X-Men : Days of Future Past - critique retour vers le futur

Sandy Gillet | 31 août 2020 - MAJ : 15/09/2020 10:06
Sandy Gillet | 31 août 2020 - MAJ : 15/09/2020 10:06

X-Men : Le commencement avait surpris son monde. À la barre de ce prequel, il y avait Matthew Vaughn, qui avait réussi d'un coup d'un seul à faire oublier le sinistre X-Men : L'affrontement final, conclusion de la première saga. Il faut dire que ce cochon de Brett Ratner était parvenu en un film à saloper le diptyque de Bryan Singer pas toujours exempt de défauts certes, mais qui permettait aux aficionados occasionnels et aux fans hardcore de s'y retrouver. Est-ce étonnant du coup de retrouver ce même Bryan Singer aux commandes de cette suite du Commencement ? Mais surtout, le chemin tracé et emprunté par Vaughn trouve-t-il ici son prolongement attendu et espéré ?

SINGER REVIENT PARMI LES SIENS

C'est que depuis le très beau X-Men 2, le réalisateur d'Usual suspects a peu à peu dégringolé. Exception faite de la parenthèse pas inintéressante de Walkyrie, il y a eu le désastre Superman Returns atteint de kryptonite aigue, l'oubliable flop Jack le chasseur de géants, le raté X-Men : Apocalypse et le cas Bohemian Rhapsody, dont il a été plus ou moins viré. Très attaché aux mutants, dont il est resté producteur, il a repris la saga en main après le succès de X-Men : Le commencement, quitte à mettre de côté les plans originaux de Matthew Vaughn, lequel avait en tête une trilogie.

En plus d'un retour confortable dans la franchise, qu'il avait abandonnée pour Superman, Bryan Singer avait certainement besoin de revenir aux sources d'un cinéma qui l'a vu définitivement émerger et grandir aux yeux du plus grand nombre. Un cinéma de blockbuster « old school » où la mise en scène racée et classieuse répond à une caractérisation des personnages solide, le tout agrémenté d'un sens de la narration dont on ne peut que se réjouir à l'aune de la production actuelle.

 

photo, James McAvoyRetour vers le passé

 

Avec deux bonnes heures au compteur, l'histoire prend une nouvelle fois le temps d'installer ses multiples passerelles avec la grande Histoire, pour arriver à créer cette uchronie passionnante, et adaptée d'un arc majeur des comics écrit par Chris Claremont, John Byrne et Terry Austin. La montée en intensité suit alors un cahier des charges bien connu (ce qui pourra d'ailleurs en agacer voire lasser certains) pour un climax certes généreux, mais surtout en phase avec tout ce qui nous a été exposé auparavant.

On sait par ailleurs que la thématique du voyage dans le temps et de ses ramifications est des plus casse-gueule. Écueils qu'esquive X-Men : Days of Future Past, proposant une cohérence de tous les instants assez bluffante, et très maîtrisée. 

 

photo, Ellen Page, Shawn AshmoreLe futur, cette déprime

 

FUCK YES-MEN

Et puis il y a la belle mais inévitable idée qu'une fois encore, c'est Wolverine qui tient le haut de l'affiche. C'est d'ailleurs par lui que le film se termine, en forme de cliffhanger éprouvé, si on laisse de côté la séquence post-générique qui annonce pleinement X-Men : Apocalypse. C'est très loin des comics, où Kitty Pride voyage dans le temps, mais c'est en phase avec la popularité du personnage incarné par Hugh Jackman. L'acteur porte tout ça avec son talent et ses muscles habituels, créant un pont parfait entre les générations et les époques.

Autre omniprésence légèrement forcée : Mystique. La popularité de Jennifer Lawrence n'y est pas étrangère, ayant poussé la mutante ambivalente sur le devant de la scène. Raven est la clé ultime de l'histoire, et le grand levier dramatique de Days of Future Past.

 

Photo Hugh JackmanAllez, bon courage à la relève

 

Impossible de ne pas s'attarder sur l'arrivée de Vif-Argent (Evan Peters), qui à lui seul vole la vedette à tout le monde le temps de quelques séquences, dont une d'anthologie en début de film - que Singer tentera de reproduire dans Apocalypse. De quoi enterrer le Quicksilver d'Avengers : L'Ère d'Ultron, dont la présence visuelle aura été nettement moins marquante.

