Découvrez la version de La Reine des Neiges que vous ne verrez jamais

Christophe Foltzer | 30 mars 2017
Christophe Foltzer | 30 mars 2017

Bon, on ne sera jamais vraiment débarrassé de La Reine des Neiges. Il va falloir s'y faire, vivre avec, faire comme si rien n'était arrivé et continuer à avancer. Sauf que le projet de départ était très différent du produit fini.

Si La Reine des Neiges est l'un des plus grands succès de toute l'histoire de Disney, ce n'est pas uniquement à cause de l'affreuse chanson Let it Go ! qui a pourri nos cerveaux pendant des mois. C'est aussi parce que le film changeait quelque peu la donne en matière d'histoire et de traitement de personnages. Sortant du canevas ultra classique de la belle et de son prince charmant, le film nous racontait davantage le parcours initiatique de deux soeurs et cela faisait plutôt du bien. D'autant que cela a permis à plein d'internautes déviants de faire des dessins plutôt tendancieux quant à leurs rapports intimes, et il faut aussi occuper ces gens-là. 

 

Frozen2-3

 

Mais il ne faut pas croire que le film devait toujours se dérouler ainsi. Bien au contraire d'ailleurs, puisque le producteur Peter Del Vecho vient d'expliquer au micro d'Entertainment Weekly qu'à la base, La Reine des Neiges n'avait rien à voir et que cela leur posait quelques problèmes :

"On avait l'impression d'avoir déjà vu ça des milliers de fois. Ce n'était pas satisfaisant. Nous n'avions aucune connection émotionnelle vis-à-vis d'Elsa parce qu'elle passait la plupart du film à être la méchante."

En effet, à l'image du conte d'Andersen dont le film s'inspire, La Reine des Neiges dépeignait à l'origine une Elsa beaucoup plus sombre et maléfique que ce que nous connaissons, abandonnée devant l'autel et incapable d'aimer parce qu'elle avait gelé son coeur. A la fin du film, Elsa créait une armée de monstres de neige et Kristoff venait sauver Anna en même temps que le traitre Hans déclenchait une avalanche pour tuer tout le monde. Anna parvenait à convaincre Elsa de sauver tout le monde du plan machiavélique d'Hans. Mais le studio en a décidé autrement :

 

Frozen

 

"L'une des choses que le réalisateur Chris Buck avait dans la plupart de ses versions était ce moment où Anna avait le coeur gelé et qu'il fallait la sauver. On s'est demandé s'il fallait que ce soit toujours un vrai baiser d'amour qui résolve le problème. Si ça ne pouvait pas être quelque chose de différent. Puisque Elsa et Anna étaient soeurs, Elsa avait ses propres peurs et c'était Anna qui sauvait le monde à la place d'Elsa en secourant sa soeur. Et ce serait cet acte totalement désintéressé qui décongèlerait le coeur d'Elsa."

Parce que oui, l'un des plus gros rajouts, c'est évidemment le lien entre les deux personnages féminins, à présent soeurs. 

 

La reine des neiges Elsa

 

"Les faire soeurs nous a amené vers l'idée d'Elsa vivant dans la peur de ses pouvoirs. La peur d'être elle-même, la peur de blesser ceux qu'elle aime. On avait donc le personnage d'Anna qui était dans l'amour total et celui d'Elsa qui était dans la peur intégrale. Cela a permis à Elsa d'accéder à une dimension émotionnelle beaucoup plus profonde et sympathique que le cas classique du bien contre le mal. Nous avions la peur contre l'amour et l'idée que l'amour était plus fort que la peur."

Des petits choix qui, finalement, auront considérablement modifié le projet de départ, et c'est tant mieux d'ailleurs. Par contre, on le répète, mais Let it Go !, c'était vraiment pas obligé quoi. 

 

 

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