The Umbrella Academy : que vaut la nouvelle série super-héroïque entre X-Men et Kingsman de Netflix ?

Alexandre Janowiak | 20 février 2019 - MAJ : 03/04/2019 19:41
Alexandre Janowiak | 20 février 2019 - MAJ : 03/04/2019 19:41

Avec ses nombreuses séries Marvel, Netflix contenait un vaste étendard de super-héros. Cependant depuis l'annulation des séries une à une, dont tout récemment The Punisher et Jessica Jones, et l'arrêt total des productions estampillées Marvel, la plateforme aurait pu se retrouver sans super-héros sous la main. C'était sans compter l'arrivée de nouveaux surhommes avec The Umbrella Academy, tirée des comics éponymes.

Ecran Large a regardé l'intégralité de la saison 1. C'est l'heure du bilan.

ATTENTION QUELQUES SPOILERS !

 

 

C'EST QUOI LE PITCH ?

En 1989, 43 enfants naissent d'une immaculée conception. Sept d'entre eux sont adoptés par le milliardaire Reginald Hargreeves dans le but de sauver le monde. Ils forment ainsi l'Umbrella Academy. Les jeunes enfants y grandissent, développent leur pouvoir et enchaînent les sauvetages entre braquages, prise d'otages et petits larcins stoppés.

Des années plus tard, de nos jours, le groupe s'est scindé. Chaque membre vit de son côté, aux quatre coins de la planète voire plus, Numéro 1 travaillant sur la Lune. Cependant, la mort de leur père adoptif va les rassembler dans l'académie alors qu'une grande menace arrive sur la Terre.

 

photoSept enfants mais seulement six membres dans l'Umbrella Academy ?

 

The Umbrella Academy est adaptée de la série de comics éponyme écrite par Gerard Way et éditée chez Dark Horse Comics. Deux albums ont été publiés, La Suite Apocalyptique et Dallas, et pour les initiés qui se poseraient la question : cette saison 1 regroupe des éléments présents dans les deux albums.

Dix ans après leur sortie, ce sont maintenant les numéros mensuels du troisième album Hotel Oblivion qui sortent progressivement aux États-Unis. De façon assez logique, les intrigues qui les composent ne font pas partie intégrante de la série créée par Steve Blackman pour Netflix et les 10 épisodes qui constituent cette première saison riche en rebondissements.

 

photoUne scène d'enterrement assez burlesque

 

X-KINGSMAN

Il ne faut pas rester très longtemps devant The Umbrella Academy pour comprendre que la nouvelle création originale de Netflix ne sera pas une série de super-héros comme les autres.

Certes, elle ressemble à bien des niveaux à l'univers des X-Men avec son académie de super-enfants proche de l'Institut Xavier. Les pouvoirs peu originaux des personnages - le baraqué numéro 1, l'apnéiste numéro 2, le télékinésiste numéro 4 ou encore le voyageur dans le temps et l'espace numéro 5 - ne donnent pas une grande plus-value à la série.

Cependant, la série va faire un choix audacieux. Sans doute conscient que les pouvoirs de ses super-héros ne sortent pas véritablement des carcans habituels du genre, le show de Steve Blackman ne va pas en faire son centre de gravité.

 

photoUne équipe recomposée et l'arrivée d'une terrible menace

 

Le pilote pouvait laisser imaginer que la série serait un mélange savant de l'univers des X-Men dans l'atmosphère de Kingsman et Kick-Ass. Avec son ambiance délurée et absurde, ses scènes d'actions stylisées et folles bercées par une bande originale pop avec The Kinks ou l'entraînant I Think We're Are Alone Now de Tiffany, le pilote annonçait clairement un délire poétique, drôle et barré.

Dans les neuf épisodes suivants, la série va indubitalement garder quelques-uns de ces gimmicks. Entre les scènes d'action fougueuses, la présence de Queen, Woodkid, The Doors et Radiohead à la BO ou le traitement comique de quelques personnages secondaires (le duo formé par Cha-Cha et Hazel), The Umbrella Academy garde en grande partie cette ambiance. Cependant, très rapidement, le ton rock et extravagant va se mêler à une griffe plus sérieuse.

 

photoDes méchants délirants incarnés par Mary J. Blige et Cameron Britton

 

THE APOCALYPTIC UMBRELLA HOUSE

Loin de s'appuyer uniquement sur les facultés super-naturelles de ses personnages, l'intrigue de la série va surtout laisser place à un drame familial et intimiste. Ainsi, à travers sa construction lente et précieuse, la série développe un à un le passif des sept frères et soeurs et se révèle plus sombre et sérieuse qu'attendue.