Si sur les deux premiers X-Men, le réalisateur avait été très faible côté action pure, il passe ici un palier, avec un budget à la hauteur (plus de 200 millions). Visuellement ambitieux et riche, Days of Future Past offre quelques scènes et images saisissantes, notamment du côté des Sentinelles dans un futur sombre, avec débauche de pouvoirs pour les affronter.

À l'évidence, Bryan Singer est ici comme un poisson dans les eaux pourtant troubles de la manipulation temporelle. Il savoure ce retour quasi d'outre-tombe avec ce qu'il maîtrise le mieux : des mutants qui depuis toujours, cherchent leur place dans notre société. Une belle métaphore toujours d'actualité pour un cinéaste encore en quête de la sienne au sein du système hollywoodien.

 

Affiche officielle

Résumé

La surprise de X-Men le commencement passée, il était évident que l'on attendait fermement Singer au tournant. Résultat : un retour aux affaires pleinement satisfaisant qui démultiplie les attentes pour le prochain épisode.

Autre avis Geoffrey Crété
Probablement le pic de la saga, qui marie les deux visages (le présent et le passé) autour d'une histoire passionnante, et exploite avec brio la valeur et le sens de ces mutants. Un beau numéro d'équilibriste, entre spectacle et émotion, qui marque un sommet pour l'équipe, devant et derrière la caméra.
Autre avis Simon Riaux
Toujours aussi mal à l'aise avec le divertissement épique et la montée en puissance qu'il exige, Bryan Singer peut néanmoins se reposer sur les glorieux acquis de Matthew Vaughn, tout en jouant de son principal atout, qui demeure l'écriture. D'où un épisode stimulant, qui a de quoi faire rougir de honte Avengers : Endgame.
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Lecteurs

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commentaires

Jack jones
01/09/2020 à 00:15

Un X men assez foutraque . Inferieur aux 2 premiers opus de Singer et surtout à l'opus de Matthew Vaughn qui est le meilleur de la saga !

Pseudo1
31/08/2020 à 23:28

Punaise, la surprise !!
Je percute à l'instant que TMC a mis le Rogue Cut ce soir !!

Tom’s
31/08/2020 à 20:54

Un cas a part ce volet comme vous l’écrivez, virtuose dans sa mise en scène, à jouer sur les 2époques, une bouffée d’air frais qui aurais pu devenir l’exemple à suivre avant que Singer réalise la suite avec un léger désintérêt, j’ai grandis avec le comics et le film En restitue l’esprit, ma Scène préféré se passe dans la forteresse avant le siège quand magnéto et tornade se comprennent en un regard et s’enchaîne la destruction du xjet foudroyé par tornade, cette scène déjà techniquement est géniale dans sa conception. Je me demande comment le Mcu va les mettre en scène y’a un potentiel film pr chaque perso avant l’équipe à voir .

Flo
18/02/2020 à 15:06

Uncanny ! Il fut intéressant de voir un nouveau film "X-Men" sortir 3 semaines après un nouveau "Spider-Man" ("Amazing 2"), comme en plus une presque « suite reboot », quand on sait que les deux franchises sont les pionniers du cinéma super héroïque du début du millénaire.
14 ans avant, le premier film sortait un peu d’une série d’arlésiennes ("Death of Superman" par exemple), grâce en partie à l’énergie et au cuir noir d’un "Matrix", pour nous donner enfin un film Marvel tiré d’un de leur plus gros best seller, et avec leur personnage le plus populaire en tête d’affiche, Wolverine déjà. Les faiblesses du film (sa brièveté, ses persos secondaires à peine esquissés) en ont été finalement sa force, n’alourdissant pas un récit matriciel contenant les germe d’une réflexion sur la différence, qui serait passé pour prétentieux avec un film d’emblée plus gros et ambitieux (même pas 80 millions de budget).
Un genre d’équivalent du premier Star Wars, confirmé par sa suite, plus Énergique et dramatique malgré un final un peu expédié, et un 3ème film handicapé par sa valse de réalisateurs et la réputation de Brett Ratner qui, porté par ses acteurs, y réalisa ce qui reste encore son meilleur film.
Chaos aussi dans la production pour les 3 opus suivants, avec reshoots, leaking sur le Net, production trop serrée, Fukushima, affaire de moeurs… C’est encore un miracle que tous ces films arrivent encore à cartonner et à être généralement bons, même les plus moyens avec du recul.
Et ici, avec "Days Of Futur Past", un film pour dans les Ténèbres les lier (clin d’oeil à « Gandalf McKellen »).
Il est d’ailleurs intéressant de noter que c’était l’une des rares fois que le sous-titre d’un film de super héros ne soit pas traduit en français, depuis au moins le "First Avenger". Mais son affiche par contre n’y est pas très juste niveau importance des personnages.

