils ont scellé le destin actuel de Tom Hiddleston. Ne séduisant pas sur les terres indépendantes, l'acteur a fini par s'ancrer dans les gros blockbusters avec les succès qui vont avec : Avengers : l'Ère d'Ultron et Kong : Skull Island avant l'arrivée de Thor : Ragnarok et Avengers : Infinity War

Dommage pour ce très bon comédien récompensé par un Golden Globes pour la série The Night Manager. Décrocher le rôle du célèbre espion James Bond, comme évoqué dans les rumeurs, lui aurait peut-être permis de montrer tout son talent et de sortir du carcan Marvel. 

 

Photo Tom Hiddleston

 Tom Hiddleston dans Kong : Skull Island

 

JEREMY RENNER 

Depuis sa première apparition en Clint Barton alias Hawkeye dans Thor en 2011, l'acteur révélé dans Démineurs et The Town avance dans deux directions : celle de l'action hero, et celle de seconds rôles plus prestigieux. Hollywood a ainsi tenté d'en faire une superstar avec Hansel & Gretel : Witch Hunters et surtout Jason Bourne : l'héritage, qui a tellement convaincu que Matt Damon est depuis revenu dans Jason Bourne (qui a amassé bien plus de dollars en salles) tandis que la suite de la franchise est encore floue.

Rebelote avec Mission : Impossible, où il était perçu comme une éventuelle relève de Tom Cruise suite à Protocole Fantôme. Sauf que la saga a regagné en popularité, et Renner ne sera même pas dans Mission : Impossible 6. Son rôle plus ou moins inutile dans le MCU en terme d'action ne l'a certainement pas aidé à s'imposer comme un héros de film d'action.

 

Photo Jeremy Renner

Jeremy Renner en Hawkeye 

 

Jeremy Renner a plus de chance lorsqu'il est en retrait ou dans un circuit moins mainstream. The Immigrant de James Gray, American Bluff de David O. Russell, Premier contact de Denis Villeneuve, Wind River de Taylor Sheridan, ou encore Secret d'état : des réalisateurs prestigieux, des rôles plus intéressants, et des créneaux plutôt bien utilisés entre ses engaments chez Marvel. Même si le box-office n'est pas spectaculaire (Wind River n'a pas triomphé comme Sicario, Secret d'état a été un four avec 2 millions en salles). Reste à voir s'il veut et peut porter un film sur ses seules épaules avec succès.

 

Photo Jeremy Renner

 Jeremy Renner dans Premier contact

 

commentaires

Mx 27/10/2017 à 15:07

Evans était excellent dans le non moins excellent snowpiercer!!!

zetagundam 26/10/2017 à 18:35

Je vois que l'endive de Chris Evans a été excellemment cerné.
Toute mes félicitations !

Geoffrey Crété - Rédaction 26/10/2017 à 18:24

@bof

C'est compliqué de faire un exposé global sur tous ces acteurs si différents, et l'idée ici était justement de faire cas par cas pour montrer qu'un avis sur toute la troupe serait poussif.

Cela dit nous avions consacré un dossier à Scarlett Johansson pour répondre à cette question, en partie, il y a quelques mois :

https://www.ecranlarge.com/films/dossier/994975-d-etoile-montante-a-star-consensuelle-l-etrange-carriere-de-scarlett-johansson

bof 26/10/2017 à 18:18

Article intéressant. Mais à mon sens, il manque une conclusion pour répondre à la question initiale: "Y a t-il une belle vie artistique au-delà des super-héros Marvel ?"

Geoffrey Crété - Rédaction 26/10/2017 à 12:32

@titibud

Comme expliqué dans l'intro et rappelé par le collègue : on prend ici les principaux personnages des Avengers.

Cumberbatch vient d'arriver dans le MCU, et n'est même pas encore apparu dans un film Avengers.

titibud 26/10/2017 à 12:26

et dbenedict cumberbacht ?? le gars est le meilleur exemple d'une carrière déjà installée, nomination oscar etc... et pas mal de roles marquants avant le fameux docteur

King 25/10/2017 à 23:15

Tous ces acteurs sont juste insuportables. De véritables tacherons qui n'auront jamais la classe des stars d'antan.

Olivier637 25/10/2017 à 21:08

Pour renner c est the town ou il explose tout.

Gros potentiel cet acteur il lui manque le gros role ou il fera tout peter.

Simon Riaux - Rédaction 25/10/2017 à 15:26

Battany et Olsen sont bien trop en retrait pour qu'on les considère comme les "stars" de Marvel, et Disney interagit donc à la marge sur le déroulé de leurs carrières.

Roukesh 25/10/2017 à 15:13

Ruffalo et Hiddleston me semblent au dessus en terme de performance, mais l'écurie Marvel a quand même pour elle un beau casting.

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