Sur sa forme d'ailleurs - chaque épisode est plus ou moins concentré sur un personnage en particulier - elle n'est pas sans rappeler l'incroyable série angoissante sortie sur Netflix en 2018 : The Haunting of Hill House. De facto, les super-héros surdoués présentés par le pilote sont peu à peu mis à nus. Loin d'être incroyable, ils sont finalement devenus, avec le temps, des êtres humains aux nombreux défauts.

Au-delà de l'enquête sur la mort de Reginald Hargreeves, ce sont donc finalement les interactions entre les frères et soeurs qui forment le coeur de l'intrigue. Elles conditionneront ainsi, au fil des épisodes, la possible réunion de la fratrie pour affronter l'apocalypse annoncée par Five (super Aidan Gallagher) et qu'ils doivent à tout prix éviter pour sauver le monde. En cela, la série de Steve Blackman sort des sentiers battus. Malheureusement, elle ne réussit pas forcément à être totalement à la hauteur de ses ambitions.

 

photo, Aidan GallagherNuméro Cinq, alias Five, le personnage le plus intéressant de la série

 

APOCALYPSE NOW

The Umbrella Academy prend son temps pour caractériser ses personnages principaux. Tristement, elle ne le fait pas forcément très bien. Même si chaque membre de l'Umbrella Academy bénéficie de "son" épisode, seuls trois arrivent réellement à se démarquer sur les sept présents, soit même pas la moitié.

Five, en déclencheur de l'intrigue apocalyptique en fait évidemment parti. Il dispose d'un immense temps de présence à l'écran, joue un rôle majeur dans l'avancée du récit et est admirablement interprété par le dynamique Aidan Gallagher. Klaus alias numéro 4, incarné par l'excentrique Robert Sheehan (Misfits), prend de son côté une ampleur de plus en plus importante et intrigante au fur et à mesure de la série (et de facto Ben alias numéro 6 aussi).

Enfin, la fausse simplicité et l'isolement de Vanya, aka numéro 7, campée avec une grande justesse par Ellen Page, la rendent véritablement attachante.

 

Photo Robert SheehanD'abord trop excentrique (presque caricatural), Klaus prend une vraie ampleur

 

Si la romance presque interdite entre Luther (numéro 1) et Allison (numéro 3) offrira une jolie scène de danse fantasmée, les deux personnages ne proposeront pas grand-chose. L'absence de cohérence des pouvoirs de Luther est, du reste, un des gros points noirs de la série tant la surpuissance supposée du colosse n'est jamais utilisée. Numéro 2, lui, brille par son inintérêt malgré la volonté de la série de développer son besoin d'affection et l'amour pour sa mère.

À côté, avec huit premiers épisodes de près d'une heure, la série manque considérablement de rythme. Elle jouit assurément de quelques jolies séquences en tout genre (bastons, discussions, flashbacks) mais le show ne trouve jamais un tempo idéal avant ses deux derniers épisodes (les plus courts justement avec 45 minutes au compteur).

 

photo, Ellen PageEllen Page alias Vanya, le fil rouge émouvant mais hyper prévisible de la saison 1

 

Une imperfection rythmique notamment due aux trop nombreuses sous-intrigues fades voire insignifiantes (Hazel trop développé entre autres). Le fil conducteur apocalyptique quant à lui, s'il est plutôt entraînant se révèle très vite prévisible. Pour autant, il faut tout de même avouer que malgré ces quelques stries, la série déploie un grand final impressionnant et haletant.

Tout au long de la saison, la série bénéficie d'une direction artistique d'une grande richesse - même si parfois trop colorée - et surtout de superbes effets spéciaux (ces séquences où le temps s'arrête, Pogo le singe...). Les ultimes instants de The Umbrella Academy ne font pas exception. Ainsi, la saison 1 se conclut de manière spectaculaire tout en livrant le drame familial promis et en ouvrant de jolies perspectives pour l'inévitable deuxième saison.

 

photo, Ellen PageLes effets visuels sont plutôt hyper réussis dans The Umbrella Academy

 

Malgré une certaine absence de rythme dommageable et des sous-intrigues superflues, The Umbrella Academy se révèle plutôt attrayante et captivante. Plus intime et mélancolique que les séries de super-héros habituelles, elle fait également honneur à la série de comics qu'elle adapte grâce à son ton déluré, son ambiance musicale pop, son étrangeté permanente et la richesse de son univers.