"X-Men : Days of Future Past", plus encore que les précédents film "X-Men", adapte un mini saga de 44 pages en prenant peu de liberté alentour, mais en gonflant le récit de plusieurs péripéties annexes liés aux autres films. En l’état, le récit général est absolument fidèle à celui de 1981.
On commence de manière très « brute » avec des scènes dures à la Terminator, renvoie d’ascenseur à un James Cameron qui n’a toujours pas avoué avoir lu les comics de l’époque (et pas envie d’avouer qu’il est bel et bien un geek ?). Puis après un moment très WTF, où on se dit « quoi, c’est déjà fini ? », premier retournement de cerveau avec une feinte qui sert d’outil au récit, ouf !
Les acteurs des précédents film retrouvent leur rôles comme de bonnes pantoufles confortables, sauf pour Ian McKellen jouant un Magnéto plus sage et passif, et Ellen Page en Kitty Pryde plus puissante. Les petits nouveaux étant une belle compilation pour les fans d’autres générations et continuité mutantes (New Mutants, XSE, Age of Apocalypse). Petite fierté nationale pour Omar Sy, sombre en Bishop, et du coté chinois pour Fan Bingbing, splendide en Blink (hello Clarisse !).

Puis le récit bascule dans un autre temps, cette fois pour la suite de "First Class" et pour savoir « que nos héros sont-ils devenus ? » Et le résultat là aussi n’est pas joli joli. Bonjour la gueule de bois avec le Viet-Nam, Charles toxico accroc au sérum, Erik en taule, des morts etc…
James McAvoy joue une nouvelle variation inédite de Charles Xavier, en total contre emploi puisque marchant, poilu mais vidé de tout idéalisme et confiance en l’homme. Dans une époque charnière et très évocatrice pour notre monde, ce film sera le récit de sa brillante « résurrection »;
Michael Fassbender joue un Magnéto cette fois au top du top de ses capacités. Et même s’il continue à manifester quelques moments d’humanité, c’est son pouvoir et sa nature qui le contrôle plus que lui même. Normal pour le maître de l’une des Forces qui contrôle le Monde d’être aussi Show-Off (chez Nolan on creuse les stades, chez Singer on les fait flotter);
Surprise pour Hugh Jackman en Logan/Wolverine, les circonstances font que son rôle doit ici être celui du guide calme et serein, qui sort quand même ses griffes quant il faut, pour amener tout ce beau monde à bonne destination;
Mais celle qui est le plus au confluant de cette histoire parallèle, c’est Mystique. Jennifer Lawrence continue à rajouter beaucoup de reliefs à cette femme fatale (encore pour l’instant ?) malgré elle. Comme une version négative et sombre de la Katniss d’Hunger Games, ici révolutionnaire par la force et la violence « nécessaire »;
Nicholas Hoult par contre est encore loin de la personnalité originelle de Henry McCoy/le Fauve, normalement plus trapu, costaud, courageux, joyeux et verbeux. Celui là laisse en plus la bête en lui prendre trop le contrôle, en « Hulk like ». Comme pour la MJ de Sam Raimi, il serait une sorte de mix avec le personnage de Cyclope, chouchou du prof et ressemblant physiquement (et en vf), justifiant peut-être une simple version alternative. Ou pas;
Peter Dinklage en Bolivar Trask est subtil de vilenie. Intéressant de noter que si on remarque plus son grand talent que sa taille, il en est de même pour les contemporains de son époque. Les 70′s plus tolérantes qu’on l’aurait cru dès le moment où l’ennemi commun existe ? C’est dit et c’est clair;
Les autres personnage secondaires ont leur beau moment d’action, ce qui a toujours été une donnée rare dans les films "X-Men", même si ce sont des moments trop brefs. Normal, si les mutants sont considéré comme un peuple opprimé avant d’être des super héros défenseurs des innocents, qu’on y accumule les protagonistes à pouvoirs, avec du temps de présence en conséquence.
Mais pour ce qui est bref, c’est relatif pour Evan Peters en « Peter » Maximoff/Vif-Argent, sympatoche en ado hyperactif, certainement loin de l’arrogance de la version future de "Age of Ultron". Et il se fend de la scène d’action le plus jouissive du film (avec une chanson, c’est meilleur).

