Legion épisode 3 : le cauchemar du X-Men continue

Geoffrey Crété | 23 février 2017
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Affiche

La série Legion, qui se déroule dans l'univers des X-Men, est l'une des nouveautés les plus attendues de 2017.

C'est le troisième des huit épisodes de la saison, et Legion commence à confirmer ses qualités et ses défauts.

Alors que le docteur Melanie Bird, aidée par Ptonomy, essaie d'aider David à recomposer ses souvenirs pour éclaircir son identité, le labyrinthe mental du mutant devient de plus en plus effrayant et complexe. La série, elle, adopte une approche très feuilletonesque, quitte à frustrer.

Critique de ce troisième chapitre.

 

Photo Dan Stevens

 

LE LABYRINTHE DES PASSIONS

Le troisième épisode est dans la directe lignée du deuxième : la recherche intense de la vérité dans la mémoire ténébreuse de David, où s'entremêlent les faits et les apparitions délirantes. Alors que la quête menée par Melanie Bird grâce aux pouvoirs de Ptonomy se heurte à nouveau à un mur, l'évidence : quelque chose d'autre que David se cache dans sa tête, et une force cachée dans l'ombre agit dans son esprit et l'empêche de trouver l'équilibre.

L'immonde démon aux yeux jaunes, qui change de masque le temps de quelques scènes pour apparaître avec une géniale face digne d'un mauvais film d'horreur, sera donc clairement l'un des grands enjeux de la saison. Qui est-il ? Que cherche t-il ? A quel point est-il lié à David ? Est-ce parce qu'elle est passée dans son corps que Syd est capable de le voir, contrairement à Melanie et Ptonomy ? Existe t-il un lien entre ce diable obèse et la Division 3 ?

Cette entité alimente encore quelques scènes angoissantes très bien fichues, qui apportent une vraie touche à la série (la fuite dans les conduits d'aération, digne de Ripley et Newt dans Aliens, avec des lumières à la Dario Argento). De quoi espérer des confrontations de plus en plus spectaculaires et folles, qui permettront à la série d'être visuellement excitante (voir les mains qui déchirent le mur, comme dans Le Jour des Morts-Vivants de Romero).

 

Photo Bill Irwin

 

INSIDE OUT

L'autre motif très assumé de Legion est la frontière fragile entre le vrai et le faux, la réalité et les visions de David. Dans les comics, chaque pouvoir du super-héros dérangé est associé à une facette différente de sa personnalité, comme le rappelait notre portrait de ce personnage culte. A l'écran, David a plusieurs pouvoirs maintenant confirmés (télépathie, télékynésie, mais aussi téléportation), mais un seul visage.

La série va t-elle sortir la carte twist et révéler qu'un des personnages secondaires, voire un des décors ou événements, n'est qu'une invention de David ? C'est à la fois inévitable et dangereux, si la chose est maniée sans aucune subtilité. 

 

Photo Dan Stevens

 

C'est notamment pour cette raison que Legion, pris épisode par épisode, n'est pas simple à juger. Ce chapitre 3 est doté du même style irrésistible (des effets aux transitions, et le jeu persistant sur le format de l'image), porté par une mise en scène très soignée et des acteurs excellents, mais avance sur une route unique.

Après un très bon pilote qui ouvrait plusieurs portes, notamment autour de la mystérieuse Division 3 peu explorée depuis, la série de Noah Hawley a pris une direction très feuilletonesque, avec un arc narratif majeur comme seul moteur.

Comme l'épisode 2, l'épisode 3 reste donc entièrement dévoué à l'intrigue principale : plonger dans l'esprit de David. Lui ne pense qu'à sauver sa soeur Amy, kidnappée par la Division 3 et à la merci de l'énigmatique The Eye, mais cette partie de l'univers est encore très obscure. Ainsi, à force de trop rester dans la tête du personnage et créer l'espace de fiction dans sa tête, Legion prend le risque de provoquer plus de frustration que d'excitation. Certes, ce n'est que l'épisode 3. Mais avec une saison de huit épisodes, le temps est compté.

 

Photo Jean Smart 

WAR ON EVERYONE

Legion se repose donc un peu trop vite sur sa formule, avec l'assurance d'une série qui possède indéniablement une identité et une virtuosité peu ordinaires. C'est d'autant plus frappant que le premier épisode est certainement l'un des meilleurs pilotes vus dernièrement, avec une capacité étourdissante à immerger dans un univers et multiplier les moments forts.

Tout ceci n'enlève en rien ses qualités à Legion : avec son allure de maison hantée, la plongée dans l'esprit de David reste un amusant terrain de jeu pour le réalisateur Michael Uppendahl (passé par Fargo, American Horror Story ou encore Mad Men) et les scénaristes. La scène où Bird trouve le livre est notamment très réussie, avec un amour pour la série B assumé.

 

Photo Rachel Keller

 

La série prend également soin de se vendre sur le moyen ou long terme. La tirade de Bird sur le rôle de son établissement et David ("Parce qu'on est en guerre. Parce qu'on perd, et parce que tu pourrais être le plus puissant des mutants vivants") rappelle que Legion se déroule discrètement dans l'univers des X-Men, articulé autour de l'affrontement entre deux manières de vivre et assumer ses pouvoirs.

La fin de l'épisode, avec son timide cliffhanger à peine assumé, pourrait aussi indiquer que la série ne va pas tarder à entamer son virage vers un climax. Une chose est sûre : Legion mérite totalement d'être regardée avec attention, et offrira sans nul doute beaucoup de matière à réflexion à la fin de sa première saison.

 

Photo Dan Stevens, Rachel Keller 

 

commentaires lecteurs votre commentaire !

postman
23/02/2017 à 15:35

le 2 est déjà très en dessous du pilote.
Au bout d'un moment, les jeux d'esprit autour de David commencent à devenir très répétitifs...
Va falloir avancer les gars !

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