La saison 2 clairement teasée par le grand final promet quelques belles fulgurances. On espère qu'elle permettra surtout à la série de Steve Blackman d'exhiber toute l'étendue de son potentiel.

The Umbrella Academy est disponible en intégralité sur Netflix depuis le 15 février.

 

Affiche

commentaires

mikegyver
27/02/2019 à 17:22

@masslunar

aie aie aie tout faux, la serie est un enorme remplissage de vide intersideral a se decrocher la machoire a force de bailler,

et pire que le fait de ne rien raconter du tout a en devenir un soap insipide a developper des personnages monolithiques, c'est la facon de raconter d'un lenteur affreuse fait que cette serie est definitivement un ratage complet.

50mns par episodes !!! c'est clairement 30 de trop vu ce qu'il y a a raconter.

y'aurait un final haletant ?!? mais comment on peut humainement tenir jusque la ? j'ai failli broyer des cranes au bout de 5 episodes, mais ma femme qui aime les soaps adore, normal quoi (elle kiffe aussi le vent qui souffle sur le scenario de Walking dead c'est dire !)

sebastien
27/02/2019 à 11:01

Umbrella Academy n'est pas une production marvel. La BD a été publiée par Dark Horse Comics qui est également aux manettes de la série.

chucky
22/02/2019 à 12:23

A force de chercher des baisses de rythme on passe à côté des qualités de cette série.
Alors ok elle n'est pas parfaite mais le niveau de la photo, de la mise en scene, de l'interpretation de la BO et des FX est excellente.
Hazel et chacha m'ont replongé dans l'excellente utopia aussi donc j'ai adhéré :)
Faut avoir essayé Jessica Jones ou iron fist pour voir que le niveau a clairement fait un bond dans les productions Marvel avec Legion Titans ou Umbrella. Tant mieux pour les fans exigeants de comics.

commode
21/02/2019 à 15:48

sympa !pour moi c'est plutôt entre the preacher et titans avec pus ou moins les mêmes intrigue,surtout coté vilain !

Gral94
21/02/2019 à 11:26

c'est surtout pour moi l'occasion d'écouter 2 titres de Gerard way+Ray toro+Jarrod Alexander de my chemical romance même si se sont deux reprises. mais ça fait tellement de bien de savoir qu'ils peuvent encore travailler ensemble (et éventuellement reformer le groupe un jour)

sinon très bonne série

MassLunar
21/02/2019 à 01:33

Je ne suis pas d'accord avec votre critique, notamment pour cette baisse de rythme. A quoi le jugez-vous ? Cette série ne fait aucun remplissage par rapport à d'autres (The Walking dead, Dexter, la saison 3 de True Detective). Il y a peut-être des arcs secondaires un peu surexploités mais au contraire, ils ne nuisent pas à l'intrigue majeure du show, ils viennent renforcer l'attachement qu'on éprouve pour les personnages.
Dans cette série, il y a comme une volonté de ne laisser personne en arrière-plan et c'est tout simplement remarquable. De plus, c'est une série ultra-généreuse en terme de mise en scène, elle nous promet quelques séquences mémorables : la danse fantasmée, une brève séquence d'animation lors d'une scène mère-fille, un trip post-mortem, une émouvante discussion dans une cabine téléphonique , un requiem dans un QG des années 50.... Sérieusement, je trouve que la richesse dont fait preuve cette série comble aisément quelques imperfections.
Personnellement , j'ai enchaîné ces épisodes en pratiquement deux jours, je les ai dévorés sans bouder mon plaisir. Cette série de super-héros fait partie de ces belles découvertes sur Netflix et n'hésite pas à dynamiter sur son passage la plupart des décevantes séries Marvel.

Zanta
20/02/2019 à 23:56

Kevin Feige, recaste Ellen Page dans le rôle de Kitty Pryde.
Avec un bon réal et un bon scénar, elle va ringardiser Brie Larson.

Alexandre Janowiak - Rédaction
20/02/2019 à 18:07

Salut @Bishop,

d'après mes souvenirs Netflix met un petit encart "16+ Violence" en haut de chaque épisode. Il y a quelques scènes un peu sanglantes et pas mal de violences (armes à feu, bastons, sang...).
En revanche, aucune véritable scène de sexe dans mon souvenir.

Chez nous, ce serait sûrement classé - 12 ans mais aux Etats-Unis c'est clairement du Rated R.

Bishop
20/02/2019 à 15:06

Ca se regarde à partir de quel age ? Violence et cul au programme ou PG13 ?

sylvinception
20/02/2019 à 14:54

Ça fait furieusement penser à une série de super héros à la sauce... "UTOPIA" !!

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