D’ailleurs toutes les scènes d’action, espacées par plusieurs moments de dramaturgie et d’acteurs (on parle beaucoup en face à face dans "DOFP"), sont réalisées avec virtuosité, énergie et surtout une inventivité qui fait souvent défaut au cinéma de genre: Sentinelles mortelles, infiltration au Pentagone, rencontre trans-temporelle, dialogue/poursuite de têtes en têtes, destruction de Maison Blanche, morts sadiques de héros…
C’est aussi ce caractère sombre, voir crû, qui peut étonner dans une franchise à millions de spectateurs, jusqu’à l’utilisation de « fuck », de seins (artistiques) ou pour Logan de fesses et de cigare (au sens propre). Mais on y tue quand même moins dans le passé.

Rétro aussi, la musique de John Ottman, sans atteindre le caractère héroïque et furieux de celle de Henry Jackman, nous interpelle par la reprise de son ancien thème de "X2", nous changeant du manque de continuité musicale entre les films. Mais on peut y reconnaître le thème de Magnéto de "XMFC", recyclé pour les Sentinelles. Prémonitoire.

Pour finir, on peut aussi se réjouir de voir que "XMDOFP", pourtant tourné en même temps que "Captain America The Winter Soldier" et "The Amazing Spider-Man 2", reprend certaines caractéristiques de ces films. Fable politique puissante et énergie réaliste pour l’un, moments funèbres et graphiques pour l’autre. En somme Disney, Sony et Fox ont fait en sorte de donner au public fan des films généreux en tout, pour le pire ou le meilleur. Témoignant de ça la dernière partie, comme un réveil à la "Inception", donnant une jolie et digne porte de sortie à presque tous les acteurs historiques de cette franchise, que certains méritaient amplement.

Quant à la scène post-générique, elle n’a pour but que de teaser la suite des aventures de la nouvelle génération du passé (!). Pour les non initiés, c’est un moment peu compréhensible. Pour les autres, c’est suffisamment évocateur pour être très excitant.

Quel début d’année ce fut pour les super héros, nom de bleu ! - bleu comme un mutant.
A suivre…

Jdbravo
23/10/2019 à 21:36

Pour moi, le meilleur x-men, spectaculaire, bien construit, vraiment genial

Marc
21/10/2019 à 09:31

Ce film X MEN une réussite totale un des meilleur de la saga.

breizhousurfer
09/11/2014 à 09:53

Singer revient aux affaires mutantes et nous pond un blockbuster sacrément bien ficelé qui fait la part belle au scénario, à l'humour bien dosé et au jeu d'acteur. Ainsi, Jackman Fassbender et McAvoy s'illustrent dans cette histoire abordant des reflexions de fond sur l'humanité et ses dérives ségrégationnistes ou protectionnistes au choix mais sans oublier de l'action burnée et inventive qui fait plaisir à voir.
Bien sur, dans le lot du casting certains acteurs se retrouvent remisés à la figuration (June Temple, Omar Sy) et la séquence finale est en-deçà du niveau général affiché jusque là mais cet opus montre une sacré maturité et ne cède jamais à la facilité.

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